KYSTES DU MÉSENTÈRE, DE L'ÉPIPLOON ET DU PÉRITOINE
On observe parfois des kystes simples du mésentère, mais ils sont très rares. Au début, ils sont très difficiles à diagnostiquer, et plus lard, on peut les prendre pour des kystes de l'ovaire. C'est ce qui arrive en général pour presque tous les kystes iiitra-abdominaux, de nature séreuse ou autre. Rokitansky dit, en parlant des kystes séreux du péritoine, qu'il regarde comme des productions inflammatoires : « Pendant leur organisation, une pseudo- membrane forme sac et reçoit dans sa cavité une partie du liquide exsudé, et se tapisse à l'intérieur d'une tunique séreuse. Ces kystes sont en rapport avec le péritoine, au moyen d'un collet ou pédicule, ou bien lui sont adhérents par une large base (2). »
(1) Willard- Parker, Médical Record, !•» mars 18G7.
(2) Rokitansky, Handbuck der pathologische Ana* iomie, t. II.
Thornton a enlevé un kysto-sarcome du mésentère, pesant 25 livres, et dans un autre cas, une tumeur kystique multiloculaire de l'épiploon. Cet auteur croit que ces kystes prennent naissance dans la couche sous-endothéliale du péritoine et il s'appuie sur une observation, « où tout le tissu cellulaire du ligament large, du bassin, du péritoine, etc.» semblait avoir subi une dégénérescence kystique, toutes les tumeurs kystiques étant formées de papillomes solides (1).» Habershon a décrit un cas de « kyste fibreux que l'on pouvait détacher du péritoine sur une grande étendue et qui contenait plusieurs litres de sérosité lactescente;» il
(1) Legg, Transactions of ihe Pathological Society, Londres, XXXV, p. 160 et XXID, p. 126 et 12S.
(2) Thornton, Transactions of the Path, Soc. Londres, t. XXIX, p. 150.
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RUPTURE DES VISCERES SOLIDES
remplissait tout l'espace compris entre la région iliaque droite et le foie, et ressemblait tout à fait à un kyste ovarien ; il a été décrit comme un tf faux kyste du péritoine » et on lui a supposé une origine inflammatoire, opinion basée sur ce fait qu'un autre kyste avait été trouvé entre le côlon et Testomac, et que les intestins étaient adhérents les uns aux autres (i).
Buckner (3) a publié une observation de kyste simple du mésentère qu'il prit pour une tumeur ovarienne. Il Textirpa d'entre les feuillets du péritoine, formant le mésentère, sectionna et lia les artères mésentériques supérieure et moyenne. La patiente guérit.
Lawson Tait (3) a obscnré un kyste semblable quMl prit pour un kyste parovarien et pour lequel il fit la laparotomie. Après avoir ponctionné le kyste, il sutura ses bords à ceux de la plaie externe et y plaça un driin. La malade guérit.
Un cas de tumeur kystique du mésentère, qui causa la mort par obstruction intestinale, a été observé à I*b6pltal Saint-Georges (4). La tumeur contenait une substance semi-solide, blanchâtre, ressemblant à du mastic; elle descendait à droite Jusque dans lo bassin et Ton trouva au moins quatre anses intestinales léféet par ton voisinage; l'extrémité inférieure de rintsstin grêle était tordue en forme de tire-bouchon autour d'une tige, représentée par le mésentère. Le contenu kystique pultacé était formé de graisse mélangée de matière granuleuse. Le kyste lui-même était ds nature fibreuse. Les ganglions mésentériques, dont quelques-uns étaient en contact ayec le kyste, étalent normaux ; ainsi que les ovaires. La malade était une femme mariée de 33 ans^ qui avait accouché quatre mois auparavant et qui allaitait son enfant, quand elle fut prise de symptômes de péritonite et d'obstruction intestinale, qui se terminèrent par la mort au bout de dix Jours.
Werth (1) a rapporté un cas d o'xtirpation d'un kyste du mésentère^ suivi de succès, qu'il supposait avoir pris naissance dans les ganglions mésentériques. La femme avait remarqué la présence d'une tumeur trois mois avant de venir consulter. Elle perdit ses forces et maigrit. La tumeur était située au-dessus de l'excavation du bassin et était très mobile, elle n'avait aucun rapport avec l'utérus ni avec les ovaires. Quelque temps après avoir été examinée sous le chloroforme, la patiente ressentit une douleur violente dans le voisinage de l'ombilic et la tumeur, qui auparavant était superficielle, pénétra plus profondément dans le bassin et fut recouverte par l'intestin. On pouvait sentir à gauche comme une corde tendue, près de la ligne médiane, allant de la région ombilicale à l'excavation pelvienne. En présence des vomissements excessifs qui avaient lieu et de la perte des forces qui augmentait, on se décida à faire la laparotomie. En écartant l'intestin, on constata que cette corde allait de l'insertion du mésentère jusqu'à une tumeur située dans la cavité pelvienne. Celle-ci était située entre les feuillets du mésentère et recouverte par une anse intestinale et par une petite portion du mésentère. Un liquide pulpeux sortait par doux petits orifices. On fit l'extirpation et on sutura les deux bords de l'incision niésentôrique; on enleva également quelques ganglions hypertrophiés. Le contenu du kyste éult constitué par des détritus albumineux et graisseux, sans éléments figurés. Werth suppose que c'était du chyle épaissi. La guérison se fit rapidement.
Rokitansky a décrit des kystes de môme nature. Il est probable que le cas de Pitman, observé à l'hôpital Saint-Georges, était un kyste chyleux. Klebs, Eppinger, Roth.Péan ont publié des observations de kystes du mésentère, mais non de même nature que les deux précédents.