‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 28 sur 482 · CORPS ÉTRANGERS DES VOIES AÉRIENNES · texte numérisé non relu

CORPS ÉTRANGERS DES VOIES AÉRIENNES

11 arrive fréquemment que de Teau, des alinents, du mucus ou même des objets introduits laas motif dans la bouche, « soient avalés de ravers )> ou tombent dans la trachée, à la suite l'un éclat de rire, d'un accès de toux, d'un cri >u d*une brusque inspiration. D'ordinaire, le i^orps étranger est rejeté au dehors dans une quinte de (oux, et la victime de cet accident, soulagée, est la première à en rire et à l'oublier. Qaaod l'expulsion de l'objet introduit est plus difficile, quelqu'un des assistants frappe légère- QQent sur le dos du patient, qui le plus souvent sst un enfant, et lui tient la tète et la poitrine 'ortement penchées en avant ; les effets com biles de la succussion, de la toux et de la pesaneur, amènent alors le rejet du corps étranger. ^pendant, plus d'une fois, et surtout lorsqu'il •'agit d'un corps étranger daus le sens propre lu mot, il n'est pas facile de le faire sortir, et il 'este temporairement ou d'une façon permanente emprisonné dans le canal aérien. 11 peut r demeurer libre, ou au contraire rester étroiement fixé dans le larynx, la trachée ou une tronche. Si l'on n'y remédie pas, sa présence leut entraîner la suffocation du sujet, immédiate, m dans un laps de temps variant de quelques ninutes à plusieurs années.

Les corps étrangers pénètrent dans les voies iériennes de diverses façons, tantôt par l'orifice laturel du canal respiratoire, tantôt par des ^rforations à travers sa paroi ; ils peuvent en- In provenir de l'extérieur ou de l'intérieur même lu corps.

X>mPS ETRANGERS INTRODUITS PAR L'ORIFICE NATUREL DES VOIES RESPIRATOIRES.

Une inspiration soudaine, volontaire, imprulente, accidentelle ou forcée, survenant chez m sujet qui tient en sa bouche des aliments u un objet mobile quelconque, voilà quelle est I cause de beaucoup la plus fréquente de l'inroduction des corps étrangers dans les voies ériennes. Parmi les substances ainsi introuites, on peut énumérer l'eau avalée de iraen (i)y les fragments détachés de dentiers ariflcièlB (S), les matières vomies à la suite d'une

(I) Monteggia, Inst, chirur., cité par Gayon (Dict. fCifcL desic, méd.f art. Larynx, p. 707. Paris, 1876, par OBlet, Traité des corps étrangers^ vol. II, Paris, 1800) t par d'autres auteurs. — Une terminaison fatale. )L xm, p. 105, 1834. — Wallace, Boston tned. and

{Tj Craigie, Edinburgh med, and turg, Joum.,

indigestion (1), d'une attaque d'épilepsie (2), d'apoplexie ou de paralysie (3), la perte de connaissance, l'anesthésie chirurgicale (4), la régurgitation du chyme (5), du lait caillé (6) ou du méconium ; des parasites venus du tube digestif (7), des fosses nasales ou des sinus voisins; des sangsues portées par mégarde à la bouche (8) ou avalées en buvant à une fontaine, un courant ou une pompe (9); des dents tombées de leur alvéole ou brisées en plusieurs fragments pendant une extraction (10) ou pendant des opérations pratiquées dans la bouche (11); des

turg. Joum., vol. XVI, p. 205, 1837. — Carpenter, Guy*x hospital Reports, flrst séries, vol. VII, p. 353. London, 1842, cité par Gross, Foreign bodies in the air passages, Philadelphia, 1854. — Major, Case of iooth and plate in the trachea for 113 days^ Arch. of laryngotogy, october 1882, p. 350.

(1) Ryland, Diseases and injuries of the lar. and trach., p. 193. Philadelphia, 38. Cas fatal. Vidal (dt^ Cassis) un cas fatal, (Traité de pathologie externe^ .je édit. Paris, 18C1 , t. III, p. 720). Le malade avait essayé de supprimer le vomissement en mettant sa main de vant la bouche.

(2) Dub. Jour, med. se., march 1881, p. 2?3. Terminaisons fatales.

(3) Barnes, Brit, med. Jour., march 25, 1871, p. 321. Ibid., september 16, 1876, p. 331. Terminaisons fatales.

(4) Smyth, Lancet, october 3, I87G; Horse, Brit. med. Joum., september 16, 1876, p. 16. Terminaisons fatales; Sands, Briddon, New York med, Journ.y october 20, 1883, p. 448.

(5) Parrot, Union méd., n" 91, p. 167, 18G8; Gaz. hebd.y p. 489, 1860, et un second cas, Latirefj september 1873.

(6) Warren, Neio-ForA med. Jour., may 1882, p. 478.

