‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 380 sur 482 · HERNIES OMBILICALES ACQUISES. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

HERNIES OMBILICALES ACQUISES. — TRAITEMENT

M. Terrier fl), a également soutenu la même opinion, et M. Verneuil, en se plaçant à un autre point de vue, avait également déclaré dans une discussion antérieure que la hernie abandonnée a elle-même ne donnait que 25 p. iOO de mortalité.

Nous reviendrons, du reste, à propos du trailement, sur l'opinion que les chirurgiens ont exprimée à diverses époques sur la gravité de cette kemie.

Traitement.

Nous avons dit plus haut, à propos du diagnostic, que dans les cas douteux, il était préférable d'admettre l'existence de la lésion la plus grave. 11 découle de cette opinion, admise par la plupart des auteurs, que l'emploi du traitement médical proprement dit ne devra être réservé qu'aux cas exceptionnels où le diagnostic aura pu être établi sur des preuves suffisantes. Mais dans la grande majorité des cas, le chirurgien devra se comporter comme en présence de l'étranglement. Les entérocèles pures sont justiciables des règles précédemment exposées dans les cas de hernie volumineuse, ordinairement irréductible. M. Gosselin conseille la temporisation pour assurer le diagnostic, mais on devra se rappeler cependant que cette règle, ai^Ucable aux grosses hernies en général, pourrait avoir ici des inconvénients pour des raisons déjà connues (coexistence d'une anse étroitement serrée dans un siège différent de l'anneau, etc.). 11 conviendra donc de ne pas attendre trop Ion temps dans l'espoir d'une constriction modérée : une temporisation de deux ou trois jours devra largement suffire : il pourrait être dangereux de dépasser ce délai ëéjà bien long.

Quoi qu'il en soit, le taxis parait ici avoir des résultats plus avantageux que dans les autres hernies.

Sur 8 cas traités parle taxis avec l'anesthésie, M. Gosselin a obtenu 8 succès. Bryant avait du reste déjà établi dans ses statistiques que sur 100 cas de hernies étranglées, 75 avaient pu èjre réduites par le taxis.

Dans les cas où le taxis a échoué ou n'est pas tpplicable, que convient-il de faire ? La question t été diversement résolue par les chirurgiens : 4e tout temps la kélotomie avait été appliquée comme dans les autres variétés de hernies par A. Cooper, Boyer, Velpeau et tous les chirurgiens de son époque, qui insistaient surtout sur

(1) Terrier, Bulletin de la Soeiété de chirurgie.

les inconvénients de la temporisation, qu'ils considéraient comme la principale cause des échecs opératoires.

Huguier,en 1861 à la société de chirurgie, insista davantage sur la gravité de l'étranglement herniaire dans cette régler., et tout en recommandait la kélotomie pour les petites hernies récentes, préconisa l'abstention pour tous les autres cas. Il s'appuyait, surtout, sur la disposition champignonnée des organes hernies s'opposant à la réduction, la constriction énergique exercée par l'agent d'étranglement, le peu d'épaisseur des enveloppes exposant au froissement des viscères, et à l'ouverture de ces derniers par le bistouri, le voisinage delà cavité péritonéale et la blessure fatale du péritoine pariétal dans le débridement.

Ces idées furent défendues surtout par M. Verneuil, mais elles rencontrèrent de. résolus adversaires dans Goyrand d'Aix, qui apporta trois kélolomies suivies de succès, et par M. Richetqui, tout en admettant quelques-uns des arguments de Huguier, recommanda d'opérer hâtivement les hernies et de suivre le procédé de J.-L. Petit, c'est-à-dire l'opération sans ouverture du sac.

Néanmoins l'opinion émise par Huguier fut, dans les années qui suivirent, adoptée par un grand nombre de chirurgiens, malgré les efforts de Gosselin (1) et de Duplay (2).

En 1875, à la Société de chirurgie, une nouvelle discussion s'éleva sur cette question à propos d'une kélotomie pratiquée avec succès par MM. Després. Le Dentu, M. Perrin, A. Guérin, Nicaise, se montrèrent favorables à l'opération.

Peu après, Garnier (3)et Loupie(4) soutenaient la même opinion, que M. Verneuil combattit encore au moins pour les hernies volumineuses. Ce n'est que dans ces dernières années, et grâce aux progrès de la chirurgie antiseptique qu'un revirement complet s'est opéré dans la pratique des chirurgiens.

En 1881 M. Terrier (5) présenta à la Société de chirurgie trois cas de hernie ombilicale étranglée et qui fournirent deux guérisons par la kélotomie : ce chirurgien s'appuyant surtout sur l'innocuité des plaies du péritoine, préconisa vivement la kélotomie hâtive.

M. Polaillon présenta également l'histoire de trois kélotomies dont deux furent suivies de

(1) Gosselin, Leçons sw les hernies et Clinique chirurgicale de la Charité ^ 3« édition, Paris, 1879.

(2) Duplay, Thèse d'agrégation.

(3) Garnier, Thèse, 1877.

(4) Loupie, Thèse, 1880.

^5) Terrier, fiuU. de la Scciété de chirurgie^ 1881.

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