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en sortir, pour éviter les écucils de ces parages voisins de la terre et l'agilité des galères ennemies. Les deux flottes s'observaient à une dislance de huit stades , quand Octave feignit nn mouvement de retraite, espérant attirer l'ennemi. Brûlant de combattre, en effet, les officiers d'Antoine cédèrent à un vent frais qui se fit sentir, et gagnèrent le large, où la lutte bientôt s'engagea ( 2 septembre, l'an 31 av. J.-C. ).
La tactique navale chez les anciens était simple à pratiquer : chaque navire était arme à sa proue d'un éperon d'airain , et manœuvrait pour aborder en flanc et percer les vaisseaux ennemis. Les navires égyptiens étaient trop lourds pour cette manœuvre ; mais ils étaient, d'un autre côté, formés de bois durs et épais , liés par des crampons de fer, qui émoussaieot l'éperon des galères. Ce fut avec la pique et les traits , avec des pots de feu et des perches de fer que les flottes combattirent. Les vaisseaux d'Antoine, espèces de forteresses , portaient à leurs poupes des tours armées de catapultes qui lançaient une grêle de traits. Une mana*uvre navale cependant influa sur cette journée : Agrippa, pour envelopper la flotte égyptienne, étendit sa gauche et força l'un des lieutenants d'Antoine, Publicola, d'étendre sa ligue pour l'arrêter ; mais celui-ci se trouva ainsi séparé du centre de la flotte, où le désordre s'introduisit. L'on combattait cependant toujours, et « la victoire était incertaine, dit Plutarquc, quand on vit tout à coup les soixante navires de Cléopâlre déployer leurs voiles et s'enfuir vers le Péloponnèse.... Entraîné par une femme, comme s'il eût été joint à elle, et forcé de suivre tous ses mouvements, Antoine ne vit pas plus tôt le vaisseau de Cléopàtre déployer ses voiles, qu'oubliant ceux qui combattaient et mouraient pour lui , il monta sur une galère à cinq rangs de rames, et suivit celle qui se perdait et qui devait le perdre lui-même. »
La flotte d'Antoine continua de combattre après sa fuite, et son armée de terre, ses dix-liuit légions, restées intactes, l'attendirent sept jours au pied du promontoire. Ses soldats croyaient le voir reparaître à tout moment. Entin, livrés par leurs chefs, manquant de vivres, et désabusés, ils se rendirent au vainqueur. Poursuivis en Egypte par Octave, Antoine et Cléopàtre se donnèrent la mort pour éviter de tomber dans ses mains.
Amédf.k Rf née.
arex. (Géographie cl Histoire.) Ville de l'Arabie, dans l'Yémen. Elle est située sur le golfe du même nom, par 12"43' de latitude septentrionale et 62° 52' de longitude orientale, à environ 1 rente myriamèlres du détroit de Babel- Mandcb. C'est le meilleur port de la côte méridionale de l'Arabie. Elle a été longtemps
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l'entrepôt du commerce de la presqu'île Arabique et de l'Abyssinie, et est devenue maintenant la principale station de la navigation a vapeur entre Suez et Rombay. Elle appartient aujourd'hui aux Anglais, et dépend de la présidence de cette dernière ville. Aden appartenait au sultan de Lahidje, lorsque les Anglais s'en emparèrent , événement qui excita tout à coup l'attention de l'Europe en 1839 et qui convenait si bien à leur politique qu'on aurait pu s'y attendre. Voici la cause futile qui en détermina l'accomplissement. Kn lévrier 1 837 , un navire appartenant à la mère du nabab ( titulaire ) de Madras, échoua auprès d'Aden par la trahison du subr» cargue, qui s'entendît avec le sultan de Lahidje pour partager !e> produits du pillage de ce bâtiment naufragé. La compagnie des Indes demanda réparation d'un tel acte de piraterie, exercé contre un vaisseau naviguant sous pavillon anglais, et envoya le capitaine Haines poursuivre les négociations relatives à cette affaire. La mauvaise volonté du sultan et de ses agents ayant fait traîner la chose en longueur, la compagnie résolut de profiler d'un déni de justice pour obtenir plus qu'elle n'avait le droit d'exiger, et demanda au sultan , ainsi place sous' le coup d'une vengeance légitime, la cession de la ville d'Aden moyennant certaines conditions. La principale était