‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 45 sur 482 · LARYNGITE SIMPLE OU CATARRHALE · texte numérisé non relu

LARYNGITE SIMPLE OU CATARRHALE

Elle peut être idiopathique, secondaire ou traumatique. Ces variétés peuvent s'accompagner de trachéite ou de bronchite d'une part, de pharyngite ou de rhino-pharyngite de l'autre; dans le premier cas, l'afTection est d'ordinaire limitée à l'intérieur du larynx; dans le dernier les lésions sont plus étendues.

La laryngite aigué idiopathique est généralement due à l'action du froid ou de l'humidité. Mais d'autres causes peuvent la provoquer, telles que l'irritation locale directe par des agents mécaniques ou chimiques, ou par un exercice exagéré de la voix; la propagation inflammatoire consécutive à une lésion dentaire, une stomatite ou une glossite, l'intoxication, quelquefois due à une susceptibilité particulière pour l'iode, l'antimoine, le mercure. Elle peut être rhumatismale d'origine et coexister avec des manifestations articulaires.

La laryngite aigué symptomatique se montre dans l'arthritisme, les éruptions aphtheuses, la diphthérie, la pneumonie, la tuberculose aiguë, la syphilis, le typhus, la fièvre typhoïde, la variole, la rougeole, la fièvre scarlatine, l'érysipèle et la pyohémie.

La laryngite aigué traumatique est le résultat d'une violence directe, survenue par accident ou par imprudence, ou exercée à dessein (1).

La laryngite calarrhale aiguë est ordinairement diffuse. Quelquefois elle est limitée à un

(1) V. les chapitres Plaies, brûlures, fractures, corps étrangers.

ou plusieurs organes spéciaux, tels que l'épiglolte ou une corde vocale; il en est surtout ainsi, à moins que l'angine ne soit traumatique, dans les cas de syphilis, de carcinome, de tuberculose et de lupus. La forme difi'use peut suivre tout son cours et arriver à la guérison dans un temps qui peut varier de vingt-quatre heures à dix jours. La laryngite circonscrite, quand elle est de nature dyscrasique, se transforme en une inflammation chronique ou une induration définitive. Quand la laryngite est traumatique, l'induration varie suivant la violence qui en est la cause.

L'intérêt principal de la laryngite au point de vue chirurgical est dans le siège du processus inflammatoire beaucoup plus que dans son intensité. Les phénomènes pathologiques de congestion, de tuméfaction et d'infiltration, et les complications qu'ils entraînent, sont analogues à tous ceux qui se produisent dans l'inflammation des membranes muqueuses. Mais au contraire, ce fait qu'un gonflement considérable des parois internes du larynx ou de son orifice supérieur entrave la fonction respiratoire, en opposant un obstacle mécanique à l'accès de l'air dans les poumons, rend la laryngite particulièrement menaçante pour la vie du malade. Aussi faudrait-il scrupuleusement recourir dans chaque cas à l'examen laryngoscopique, et cela non seulement pour suivre la marche de la maladie, mais pour vérifier l'effet du traitement. On observera le plus souvent la congestion et le gonflement de toute la muqueuse laryngée. Les parties saillantes du la-

COHE5. — PLAIES ET MALADIES DES VOIES AÉRIENNES

fane tr» <çift2ssâes, et U taméfaclion symé- -rfinzs fc ââiti^^ est constante. Cette tumêacaiid ^ôe li maquease peut empêcher le 'narc'smÈtat de Tépi^otte qui restera abaissée mai^t les efforts musculaires, ou bien érigée. Ls» inflammations circonscrites sont signalées par 4!es congestions disposées par lignes on par taches^ et quelquefois en nappe, ou par de la tuméfaction locale. Les congestions et les tunélactioos circonscrites et diffuses rarient dans d'eitrémes limites. Des accumulations de mucus, disséminées simulent des points d'ulcération : il est en effet très difficile de déter^ miner à l'examen lar^ngoscopîque les parties anormales en dépression de celles qui sont en refief. Le mucus, à moins qu'il ne soit très adhérent, peut d'habitude être détaché par la toux, et si la toux ne suffit pas, par une douche. Mais Tuloération ne se montre pas dans la laryngite calarrhale simple et les érosions mêmes sont des accidents rares. La paresie de quelques-uns des muscles qui ferment la glotte se reconnaîtra à 1 état béant soit de toute la fente glotdque, soit de reilrémité interar;ténoidienne. La paralfsie est due à une infiltration intermusculaire et non à une maladie des nerfs. Dans une larvngite intense, Toedème de la glotte peut surrenir.

SympiOmes.

