RUPTURE DU FOIE
Le foie peut être complètement rompu trans* versalement ou bien la déchure peut être limitée à l'une de ses faces. Sur 22 cas mortels de plaies du foie qu'on observa, à Guy's bospital, de 1867 k 1872, 14 étaient assez étendues; dans 6 cas le foie fut divisé entièrement ou partiellement dans le sens antéro-postérieur ; dans 8, il fat déchiré en divers sens ; dans 2, il y eut des lésions plus légères de la face supérieure et dans 3 de la face inférieure (2). Le foie peut être divisé d'avant en arrière dans toute son èpaissenr, ou bien il peut arriver qu'un morceau en soit détaché et qu'on le trouve en liberté dans l'abdomen; ou bien la vésicule biliaire avec la substance hépatique qui l'environnait peut être séparée du reste du foie.
Alexander Kilgour (3) a rapporté l'observatiou suivante :
Un homme sur le ventre duqaei on avait trépigné mmunt le lendemain dans des douleurs atroces. A fantopsie, on trouva la vésicule biliaire à moitié dlstendae de bile et de sang, libre et complètement
(1) Rawdon, The Lancet, 36 mai 1883.
(î) Taylor, Guy*s hospit. Reports, 3® série, vol. XIX, p. 361.
(Z)Edinburgh med. Journal, p. SS2, 1841.
séparée de ses atttches. La cavité péritonôale contenait des caillots et 7 livres de sang liquide (1).
La face supérieure du lobe droit, près de son bord postérieur est le point où la déchirure se fait le plus souvent par compression externe, quand il n'y a pas de fracture de côtes ; dans ces cas, la lacération peut être transversale ou étoilée, avec des bords déchiquetés et peut s'étendre profondément dans la substance hépatique. Parfois c'est la partie postérieure de la face inférieure du lobe droit qui cède, et alors, une grande quantité de sang se déverse dans la cavité péritonéale, en avant et en arrière de l'estomac. Quand les parties supérieure et postérieure du lobe droit sont déchirées, le sang épanché peut repousser le diaphragme au point de le faire empiéter sur la cavité pleurale, comme dans l'observation de Mackmurdo.
Quand la déchirure est faite par un fragment de côté fracturée, il existe plusieurs lacérations superficielles, qui, à l'autopsie, peuvent être recouvertes de caillots.
On apporta à Thôpital un homme qui était mort dans la rue, et Ton trouva, à Tautopsie^une contusion souspéritonéale avec réduction en bouillie des tissus et épanchement de sang, sur une longueur de 12 centimètres, répondant à la forme et à la situation de la neuvième côte.
J*al publié une observation remarquable de rupture légère de la substance hépatique en un point où un kyste bydatlque s'était développé. Le kyste se rompit et fut détaché du tissu hépatique environnant, à la surface duquel il s'était produit une petite hémorrhagie. La capsule du foie était complètement intacte. Le patient mourut de shock.
Ogston (2) dit que sur 26 ruptures du foie le siège de la rupture était dans 9 au lobe droit, dans 1 1 au lobe gauche et dans 6 au centre. 9 suivaient une direction antéro-postérieure; 2 une transversale et les autres une irrégulière.
Il est à remarquer que, quoique la substance hépatique soit déchirée tout près de la veine cave ou bien que la lacération soit sur une longue distance parallèle à une branche volumineuse de la veine hépatique, les tuniques de ces vaisseaux sont rarement atteintes. Une observation de Pearson (3) et plusieurs autres viennent confirmer cette affirmation.
(1) On trouvera un cas semblable d'Ogston à Tarticle sur la Rupture de la vésicule biliaire.
(2) Ogston, British and foreign med. chir. Review, volume XXXIX, p. 204, 1867.
(3) Pearson, Médical Transactions publiées par le Collège des médecins de Londres, vol. III, p. 377.
HENRY MORRIS. — MALADIES ET LÉSIONS DE L'ABDOMEN
Dans cette observation, si remarquable à plusieurs titres, le foie avait été complètement divisé obliquement, et les deux portions n'étaient retenues que par la veine cave et le tronc dos veines hépatiques.
Chez un individu apporté mort à Thôpital, le foie était complètement déchiré en travers de son lobe droit et les deux fragments n'étaient maintenus en contact que par quelques petits raisseaux qui avaient échappé au traumatisme.
Symptômes.
Les symptômes de la rupture du foie sont les suivants : pâleur extrême et refroidissement à la surface; dyspnée ou respiration suspirieuse; faiblesse et petitesse du pouls, douleur et distension abdominale, celle-ci n*étant pas entièrement tympaniquc; sensation de défaillance; vomissements; soif vive ; parfois démangeaison cutanée et ictère si le patient fit plus de vingtquatre heures. Claude Bernard (1) prétend que les lésions du foie s'accompagnent de glycosurie. Si la mort n'arrive pas par hémorrhagie ou collapsus, le patient est exposé à la péritonite et plus tard aux abcès du foie ou à ceux qui siègent entre le foie et les organes du voisinage. Quand la péritonite s'est déclarée, il existe une tympanite très marquée, et, quand elle a disparu, on perçoit de la matité à la percussion dans Tun des flancs ou dans une zone circonscrite près du foie. Cette matité est due en partie à l'extraviisalioii et en partie sans doute à répanchement inflammatoire, et peut disparaître partiellement ou totalement au bout de quelques semaines, si le patient survit.