L.es symptômes sont analogues à ceux de la paralysie
Il faut dans certaines circonstances recourir à la trachéotomie pour rétablir la liberté de la respiration dangereusement gônée (2).
APNÉE
apnée (à, privatif et trvjo», je respire), !• respiration, est employé par la laniade dans deux sens. La physiologie Dtale s'en sert pour désigner l'arrôt rements respiratoires quand le sang Mnent chargé d'un excès d'oxvgène n connu f en effet, que le centre respili siège dans la moelle allongée est r une surcharge d'acide carbonique torrent circulatoire, et déprimé, para- 16 par un excès d'oxygène. Tous les I sont familiarisés avec les terribles i se produisent dans l'appareil moteur ire, quand la suffocation est immi- I même, la suspension momentanée de piratoire, lorsque l'air atmosphérique adnement irruption dans les poumons I cyanose, par l'incision qu'on vient de s la trachée, est bien connue de ceux
qui ont vu plusieurs trachéotomies. Cette apnée peut dérouter un chirurgien, et lui faire croire que la mort se produit au moment où il apporte à son malade une nouvelle source de vie. En clinique, le mot apnée est employé par beaucoup de chirurgiens pour désigner la mort par suffocation. C'est un terme plus exact, au point de vue étymologique (3), que le mot convenu d'asphyxie (i, privatif, et a^u^tt, je bats, en parlant du pouls), absence de pouls. 11 est assez vrai que la mort suit la cessation de la circulation, et que dans certains cas de mort apparente par apnée, la vie peut être rappelée
(!) Med, Record, july 1, 1S69, p. 218.
(2) Pour une étude soignée de la question, voir Semon (Med. Times and Gaz,, vol. II, ISSO) réimpression. Londres, ISSO.
(3) Watson, Lectures on the principles and practice of physic, p. 44. PhUadelphia, !S44,
J. SOLIS-COHEN. — PLAIES ET MALADIES DES VOIES AÉRIENNES
[IGO
si l'on pratique la respiration artificielle avant que le cœur ait cessé de battre; quoi qu'il en Foit, Tasphyxie, phénomène final, est le résultat de l'apnée, et non point, par elle-même, le mode de mort. A parler strictement, toute mort se fait par apnée ; mais, médicalement parlant, le mot est réservé à la mort produite par arrêt subit de l'aération du sang. On peut donc la définir comme la cessation de la respiration, qui ne peut plus se faire, en raison de l'insuffisance de l'oxygène, quoiqu'il n'y ait pas cessation immédiate de l'acte respiratoire.
Ainsi l'upnée est le mode suivant lequel la' mort survient dans tous les cas où il y a un obstacle soudain h Tuccès de l'air atmosphérique aux poumons, et par suite un manque d'artérialisation du sang. L'apnée peut ôtre produite par la suffocation, l'étranglement, la pendaison, la submersion ; par l'inspiration de gaz méphitiques, de vapeurs ou de fumées ; par l'occlusion mécanique de la trachée ou du larynx par un corps étranger, un néoplasme, une production pathologique ; par la compression des grandes voies uérienncs, du thorax ou des poumons; par une héniorrhagie, dans les vésicules pulmonaires; par luffaiblisscment de ces vésinilcs, ou par spasme de la glutte. Dans bien dtîs cas, lu mort, consécutive à ces violences ircst pas duo sitnphMnenl ti i'apiiëc, mais quelquefois aussi h une lésion de la moelle épinièrc, comme dans lu pendaison, ou à l'apoplexie par compression des veines jugulaires. Souvent, comme dans l'inhalation de chlore, de chloroforme, dhydrogèiie sulfuré ou d'oxyde de carboiie, la mort sur>ienl plutôt par empoisonnement direct que par pure privation de l'oxygène. L'apnée reconnaît aussi des causes nerveuses, telles que la parahsie du centre respiratoire dans les affections de la moelle, et la paralysie des nerfs ou des muscles de la respiration, comprenant la paralysie des muscles crico-aryténoïdes postérieurs, qui maintiennent l'ouverture de la glotte.
