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sciguemenls , les exercices , et, s'il est permis de s'exprimer ainsi, l'atmosphère au milieu de laquelle de petits enfants de deux à six ans passent leurs journées dans la salle d'asile.

On trouvera dans le Manuel, n°* 220 et suiv., et aussi dans le Guide de M. Jubé de la Perrelle, tout le détail de chacun des mouvements , depuis l'entrée en classe jusqu'à la sortie.

Qne reste t il de tous ces exercices, et quelle peut être l'étendue de l'enseignement transmis? Le voici -.

« Le cours d'études qui doit être adopté par les salles d'asile présente plus d'étendue qu'on ne le croirait.

L'instruction morale peut y être commencée avec avantage ;

L'instruction religieuse doit y être ébauchée;

La lecture peut y être conduite jusqu'à l'assemblage des mots ou dernier degré de l'epellalion;

L'écriture jusqu'au tracé de l'alphabet;

Le dessin et la géométrie, jusqu'au tracé et à l'énuméralion des polygones ;

La langue française jusqu'aux conjugaisons;

L'histoire et la géographie de France jusqu'à la nomenclature des départements, de leurs chefs-lieux, et la connaissance des noms des rois et des hommes les plus remarquables dont les hauts faits ou les services rendus au pays sont consignés dans notre histoire ;

Enfin, l'histoire naturelle jusqu'à la connaissance de quelques plantes usuelles et de quelques animaux. » ( Manuel, n° 191. )

Il faudrait un volume pour énumérer tous les moyens qu'emploie une bonne directrice pour remplir ce programme; ce volume est fait, c'est la deuxième partie du Manuel. Ou y peut lire les conseils , inspirés par la vertu la plus pure, une sagacité supérieure, et une expérience consommée 1° pour l'instruction morale des enfants déjà capables de comprendre les idées de justice , de véracité , d'obéissance, de probité, de travail, de décence, de bienveillance, et même de dignité; 2° pour leur instruction religieuse, si facile, si touchante , si durable à cet âge; 3° pour leur développement intellectuel, et ces ingénieuses leçons de choses, ou par questions, ou par contrastes et par ellipses, ou par images , etc., qui sont comme autant de moyens de meubler et de forger l'esprit , selon le mot de Montaigne, sans le fatiguer; 4° eofiu pour leur santé, alors si fragile et si précieuse.

Il a fallu une counaissance bien profonde de l'homme, une patience admirable, une pratique bien réfléchie pour concevoir une méthode qui comporte à la fois les plus hautes

ASILE — ASPHA.LTITE

idées et les plus minutieux détails. Il faut aussi quelque chose de ces qualités pour appliquer la méthode. « Car, dit l'auteur du Manuel, auquel nous aimons toujours à laisser la parole, iî y a «dans l'enseignement des salles d'asile quelque chose d'indéfini qu'on ne peut faire connaître par le langage , et que par conséquent les maîtres devront tirer de leur propre fonds. Il est impossible de prévoir quelle forme doivent revêtir toutes les leçons que les enfants y puiseront. Souvent une réponse naïve , un événement imprévu, une interruption accidentelle peuvent motiver un changement de direction dans une Ieçou,et favoriser la naissance d'une idée. Cette portion improvisée de l'éducation produira des résultats d'autant plus satisfaisants, que les maîtres d'asile auront été choisis parmi des personnes plus instruites ou plus expérimentées. » ( Manuel, n° 190. )

N'exagérons pas cependant la difficulté d'une pareille tâche :

« Un maître d'asile habitué à une bonne méthode et l'exécutant avec exactitude peut être comparé à la plupart des jardiniers ; ils sèment sans savoir comment l'arbre végète; ils arrosent, en ignorant que l'eau se décompose ; ils extirpent les mauvaises herbes, et ne connaissent pas leurs noms ; ils préparent toutes les récoltes , et la divine Providence fait seule fructifier leur travail. Aussi se bornentils à suivre les avis qui leur sont donnés par les maîtres en agriculture; ils exécutent les procédés qui leur sont enseignés, et leur obéissance à cet égard n'a rien de passif, de fastidieux ni de décourageant, parce qu'ils ont l'espérance et le sentiment de l'utilité de leurs efforts.

