TRAITEMENT
de moyens ingénieux que nous exposerons briëvemenl, renvojant le lecteur aux trailés qui les décrivenl.
La méthode suédoise, méthode de Ling, dnésithérapie du D' Daily, est composée de mouvemenls doubles, c'esl-à-dire de mouvements qui s'exécutent au moyen d'un aide qui résiste au sujel pendant que celui-ci produit un mouvement déterminëiou bien, qui imprime à ce sujet des mouvements auxquels il doit résister. Ainsi, pour produire la rotation du tronc sur le bassin, mouvement toujours indiqué dans la scoliose, un aide fixe solidement le bassin, un autre aaisil le patient par les épaules et lui fait accomplir le mouvement soit en l'engageant à résister, soit en résistant lui-même. La mélbode comprend une série de onze exercices sur le détail desquels nous ne pouvons nous étendre. !
Le D' P. Rouland a utilisé un procédé ingé> nieui qui est le suivant. Il provoque la conirac- ! lion des muscles spinaux du cAté de la con- ' vexité ; pour cela le malade est debout au-des- I sous d'un plan horizontal distant de sa tête de I à 2 centimètres. On l'engage à élever le tronc i de façon à toucher, avec la bosse pariétale du ' côté dévié, le plan boriiiontal. Le patient répète ce mouvement cinq ou six fois de suite, gardant la position indiquée pendant une dizaine de secondes ; ces séries de mouvements se répètent à ' chaque séance cinq b six fois et sont séparées ; par une extension horiioiilule de dix minutes. Trois fois par jour, on répèle le même exercice. |
La méthode de Kjoeislad et de Roth donne aussi de bons résultats. Le sujet est placé devant ' une glace, de façon qu'après avoir tracé une ligne horizontale répondant à la hauteur normale de ses épaules, on lui fait apercevoir qu'elles ne sont pas de même niveau et on ' l'exerce à les y amener au moyen de mouvements actifs exécutés avec le tronc.
Enfin à toutes ces méthodes il est utile de -, joindre les exercices respiratoires, destinés à rendre au thorax sa souplesse. TantAt ce seront des séries de profondes inspirations cadencées; d'autres fois (Uatly), ce seront des mouvements actifs tels que l'élévation inspiraioire des épaules et des bras en prenHUtpoint d'appui sur les mains ou en les élevant verticalement, ou bien on leur imprimera des mouvements de projection en demi-cercle, d'avant en arriére, dans le plan horizontal.
On voit quels moyens riches et variés nous sont offerts par ces diverses méthodes, malheureusement trop peu connues du plus grand nombre des praticiens.
Les supports mécaniques ne sont pas utiles en général, dans la première période, sauf quand la courbure s'étend & un assez grand nombre de vertèbres. II faut alors employer un appareil très simple, devant réunir les conditions suivantes : Soutenir la colonne vertébrale afin que les disques intervertébraux (Kiaher) ne s'altèrent pas par suite des pressions inégales; permettre en môme temps des mouvements suffisants au thorax et aux muscles du tronc. Les corsets orthopédiques, dit M. de Suint-Germain (1), ne peuvent rien par eux-mêmes, iis doivent seulement empêcher le rachis de reprendre la première position qu'on est arrivé à modifier par les exercices ou les manipulations.
Bg. 2387. — Cartel d'attitudes ou k birrelles.
Le corset d'attitude, ou corset à barrettes de Ducresson, réalise les indications voulues d'une manière très salisfaisaiite. M. de Saint- Germain l'emploie avec avantage dans la scoliose légère ou moyenne jusqu'à 22 ou 2'i millimètres de Ilèche. Le corset, comme la figure 2387 l'in-' dique, prend un large point d'appui sur les hanches; à son intérieur sont deux béquillons solides destinés k combattre l'influence de la pesanteur et à soutenir les aisselles, et des plaques reliées ensemble par des barrettes et destinées à appuyer sur la convexité des courbures. Le corset doit fermer par derrière, comprimer doucement lu poitrine en avant. Il sera très utile de frotter tous les matins la peau de l'aisselle avec un mélange de tannin et de camphre finement pulvérisés, afin d'éviter tes excoriations
[H Stînt-Cermaln (L. A. de', Chirii.
dique. Pirii, IS83, in-S.
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BARETTE, — CHlBUflGIE OBTBOPËOEQUE.
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qui pourraient provenir de U preasioa dos béqnilloiu.
