‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 92 sur 482 · PLAIES PÉNÉTRANTES ÛES PAROIS · texte numérisé non relu

PLAIES PÉNÉTRANTES ÛES PAROIS

Ce sont celles qui font communiquer Tintérieur de la poitrine avec Tair extérieur. Nous étudierons d'abord les plaies pénétrantes en général, puis les graves complications auxquelles elles peuvent donner lieu, et enfin les plaies de chacun des viscères en particulier.

Symptômes.

Les symptômes généraux sont à peu de chose près les mômes que pour les plaies non pénétrantes étendues, et que tous les traumatismes graves; nous ne les décrirons pas de nouveau.

Les symptômes particuliers sont: Thémorrhagie, quelquefois fort grave, qui se fait souvent à la fois en dedans et en dehors. Elle peut par son abondance compromettre la vie, surtout si elle se fait en dedans et si elle est méconnue, et aussi à cause des complications que détermine la présence de cet amas de sang, c'est-à-dire la compression, ou la décomposition du liquide.

Le passage de Vair par la plaie se fait de deux manières. Le poumon est intact, il se rétracte contre la colonne vertébrale, laisse un vide dans le thorax, au moment deTinspiratioii, et ce vide est rempli par Tair extérieur qui entre, puis cet air ressort en partie au moment de Texpiration . Si le poumon est blessé en même temps, l'air passe par la plaie de Torgane, et va remplir le thorax, pour ensuite traverser la plaie. Ce phénomène a été appelé par Frazer traumiUùpnée, Pour qu'il ait lieu régulièrement, il faut une plaie large, car si elle est étroite, il se fait un emphysème sous-cutané.

La dyspnée, que nous avons déjà signalée, peut atteindre des proportions extrêmement inquiétantes. I^ face se cyanose, et si cet état se prolonge, il peut aller jusqu'à déterminer la mort.

Diagnostic.

On peut voir, par cet exposé, que le diagnostic n'est pas des plus difficiles, mais il est des cas moins simples, où il est nécessaire de le faire, surtout à cause des complications.

On doit tenir compte de la nature de l'instrument, de la force du coup. Si le coup est donné obliquement , il pénètre moins loin que s'il est donné perpendiculairement. On sait aussi que les plaies faites dans une région pourvue de masses musculaires volumineuses sont

moins graves [que celles faites en avant des espaces intercostaux. Autrefois, on attachait une extrême importance à avoir un tel diagnostic parfaitement exact. On n'hésitait pas à introduire des sondes à toutes les profondeurs. Maintenant cette pratique est rejetée à bon droit, parce que l'on peut ainsi perforer la plèvre encore intacte et qui est si mince, ou même provoquer une hémorrhagie en dérangeant un caillot. Du reste, les signes particuliers à chacune* des complications renseignent bien plus que tous ces examens.

Nous n'insistons pas sur le pronostic des plaies pénétrantes qui est toujours- grave. Si la plaie n'a [pas atteint le poumon à une grande profondeur, la cicatrisation est facile, il en est de môme d'une ouverture simple de la plèvre. Mais s'il y a la moindre complication autre^ lélat devient par là même très dangereux, c'est du reste ce que nous verrons à l'élude de chacune des complications en particulier.

Traitement.

Il faut commencer par relever l'état général, l'abattement, la syncope qui menace, en étendant le malade dans un lit chaud. On doit mettre le thorax élevé, ce qui tend à diminuer la dyspnée. Si cette dernière est trop intense, et que le blessé ne soit pas trop faible, on peut avec avantage lui faire une saignée au bras, mais avec une grande prudence. Souvent il est utile de donner une préparation d'opium, qui peut calmer heureusement l'agitation. Si la plaie contient un corps étranger, il est urgent de procéder à son extraction, mais en observant les plus grands ménagements, et en prenant garde de rendre perforante une plaie qui ne l'était pas. S'il y a une hémorrhagie, il faut chercher la source du sang. Si elle est externe, on peut facilement trouver le vaisseau qui est ouvert. Si elle est interne, et que le sang sorte seulement par la plaie, le chirurgien est presque désarmé et ne peut agir que d'une manière générale. Si l'on est en face d'un crachement de sang, on peut le combattre avec des préparations de perchlorure de fer, d'eau de Rabel, de ratanhia,tous moyens que la médecine met à notre disposition. On doit toujours fermer la plaie. On peut le faire facilement avec du diachylon, avec de la baudruche, ou des flocons de coton que Ton fixe

LE BEC. — MALADIES DU THORAX, PLÈVRES, POUMONS ET CŒUR

avec du collodion. Par dessus il Faut mettre quelques compresses et un bandage de corps modérément serré, ce qui permet d*arrôter une hé- ADorrhagie externe, fait un certain obstacle au

développement de Temphysème, et diminue la dyspnée en tenant la poitrine immobilisée. Nous étudierons (dus loin le traitement de chacune des complications.

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