‹ Encyclopédie moderneChapitre 143 sur 308 · VI, M · texte numérisé non relu

VI, M

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dans l'intérieur des terres, sur une hauteur, qui porte encore le nom de Monte Àuronco.

Une dénomination toute pareille, appliquée à trois villes différentes, Sueasa- Pometia, Suessa-Aurunca et Suessula , lesquelles appartenaient à trois peuples limitrophes, les Volsques, les Aurouces et les Campanicns, semble prouver entre eux une identité d'origine et de langage. Dans le fait, Sessa, tout aussi bien que Vescia et Minturne, conserva peudant la période romaine le pur sang des Osques, dont une autre branche se trouvait à Caleno (I). Fondi, dont le territoire marécageux produisait le fameux vin de Cécube (2), se trouvait au bord d'un lac où nageaient des lies flottautes (3). Mais les plus célèbres villes tlesAuronces étaient celles qui s'élevaient au bord de la mer, telles qvvAmucla, Gaeta et Formia. La tradition qui attribuait aux Lacédérooniens la fondation de ces trois cités n'est vraisemblablement qu'un roman, inventé par les Grecs, cru par leurs commentateurs latins, et répété à tort parSlrabou (4).

Les Auronces ne se soumirent aux Romains que les derniers de tous les peuples compris dans l'organisation politique du Latium. Mais enfin il fallut reconnaître la puissance romaine, qui s'étendit ainsi jusqu'au Liris (5). Ce fleuve, descendu de l'Apennin , arrosait le pays des Volsques, traversait Minturne, passait par le bois sacré de la déesse Marica et par les marais voisins, pour aller se jeter dans la mer par une large embouchure. Cette déesse Marica était une divinité indigène et locale (6), particulière à Minturne. Le culte de Jupiter enfant, appelé Auxurus dans le lieu placé sous sa protection (7); celui de Feronia, déesse indigène aussi, également vénérée chez les Étrusques, les Latins, les Sabins et les Volsques, prouvaient, par leurs rapports avec le culte de Marica et par la conformité des mythes nationaux, la commune origine de tous ces peuples (8).

aurore. (Mythologie. ) La déesse que les Grecs appelaient 'Hw; et les Romains Aurora, était fille d'Hypérion et de Theia ou d'Euryphaessa, et sœur d'Hélios ( le Soleil ) et deSéléné (la Lune) (9). D'autres disent qu'elle était fille de Pallas (10). C'est elle qui chasse la nuit du ciel , et qui répand sur la terre ces

H) Liv.. VIU, 16.

(1) Strab.. V, p. 160. - Plin., XIV, 6.

13) Mo., 11, 95.

(*)Cf. Serv.,X, 564: VII, 1. - Plin., 111,6; VIII, «• - Solln., 8. — Fcst, *. v. Formi.c

(5) Strab., V, p. leo. - Plin., III, 5.

(6) Strab., V, p. îei.

{") Serv., VIII, 799.

M) Slrab., V, p. 156.

W Hésiode, Theoç.yVli ssq. — Hom., II. in sol., XI, 6.

(10) Des mythograplics modernes ont prétendu que l'Aurore ou Ros est la déesse du souffle (&o) qui précède le lever du soleil et qui de? c les vapeurs exhalées pendant la nuit.

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douces lueurs par lesquelles le matin annonce la lumière plus éclatante du jour (i). Elle quitte de bonne heure la couche de Tilhon , son époux bien aimé, et s'élance du sein de l'Océan, emportée par deux coursiers rapides, Lampos et Phaéton (2). Mais elle n'est pas seulement chargée de cette mission matinale : elle accompagne dans sa course diurne son frère Hélios , et ne se repose ainsi que le soir (3). De là vient que les poètes ont employé indifféremment son nom pourdésigner les diverses parties du jour (4), et quelquefois le jour tout entier (&). Dans Hésiode (6) , la déesse du jour, Héméra , est complètement distincte de l'Aurore ; mais chez les tragiques et chez les auteurs postérieurs les deux mythes sont continuellement confondus (7). En général, les auteurs plus modernes, les mylhographes latins, ont suivi assez fidèlement la tradition homérique relative à l'Aurore. — L'Aurore eut plusieurs amants parmi les mortels ; car Vénus, dit Apollodore (8) , rendait souvent l'Aurore amoureuse , pour se venger de ce qu'elle avait su rendre Mars infidèle. Elle enleva Orion, dont la beauté l'avait séduite; après la mort de cet amant, tué par les flèches de Diane (9), elle lui donna pour successeur Clitus, fils de Mantéus , qu'elle admettait à s'asseoir avec elle sur son trône d'or, dans le séjour des dieux poissants (10). Elle aima ensuite Tithoo, et demanda pour lui l'immortalité, sans songer à lui assurer une éternelle jeunesse, de telle sorte qu'il tomba dans un état de décrépitude si complet, que son immortelle épouse vit, malgré l'ambroisie dont elle le nourrissait, sa voix s'éteindre et ses membres se dessécher (11). Selon une autre tradition, elle le changea eu cigale (19.). Elle avait eu de lui deux fils, Memnon et Emathion : le premier fut tué par Achille , et sa mort fit répandre à sa mère des larmes qui ne cessent pas de couler : c'est la rosée du malin. Elle aima encore Céphale, qu'elle I enleva sur le mont Hymette pour le transporter en Syrie, et elle en eut Phaéton (13).

(I) Ov., Met., IX, «0; FasL.lV, 383.

(2; Hom., Od., v, i ; XX II I, su. — Vlrg.. ^£n„ I V, 153 . Ceorg., I, 412. — Hom., //. in Marc. 183. - Théocr.,

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