ADEN
«. cade, les dents d'éléphants, ainsi que la ma- « jeure partie de l'aloès destiné pour le " commerce. » Les avantages résultant de son heureuse sitnation n'échappèrent pas aux navigateurs portugais, et en 1513 Albuquerque essaya de s'en emparer, mais inutilement. Soliman I e ', plus heureux, s'en rendit maître en 1 537. Mais elle nedemeura pas longtemps sous la domination ottomane. Lorsque les Turcs furent chassés de l'Yémen, en 1630, les imans de Sana parvinrent à établir momentanément leur autorité sur le pays; mais leur pouvoir déclina bientôt. En 1705 les Abdallis, ainsi que deux autres tribus, se déclarèrent indépendants, et sont toujours restés libres depuis. Aden appartint dès lors au chef des Abdallis, sur le territoire desquels elle se trouvait. Son commerce était déjà loin alors d'avoir l'étendue considérable qu'il avait eue autrefois : la décadence était venue. Elle fut si complète, qu'à l'époque où la ville devint la propriété des Anglais, elle n'était plus guère qu'un monceau de ruines :
« Cette ville n'offre comme échantillon de son ancienne magnificence, disait il y a quelques années le lieutenant Wcllsted, qu'un petit nombre de minarets, quelques débris de murailles, et une centaine de maisons mal bâties, perdues au milieu de tombes et de masures écroulées. Des quatres minarets restés debout, deux seulement sont encore assez solides pour résister quelques années. Ils sont d'une forme octogone, construits avec élégance et haut d'environ 60 pieds. Les mosquées dont ils dépendent sont dans un tel état de ruine que les fidèles n'osent s'y rassembler pour la prière. » On voyait à Adeo, dans l'antiquité, un temple célèbre construit par les princes Ilimyarites et dédié au soleil, principale divinité des anciens Sabéens. Plus tard Aden fut un des trois évôchés chrétiens établis dans l'Yémen. Les Turcs, qui avaient bien compris l'importance d'Aden , y ont laissé des fortifications qui n'étaient pas sans valeur. Ils ont profité habilement de la force naturelle de la position , des aspérités qui encadrent la ville , et les dessins du capitaine de génie Forster prouvent qu'il n'y aurait qu'à suivre les lignes tracées par eux, et à relever selon les règles de la circonvallation moderne les ouvrages qu'ils ont construits autrefois, pour faire d'Aden une citadelle imprenable par terre et par mer.
Sous la domination anghise, Aden n'a pas tardé à reprendre une florissante activité. Sa population, qui était de 1,000 âmes en 1839, s'élève maintenant à plus de 30,000. Le commerce est redevenu ce qu'il était jadis. Aden est plus près que Moka des provinces de l'Yémen où se récolte le café, et malgré les difficultés qu'offrent encore les communications intérieures, elle a sa part dans celte branche im-