(7) AroDSSohn, Arch. gén. de méd., 1836, t. X, p. 44. Cité par Durham [op. cit., Am. éd., vol. I, p. 708) ; Fûrst, Wien. med. Woch., n© 3, 1879. Mort; Norman, Norsk. mag. f Lœgevidenskaben, 3 R. Bd XI; London med. Rec, march 13, 1882, p. 96. Mort attribuée d*abord au croup.

(8) G\xyon,Éléments de chirurgie clinigue.PsLrïSflSld.

(9) Lacratelle, Gaz, de santé, 25 février 1828; Lancet, vol. II, 1828, p. 104; Ridreau, Gaz. méd. de l'Algérie, 1869, n»» 1, 2, etc.; Massei, Il Morgagni, ottobre 1874^ p. 750; Clementi, Gaz, med, ital., 1874, no \B,Arch.f, Klinische C/iir.^Bd. XVIII, H. I, S. 194 ; R. de la Sota, Revista med. de Sevilla, nov. 1883, p. 20. Dans les quatre derniers cas, le corps étranger a été extrait avec Taide de Texamen laryngoscoplque.

(10) Hertz, Dental cosmos, 1873, p. 478 ; Hospital Gazette, octob. 4, 1879, p. 496; Med, Record, nov. 4, 1882, p. 517.

(11) Aronsiohn, cité par Poulet (op. cit,). Mort.

J. SOUS-COHEff. — PLAIES ET MALADIES DES VOIES AÉRIENNES.

fan<iffeft dents (i) on des chiques de Ubac (2) avalées pendant Tanesthésie; des fragments de lîége placé» entre les dents pour les maintenir séparées (3j, des éponges échappées entières ou par fragments (4) à la main du chirurgien, pendant des opérations dans la bouche ou les Toies aériennes (5); du pus provenant d'abcès tonsilîaires fO), rétropharyngiens, et aryténoépigîolllques (7) ; du sang à la suite d'hémorrhagie pulmonaire, ou d'opérations dans la bouche (H) ou à la partie supérieure du canal aérien ; des pscudo-menibranes détachées; des morceaux d'instruments brisés au cours d'opérations sur le larynx (9j ; des cartilages laryngés nécrosé» (10); des osnasaux(H), palatin (12) et crâniens (13) nécrosés, des tubes à trachéotomie mal faits ou corrodés (14). Enfin, Tépiglolte ve-

(I) Chaffers, Brit, med. Jour., april 50, 187Î, p. 49. (5) Hocher, Deutsche Ztsch,f.Chir.,Bd.\\, S. 188.

(3) Med. and iurg. Heporter, 1867; Agnew, Prmdples and practice ofsurgery, vol. III, p. 45. Philadelphia, 1883.

(4) Mcars, pendant rexdsion de la langue ; le malade fut sauvé par une trachéotomie immédiate (communication personnello).

(5) Cohen, op. cit., p. 572.

(6) Stokes, Med. Times nnd Gaz., august 25, 1874. Mort. — Litlli'john, Brit. m^rf. ^om»-., january 2, 1875,

(7) Vidal do Cassis, Mort. {Traité de pnth. ex/., t. III,

(8) Uuman, Practitioner, ang. 1883, p 119.

(9) Schrœttcr, Monatschv, f, Ohrenheilk.y Bd X, 1876. Cité par Poulet. Poil de brosRC. — Voltolini, /6id., déc. 1879 et London med. R-covd, july, 15, 1880, p. 293. Les oxtrémltés d'une paire de pinces à larynx gardcos neuf mois.

(10) Hunter, O* Shéa,Labbé,Boll, Goocli et llauiton, Larrry (cité par Poulet) ; Chrostek, Cenfvnlbl. f, d, med. Wiss., 30 d<Sc. 1882 et Am, Jour. med. se, april 1883, p. 581.

(II) Lincoln, Arch. of larynq., July 1882, p. 276. ^12} Brit. med. Jour., 1873, cité par Poulet.

(13) Conpland, bmcet, may 31, 1884, p. 984. Mort.

(14) (<ot accident, qu'on peut si facilement éviter, en portant ioi-ni6me attention K son malade et en avertissant Tontourago, semble si inexcusable que Je crois devoir attirer plus vivement encore Tattentlon sur ce point on invoquant tout un cortège do références bibliographiques : Porter, On the larynx and trnchea^ p. 144. Londog, 1837 ; South, Chelius's surgery, Am. éd., vol. III, p. 116, cité par Gross {op. ciL, p. 325); Albors, Arch. f, Klin, chirurg., Bd VIII, 8. 177; Watprs, Hrit. med. Jour., february 15, 1868, p. 141; Masing, Saint-Peters. med, Ztsch., H. 7, 1869 (t^ardé 4 ans) ; Boston med. etsurg. Jour,, february 23, 1871. p. I2H; Buck, Trans. New -York acad, med,* 1870; Pick, Trans. path. Soc, Lond., 1870, p. 416; Ogle, Med. Tioies and Gaz , november 5, 1870, p. 531 ;

nant pénétrer dans la portion supérieure du calibre du larynx peut être mentionnée comme corps étranger (i). Cet accident se produit ordinairement en mangeant ou pendant la déglatition de la salive.

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