‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 415 sur 482 · CANCER DU RECTUM · texte numérisé non relu

CANCER DU RECTUM

Le cancer du rectum suit ordinairement son cours dans l'espace d'environ deux ans. Fort souvent la durée delà vie est beaucoup moindre. J'ai observé un cas d'encéphaloïde qui se termina fatalement quatre mois après l'apparition des premiers symptômes. Je pratiquai la côlotomie aussitôt que je vis le malade, deux mois avant la mort, mais je ne crois pas que l'opération ait retardé d'un seul jour la marche de la maladie, bien qu'elle calmât les douleurs qui étaient horribles. D'autre part, j'ai vu bien des cas de squirrhe et d'épithélioma où le malade a vécu quatre ans et demi (et même plus longtemps) sans aucune intervention chirurgicale.

Ganses.

Le cancer est ordinairement une affection de l'âge moyen, mais j'ai vu un encéphaloïde rapidement mortel chez un garçon de dix-sept ans ; et, il y a quelques années, il se trouvait à l'hôpital Saint-Marc, dans le service de mon collègue M. Gowland, un garçon de moins de treize ans avec un cancer du rectum. Le squirrhe et l'épithélioma, chez les vieillards, affectent ordinairement une marche très lente, ce qu'explique l'alanguissement des fonctions vitales chez les vieillards, à l'état de maladie comme à l'état de santé.

On dit que le cancer est plus fréquent chez les femmes que chez les hommes. C'est le contraire que j'ai observé pour le rectum. Mes statistiques offrent plus d'hommes que de femmes. D'après ce que j'ai observé, il ne semble point y avoir de raison pour considérer le cancer du rectum comme une maladie héréditaire.

Symptômes.

Certaines espèces de cancer peuvent au début

être simplement et purement locales. Mais cette période est de courte durée, et la localisation ne saurait guère être admise (elle n'existe pas en réalité) pour les formes les plus malignes. Je veux dire qu'aussitôt qu'une tumeur se manifeste de façon à être reconnue parle malade, l'affection est ordinairement déjà constitutionnelle et que l'organisme est infecté.

En général, le cancer du rectum, à un moment de son développement, est horriblement douloureux, et, toutes les fois que l'organe entre en action, les douleurs sont accrues; mais j'ai vu des malades chez lesquels il n'y avait pas eu de douleurs excessives, surtout dans les premiers temps. Dans les périodes plus avancées de la maladie, la douleur devient souvent continue, parce que des nerfs nombreux sont englobés par le néoplasme, qui les comprime ou les distend ; les organes voisins deviennent ainsi le siège de douleurs distinctes, alors niéme qu'ils ne sont point en contact direct avec la tumeur. J'ai vu un malade avec un cancer qui, ayant débuté par le rectum, avait envahi toute la cavité du bassin : des douleurs le long du nerf sciati que droit constituaient un des symptômes les plus pénibles.

Les variétés de cancers qu'on décrit habituellement comme susceptibles d'affecter le rectum sont répithélioma,le squirrhe, le cancer colloïde, et la mélanose. Je crois les avoir placés par ordre de fréquence. Je n'ai jamais vu de tumeur mélanique du rectum. J'ai vu bien des tumeurs colloïdes, mais je ne suis pas sûr que l'encéphaloïde ne puisse pas être colloïde ou subir une transformation de ce genre. Une pièce de M. Laboulbène vient confirmer cette opi nion (fig. 237 i). D'après les résultats de mon expérience clinique, je serais tenté de dire que dans le cancer du rectum il est souvent très difficile, sinon impossible,

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