‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 443 sur 482 · PIED BOT. — PATHOGÉNIE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

PIED BOT. — PATHOGÉNIE GÉNÉRALE

formation, en comptait 37, Vincent Duval put eu rassembler 1 ,000 cas, de 1 835 à 1 859. Templin sur un relevé de i 0,21 7 cas de difformités, traités à rhôpital de Londres, compte 1,780 pieds bots, ce qui donne une proportion de 1/5 à 1/6.

Le sexe masculin présente une prédisposition fâcheuse. Duval sur 1,000 cas comptait 625 garçons et 375 filles.

Le pied bot peut être unilatéral ou bilatéral. La même statistique nous montre 241 cas de bilatéralité sur 1,000 faits. Parmi les 759 unilatéraux, 367 fois le côté droit était atteint, et 372 fois le gauche, ce qui montre une légère prédominance de fréquence pour ce dernier.

Les plus anciens observateurs ont divisé les pieds bots en deux grandes classes, les congénU taux et les accidentels. Leurs proportions relatives sont intéressantes. Sur 1,780 cas de pied bot rapportés par Templin, 764 étaient congénitaux, 1,016 accidentels. Sur les 1,000 cas de Vincent Duval, 574 fois le pied bot était congénital, 426 fois il était accidentel.

Le pied bot présente de nombreuses variétés, suivant le sens dans lequel la plante du pied a tourné autour de ses axes antéro-postérieur, transversal ou vertical, suivant, en un mot, la direction qu'a prise la pointe du pied. Vincent Duval avait établi une nomenclature dans laquelle chaque terme indiquait le sens de la déviation. Le mot stréphopodie (orpcçiiv, noO;) indiquant la classe générale (pied bot ou pied tourné), il désignait les différentes formes par les termes de stréphendopodie, stréphexopodie, stréphanopodie, stréphokatopodie, qui rappelaient à l'esprit que la plante du pied était tournée en dedans ou en dehors, en haut ou en bas. Cette classification logique n'a point survécu à son auteur, et nous adopterons avec tout le monde les anciennes désignalions. Il existe quatre formes types de pied bots : WUjuin et le talus, dans lesquels la plante du pied tourne autour de son axe transversal, de sorte que le membre appuie ou bien sur le talon antérieur (bourrelet métatarse -phal angien) {équin) ou sur le talon postérieur (le calcanéum) (talus); puis le varus et le va/gtis,dans lesquels la plante tournant autour de son axe antéro-postérieur et vertical se renverse en dedans, tandis que le bord interne regarde en haut (varus), ou en dehors avec ascension du bord externe (valgus). Les deux premières formes constituent le talipes equinus et calcaneus des Anglais et des Allemands.

Mais il est rare que Ton rencontre une déviation type, simple dans sa direction. Il est des

formes intermédiaires et surtout des combinaisons de deux déviations entre elles qui rendent la description et aussi le traitement beaucoup plus compliqués. Le pied bot équin et le talus se rencontrent assez souvent à l'état de pureté, tandis que le varus se combine le plus souvent avec Téquin, et que le valgus se combine avec le talus.

Ces diverses combinaisons donnent lieu à un certain nombre de types classiques intermédiaires : Véquin-varus^ Véquin-valgus et le talusvalgus, La statistique de V. Duval va. encore nous renseigner sur leur fréquence relative. On y relève 532 cas de pied bot varus, 417 de pied bot équin ou équin-varus, 22 valgus et 9 talus. Enfin, il y avait 20 cas de pied bot équin exagéré, avec enroulement de la plante et appui du dos du pied sur le sol.

Tout le monde s'accorde à reconnaître que \& varus et ses variétés forment le type le plus fréquent du pied bot congénital, tandis que l'équin et ses dérivés se rencontrent le plus souvent dans les cas accidentels.

Celte division primordiale en congénital et accidentel nous permet de jeter, avant d'entrer dans l'étude de chaque variété, un rapide coup d'œil sur la pathogénie générale de ces deux formes. Le D' Schwartz (1883) a résumé nettement les théories connues jusqu'à ce jour (I).

Pathogénie générale da pied bot.

a. — Pied bot coNcéNiTAL.

L'anatomie pathologique nous montrera, dans la plupart des cas, qu'on y rencontre fréquemment, sinon d'une façon toujours constante, des déformations osseuses typiques plus ou moins marquées. 11 faut en conclure qu'une force a dû agir sur le squelette pour le déformer pendant sa période cartilagineuse, ou bien que ses points d'ossification se sont anormalement placés; ces déformations ont entraîné la déviation des jointures, que les ligaments et les muscles ont immobilisées dans leur situation anormale.

Le plus souvent, mais non toujours, les muscles ne sont point altérés dans le pied bot congénital. Plusieurs théories ont été émises pour l'expliquer. On ne peut adopter exclusivement aucune d'elles, il faut être éclectique, car on trouve des faits qui appuient favorablement Tune ou l'autre.

