CANCER DU RECTUM. — TRAITEMENT
Yeau de la prostate, et alors même qu'il n'a pas pris naissance dans la glande elle-même, ou qu'il ne l'a nullement envahie, il lui est remarquablement adhérent.
Les formes malignes du cancer n'existent pas longtemps dans le rectum sans qu'il se produise des noyaux secondaires dans les ganglions lombaires ou de l'aine, le foie, etc. L'aspect extérieur qui accompagne si souvent la cachexie cancéreuse s'observe fort communément ; il se manifeste plutôt. Je crois, dans le cancer du rectum que dans celui des autres régions. Quand la néoplasie cancéreuse occupe un point élevé de l'intestin, des vomissements répétés et violents apparaissent de bonne heure, même sans obstruction marquée. Le début du cancer du rectum est souvent marqué par des symptômes presque insignifiants. Un malade peut se présenter dans le cabinet du chirurgien en ne se plaignant que d'un peu de diarrhée le matin ; ou même d'un peu de malaise intestinal. Il peut avoir l'aspect d'un homme fort et en parfaite santé et se croire lui-même bien portant à tous égards, sauf la petite incommodité locale qu'il accuse ; et cependant, en procédant à l'examen direct, on peut trouver que la maladie est déjà assez avancée pour qu'il soit impossible de rien faire. Quand le cancer affecte la partie supérieure du rectum ou TS iliaque, il suit une marche plus rapide et présente beaucoup plus de danger ; même la mort subite n'est pas rare. car il se déclare rapidement une obstruction totale, et, à moins que la côlotomie ne soit promptement pratiquée, l'intestin se rompt audessus du point obstrué, et la mort s'en suit. Le rétrécissement cancéreux de la partie supérieure de rs iliaque ou du côlon descendant n*est pas aussi immédiatement dangereux, bien que l'obstruction puisse être absolue. J'ai vu des cas de ce genre où le malade survécut huit semaines ou plus.
Traitement.
Pour ce qui est du traitement, je n'ai jamais vu retirer aucun avantage de l'application des caustiques à l'intérieur de l'intestin ; mais, quand une masse cancéreuse fait saillie au dehors, ce qui, à la vérité, est un fait rare, j'ai calmé la douleur et détruit une bonne partie de la tumeur en employant une pâte à Tarséniate de cuivre ; ce caustique ne produit pas d'hémorrhagie et, autant que j'ai pu le voir, il est exempt de dangers.
Dans la majorité des cas de cancer, le traite-
ment se résume à essayer de diminuer les souffrances du malade. La douleur est généralement calmée par le repos dans le décubitus et par les sédatifs, qu'il faut employer intus et extra; l'opium, sous ses différentes formes, est l'agent le plus efficace que nous possédions. On peut l'employer en suppositoire, auquel cas la formule la meilleure est la morphine incorporée dans la glycérine et la gélatine (trois parties de glycérine et une de gélatine) ; un suppositoire de ce genre se fond très vite et ne joue pas le rôle de corps étranger dans l'intestin déjà si sensible. Les injections de calmant de Battley, celles d'amidon additionnées de gouttes noires, donnent beaucoup de soulagement. Il est probable que la plupart des malades se trouveront le mieux à l'aise après les mjections hypodermiques de morphine ; mais on ne peut administrer longtemps un opiacé sans amener un état d'esprit qui est presque aussi insupportable que la douleur de la maladie ; il faut donc avoir grand soin de se montrer aussi ménager que possible de ce médicament, sans en administrer jamais de dose plus forte qu'il n'est absolument nécessaire, et se rappeler qu'on peut être obligé d'y avoir recours plus ou moins longtemps, quelquefois pendant des mois entiers. J'ai essayé la térébenthine de Cbio, recommandée par M. John Clay, de Birmingham, mais je n'ai pas été satisfait des résultats et je l'ai abandonnée.
Quand les productions cancéreuses approchent de l'anus, on peut obtenir un soulagement considérable par la section des sphincters musculaires ; la défécation est ainsi rendue plus aisée, et il n'y a pas de compression possible. Quand le calibre de l'intestin est diminué par un cancer voisin de l'anus, le professeur Verneuil a proposé de diviser largement l'intestin en arrière, sur la ligne médiane; j'ai pratiqué fréquemment cette opération, qui a procuré à mes malades un soulagement bien net, mais momentané. Dans l'encéphaloïde du rectum, on peut calmer beaucoup les douleurs et même améliorer la situation du malade en évidant la tumeur avec les doigts ou avec la curette. Il faut agir hardiment, et énucléer rapidement et sans crainte la masse néoplasique. Si on arrache seulement les parties superficielles, il peut se produire une hémorrhagie très abondante, qui doit épuiser le sujet, et on n'obtiendra aucun résultat avantageux. Dans les cas où j'ai adopté ce mode de traitement, j'ai été surpris de voir qu'après l'ablation des productions cancéreuses, le faciès du malade s'améliorait énormément ;