FOIE. — VÉSICULE ET CANAUX BILIAIRES
RUPTURE DES VISCÈRES SOLIDES
La rupture des viscères solides peut se produire de la môme façon que la rupture souspéritonéale des viscères creux et des vaisseaux sanguins, sans aucune blessure ou contusion visible des parois abdominales. Des coups, des chutes, etc., sont les causes les plus communes
(1) Habershon, PathoL and pract, observ. on diseaseê of the abdomen^ p. 573.
(î) Buckner, American Joumai ofthe médical sciencet, octobre 18S2.
(8) Lawson Tait, Diseasei of the avaries, 4* édit., p. 233.
(4) Pitman, Britiêh med, Joumalt 16 mai 1857, p. 405.
de ces accidents. Taylor (2) a admis, sur Fautorité de G. E. Maie (3), que le foie pourrait être rompu par une contraction brusque des muscles abdominaux, et il rapporte d'après H. Bayard un cas (4) dans lequel cet organe fut rompu à la
(1) Werth, Archiv fur Gyndkologie et Médical Times and Gazette^ 8 juillet 1882, p. 52.
(2) Taylor, Med, jurisprudence^ p. 449, 1886.
(8) Maie, Eléments of juridical or forensic medi* cine. London, 1816, p. 119.
(4) H. Bayard, Considérations médico-légales sur plusieurs cas de mort violente sans traces de lésions extérieures {Annales d'hygiène et de médecine légale, t. XXXV, p. 133, 1846).
HENRY MORRIS. — MALADIES ET LÉSIONS DE L'ABDOMEN
suite d'une chute sur les pieds faite d'un lieu ;
élevé. I
Quelquefois plusieurs viscères solides peuvent
être rompus par le même traumatisme.
Chez un homme de mon service, sur le corps duquel était passé un wigon, on a trouvé, à Tautopsie, des déchirures du foie, de la rate, du rein gauche, de la capsule surrénale, du poumon gauche et du péricarde, une fracture de plusieurs côtes et une fracture comminutive du tibia.
Les viscères solides de l'abdomen peuvent être déchirés en un seul point ou en plusieurs, leur revêtement péritonéal peut être lacéré, bien que très souvent il le soit. Le foie, la rate et plus rarement le rein et la capsule surrénale, peuvent être déchirés par des côtes fracturées; mais dans ce cas, le diaphragme est aussi perforé. La rupture de ces organes est généralement mortelle en quelques heures, par hémorrhagie et shock; parfois la vie se prolonge deux, trois jours ou davantage et la terminaison se fait par péritonite ou jvarhémorrhagie secondaire. Mackmurdo (I) a observé un cas de déchirure étendue du foie.
Le patient a vécu sept semaines. Après être resté quarante-huit heures dans le collapsus, il revint lentement à la vie. Puis une péritonite se déclara avec gonflement de l'abdomen, et le malade mourut par arrêt de la respiration causé par le déplacement en haut de la foliole droite du diaphragme et du poumon droit, qui étaient repoussés par un épanchement circonscrit de sérosité, do sang, de caillot et de lymphe mélangée de bile.
La guérison peut cependant avoir lieu, si la lésion est limilée à un seul organe et n*est pas très étendue ; quand le revêlement péritonéal n'est pas rompu, les chances de guérison sont plus grandes, bien qu'il y puisse se faire un abcès du foie. Comme il est tout à fait impossible de diagnostiquer la déchirure de la substance de ces organes quand leur capsule n'est pas lacérée, lorsque la guérison a lieu on peut toujours admettre que le traumatisme se bornait à une contusion suivie de péritonite localisée, à moins qu'il ne se forme un abcès dans Torgane blessé. On trouve la preuve que les pluies des viscères solides peuvent se cicatriser quand on fait l'autopsie d'individus qui ont vécu pendant plusieurs semaines après une rupture, et qui sont morts de suppuration ou d'une autre lésion coexistante.
(1) Tramactt Paih, Soc, Londres, vol. III, p. 344.
Athol Johnson (!) rapporte le cas suivant :
Un homme de 38 ans eut une mptore du foie et da rein droit et une fracture de U septième vertMire cervicale. Il mourut d'accidents spinaux trois semaines après, et, à rautopsie* on constata une rupture étendue de la face sapérieure du lobe droit da foie, sur une longueur de 12 centimètres « U plaie était parfaitement cicatrisée, à rexoeption de quelquei points où Ton voyait la tonique péritonéale encore déchirée ; la séreuse ne renfermait pas trace de lymphe et avait conservé son aspect poU. La déchirure n'était pas profonde. Sur U face antérieure do reis droit, on voyait les traces de plusieurs déchlmes peu profondes et bien cicatrisées ; U n*existait pu dioflammation dans le voisinage de cet organe. »
Walter Fergus (2) a publié une obsenrttioD où il signale une cicatrisation complète.
Traitement de la rupture des ▼ieoèrei
solides.
Dans tous les où l'on soupçonne une contusion ou une rupture d'un viscère solide de Tabdomen, il faut prescrire le repos absolu; éviter l'ingestion d'aUments solides; faire des injections de morphine pour calmer la douleur et Tagitation. On a recommandé, pour anMer l*hémorrhagie, de faire prendre à Fintérieur du cumin, de l'argent et du fer, et Ton pourra faire sucer de la glace pilée. On calmera quelquefois la douleur en bandant ferme le côté affecté, ce qui aide à maintenir les organes en repos et en exerçant une double compression, tend à diminuer et arrêter Thémorrhagie. L'intestin doit rester plusieurs jours sans fonctionner. On ne fera prendre que des liquides et en petite quantité pendant deux ou trois semaines au moins. Ceci est très important dans le cas delé- I sions du rein, caries liquides tendent à augmen- , ter l'activité rénale et, dans l'observation d'Hil- I ton, on permit au patient, sur sa demande, de prendre de la nourriture solide, le huitième • jour ; à partir de ce moment, l'hémorrhagie survint et le malade alla de mal en pis.
Dans toutes les lésions abdominales où l'hémorrhagie est à craindre, il faut restreindre les fonctions intestinales à leur minimum et proscrire toute espèce de nourriture solide, car elle stimule l'action du cœur et met en action les tuniques musculaires de l'intestin.
S'il survient de la péritonite, on se conduira
(1) Atbol Johnson, Med, chir. Trans., vol. XXXIV, p. 55.
(2) Walter Fergus, Med. chir. Trans,, vol. XXXI, p. 45.