VI
BARETTE. — CHIRURGIE ORTHOPÉDIQUE
trices centriruges. Telle est la théorie physiologique de la guérison des lésions, et on comprend que, pour qu'elle ait lieu, il faut que les moyens thérapeutiques s'adressent à des tissus dont la déchéance vitale n'est point encore tout à fait complète.
Des frictions excitantes sur les masses musculaires affaiblies doivent être faites tous les jours ; soit avec le gant de crin, soit avec une flanelle rude, de façon à produire une rubéfaction notable de la peau. 11 sera très utile de frictionner le membre avec un linge imbibé delà mixture suivante: Baume de Fioraventi.
Teinture de noix vomique à parties égales.
Les douches excitantes sulfureuses ou salées donnent aussi de bons effets, M. de Saint- Germain reconnaît avoir retiré de sérieux avantages des bains de sang chaud ou de tripes. Sans pouvoir s'expliquer comment agissent ces remèdes employés depuis si longtemps par les empiriques, il leur accorde une action réellement efficace.
Le massage, pétrissage ou percussion cadencée des masses musculaires, est un moyen d'action des plus puissants, et on doit se féliciter actuellement de le voir revenir en honneur, et de voir diriger et conseiller son application par les chirurgiens.
La gymnastique spéciale, connue sous le nom de gymnastique passive, est encore un utile adjuvant, pour rétablir les forces musculaires. Elle part pour principe de ce fait physiologique, si bien mis en évidence par Duchenne (de Roulogne) que dans tout mouvement, la flexion par exemple, il n'y a pas seulement action des muscles fléchisseurs, mais encore il y a contraction de leurs antagonistes ; c'est la synergie musculaire. Les mouvements de la gymnastique passive sont destinés à exciter successivement la contraction des divers groupes musculaires. Je prends pour exemple le bras et l'avant- bras dans un cas d'atrophie incomplète du triceps brachial. L'opérateur engage le patient à résister à tous les mouvements qu'il provoquera, mais seulement dans un sens, qui est diamétralement opposé à l'effet du mouvement provoqué. L'avant-bras étant fléchi, l'opérateur l'étend et le patient doit contracter autant qu'il le peut, ses muscles fléchisseurs biceps et brachial antérieur pour s'opposer au mouvement. Il est étendu, et l'opérateur veut le fléchir, alors le patient contracte autant qu'il le peut son triceps (extenseur) pour s'y opposer. La connaissance de la physiologie musculaire permet d'appliquer cette très importante
méthode de traitement à toutes les régions.
V électrothérapie est le complément, Vaoxiliaire nécessaire de tous ces moyens. Mais il faut qu'elle soit appliquée avec discernement et que le médecin obéisse aux indications qui lui sont fournies par l'état de réaction des nerfs et des muscles, dans les diverses périodes de la maladie. Le D' Onimus a bien déâni ces indications et donné les bases du iraitemeat électrique de ces paralysies musculaires. Quand on peut agir très près du début de l'affection, ce qui malheureusement est rare, l'éleclricité galvanique est bien supportée, elle a une action puissante sur la nutrition des tissus, et elle semble empêcher l'atrophie d'un grand nombre d'éléments nerveux et musculaires. L'état de la réaction électro-musculaire montrera, dans la période un peu plus avancée, comment il faut diriger le traitement. Très diminuée au commencement du traitement, elle augmente ensuite pour revenir à son état normal. Les cou' rants induits sont alors indiqués et devront s'employer localement sur les muscles paralysés en appliquant les pôles sur chacun d'eux sans faire d'interruptions trop fréquentes, ce qui provoquerait des douleurs, qu'il faut éviter à tout prix. On peut alors employer les courants continus, et Onimus le fait de deux manières un peu différentes suivant la période. Dans les premières semaines, c'est un courant continu descendant, pôle positif sur le rachis et pôle négatif sur l'émergence des nerfs qui vont aux muscles paralysés. Après trois ou quatre minutes on fait petit à petit descendre le pôle positif le long du rachis jusqu'à jonction avec le négatif.
Plus tard, à chaque séance, on commence par exciter les muscles malades avec les courants induits, puis avec des courants continus. Ensuite on applique le courant comme ci-dessus, pour finir par l'application des deux pôles, sur le rachis, vers les extrémités de la région médullaire atteinte. Chaque séance doit durer ^x minutes au plus, et se répéter tous les deux jours.
Quelquefois la rétraction de certains muscles ou tendons s'opposera encore au redressement complet des membres. On devra avoir recours à la ténotomie, on pourra alors attaquer, suivant les cas, les tendons du demi-tendineux et du demi-membraneux en les chargeant des parties profondes vers les superficielles; de même pour le tendon du biceps et pour celui du tenseur du fascia lata. Le couturier sera sectionné, près de l'épine iliaque