PARALYSIE
(raumatiques ou dégénératives des fibres musculaires. La paralysie apparente peut être due à une entraye mécanique apportée au fonctionnement du muscle, le plus souvent une ankylose Traie ou fausse de Tarticulation crico-aryténoldienne. La paralysie peut être fonctionnelle ou organique. La paralysie fonctionnelle nous arrêtera peu. Elle survient principalement chez les sujets hypéresthésiques ou hystériques, elle est presque exclusivement bilatérale, et d'habitude cède promptement à des moyens médicaux et psychiques. La paralysie organique peut être unilatérale ou bilatérale, et dans Tune ou l'autre de ces deux formes, peut être partielle (parésie) ou complète. Elle se produit dans le domaine du nerf laryngé supérieur ou de l'inférieur, quelquefois des deux; elle est limitée au larynx ou s'accompagne de paralysie du pharynx ou du palais, de paralysie de toute la région ou de paralysie généralisée. C'est ainsi que la paralysie du nerf récurrent peut être une manifestation de la paralysie dite bulbaire, de sclérose cérébro-spinale en plaques, d'atrophie musculaire progressive, de tabès dorsaliSy de lésions jntra crâniennes dues à une hémorrhagie, un épanchement, des gourmes, des tubercules ou des néoplasmes, dans le territoire de l'origine de la huitième paire, au niveau du plancher du quatrième ventricule. La connaissance des nerfs crâniens et des fonctions organiques auxquelles ils président, permet de localiser avec une certaine assurance la lésion et d'en déterminer à peu près l'étendue. La paralysie dans le domaine du nerf laryngé supérieur est très fréquente après la diphlhérie. La paralysie unilatérale est ordinairement consécutive à une lésion locale quelconque, cérébrale ou périphérique. La paralysie bilatérale est due à une lésion cérébrale, à une intoxication des centres nerveux, de nature septique (diphthérie, pyohémie) ou toxhémique (saturnisme, nicotisme etc.,) ou bien à un traumatisme bilatéral. Elle peut succéder à une compression unilatérale {{) : le D' Johnson a expliqué (2) ce fait en disant que l'irritation transmise aux centres par les filets afférents y cause des troubles suffisants pour atteindre les filets efférents des deux côtés, et donner par là, heu à la paralysie bilatérale.
Ce fait, que la section ou tout autre trauma-
(1) Johnson, Med. chir. Tram., vol. LVIII, p. 29 ; Baumler, Arch. f, kliJi. Med,, 22 feb. 1867.
(?) Jobnson. Trans. inter, medic, CongresSf vol. III, p. 121. London, 1881.
tisme du nerf récurrent entraîne l'aphonie, était déjà connu de Galien, qui rapporte le cas (i) d'un enfant qui, atteint d'une adénite cervicale, tomba entre les mains d'une personne ignorante, qui lui coupa un de ces nerfs ; il perdit la voix partiellement; dans un autre cas, également cité par lui, la section eut lieu pour les deux nerfs, et le sujet resta absolument aphone. La paralysie bilatérale avec aphonie se produit quelquefois à la suite de graves opérations pratiquées sur la région cervicale, telles que l'extirpation du corps thyroïde. Quand elle est due plutôt au froissement qu'à la section du nerf, la paralysie s'amende graduellement et la voix revient.
La paralysie laryngée, à part celle qui succède à la diphthérie, est beaucoup plus fréquente chez les adultes que chez les enfants. Stœrk semble être le premier qui l'étudia au laryngoscope. La forme la plus ordinaire est la paralysie complète du nerf récurrent : la corde vocale demeure immobile et à peu près dans la même position que sur le cadavre (2) (position cadavérique, de Ziemssen), c'est-à-dire dans une situation intermédiaire entre l'occlusion et l'ouverture. Lorsque le nerf tout entier n'est pas paralysé, la paralysie siège surtout dans le domaine des fibres qui se distribuent aux muscles crico-aryténoïdiens postérieurs (paralysie des muscles abducteurs), et la corde vocale ne peut quitter la position de phonation de la ligne médiane. Quand la paralysie est limitée aux filets qui innervent les crico-aryténoïdiens latéraux, l'aryténoïdien etlethyro-aryténoïdien, localisation du reste très rare, la corde vocale demeure immobile dans la position de l'inspiration la plus complète (3) (paralysie des abducteurs).