une rente annuelle de 8,700 lilaris (50,460 fr.), payable au sultan et à ses héritiers. Cette somme dépassait le revenu des douanes d'Aden, dout le commerce, jadis si florissant, était maintenant presque nul. Le sultan parut d'abord accéder à ces propositions, et, après de longues difficultés, le traité était a peu près conclu, lorsque le capitaine Haines faillit, dit-on, devenir victime d'un ;:tiet-apens qui avait pour but de s'emparer de si personne et de lui arracher par la violence les papiers relatifs aux négociations qui venaient de se terminer. Le capitaine Haines, ayant déjoué cette perfidie, revint à Bombay, et l'affaire fut renvoyée devant le ministre du Suuvcrnement anglais. Le cabinet de Londres envoya des instructions qui ordonnaient de reprendre les négociations an point où elles en étaient restées , et de poursuivre vivement la réparation des divers outrages soufferts par l'Angleterre, tant par le pillage du navire naufragé que par ' a trahison commise envers l'envoyé de la compagnie des Indes. Seulement, cette fois, on devait exiger la ratification formelle du traité consenti, et il était dit nettement que, sans la cession d'Aden, toute autre réparation devenait insuffisante. En présence de cette déclaration , le sultan et ses conseillers renouvelèrent leurs hésitations, et les prolongèrent tellement que le capitaine Haines, désespéraut «le rien obtenir par les moyens amiables, se décida à
bloquer Aden , an moment où les navires de Mascate et du golfe Persique apportent dans l'Yémen leurs cargaisons de dattes. Le blocus, qui privait ainsi les habitants d'une denrée nécessaire à leurs besoins, et l'avare sultan des droits de douane que ce commerce lui rapporte , fut déclaré vers la fin d'octobre et maintenu avec sévérité. Mais il ne produisit aucun effet, et, les Arabes ayant fait leu sur une des embarcations de la corvette que commandait le capitaine Haines, celui-ci demanda immédiatement réparation pour ce nouvel outrage.
Cet accident vint compliquer la question vers le milieu de novembre et peu de jours après que le bateau à vapeur de la correspondance de l'Inde avait quitté Aden pour Bombay. Ce bateau apportait au gouvernement indien l'ordre décisif de ne pas perdre le temps a essayer d'obtenir par des négociations toujours inutiles ce qui ne pouvait être obtenu que par la force. En conséquence, deux bâtiments de la marine royale et deux transports chargés de soldats mouillèrent, le 16 janvier 1839, dans la baie d'Aden, et le 19, l'artillerie anglaise ouvrant son feu réduisit bien vite au silence les batteries qui défendaient la ville. Les troupes débarquèrent sans trouver de résistance sérieuse, et prirent rapidement possession des hauteurs qui commandent Aden.
Alors on rouvrit les communications avec le sultan, qui, faisant bonne mine à mauvais jeu, feignit de se montrer fort irrité des injures que les Anglais avaient souffertes, en rejeta la faute sur ses ministres , et consentit enfin à céder Aden moyennant la somme promise, qu'on s'engagea à lui payer aussi longtemps qu'il remplirait fidèlement les obligations du traité. Le gouvernement britannique avait réussi :
il élait , et, malgré les attaques des Arabes, souvent renouvelées, mais toujours repoussées, il resta maître de ce pays, dont l'importance avait été reconnue de tout temps.
Dès le règne de l'empereur Constantin, en effet , Aden avait été une colonie d'entrepôt. Bâtie sur le versant occidental d'un promontoire escarpé et hérissé de rochers qui lui forment une ceinture de fortifications naturelles et presque inexpugnables , elle possède naturellement deux baies, qui toutes deux, lui font un mouillage excellent et d'une grande étendue. Aussi , sa prospérité s'accrut-elle rapidement, et au moyen âge elle faisait avec l'Inde un commerce considérable. Un géographe arabe, Edrisi, écrivait il y a six cents ans : « On apporte à Aden, du Sind, de l'Inde « et de la Chine , les objets les plus précieux, « tels que les lames de sabres damasquinées, « les peaux de chagrin , le musc , les selles de « chevaux, le cardamome, la cannelle, l'é- «< bène, I écaille de tortue, le camphre, la mus.-