COMMERCE
fin courant et revendre fin prochain , et U différence qui existe entre le cours auquel on achète et celui de l'époque pour laquelle on vend constitue le bénéfice de l'opération. U y a toujours un certain nombre de capitalistes qui emploient leurs fonds en reports, et ces fonds offrent un moyen de prolonger, ou, comme on dit, de reporter des opérations qui sont purement fictives. Le spéculateur abandonne dans ce cas le bénéfice du report au capitaliste qui fournit l'argent nécessaire pour lever les titres en liquidation, et cr dernier a ces titres mêmes pour gage de ses avances.
Il existe entre les différentes valeurs des rapports dont les cours cotés à la Bourse sont ordinairement l'expression; mais dans certains moments les cours s'écartent de la proportionalité qui existe entre les valeurs, cl ces écarts donnent lieu aux opérations connues sous le nom d'arbitrages. Par exemple, si le 3 p. 100 a un cours relativement beaucoup plus élevé que celui du 4 et 1/2, on vendra du 3 p. 100 pour acheter du 4 et 1/2, dans la pensée que le 4 et 1/2 doit monter si le 3 p. 100 ne baisse pas, ou que ce dernier doit baisser si le 4 et 1/2 ne s'élève point. Ce genre d'opérations peut prendre une grande étendue et devenir la source d'importants bénéfices entre les mains de capitalistes assez puissants pour opérer simultanément dans les Bourses de Paris, de Londres et de Vienue.
Nous venons d'indiquer les principales opérations qui s'effectuent sur les fonds publics et sur les valeurs industrielles. Toutes celles de ces opérations qui sont licites devraient se faire par le ministère des agents de change; mais il s'en fait beaucoup à la Bourse même par l'entremise de courtiers marrons, qui forment, avec la masse des spéculateurs opérant en dehors du parquet, ce qu'on nomme la coulisse. On comprendra facilement l'origine de cette expression si en entrant dans la Bourse on considère le parquet comme la scène d'un théâtre, et si l'on observe la place où se tiennent habituellement les coulissiers. Les opérations qui se font dans la coulisse sont considérables, et influent souvent sur les cours des négociations du parquet. Elles se prolongent ordinairement jusqu'à quatre heures de l'après-midi, heure à laquelle la Bourse est affectée aux transactions qui portent sur les marchandises. L'agiotage occupe aussi dans ces transactions une trèslarge place. On joue snr les suifs, sur les savons, sur les huiles, sur les 3/6. Il y a quelques années on a vendu, dit-on, dans un mois plus d'eau-de-vie que la France ne pourrait en produire en un siècle.
A Par is, les négociations des effets publics français et étrangers, celles des actions indus-