Quoique la paralysie des dilatateurs de la glotte (abducteurs, de Mackenzie) soit depuis longtemps connue et décrite (4) dans ses formes cliniques, sa signification générale pathologique n'avait pas été interprétée avant Semon (5), qui le fit, en 1881, dans un essai clinique, aussi bien écrit que bien conçu: «De la tendance qu'on les filets abducteurs du nerf laryngé récurrent à se paralyser plus vite que les filets adducteurs, et
(1) Mérat, Dict. des se. méd., t. XXXIV, p. 285. Paris, 1818
(2) Tûrck, op. cit., S. 44Î.
(3) Pour Taspect normal de respiration extrômo, voir Rétrécissements du larynx et de la trachée.
(4) Gerhardt, Virchow's Arch., Bd XXVII, S. 08, 296, 1863.
(5) Semon, Arch. oflaryng., july 1881, p. 197.
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J. SOUS-COHEN. — PLAIES ET MALADIES DES VOIES AÉRIENNES
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mtme axcluBivement, dans le cat de liaion certaine, centrale ou pAriphËrique, des racines ou des troncs du pneumogai trique, du «{dnal acceaaoire ou da récurrent. » Dans un autre article (1), moins bien conçu il est Yrai, mais tout aussi bien écrit, le D' Semon émet cette idée que les dilatateurs de la glotte sont les premiers atteints dans les affections organiques des centres nerrcux, ou des nerfs moteurs du larfnx, en raison, afflrme-t-il, d'une loi physiologique qui s'oppose à la paraljsle initiale ou
Fig. 1174. — PendiDt 1ï réiptratioD.
exclusive des constricteurs {addueteun, Mac kenzie) en tant que consécutive aux lésions nerveuses orgaelques. Je n'approuve pas cette conclusion bien afBrmatlve, ou ne me croîs pas capable da distinguer le différence qui existe entre l'extrême abduction des cordes vocales, leur position dans l'inspiration forcée et leur position dons le relftcbement (situation cadavérique, deZiemssen) je reproduis ici deux dessins {flg. -Hli a 2175), très élémentaires (3), qui représentent une paraljrsle unilatérale, dans un cas d'anévrjsme de l'aorte. Leur interprétation ne fut pas Taite à cette époque; mais ils
Fig. IIÎS. — Pendant lei lenUtives de phonallon.
montrent d'une façon assez caractéristique que la corde vocale est en extrême abduction; des reproductions plus artistiques d'images larjngoscopiques (flg. 2176, 2177, 2f78) dans un cas de paralysie de la corde vocale, en extrême abduction, consécutive à une plaie du cou par instrument tranchant, et communiquées récem-
(1) Senon, Berliner klin. Woch., a' U, ISB3.
(I) Cohen, Diteaies, l" édilion, p. i66. New- York,
ment & l'ABSocialion larjngologique tméricaine (1), font mieux voir la poùûoa dont U s'agit, quoiqu'elles aient été gAtées dam U gravure sur bois.
Flg. 2176. — Inipintlon Torcéa.
Maclieniie a rencontré un cas dani lequel la paralysie des adducteurs était causée par noe vaste lésion cérébrale, de nature <
Fig. 3ITT. - Eipirailon.
teuse (2); Cheesman (3) a vu un cas de paraljsie unilatérale, due à un anévrysme delà crossede l'aorte, et dans lequel l'abduction de la corde
Fig, !J78. -- Tenuiive de pliontUon.
vocale était sufRiante pour lui permettre de distinguer les pulsations anérrysmales tranimises k. la trachée. Il se peut, comme l'a supposé Roasbach [4), qu'ainsi qu'il se produit pour
(1) NeiD-york medicalJownal, ]uly 36, 183t.
{î) Mickeniip, Hoaneneis, lois of voice, and $triduloui breathing, pp. i-G. London, I3C8.
(3) Cheesman, Meil. Rrconl. sept. !!, 1882, p. 335-
(i) Hoisltich, Brettauer mttiche Zeittchrift, n°* X und 3, 1860; Tram, inttrn. meil. Congrtn, vol. III. p. 323. Loûdon, 1881.