« Ainsi , on peut l'espérer, le maître et la maîtresse d'asile se pénétreront des conseils recueillis pour leur instruction, et verront naître chaque jour les fruits de leurs utiles travaux. » ( Manuel , n° 194.)

Eu d'autres termes , tonte la science de la méthode des salles d'asile, comme toute la science de l'éducation, consiste non pas exclusivement mais principalement en un seul point : Aimer de tout son cœur Dieu et les enfants.

Ce sera aussi les aimer, ce sera les servir, que de fonder de nouvelles salles d'asile. Puisse cette notice, où nous avons retracé incomplètement l'idée générale, l'histoire, la législation et la méthode des salles d'asile, inspirer ce désir 1

Fonder une salle d'asile, c'est faire une œuvre qui coûte peu d'argent et rapporte, avec des résultats sûrs et excellents, la reconnaissance des pauvres mères , la sympathie des cœurs généreux, les bénédictions de Dieu.

Auoosrm CocmN.

asope. (Mythologie et Géographie.) Dam la mythologie grecque, Asopus, dieu du fleuve qui porte ce même nom, était, ainsi que trois mille autres fleuves, fils de l'Océan et de Télhys (t). Cependant les mylhogiaphes ne lui donnent pas tous celte origine : AcysiUiis en fait le (ils de Neptune et de Péro ; d'autres, le fils de Jupiter et d'Eurynome; enfin Pausa nias (2) dit qu'il naquit de Neptune et de Céglyse. Il eul pour épouse Métope, tille d« Ladonel de Stymphalis, dont il eul deux fils, Pélasgus et Isménus , et un grand nombre de tilles : Cercyre, Salamis, Égine, Pirèoe»

Cléone, Thèbe, Tanagre, Thespie, Asopès»

Sinope, Œuia, Cbakis (3), Arpinne, Némée (4), Platée (à) , Antiope (6) , Eubôe (7), Métope (8) , Oéroé (9). Plusieurs de ces fines furent séduites ou enlevées : Sinope par Apollon , Cercyre et Salamis par Neptune , Égine par Jupiter (10). Asopus était à la recherche de cette dernière, lorsque Sisyphe, roi de Coriulhe , lui proposa de lui révéler le nom du ravisseur , sous la condition qu'il ferait jaillir une source au haut de l'Acrocorintlie. Asope accepta, et, ayant appris de Sisyphe que c'était le maître des dieux qui lui avait fait cette injure , il ne craignit pas de se révolter contre lui; mais Jupiter le foudroya, et le força à rentrer dans son lit (11). L'antiquité connaissait quatre rivières du nom d'Asopus.

La première prend sa source non loin de Platée, en Béotie, se réunit au Thermodon, et se jette dans la mer d'Kubée, au-dessous de Tanagra,

en face de l'ancienne Érétrie La seconde

prend naissance sur le mont Carnéate , dans le Péloponnèse, non loin de Phlionte, traverse la vallée qui s'étend entre Titane et Thyannie, touche Sicyone, et débouche dans la mer Cyrrhéenne. — La troisième descend du mont Œta , traverse les Themophyles , et tombe dans le golfe de Malée. — La quatrième, enfin, est un ruisseau de l'Ile de Paros(l2). Les deux premiers de ces quatre cours d'eau ont souvent été confondus dans les généalogies mythologiques , et celte confusion a eu lieu d'autant plus facilement que Ladon, dont la tille devint l'épouse d' Asope, est houoré comme le dieu des rivières en Arcadie aussi bien qu'en Béotie.

asphaltite ( Lac ). ( Géographie. ) Le làcAsphallileoti Mer Morte, en arabe Barhel-Louth ( mer de Lolh ), est situé dans fa

(1) A poli., III., II, 6.

(a) Bdlt Clavier, t. I, p. 408.

(■) Dlod., IV, 78.

(4) Schol. Plad., (Hyrnp ., VI, <U.

(ê) Pau»., t. V, p. 4.

l6)Hom , Orf.. XI, «60.

(T) Eustath , ad flom., p. «71, 50.

(5) Sehol Plnd.. Itthm., VIII, 17.

(9) Hérod., IX, «i.

(10) Dlod., IV., 7».

(11) Paus.,t. I, p. S56. - Apoll., t. c.

(it)itrato., VIII. p. m.