Les sujets qui s'y soni entraînés sont capables, sans aide étrangère, de suspendre leur respiration pendant deux ou trois minutes ; mais chez d'autres personnes, une suspension de la fonction pendant moins de deux minutes suffit à provoquer la mort par apnée. Le retour à la vie après une interruption prolongée prouve qu'il persiste un mouvement respiratoire, imperceptible mais suffisant pour empêcher l'arrêt définitif de la circulation.
L'apnée par submersion, sauf dans certaines circonstances exceptionnelles, ert plus rapide
que celle qui reconnaît d'autres causes : Taccès de l'eau chasse au dehors des poumons, l'air qui aurait pu prolonger la vie quelques secondes. Il suffit d'une submersion totale de deux minutes pour abolir la vie, à moins qu'il ne se produise aussitôt une syncope. La syncope diminue le besoin immédiat qu'a l'économie de sang artérialisé, et supprime ainsi les mouvements musculaires convulsifs qui favorisent l'expulsion de l'air et l'entrée du liquide. Ghex presque tous les noyés, la tête revient une ou plusieurs fois à la surface, et quelques inspirations nouvelles prolongent un peu l'existence; c'est de cette façon qu'il faut expliquer la plupart des cas de retour à la vie après une submersion de longue durée.
Le mécanisme de l'arrêt de la circulation dans la mort par apnée a longtemps été discuté, malgré de nombreuses autopsies et d'innombrables expériences sur des animaux. Les vues émises par le prof. George Johnson, de Londres (() et basées en partie sur des expériences faites pour lui par le professeur Rutherford, ont été récemment appuyées par le D' Alexandre' Harvey, d'Aberdeen (2) dans des termes tels qu'il est bon delesrésumerici. Selon celte théorie, les capillaires du poumon sont virtuellement exsangues, au moment de la mort, et les poumons euxmêmes sont affaissés et anémiés dans toute leur étendue. Tandis que les capillaires sont virtuellement vides, de petites quantités de sang demeurentarrôtées dans des poinlsimmédiatement contigus aux extrémités terminales des artérioles. Cet état de choses est attribué à la stase mécanique du sang dans les arlérioles pulmonaires, par suite d'une contraction énergique, mais non instantanée,des arlérioles musculaires; de celte façon, de faibles quantités de sang restent saisies aux points désignés, quoique le contenu des capillaires se soit déversé en entier dans les veinules. C'est grâce à la présence d'une multitude de ces petites collections de sang, encore accessibles à l'air, qui pourrait fournir aux cellules aériennes, que peut s'expliquer la possibilité du retour à la vie parla respiration artificielle. La contraction de cesartérioles musculaires est attribuée à l'influence toxique du sang veineux, qui a déjà fait un circuit complet partout le système capillaire, après que l'arlialisation a cessé. La contraction des
(1) Johnson, Lumleian Lectures on ihe muscular arlérioles. Reprinted from ibc Brit. med. Joum.,
(2) Hanrey, Med. Times and Gaz., dëc. 1 et 8, 1883, pp. 632, 649.
APNÉE. — SYMPTOMES.
I empêchant le progrès du saag dans aires du poumon, la pression sanguine ire est augmentée, et le cœur droit, l'oreillette, se surdistend ; l'oreillette au contraire, vidée de sang, ne subit ension et devient flaccide ; les deux es sont, en même temps, dans un état à celui de leurs oreillettes. A ce sujet, naon cite un passage de la seconde disde Harvey (I) :
ilnsieurs fois ouvert la poitrine et le pé- 'liommes qui avaient, deux heures au- , 8ub4 le supplice de la pendaison, et )]a face fût décolorée, j'ai pu démonprésence de nombreux témoins, que S droite du cœur et les poumons étaient ï par le sang ; l'oreillette avait le vo-
poiog, et était si gonflée de sang mUait prête à crever. La distension, it, disparaissant le jour suivant, le calait raidi et refroidi, et le sang s'était ptr d'antres voies. »
«d de ce fait, nié par quelques auteurs, iter des résultats analogues qui m'ont ée par une autopsie et par de nomlipériences sur des animaux.