Les $%"~p:>\€S sont, dans les cas logers. la douleur, la toui, l'alteralton de la voîi, saas pjrexie spéciale. DaPâS les cas grades, il y a des phénomènes fe^nles. et la gêue de U déglutition et de là respiration peut s'ajouter aux s;mpt6n:es déjà eûstauts et les ag^aver.

Le d. j.si: re^ph^ sur le groupe de symptAmes sut*jec:ifs ci-dessus énumérés et sur les manifestations objectives siguolres par le laryn-

Le ft^j-p.Cv+^-f est favorable dins les cas légers de laryngite diffame idiopatLiques. II 3 est égalemesit !af-:>raMe, même dan> les cas eraves. lors^'on scrreille soigne use méat le malade à l'aide de l'exunen lar^ngoscopi^iue. Des cas sembUbles, négliges, se termine n.L quelquefois parU mort, s l'on n*i:.ter«:ent pa* chirurgi- •ralemeat au moment >>ppoctaa. Dans les lar^ng:re:« symptomati^oe». Le ^rooosôc dépend prio- «npaleraect de raffecôoa qu en esc la cause: Il Làfyagite éryspéla&euer en particulier, est

d'une extrême granté. Les laryngites traumatiques ne sont d'un pronostic favorable que si la blessure est peu importante. Dans tons les cas, une laryngite aiguë, à moins que le traitement n'en soit bien dirigé, peut entraîner une altération profonde et permanente dans la nutrition de la muqueuse, et exposer le sujet à des poussées nouvelles dlnflammation subaignë on aiguë, récidives fréquentes qui conduisent progressivement à la larvngite chronique. La larvngite chronique, une fois établie chei des sujets dont la constitution est d'autre part atteinte, pourra, si l'on n'v prend garde, se transformer en laryngite ulcéreuse. Cette opinion, il faut le dire, n'est pas celle de tous les médecins : mais il n'en est pas moins Trai que la chondrite et la nécrosa peuvent succéder à une laryngite aiguë idiopathîque. J'ai eu occasion de vérifier plusieurs fols le fait avancé par l'auteur, mais il s'agissait toujours de sujets jeunes, débilites par une maladie antérieure, entaches de scrofule ou de tuberculose G. P.).]

Parfois aussi on vait se développer des tumeurs, qui sont une conséquence immédiite de la laryngite idiopathique : de même, le processus intlanimatoLre laisse dans certainscai des paralysies myopaihiques des cordes recales.

Chei les sujets déjà malades, la laryngite superficielle peut provoquer des abcès intrt oa perilar;ngiens.

Dans la laryngite drcon^rite. qui est ordinairement Teipression d'une diathése héréditaire ou acquise, le pronostic doit être réseiré avec plus de prudeuce que dans la laryngite diffuse.

Tndtemeat.

Que l'affection soit intense ou bénigne, elle semble être notablement amendée par remploi du calomel. à doses petites et fréquentes, qui exerceaine heureuse intluence sur l'ioflamoittion de la muqueuse lar;ngee. comme du reste sur celle de toutes les muqueuses. Dans les cas légers, on obtient un bon rx^sultat de l'administration des purgatifs, de la suppression de la viande dans le régime, et de continueUes applications froides sur le cou. au moyen de compresses mouillées, de tubes de caoutchouc oa de métal, de sacs de glace ou d'eau froide. Dans les cas graves, il faut joindre à ces moyens l'apposition de sangsues dans le creux snprt* stemal, l'administration systématique des alcalins, ou même des an timon iaux, avec une grande modération dans le régime. On ne donnera au malade que des aliments demi-solides, de fa<^n à éviter au larrnx tonte irritatloo locale

LARYNGITE AIGUË INFANTILE. — 5YHPT0HES.

due aux mouTementB de déglatition. Les Taporisations d'eau préparée avec du benjoin, de la créosote, de Iliuile de pin, de la camomille ou de la sange soulagent beaucoup les douleurs. Des pulvérisations aslringenles, à moins qu'elles ne soient très faibles, ne sont guère indiquées, et les badigeonnages directs peuvent quelquefois faire beaucoup de mal. Le meilleur Iraitemenl de la pjreiie concomitante consiste à donner de l'aconit, à doses faibles et fréquentes, jusqu'h ce que le pouls soit redevenu normal, elk partir de ce moment il inlerTalles sufBsants pour maintenir l'efTet produit. Le repos de la région, comme le repos général, doivent être prescrits. Lorsque la laryngite est la manifestation d'une diatlièse, il faut recourir à un traitement interne appropria. Les cas qui s'accompagnent d'un peu de tuméfaction réclament les interren lions chirurgicales dont nous avonsparlé àpropoB du traitement de l'œdème du larynx.

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