AUNE
pour leur solidité et la variété de leurs teintes. L'écorce sert à teindre les cuirs en noir; les chapeliers s'en servent au lieu de noix de galle. On en obtient aussi une teinture jaun»\ On a vanté les propriétés fébrifuges de l'écorce de l'aune , et des médecins ont pensé qu'il n'y avait pas de meilleur succédané du quinquina. Les troupeaux ne broutent pas les feuilles de cet arbre; cependant, dans quelques provinces , on les leur donne sèches pendant l'hiver. En médecine, elles passent pour détersives, et Mnrray assure qu'appliquées fraîches ou chaudes sur les mamelles, elles sont le meilleur topique pour faire tarir le lait.
L'aune ainsi qne l'utilité de ses diverses parties étaient connues des anciens. Du temps de Tuéophraste l'écorce était employée à teindre les cuirs. Pline et Vitruvc disent que les pilotis d'aune sont d'une éternelle durée, et peuvent supporter des poids énormes. On l'employait également pour faire des conduits d'eau souterraine. Les poètes latins ont souvent parlé de l'aune en différents sens :
Fiuminfbias salices crasslsquc paludlbus alni Nascuntur (1) .....
dit Virgile, et ailleurs :
Quantum vere novo virldïs se subjiclt alnns (j).
Quant à l'emploi qu'on peut faire de l'aune debout et vivant, Pline dit que de son temps on Je plantait le long des rivières, pour les contenir dans leur lit. Aujourd'hui il prend place dans les jardins paysagistes ; on le plante dans les massifs, ou en allées , dans les lieux fiais des parcs , ou bien encore on l'élève en hautes palissades, qui sont d'un charmant effet. G.
aitnis. ( Géographie. ) L'Aunis ou pays d'Aunis, borné au nord et à l'est parle Poitou, au sud par la Saintonge, à l'ouest par l'Océan, était une des plus petites provinces de l'ancienne France. L'étymologie du mot Aunis, en latin Aluensis, Alttclensis , ou encore Aluicnsis TractuSj a donné matière à plus d'une opinion : l'un le fait dériver des aulnes ou aulnaies qui couvraient, dans les temps reculés cette contrée marécageuse; un autre le litc du mot Alani, Alanes, tribu barbare, qui après la bataille livrée par Êgidius à Attila fut rejetée vers les bords de l'Océan, et s'établit dans ce pays d'Aunis , auquel elle aurait légué son nom, Pagus Alanensis, Aluensis par corruption. Quoi qu'il en soit de l'étymologie, il parait en effet qu'une de ces tribus asiatiques , Alains ou Taïfoles , existait encore, au onzième siècle sur les limites du Poitou vX de l'Aunis. Il est probable du reste que ce dernier pays, couvert de marécages, resta
(11 Genrg., II, 110.
{i)BucoL, X,7*
AURONCRS 344
longtemps aride et peu habité. Les annaliste» «lu moyen âge, mentionnant les ravages commis par les pirates normands dans ces pays maritimes, ne citent ni ville ni monastère appartenant au pays d'Aunis. Les noms de lieux ne paraissent point appartenir à l'ancienne langue des Celtes : ils sont latins, et de la basse latinité. — Le fief d'Aunis fut enlevé par saint Louis au comte de la Marche, et donné à son frère Alphonse avec le comté de Poitou.
L'Aunis fut assigné comme douaire à Marie d'Anjou, veuve de Charles VII, et à Marie d'Angleterre, veuve de Louis XII. L'Aunis devint une province particulière, par le démembrement de la Saintonge, en 1 372. Il devint un res* sort indépendant, et la ville de La Rochelle en fut le siège principal. Rochefort, Brouage, Marennes, Royan, Marans, Soubise, les lies de Ré et d'OIéron appartenaient à l'Aunis. Celte province, inondée par les eaux, possédait des marais salants déjà mentionnés dans les Capitulâmes de Charlemagne. Une autre partie de la contrée, d'un terrain sec, possédait des vignobles, déjà connus dès le onzième siècle. Les vins blancs et rouges de l'Aunis étaient vantés alors à l'égal des vins de Bordeaux. Le pays d'Aunis appartient aujourd'hui au département de la Charente-Inférieure.
Am. R.
ai; ronces. (Histoire ancienne.) Les Au ronces, qui occupaient, entre ie pays des Volsques et la Campauie , le district montueux qu'arrose le Liris, eurent le privilège de conserver le nom primitif de l'antique population de l'Italie. Ils se rattachaient, par leur origine, au grand tronc des Osques, et nommer les Aitrunci équivalait à dire les Opici et les Osci, ou les Ausones, comme disaient les Grecs. L'histoire est complètement muette sur les événements qui décidèrent une des sauvages tribus du pays des Osques à venir se placer dans un espace étroit entre les montagnes et la mer, pour y mener une vie paisible en opposition à ses habitudes (I). S'il est vrai qu'Homère, comme on le prétendait placé sur ce point les farouches Lesti igons (2), cette tradition devait être née chez les Grecs du récit des navigateurs, effrayés par la barbarie des peuples qui habitaient «ces rivages. Celte réputation de sauvagerie indomptable demeura toujours attachée au nom des Au* ronces : Tite-Live (3) et Denys (4) les représentent comme des hommes de haute stature, à l'aspect terrible et menaçant, doués d'un courage impétueux et d'une fermeté d'àme peu commune. Aurunca, nommée aussi Sessa, était leur ville principale ; elle était située
(il Piin., m,5.
(î) Odysx., X, 8»-m.
(3) II, sa.