Palestine, an sud-est de Jérusalem , vers 3l°de latitude nord, et le 33° 30' de longitude est II reçoit le Jourdain au nord , le torrent de Cédroo à l'ouest , l'A mon et sept autres torrents. Ce lac, placé près du berceau de la Dation juive, a joué un rôle important dans les annales les plus reculées du peuple de Dieu.

Cinq villes riches et florissantes s'élevaient , selon la Bible , sur les bords de cette mer intérieure : c'étaient Sodome, Goniorrhe, Adama, Zeboiio, elBala ou Segor; leurs habitants excitèrent par leurs crimes la colère de Dieu , et ces cités, frappées par le feu du ciel, disparurent englouties dans le lac. Strabon porte le nombre des villes ainsi détruites à treize; Étienne de Byzance en compte huit. Les eaux qui recouvrirent les ruines de l'incendie céleste étaient épaisses , bitumineuses, d'une grande amertume ; aucun poisson n'y pouvait vivre , et elles répandaient des émanations tellement méphitiques , que nul être vivant ne pouvait respirer sans périr l'air empoisonné par ces Mliala»ons. — Quand la Palestine fut partagée entre les tribus juives, la mer Morte se trouva enclavée par les tribus de Juda à l'ouest, de Benjamin au nord , de Ruben au nord-est.

A l'est, elle bordait le pays des Moabiles. Les phénomènes qui donnent un caractère tout particulier à cette mer intérieure avaient naturellement enfanté dans l'antiquité un grand nombre d'exagérations ou même de traditions fabuleuses. Les observations modernes, en faisant justice de la fable , n'en ont pas moins bissé subsister tous les faits concordants avec les récits de la Dible. La mer Morte , longue de 100 kilomètres , large de 25 , s'étend dans un bassin formé par deux chaînes de montasses âpres et arides ; ses rivages , totalement stériles, sont couverts d'une épaisse couche de vase durcie au soleil , que blanchit une croûte de sel continuellement renouvelée.

L'eau, d'une pesanteur spécifique de 1,211, Ht si lourde que les vents violents l'agitent à peine et qu'elle dort immobile sur la rive. L'amertume des eaux de la mer n'est rien auprès de la sienne : elle tient en effet en dissolution une quantité de sulfate et de nuriate de chaux , de muriate de magnésie et de soude , égale au quart de sou poids.

L'asphalte , ou bitume de Judée , s'élève du fond du lac , flotte à sa surface et est recueilli sur le rivage. Des arbustes rabougris, dont quelques-uns portent ces fruits pleins de cendre amère dont parle l'Écriture, s'élèvent sur ses bords déserts et silencieux. Aucun chant d'oiseau n'anime cette solitude absolue. Il n'est pas vrai pourtant que cette eau, limpide à la surlace , obscurcie au fond par une vase noire , épaisse et fétide , ne nourrisse aucune espèce de poissons : Chateaubriand entendit (Uns le silence de la nuit du bruit sur le lac,

ASPHALTITE 286 le et les Arabes qui l'accompagnaient lui dirent

que c'étaient des légions de petits poissons qui viennent sauter au rivage. D'autres voyageurs y ont vu des coquillages. Il n'est pas vrai non plus , comme le prétendait la tradition ancienne, que la mer Morte rejette hors de son sein tout objet tombé dans ses flots; seulement la pesanteur plus grande de l'eau y rend l'immersion plus difficile, et beaucoup d'objets y flottent qui partout ailleurs s'engloutiraient à l'instant : ainsi il parait vrai qu'un homme y surnage sans faire aucun effort ni s'aider d'aucun mouvement.