La malformation primitive du squelette entrevue

(1) Schwartz, Des différentes espèces de pieds bots. Thèse d'agrégation. Paris, 1883.

PlIiD BOT ÉQUIN. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE.

triées consécutives à des plaies avec perte de substance, ou à des brûlures profondes.

Les arthropathiques peuvent se montrer après des luxations traumatiques non réduites du cou-de-pied, ou après des arthrites ankylosantes ou suppuratives.

Les ostéopathiques succèdent à des fractures mal réduites, vicieusement consolidées, ou bien à des perles de substance du squelette par carie, nécrose ou rachitisme.

Les pieds bots accidentels musculaires sont de beaucoup les plus fréquents. Ou bien ils succèdent à des contractures primitives, ou à des secondaires. Primitives, elles sont dues à toutes les formes possibles de myosites traumatiques ou spontanées. Secondaires, elles sont dues ou à des lésions de voisinage, telles que des abcès, des ulcères, ou à de simples raccourcissements causés par d'autres maladies des membres, ayant entraîné des attitudes vicieuses; les positions imprimées au pied par des plaies, des fractures, la coxalgie, peuvent les produire. Nous avons observé un cas d(e pied bot équin chez un homme vigoureux qui avait été traité pour une fracture de jambe par l'extension continue. On avait négligé de placer le pied à angle droit sur la jambe.

Les lésions du système nerveux central ou périphérique, produisant des contractures directes des muscles ou des contractures par absence d'antagonistes, sont des causes bien fréquentes de déformation. Les convulsions de l'enfance, les névroses hystériques, les lésions du cerveau et de la moelle produisent des contractures. La paralysie infantile (myélite des cordons antérieurs) produit des atrophies localisées ou étendues à un grand nombre de muscles ; les muscles non paralysés se contractent et entraînent le pied dans une position vicieuse.

Enfin il n'est pas jusqu'aux plaies incomplètes ou complètes des nerfs de la jambe, qui ne puissent, par le mécanisme de la contracture et de la rétraction postparalytique, produire des difformités du pied.

Nous avons insisté un peu longuement sur ces généralités du pied bot, afin d'éviter une foule de redites, qui auraient pu obscurcir l'étude clinique et thérapeutique des formes isolées, que nous allons maintenant aborder.

1*IED BOT ÉQUIN.

Il tire son nom de son analogie avec le sabot du cheval. 11 est caractérisé par le renversement

plus ou moins complet de la plante du pied en arrière, tandis que le talon s'élève et que la pointe se dirige en bas.

La forme congénitale est rare, Little en a rapporté deux exemples douteux. Adams et Lannelongue la nient presque complètement.

Au contraire, le pied équin et ses dérivés forment la plus grande majorité des pieds bots accidentels. Assez rarement d'origine extra-musculaire, on en connaît toutefois des cas dus à une brûlure profonde de la partie postérieure de la jambe (Kirmisson). Walter a cité un fait consécutif à une fracture grave du cou- de-pied ; Meyer, à une arthrite tibio-tarsienne.

Le plus souvent d'origine musculaire, il peut être dû à un simple raccourcissement des muscles postérieurs de la jambe ou aux attitudes vicieuses entraînées par la coxalgie, ou par une fracture mal consolidée, avec raccourcissement notable du membre. Cette déformation, que l'on cherche même quelquefois à obtenir en faisant porter une bottine à talon très élevé, est connue sous le nom de pied bot équin de compensation.

Certaines lésions de la jambe peuvent encore le produire ; Terrillon cite un cas où il fut consécutif à une lymphangite; Adams l'a observé à la suite d'abcès tuberculeux profonds ; Lannelongue comme symptôme d'une ostéite tuberculeuse latente. Dans tous ces cas on a vu un équin direct ou un équin varus.

L'équin spasmodique ou par contracture est la forme la plus fréquente. On l'a observé à la suite de convulsions dues au travail de la dentition ; les affections de la moelle épinière ou des méninges rachidiennes, la pachy méningite du mal de Pott peuvent le produire. Schwartz, Adams et Dewitt citent des faits curieux d'équin consécutif à l'iofection paludéenne et à la piqûre du serpent à sonnette. On sait aussi qu'il est assez fréquent dans l'hystérie.

L'équin paralytique est au contraire assez rare. La paralysie des muscles antéro-externes de la jambe produisant surtout le varus équin que nous étudierons plus loin. Cependant il existe quelques faits d'équin paralytique où l'équinisme est le fait prédominant de la déformation. Delpech en rapporte un exemple consécutif à la section du nerf libial antérieur; Routier en relate aussi quelques faits (1).

Anatomie pathologique.

L'équin congénital étant très rare, on a par-

(1) Koatier, Thèse de doctorat. Paris, 1881.

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