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PAR<SIE. - DIAGNOSTIC.
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IM tiitrei muKln de l'écoDomie, les abducleurs (dilalateun) soient les premiers atteints dans Ions les cas de paralTsles du nerf récurrent, de mfime que dans les paralysies centrales on périphériques, les extenseurs et les abductenre sont tout d'abord intéresses, tandis que les sphincters qui correspondent aux adducteurs (constricleurs) du larynx, sont attaqués eo dernier lieu. Cette règle souffre éridemment des exceptions. D'ailleurs la part peu connue que prend le nerf laryngé supérieur èi l'inner- Tation du muscle arjténoldien el l'entre-crolsenent très complexe des nerfs qui s'y distri- Imenl, donnent lieu à une telle confusion dans les manifestations pathologiques, que l'étiolof^e de paralysie pure des adducteurs aussi bien que celle des autres formes de paralysie laryngée, n'est pas encore élucidée d'une manière aatis- Cdsante, en présence même d'Images laryngoscopiqnes saisissantes, obtenues par une obser- Tatian presque constante. On ne sait si la double foncdon du neK récurrent est due à un centre commun dlnnerration, ou si des centres distincts président à chacun des filets particuliers ; d'autre part, l'étude de l'influence que peut exercer le noyau du pneumogastrique sur l'abducteOr des cordes vocales, en tant que phénomène organique de la respiration, reste encore à l'èUI de problème irrésolu.
La paralysie de longue durée entraîne sou- Tsnl la dégénérescence des nerfs, la dégénéreeceaceet l'atrophie des muscles condamnés à nnaction. Celte incision des muscles prOTOque Fankylose, ainsi qu'il « produit pour les articulations en général.
Dlagaoatic.
Si les symptômes objectifs permettent de soupçonner la paralysie des muscles intrinsèques da larynx, il n'en est pas moins vrai que le diagnostic ne peut être sérieusement posé qu'k l'aide de l'examen laryngoscopique.
La paratynt du muscle erico-aryténoidien {ab- Aieteur, de Hackenzie} se raconnatt JiJ'arrét de -la corde vocale en la position phonatoire. La paralysie unilatérale est, pour des raisons anatamiqaes, beaucoup plus fréquente du côté gauche. La paralysie bilatérale ressortit spécialement au domaine de la chirurgie, car la dyspnée inspiratoire est si intense, que lasuffocation devient imminente, inévitable, à moins que l'on ne pratique sur-le-champ une trachéotomie pophylaclique, surtout quand 11 se manifeste quelque tendance au spasme des mascles antagODistes. '
Les cordes vocales ne peuvent être mises et> abduction au delà d'un certain point, malgré les plus puissants efforts; dans quelques cas où pendant le spasme des antagonistes, l'abduction est absolument nulle (Bg. 2179). Pendant l'inspiration, les cordes vocales sont attirées si fortement de haut en bas, et de plus en plus
Fig. IMS. — Parslysia bllstérsle do crico-aiyléiMldten pottérisnr. Inapiratioii. Le malade était parleur d'une canala.
près l'une de l'autre, que quelquefois la muqueuse dépasse les bords du tissu fibreux — qui devient alors très proéminent au-dessous — et vibre durant le siniement inspiratoire. Dana l'expiration, les cordes vocales sont attirées de bas en haut, en forme de voûte, et l'orifice elliptique ou triangulaire de la glotte s'élargit, si bien que l'air sort librement du larynx (fig.2180).
FiR. 3IS0. — Paralysie biUtérala du crico-uyténoldlen postérieur. Expiration. Le matide était porteur d*nne eanuls.
Quelquefois les cordes présentent un aspect analogue à celui que donne, pendant la phonation, la paralysie des thyro-arïténoldieifs. Dans certains cas (I), la paralysie unilatérale précède la paralysie bilatérale- La paralysie bilatérale ressemble souvent si bien à l'adhésion aux faces opposées des cartilages aryténoides, que le diagnostic est incertain à la seule inspection ;
(1) Coben, op. cit., p. GM.
J. SOLIS-GOHBN. — PLAIES ET MALADIES DES VOIES AÉRIENNES