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ATLAS

deux filles d'Alias. Personnification de la haute chaîne qui porte son nom, et dont il est l'incarnation mythique, Atlas est présenté par Homère à la fois comme dieu et comme montagne :«.... Atlas , à l'esprit plein de linesse et de malice , qui connaît les secrets abîmes de la mer , et qui soutient de ses mains les grandes colonnes placées comme supports entre la terre et le ciel (1). » Plus tard , on supposa qu'Atlas avait été métamorphosé en montagne, et la tradition donna plusieurs origines à cette fable. Selon les uns, Allas avait combattu à la tôle des Titans, et , vaincu , il dut expier sa révolte en supportant la voûte du ciel, « debout, avec sa tête et ses bras infatigables (2) » ; selon les autres , averti par un oracle de se défier des fils de Jupiter, il refusa l'hospitalité à Persée, et celui-ci le pétrifia en lui montrant la tôle de Méduse. C'est ainsi qu'Ovide (3) à raconté le changement du géant en montagne, el il ajoute que « sur sa léte reposa le ciel entier avec les astres innombrables. » Ailleurs (4) le poêle dit qu'Atlas porte Taxe du monde sur ses épaules. On dit aussi qu'Atlas ne fut pas métamorphosé, mais foudroyé avec les autres Titans, et enseveli sous la montagne qui porte son nom.

Le royaume d'Atlas était situé dans l'Hespérie, à l'extrémité de la terre. Là il avait de grands troupeaux et de magnifiques jardins , où les arbres aux pommes d'or cachaient leurs fruits sous un feuillage étincelant. Les pommes précieuses étaient gardées par la hauteur, du mur d'enceinte, par la vigilauce des Hespérides, filles d'Atlas , par la force redoutable du dragon Ladon. Hercule surmonta tous ces obstacles el s'en empara. Selon une autre version, Atlas lui en fit présent, et alla les cueillir pendant qu'Hercule supportait le ciel à sa place. On a différé d'opinion dans l'antiquité sur l'endroit qu'il fallait assigner comme résidence à Atlas , et les mylhographes ne s'accordaient guère que sur un point : ils le plaçaient généralement aux extrémités de la terre, vers ces lointains sommets, colonnes célestes qui supportent le ciel (5). Tantôt on le supposait habitant les contrées Hyperboréennes, vers le Caucase ; tantôt on le plaçait aux limites occidentales du monde, là où étaient la Libye, la Mauritanie, l'Hespérie. Servi us, dans son Commentaire sur Virgile , a admis un triple Atlas, un en Mauritanie, un en Italie, un en Arcadie (6). L'opinion qui le plaçait aux limites occidentales de la terre, en Mauritanie, finit par prédominer; et quand les progrès de la navigation eurent soulevé le

il) Hom., Od., I, 53.

Il) Hésiod., I. e. — Hy|., F., 150.

(3) Met, IV, 630, ssq.

(4) Met., II, S96.

(5) Piod., p 9 th., I, i9.-Eustath..ad Hom., p. i390„ 17. W Serf., Virg., *n.. VIIJ, 13»,

voile qui couvrait cette Hespérie fabuleuse, le nom d'Atlas demeura exclusivement attaché à la chaîne de montagnes qui couvre la partie nord-ouest de l'Afrique. Il faut probablement chercher l'explication du mythe dont Atlas est le héros dans la tradition qu le place en Arcadie. Là en effet il est présenté comme un sage , sondant les mystères de la terre , étudiant les merveilles des deux (1), enseignant l'astronomie à Mercure et à Hercule. Celte opinion, qui fait d'Atlas un astronome célèbre, se retrouve dans Virgile (2), lorsqu'il fait chanter sur la lyre les sublimes leçons de ce grand inventeur. Tzelzès (3) l'appelle aussi le mathématicien de Libye. Diodore ('») donne à ce mythe une interprétation plus complète et plus précise , en disant qu'Atlas avait iuventé la sphère céleste artificielle, et qu'il en avait enseigné l'usage à Hercule, pour le récompenser de lui avoir rendu ses filles , enlevées par Busiris.

Le mylhe d'Alias se retrouve plus d'une fois dans les représentations plastiques, grâce surtout au rôle qu'y joue Hercule. Ou voyait sur les portes du temple d'Olympie Hercule se disposant à prendre le fardeau d'Atlas (5).

Le même sujet avait été peint par Panaenus sur la balustrade qui entourait le trône du Jupiter Olympien (6). Sur le coffre de Cypsèlus, on voyait Atlas portant sur ses épaules le ciel et la terre , el tenant à la mam les pommesdes Hespérides; vers lui s'élançait un homme armé d'une épée, qu'on reconnaissait pour Hercule à cette inscription : « Allas retient le ciel, mais il ne retiendra pas les pommes d'or (7). » Enfin Atlas élait représenté , seul cette fois, sur le trône d'Apollon , à Amyclée8(8). Philostrato (9) nous a encore laissé la description d'une peinture où se trouvaient réunis Atlas et Hercule. Atlas, appuyé sur le genou gauche, soutenait une sphère sur laquelle étaient représentés le Taureau, la petite et la grande Ourse, les Vents. Hercule avait jelé sa massue, et on voyait qu'il allait se charger du fardeau. Selon Lucien, une statue d'Atlas était placée dans le temple de la Déesse Syrienne (10). Parmi les monuments d'antiquité figurée qui représentent Atlas et qui sont parvenus jusqu'à nous, nous citerons un beau vase dit vase Archemore, trouvé à Ruvo: il représente Hercule au jardin des Hespérides; Atlas, au centre de la partie supérieure du tableau, mi , sauf la

(1) Paus., t. v, p. m.

(8) Lycophr.. 873.

(*) Loe. cit.

(5) Pau*., t. Hl, p. 7i.

(fl) Id., t. III. p. 76.

(7) Id., t. III, p. 135.

(8) ld., t. Il, p. 151.

(9) L. II, ch. xx.

iV>)OeSyrktQea,i9.

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