Oan* les formes phi> avancées de scoliose, les sooHofes confirmées an un mot, il Faut joindre ans moyens physiologiques précédemment étudiés les mojens mécaolques plus puisHanli. U neas reste alors à étudier les méthodes qui ont poar bot d'agir directement lur les dilTormUés, de redresser, en un mot, la colonne Qécbie, soit en agissant sur les exlrémitëa, soit en pressant sur les parties saillantes.
Mmùputations. — l>e masssge pratiqué d'après cerlaines règles peut rendre des servicsB préclem. Dubreuil |de Marseille) place le sujet sur un plan horizontal et everr.e sur les courbures despressions latérales avec la paume des mains.
Le D' Dallj voit dans le massage vertébral un mojen puissant pour retidre iiu3f tissus fibreux leur souplesse, pour evciler la vitalité de tout l'appareil rachidien. Il enerce des pressions énergiques avec le poing fermé ou le tiilon de la main sur toute la longueur de la courbure, pour la repousser d'arrière eo avant, assouplir en même temps les mouvements des cdies. Quand il se produit de petits craquements, le pronostic est des meilleurs et l'amélioration est certaine. Dodds, en Angleterre, et le D' Fisher recommandent les manipulations'jui, d'après eux, permettent d'imprimer au rucbis des mouvements de rotation égaux au déplacement de* vertëtires. Ils coiiseilletit d'agir simultanément sur les courl^urc:? supérieure et inférieure; en plaçant une des mains sur chacune d'elles et en remonlant de Las en haut des courbures on everce sur elles des pressions énergiques en pens opposé. (Chaque séance de manipulation doit durer une demi-heure environ et être reprise churjue jour. Aprèii quoi on appliquera un appareil de contention.
Haremenl on a recours au diculiitus hm-izonUil, on sali que l'exten-ion horizontale du tronc sullit pour faire disparaître les courbures non invétérées de la colonne verlébrulc. Elle est surtout utile dans les formes de scoliose â marche rapidement progressiic; dans ces cas, aucun moyen n'est préférable à l'applicaiion de la gouttière de A. Bonnet. Dans les cas ordinaires, un décubituB de quatre à six heures parjour, allcrnalivemenl sur le dos, le ventre, le cùlé, accélérera d'une façon singulière la guérison.
L'extension horizontale, par son action naturelle sur la colonne incurvée, est heureusement combinée avt^c l'^ippiicaiion de moyens de pression directe sur li^s courbures, avec les lits mécaniques, en un mot. Leur usage est, à tort, bien i
délaissé aujourd'hui ; il est certain que les «aciens afqtareils qui parlaient ce nom ne méritaient point d'être conserréa. Maïs il en est de meilleurs et de plus modernes. Un des plut commodes est, sans contredit, le lit à preaai«K IfOérales de Goldachmidt (de Berlin) (fig. !3lt8 .
1^ seule inspecllon delà figure permet de comprendre son action ; le bassin et les aisselles sont lixés par des brassards de cuir; des plaques mobiles ft»ées sur des curseurs, au moven de vis de pression, permettent d'exercer sur le» courbures une pression graduelle sufliBante, ei efficace.
Mais le plus souvent, au lieu des liu â enlension, on est obligé de se servir d'appareils redresseurs destinés a agir progressivement aui*i sur les courbure», mais dans la situation verlicale. Ils sont indiqués dès que la flèche de courbure dépasse 2 centimètres et demi. Ces appareils, pour avoir toutes les qualités requises, doivent réunir le maximum de pui^isance avec le minimum de volume et do poids. Leur rigidité doit 'Ure suflisaiite. Tous se composent d'une pièce lixée au hassin et supportant des tuteurs latéraux terminés par des crosses axiUaires, dont la hauteur p'-ut varier. Comme l'appareil doit sui»r-' les modifications imprimées à la colonne par son redressement, il existe un fort levier postérieur destiné à suivre ce mouveroeat prognsùf.
SCOLIOSE. — TRAITEMENT.
La ceinture de Hossard {&g. 3389) est un des meilleurs appareils de ce genre. Elle se compose d'une ceinture moulée exactement sur
Fig. SUS. — Ceinture à IncUntlMn de HoMtnl.
le bassin, portant en arrière un Tort tuteur remontant jusqu'à la région cervicale, pouvant s'incliner plus ou moins au mojen d'une roue à «rémaiUëre placée à sa partie inférieure. Une large sangle de cuir part de ce tuteur pour aller envelopper la partie convexe et saillante du
Pig. nso. — Appirell d'Aduns.
thorax et se relier a la ceinture au niveau de lu crête iliaque du c6\é opposé.
