ÉTRANGER
On a proposé et essayé de réunir au-dessus d'un corps étranger les deux bouts de l'intestin divisé. Il «liste plusieurs procédés :
a. Méthode des Quatre-Maitres (1). — On prétend quils ont commencé par se servir de la trachée d'un animal dont ils introduisaient un bout dans l'extrémité supérieure de l'intestin divisé et l'autre bout dans l'extrémité inférieure, puis ils rapprochaient ces deux extrémités et les maintenaient en contact à Taide de sutures.
Jamsrius, Roger et Théodoric soutenaient Tintestin à l'aide d'une canule de sureau.
William de Salicet recommandait d'employer l'intestin see et durci d'un animal quelconque. Louis essaya ee procédé sur deux chiens, qui guérirent (2). Vogel raconte qu'en 1704, un vétérinaire ouvrit l'abdoflsen d'un bœuf atteint de constipation opiniâtre, sectionna une portion gangrenée de l'intestin et sutura les deux bouts de l'intestin sur un tube de bols qui ne tarda pas à être expulsé par l'anus, et l'animal vécut encore plusieurs années (3).
(1) Cétaient quatre moines fameux qui pratiquaient la chirurgie à Paris vers le milieu du treizième siè* de. Leur méthode consistait à réunir la plaie intestinale par l'opposition directe des bords divisés, en soutenant l'intestin à l'aide d'un cylindre introduit dans sa cavité.
(3) Louis, Mémoires de V Académie de chirurgie.
(t) Sandifort, Thésaurus dissertationum, etc., t. II.
Encycl. de chirurgie.
Watson (1790) excisa 10 centimètres environ d'intestin, sur un chien, sutura les extrémités sur un cylindre d'ichthyocolle et l'animal se rétablit parfaitement (I).
b. Méthode de Saàatief\ — Sabatier, Ritch, Desauit et Chopart se servaient d'un morceau de carte à Jouer enduit d'essence de térébenthine ou de millepertuis ou d'un vernis quelconque.
c. Méthode de Duverger (1745). — Il employait une trachée de veau munie de trois anses de fil placées à égale distance, au bout de chacune desquelles se trouvait une aignille courbe. On la trempait d'abord dans du vin chaud, pour la rendre plus souple et plus chaude, puis dans un mélange de baume du Commandeur et de baume du Pérou. On l'introduisait ensuite dans l'intestin de façon à ce qu'elle soutienne les deux bouts et, à l'aide des aiguilles courbes, il faisait trois points de suture entrecoupée en les passant do dedans en dehors à 6 ou 8 millimètres des bords divisés.
Le cas de Duverger est peut-être le seul authentique où ce procédé ait réussi chez l'homme. Il enleva une portion d'intestin gangrené, dans un cas de hernie étranglée, plaça la trachée do veau, rapprocha l'intestin divisé et le réunit par des sutures. Au bout de vingt et un Jours la trachée était expulsée par l'anus et la plaie externe cicatrisa au bout de quarante Jours. Le malade guérit. A. Cooper répéta l'expérience de Duverger ; au bout do seize Jours, il tua l'animal et constata une réunion complète.
d. Méthode de Jobert (1824). — Quand l'épipioon se place en avant de l'intestin, il en saisit un pli, l'interpose entre les bords de la plaie, rapprodie les lèvres de la plaie et réunit le tout par une suture de Ledran. A l'autopsie, il trouva dans l'intestin le morceau d'épiploon libre.
Tous ces procédés où l'on essaye de rétablir la continuité de l'intestin par l'introduction de corps étrangers ou de tubes et de réunir l'intestin au-dessus d'eux sont si difficiles à exécuter et si dangereux, et donnent de si mauvais résultats, qu*on les a abandonnés.
IL — RÉUMOS PAR INVAGINATION,
a. Méthode de Rhamdhor (1730). — Rhamdhor, soi gnant un soldat^ qui avait reçu une blessure de l'intestin, excisa une certaine portion de cet organe, réunit les deux bouts en introduisant le supérieur dans l'inférieur et en les fixant dans cette situation par une suture modérément serrée, en même temps qu'une ligature les maintenait près de la plaie interne. Le blessé guérit et le cours des matières fécales fut complètement rétabli. Un an après il mourut d'une autre affection. L'intestin fut enlevé et envoyé à Mœbius qui le fit voir à Heister. On constatait une réunion complète des deux bouts divisés et leur adhérence à un point de la paroi. Heister fit des expériences sur des chions, mais sans succès. Mœbius
(1) Watson, Médical communications, vol. II.