‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 329 sur 482 · PSEUDO-ÉTRANGLEMENT · texte numérisé non relu

PSEUDO-ÉTRANGLEMENT

LeVengouement — Nous avons laissé pressentir plus haut l'influence de l'engouement sur la production de l'étranglement, mais nous ne de- Tona nous occuper ici que de l'engouement indépendant de l'étranglement. L'engouement peat-n donner lieu à un accident indépendant de l'étranglement? Existe-il des hernies engouées qui ne soient pas étranglées? L'antique doctrine de Proxagoras peut-elle expliquer certains cas? Le professeur Gosselin a étudié les (Uts publiés depuis Goursaud et Richter, et a acquis la conviction qu'elles s'appliquent à deux ordres de faits bien distincts, les entéro-épiplocèles irréductibles ou non volumineuses et certaines Tariétés de hernies épiploTques.

Sans nous expliquer actuellement sur la nature des accidents qui compliquent l'épiplocèle, n est évident qu'on ne saurait à priori les expliquer par l'engouement.

Quant aux entéro-épiplocèles volumineuses, M. Gosselin admet qu'il s'agit d'étranglements peu serrés.

La démonstration anatomique de cette opinion a pu bien des fois Otre faite, mais par contre les cas d'engouement par les matières solides sont restés peu nombreux. 11 n'en existe guère que 7 cas dans la science : 6 publiés par Broca, i cité par Nicaise et dû à Bouchard : mais si dans ces cas, l'engouement solide a pu être démontré, il n'en est pas moins vrai que rien ne permet de rejeter dans ces cas l'hypothèse d'une constriction de l'anse herniée au niveau du collet. Dans quelques-uns, même, il fallut pratiquer un large débridement pour obtenir la réduction; dans le cas de Nicaise, il existait un léger rétrécissemeul aux deux extrémités de l'anse.

On peut donc conclure que si l'engouement des hernies est réel, il n'existe pas un fait propre à démontrer qu'il soit capable d'engendrer des accidents en dehors de l'étranglement, mais il 7 a loin de ce fait à supprimer avec Malgaigne, l'étranglement, etsil'éminent chirurgien à rendu un service en rejetant l'engouement, il n'a sapé qu'une partie erronée de la doctrine, mais n'en a pas supprimé l'étranglement.

On peut donc admettre avec M. Gosselin que toujours les accidents de l'engouement se trouvent liés à ceux de l'étranglement. Nous aurons à étudier bientôt ces rapports.

On a voulu étudier à part l'obstruction de l'anse herniée par des corps étrangers solides. 11 existe en effet des cas d'obstruction par des os de poulet (Wincler), des lombrics (Broca père, Mercier), des pieds de mouton, noyaux de pêche, etc. (J.-L. Petit).

Mais ces corps étrangers quand ils ne produisent pas l'étranglement donnent lieu à des ulcérations de la paroi intestinale et des inflammations consécutives du sac. On doitranger ces faits dans le chapitre de l'inflammation des hernies.

En résumé, les accidents attribués par les anciens à l'engouement se trouvent aujourd'hui expliqués par Tétranglement ou l'inflammation. Il n'y a donc plus lieu de décrire l'engouement dans un chapitre spécial.

INFLAMMATION

Nous devons nous demander, comme dans le chapitre précédent, s'il existe des hernies rendues irréductibles par inflammation simple, des hernies enflammées qui ne soient pas étranglées, mais qui donnent lieu aux symptômes de l'étranglement.

Mais nous devons éliminer tous les cas d'étranglement consécutifs à l'inflammation, cas qui trouveront leur place dans le chapitre où nous étudierons l'étranglement proprement dit, et nous ne devons étudier ici que l'inflammation en tant que cause unique des accidents. La question ainsi posée touche un point de doctrine des plus controversés, que nous avons laissé pressentir dans notre historique : mais son intérêt pratique est tel, on le conçoit, que nous devons l'étudier dans ses détails. Ce n'est qu'après l'avoir discuté que nous pourrons utilement aborder l'étude proprement dite de l'inflammation herniaire.

Comme il a été dit plus haut. Malgaigne, en 1840, attaqua résolument la doctrine de Goursaud^ supprima heureusement l'engoué-

Page 1