Dans les cas de scoliose plus grave encore, Adams emploie un appareil beaucoup plus puissant (fig. 2360). La portion pdvienne est sem- Eac;cl. de etitmrgie.
blable k celle du précédent, mais les crosses sont remplacées par des plaques moulées sur les courbures et maintenues en état de pression constante au moyen de ressorts reliés à la barre centrale.
Hais en définitive doit-on alleadre beaucoup de ces appareils portatifs, plus ou moins compliqués? L'opinion des orthopédistes est unanime, et comme H. te professeur Panas le déclare (I], il ne faut demander aux corsets que ce qu'ils peuvent donner, c'est-à-diie soutenir le rachis pendant la station et la marche. Le D' Daily regarde leur action comme illusoire ; pour le plus grand nombre, celte action, absolument insuffisante au point de vue du redressement, ne peut servir, quand ils sont bien construits, qu'à, maintenir la correction obtenue et k empôcherdeperdre du terrain dans le traitemeuL
Plusieurs auteurs, Barwetl en Angleterre, Ernest Fischer (de Strasbourg), considérant que les appareils rigides réduisent à l'insction les muscles du tronc, préfèrent des moyens d'aclion à traction élastique, qui, s'appliquantsur les courbures, n'empêchent point les mouvements du tronc et des épaules et ne gênent en aucune façon la respiration.
Les figures S391 i 2394 montrent par devant et par derrière un bandage élastique de ce genre récemment proposé par Ernest Fischer (de Strasbourg) (2).
Les résultats donnés par ces appareils élastiques ne sont pas encore très connus, mais ils paraissent mieux répondre aux conditions physiologiques que ne le font les appareils fixes.
Quant au corset plâtré du D' Sayre de New- York, il ne paraissait pas, au début, devoir donner d'excellents résultats. Sans revenir sur son mode d'application (3), nous ferons remarquer qu'il peut bien immobiliser le thorax redressé par l'extension el surpris par le plâtre dans une bonne position. C'est un bon moyen d'immobilisation, à condition que dans la scoliose il ne soit pas appliqué, comme pour le mal de Pott, d'une façon inamovible. L'habile Américain (4) insiste avec soin sur cette différence d'indication et de but. Voici comment il
(I) Pinu, Diel. île tm'ilecine de Jaccouà, t. XXV, ■rt. OsTaortozE.
(î) Ernest Fischer, Hiitai't el traiUmenl de la aeoliose. Sirubourg, IBSS, p. 161.
(3) Voy. Frôd. Trêves, Vice$ de conformation el o/fecliom de la colonne vertébrale, iirticie Malde Poil, in Bncyclopédie internationale de chirurgie, ». V, p. lis.
(f ) Sayre, Orlhoptdie Svrgtry, 1* édition. VI. - 44
BAHEtTE. — CHIRURGIE ORTBOPËDIQUR.
conaeiUe l'application du corset p]ftlré pour les eu de scoliose assez prononcée qui ne peuteut guérir par les exercices gjmnastiqueB et l'auto- Buspension. L'enTan test revein d'un maillot, suspendu comme on le soit. On applique les bandes plâtrées, et quand elles sont prises sufBsamment, on enlèie le corset au mojen d'une section tàitt en avant de haut en bas. Puis, quand l'appareil est bien sec, on le laille de façon k ce
qu'aucune partie ne puisse blesser la peau rt on l'assojeltit avec des laniires bouclées.
Chaque soir, on retire le corset, après quoi on fait exécuter les exercices g^maastiques conrenns. I.e matin, après la séance d'exercices, oo pratique rauto-suspenslon et on applique le corset qui maintient alors l'exlension pendant le jour. Appliqué ainsi, l'appareil donne des effets au moins aussi bons que tous les autres etlssim-
Flg. Î3'J.1.
Fif. Î39I i !î9i. -
Fig. 139i.
Bandage élastique du D' Eraeit Fischer (de SlraBtxrarg).
plicité de sa fabrication le rend 1res appréciable.
Nous pouvons conclure qu'au point de vue pratique, les résultais varient suivant le degré et l'ancienneté de la courbure; suivant qu'il J a une torsion plus ou moins considérable.
Dans les scolioses au début ou légères qui ont une flèche de il millimètres à I centimètre et demi ou 2 centimètres, les exercices gjmnasti-
ques, l'hydrothérapie, le décubitus hoHsontal et l'application pendantlejour seulement du corset d'attitude sufârout à donner de ttons résultats. Les scolioses de 5 à fl ou 7 cenUmèlres de flèche avec torsion considérable sont incurables jusqu'ici. Les ceintures à inclinaison, les mw>ipulations pourront seulement arriver à arrêter la marche progressive de la déviation .