ACCIDENTS DES HERNIES. — INFLAMMATION
nales volumineases. C'est aussi pour faire comprendre la part que devait prendre Broca, dans ce débat important (i).
Broca devait en effet compléter et porter à Textréme les idées de son maître. Malgaigne D'avait que peu insisté sur les signes différentiels entre Tinflammation et l'étranglement. Broca s'efforça de combler cette lacune, et pour simplifier sa tâche, opposa les exemples types dlnflamma tion et d'étranglement.
Selon lui on peut affirmer qu'une hernie est enflammée, quand elle est ancienne, volumineuse, irréductible depuis longtemps, lorsqu'elle présente une certaine tension, et des kiégalités à la surface, lorsque le doigt pénétre fiwilement dans l'anneau malgré la présence da pédicule, lorsqu'enfîn les symptômes fonctionnels sont peu accusés.
- Tout au contraire, on doit admettre Tétrang^ement quand la hernie est petite, lorsqu'elle est sortie subitement après avoir été longtemps maintenue par un bandage, lorsque la tumeur est franchement dure, et non inégale, lorsque le doigt pénètre difficilement dans l'anneau, lorsque enfin les symptômes fonctionnels sont très accusés et qu'il existe des vomissements lécaloldes.
Tels sont, d'après Broca, les signes distinctib entre les deux états, signes qui ne sont antres que ceux sur lesquels s'appliquait Goursand à la fin du siècle dernier, pour établir sa classification. Mais nous ferons remarquer avec le professeur Gosselin que cette distinction clinique est insuffisante pour démonter qu'il s'agit d'Inflammation dans le premier cas, et d'étranglement dans le second, et rien n'empêche d'expliquer par un étranglement peu serré les faits qu'il attribue à l'inflammation.
Ou reste, la clinique devient insuffisante pour distinguer les cas intermédiaires, et Broca luimême avoue que les faits manquent pour établir ces distinctions. Or M. Gosselin fait justement remarquer qu'ayant toujours réussi à guérir ses malades par le taxis, il convient de les considérer comme atteints d'étranglement mot auquel est fatalement liée cette idée thérapeutique.
L'idée d'inflammation tout au contraire entraîne celle de temporisation, qui dans certains cas peut n'avoir aucun inconvénient, mais qui dans d'autres conduit à un étranglement irré-
(1) Broca, De V étranglement dans les hernies abdo' minales et des affections qui peuvent le simuler. Thèse d'agrégation, Paris, 18&3.
ductible qui aurait pu dès le début céder à un taxis méthodique.
Nous avons vu précédemment que Broca avait poussé plus loin que son maître la doctrine de l'inflammation. C'est qu'en effet il voulut y faire rentrer en les subordonnant euxmêmes à l'iiiflammation les cas d'étranglement proprement dits, qu'il s'était si bien appliqué à distinguer. Sous peine d'empiéter sur la question de l'étranglement, nous ne saurions suivre Broca dans les arguments qu'il propose à l'appui de sa thèse. Nous nous contenterons de dire quant à présent, qu'il voulait expliquer par l'inflammation, non l'étranglement dit consécutif de Franco, mais bien l'étranglement primitif dans lequel, au moins dès le début, il n'existe pas de phénomènes inflammatoires, appréciables au clinicien et à l'anatomiste. Il cherchait aussi à substituer à l'élément mécanique l'élément inflammatoire, en voulant sinon supprimer l'étranglement mécanique, du moins en diminuer l'importance, et ajouter à son action une prétendue congestion de l'anse à ce niveau.
Par ce simple aperçu on comprendra que Broca, en somme, reconnaissait bien l'étranglement primitif et qu'une simple nuance d'opipinion le sépare sous ce rapport de ses contemporains. Mais quand bien même l'opinion de Broca serait vraie, nous devrions résolument le rejetter du cadre de l'inflammation, puisque, comme nous le verrons par la suite, elle comporte une thérapeutique toute différente. Du précédent exposé, nous pouvons conclure de la façon suivante :
i^ L'inflammation des hernies est un fait incontestable aussi bien pour les enterocèles que pour les épiplocèles ;
2<> Dans le deuxième cas, elle constitue le pseudo-étranglement de Malgaigne; car elle peut parcourir ses diverses phases sans amener l'étranglement.
3° Dans le premier cas, elle donne lieu fatalement à l'étranglement consécutif tel que le comprenait Franco, et rentre dans les cas désignés par Goursaud sous le nom d'étranglement par engouement. Ainsi limitée et débarrassée des questions doctrinales qui la compliquent, on voit que l'histoire de l'inflammation rentre en partie dans celle de l'épiplocèle, en partie dans celles des étranglements, et qu'envisagée de cette façon elle ne mérite pas de description spéciale.
3<* A côté de ces cas nous devons ranger une classe importante d'étranglements, que l'on ne saurait expliquer par l'inflammation, mais qui