Quelques écrivains on voyageurs ont expliqué la disparition des villes englouties et la transformation de la vallée fertile où elles se trouvaient en ce bassin désolé, par une éruption volcanique. Mais Châteaubriand et quelques autres observateurs après lui croyaient que le bassin de la mer Morte, assez long, encaissé entre deux chaînes de montagnes qui n'ont entre elles aucune homogénéité de constitution géologique, ne présentait pas les caractères qui distinguent ordinairement les volcans éteints. Malle-Brun conjecture que la vallée dont il s'agit, suspendue au-dessus d'un amas d'eaux souterraines, était en partie composée de couches de bitume. Le feu du ciel alluma ces matières combustibles, et les terres fertiles s'écoulèrent dans l'abtme souterrain ; les villes , construites qu'elles étaient peut-être en pierre bitumineuse , disparurent également dans ce vaste incendie. Josèphe, Strabon, Tacile,disent qu'on voyait , soit au bord du lac, soit sous la profondeur transparente de l'eau , les ruines des cités détruites , et des voyageurs dans des temps plus rapprochés de nous ont également assuré qu'ils avaient aperçu ces restes de l'antique catastrophe biblique. Enfin une circonstance de géographie physique donue au lac Asphaltite un caractère tout particulier : le niveau de ses eanx parait être au-dessous du niveau de la mer Méditerranée, qui en est pourtant si voisine. Cette dépression, qui serait même la plus profonde que l'on connaisse sur le globe, a été récemment l'objet d'une polémique entre quelques savants qui ont visité les lieux et ont étudié la nature, l'origine, les dispositions, la hiuteur de la mer Morte, ainsi que de la contrée environnante.

Deux faits paraissent ressortir de cet examen. D'abord le lac Asphaltite a dû exister de tout temps, puisque la coupe des terrains environnants rend tout à fait inadmissible une opinion répandue antérieurement, et d'après laquelle les eaux qui se jettent dans le lac Asphaltite, tant du Jourdain que des torrents moins considérables , prenaient avant le cataclysme leur écoulement vers la mer Rouge.

Le second point établi , et dont il faut désormais tenir compte dans l'explication du cala-

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clysme qui engloutit les villes maudites , c'est la dépression du lac non seulement au-dessous de la mer voisine, mais au-dessous même du lac de Tibériade. On semble admettre aujourd'hui que !e chiffre de cette dépression n'est pas moindre de 427 mètres.

asphodèle. (Botanique.) Aspkodelus, Linné. Genre de plante qui a servi de type à la tribu des asphodélées, laquelle appartient ellemême à la famille des liliacées. Il présente un calice à six divisions profondes, étalées, et six étamines alternant avec elles, insérées à leur hase par un fdet intérieurement élargi ; un ovaire libre avec un seul style et un seul stigmate, à trois loges, contenant un petit nombre de graines. Celles-ci sont anguleuses, et lors de la germination leur cotylédon développé se prolonge en un (ilet recourbé, charnu à son extrémité; la racine est fibreuse ou fasciculée; 1rs fleurs sont disposées en épi. Les asphodèles appartiennent à la flore de l'ancien continent ; aucune espèce n'a été découverte en Amérique. Quoiqu'ils supportent assez bien le froid, ils acquièrent plus de vigueur dans les climats chauds, en Grèce, en Asie, en Afrique. Une grande partie des espèces connues se trouvent en Europe. L'asphodèle croit assez bien dans toute espèce de terrain, dans tonte exposition ; mais il préfère une terre meuble , un peu profonde, et une exposition chaude.

Le iioni^ d'asphodèle a été employé par Pline, par Dioscoride. Il parait que ce mot avait primitivement la signification de sceptre, qui s'explique par l'aspect de la plante, par sa lige ralde et droite, et par la disposition terminale de ses fleurs en épi. Les terrains montueux de la Sicile, de l'Italie, et même certains cantons de la Suisse ont enrichi nos jardins du bel asphodèle jaune ( aspkodelus lu (eus, L. ), vulgairement appelé verge de Jacob. Il y forme de larges touffes épaisses, hautes d'un mètre, d'où s'élancent des quenouilles de fleurs d'un beau jaune d'or, qui durent pendant six semaines, à partir du mois de niai. Les feuilles sont presque filiformes, éparses, anguleuses , appliquées le long de la tige par une large base membraneuse, très-mince, blanchâtre; chaque fleur est accompagnée d'une grande bractée blanche et diaphane.

Cette plante, placée dans les plates-bandes ou groupée sur le bord des gazons, sur la lisière des bosquets, est d'un joli effet. Sa multiplication s'opère facilement et rapidement par le moyen des fibres tubéreuses et fasciculées qui composent ses racines, — L'asphodèle rameux {aspkodelus ramosus, L ) est d'un trèsbeau port. Du centre d'une touffe de longues feuilles en glaive, d'un vert glauque, s'élève, à la hauteur d'environ un mètre, une tige dure, épaisse, ramifiée à son sommet, quelquelois simple, terminée par un long épi de bel les

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