BOURSES DE COMMERCE
•> attendait, il doit lui être loisible de livrer sa « renie tout de suite , et le vendeur, qui est « censé porleur de l'inscription, doit toujours « être prêt à la livrer. » — Puis ils ajoutent : « Nous ne nous arrêterons pas ici à répéter ce « qui a été dit sur cette manière de spéculer « sur la baisse des fonds publics; nous disons « ce qui se fait, non ce qui doit se faire. On « connaît d'ailleurs les dispositions du Code « Pénal, articles 421 et 422, qui interdisent • toute convention de vendre ou livrer des « effets publics, lorsqu'il ne sera pas prouvé « que le vendeur les avait en sa possession au « moment de la transaction. — Mais par la ma- « nière dont l'acte de cette vente ou transac- « lion est fait on pare aux rigueurs de la « loi en stipulant que la livraison de l'effet « vendu est à la volonté de l'acheteur, ce « qui suppose que le vendeur l'a effecti vert ment en sa possession. »
La clause par laquelle on s'oblige à livrer les titres avant le terme fixé pour la liquidation du marché , si l'acquéreur l'exige , n'est pas du reste une chose de pure forme et qui ne tire pas à conséquence. Il arrive assez fréquemment, au contraire, que l'acquéreur en réclame l'exécution, et alors on n'a que cinq jours pour se procurer les titres et en effectuer la livraison. C'est là ce qu'en termes de Bourse on appelle escompte, et les capitalistes se sont plus d'une fois servis de ce moyen pour faire monter la rente ou en empêcher la baisse. On comprend en effet que lorsque des quantités considérables de rentes ont été vendues à découvert, si l'on place les vendeurs dans la nécessité de se procurer des titres en peu de jours, à quelque prix que ce soit, il doit en résulter en général un mouvement de Bourse. Cette faculté d'escompte est donc une arme puissante entre les mains des grands capitalistes.
Les marchés dont on vient de parler se nomment, commeon l'a \u t marchés fermes.
11 s'en fait d'autres, qu'on appelle marchés libres, ou à prime, et qui diffèrent des premiers en ce que l'acheteura le droit d'annuler son acquisition en abandonnant une prime qu'il a donnée d'avance. C'est un moyen de limiter ses chances de perte.
On sait que la vente d'une inscription de rente comprend celle des intérêts du semestre courant. Toutes choses égales d'ailleurs , une inscription de renie vaut donc un peu plus à la fin du mois qu'au commencement , et un peu plus encore à la fin du mois suivant. C'est sur ce fait que sont basées les opérations connues sous le nom de report. Elles servent à faire des placements à court terme.
On peut acheter de la rente au comptant et la revendre immédiatement pour fin cou~ rant ou fin prochain, ou bien en acheter