lerait donc qu'au moment delà mort e, le cœur gauche n'est pas empli de idis que le cœur droit est largement ptr l'arrêt du sang dans les artérioles in, et l'interruption de la circulation. nilmonaire est pleine et ne peut plus la sang de l'oreillette droite distendue ; nie droit est plein lui aussi et ne peut ^118 recevoir du sang de son oreillette, Hre en l'état de susdistension.
nelques expériences sur des animaux, tpour moi par le D^ Solomon Soliste D* Brubaker, dans le laboratoire de fede Jefierson médical Collège, latraiée, et l'on trouva, après la mort, que le
du cœur était énormément distendu deux cavités, tandis que les cavités du he contenaient du sang, mais n'étaient 1 l'une ni l'autre. L*artère pulmonaire, i caves et la veine porte étaient aussi BDt distendues; tout le système veiraissait généralement engorgé. Les n'étaient pas affaissés à la mort, car écîpita au dehors dès que la ligature s; mais, à la dissection, l'affaissement les pulmonaires parut évident. Au mo-
ij, Works, etc., trad. par Willii, p. 127. Society, London, 1847.
icycL de chirurgie.
ment de l'ouverture de la poitrine, les poumons étaient anémiés dans toute leur étendue; les sommets et les parties antérieures et latérales périphériques demeurèrent exsangues; mais bientôt se montra une congestion diffuse au niveau des bases. Les animaux tués par submersion présentaient peu de différence en ce qui concerne la circulation, si ce n'est que le cœur gauche était plein, le cœur s'était arrêté en diastole; les poumons étaient affaissés, extrêmement congestionnés, surtout aux bases et dans les portions centrales, les bords étaient légèrement anémiés. Les poumons ne paraissaient pas contenir d'eau.
Symptômes.
Les symptômes qui annoncent l'apnée sont très variables, suivant qu'elle survient lente ou rapide dans une maladie, ou soudaine et foudroyante dans un accident. Les signes qu'elle présente sont ceux de l'occlusion des voies aériennes par l'œdème, par un corps étranger, des fausses membranes, du spasme ou de la paralysie ; ils ont été déjà décrits.
Sauf dans l'apnée à marche lente, les symptômes sont d'ordinaire assez prononcés pour n'échapper à personne. Ils consistent en agitation, dyspnée, efforts violents pour respirer, et coma. Ainsi dans l'apnée soudaine, à part quelques modifications d'intensité et de fréquence, le sujet éprouve un malaise intolérable, il lui semble qu'il a un poids sur la poitrine et qu'on lui comprime le thorax extérieurement ; cette gêne insurmontable, que rien ne peut faire cesser, provoque chez lui un désir extrême de se redresser ou de se mettre dans une autre position où il croit respirer plus facilement, et donne un point d'appui plus puissant aux muscles volontaires de la respiration. Ses traits expriment la terreur de l'anxiété, ses regards « portent sur les assistants comme un appel muet à leur secours; souvent, incapable de parler, il montre sa gorge, saisit son cou avec ses mains, ou bat l'air de ses bras. Lorsqu'il peut prononcer quelques mots, il déclare que sa tête est pleine et prête à se rompre, il se plaint de vertige, de tintements d'oreilles etd'éclairs qui traversent ses yeux. La face est congestionnée; le pouls, rapide; les veines superficielles de la tête et du cou sont visiblement distendues; les globes oculaires proéminent, les pupilles sont dilatées et devenues insensibles.
Les efforts respiratoires sont d'abord fréquents, courts et faibles, mais ne suffisant plus,