‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 82 sur 482 · VI. — H · texte numérisé non relu

VI. — H

J. SOLIS^OHEN. — PLAIES ET MALADIES DES VOIES AÉRIENNES

ils sont remplacés par des respirations plus profondes, plus prolongées et plus puissantes ; 1 action de tous les muscles volontaires est mise en jeu ; et comme rinefficacité de ces efforts désespérés épuise les forces du malade, il tombe dans la prostration et l'indifférence, demeure insensible à tout ce qui se passe en lui et à toute excitation réflexe. Cependant le pouls devient lent et faible, la face est livide, les lèvres bleues, la bouche, remplie de produits de sécrétion inexpectorés ; aux lèvres et aux narines, s'accumulent une salive écumeuse, du mucus et quelquefois du sang ; des rfties du larynx indiquent qu'il s'y amasse des mucosités, probablement par suite de l'insensibilité de l'épiglotte. L'éclampsie peut apparaître, avec la constriction violente des muscles expirateurs et un tel relftchement des sphincters, qu'il y a émission involontaire des fèces, de l'urine, et du fluide séminal.

La respiration va en s'affaiblissant, de plus en plus courte et plus rare ; elle devient spasmodique, haletante; le pouls est intermittent, puis imperceptible ; la face se couvre de sueur ; quelquefois se produisent des convulsions; le coma arrive, et lu respiration cesse, quoiqu'on puisse entendre quelques faibles contractions du cœur, qui persistent dans certains cas deux ou quatre minutes encore. Ces contractions cessent à leur tour, et la vraie asphyxie, absence du pouls, termine la vie du sujet.

L'apnée peut être assez soudaine pour avoir une marche plus rapide; et le temps que mettent tous les syptômes à se succéder dépasse rarement dix minutes, dans certaines circonstances.

Pronostic.

Le pronostic est grave. La guérison n'est possible que dans les cas d'obstructions mécaniques du tube aérien, susceptibles d'être amendées avant que le processus se soit déroulé au complet; et môme alors, la vie ne revient souvent qu'après des efforts prolongés. Le retour à la vie peut être considéré comme possible tant que le cœur continue à battre. Lorsque le retour ne se fait pas, ce n'est pas le défaut d'arrivée de l'air au contact du sang qu'il faut accuser, mais plutôt l'inaptitude du sang veineux saturé d'acide carbonique, à absorber l'oxygène, la capacité d'oxygénation étant, selon les recherches de Claude Bernard (1), tombée de 139 p. 1000 à

(I) Claude Bernard, Leçons sur les liquides de l'organisme. Parifi, 1859.

85 p. 1000. Quelques auteurs attribuent la coloration bleue ou bleu-noir du sang à l'excès d'acide carbonique, d'autres au manque d'oxygène. On a vu également que les globules sanguins perdent de rhémato-cristalline> et l'examen microscopique (Preyer)la retrouve cristallisée dans le sérum. Cette désorganisation du sang s'oppose à la guérison*

Un retour à la vie n'assure pas toujours une guérison permanente ; on connaît en effet des cas dans lesquels la mort est survenue soudainement, plusieurs heures après le rétablissement de la respiration normale, et sans que l'autopsie ait donné la raison de ce phénomène.

Traitement.

Le traitement de l'apnée doit être prompt. Tout en tenant compte des conditions spéciales, il doit se résumer en efforts pour faire disparaître la cause et pour exciter les centres respiratoires. L'apnée du nouveau-né, qui ne cède pas aux flagellations, se traite habituellement par l'insufflation, faite de bouche à bouche, ou au moyen d'un cathéter introduit dans le larynx par la bouche, ou par une incision externe. Dans les insufflations de ce genre, il faut prendre garde à ne pas souffler trop fort, de peur de rompre les vésicules pulmonaires. L'apnée par hémorrhagie est justiciable de la transfusion; la même opération est indiquée dans l'empoisonnement par des gaz méphitiques, tels que l'oxyde de carbone. Dans les cas ordinaires d'apnée par submersion et par étranglement, la bouche et les narines doivent être débarrassées desmatièresquiles obstruent ; tous les agentsde constriction seront promptement relâchés ;on fournira au malade une abondante quantité d'air, en ouvrant le larynx ou la trachée, si cela est nécessaire, et on le placera dans la position qui sera la plus favorable à la respiration. La cause de l'apnée ayant été écartée, on essayera d'exciter le centre respiratoire, en tenant de l'ammoniaque sous les narines du sa* jet, ou bien en pratiquant des flagellations et des affusions d'eau froide sur les joues et 1» poitrine. Si l'opportunité s'en présente, on s'efforce de solliciter les mouvements du diaphragme en électrisant le nerf phrénique ; l'un des électrodes d'un puissant appareil d'induction sera placé sur le trajet du nerf, au cou, et l'autre sera appliqué à l'épigaslre. Si ces moyens n'amènent pas un prompt résultat, il faut recourir à la respiration artificielle.

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