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est devenue la demeure de l'émir Abd-el- Kader depuis que le gouvernement français l'a remis en liberté.

rrownistes. ( Histoire religieuse. ) On donne ce nom aux membres d'une secte religieuse qui se forma en Angleterre vers la fin du seizième siècle, et qui fut ainsi appelée du nom de Robert Brown, son chef. Cet lié* résiarque commença à prêcher en 1580 à Norwich. H regardait l'Église anglicane et toutes les autres Églises réformées comme corrompues et exigeant une complète régénération , non pas en ce qui regardait les dogmes de la foi, mais en ce qui concernait les formes du gouvernement. Né d'une bonne famille, ayant eu l'esprit développé par une excellente éducation, reçue à l'uuiversité de Cambridge, doué d'ailleurs d'une éloquence naturelle, entraînante et persuasive, il eut bientôt de nombreux disciples. Ses prédications ne tardèrent pas cepeudant à lui attirer de sévères persécutions : il se glorifiait d'avoir souffert pour sa doctrine dans trente-deux cachots différents, dont le plus clair était si obscur, qu'il n'y pouvait pas distinguer sa main quand il la portait à la hauteur de ses yeux. Rendu à la liberté, il fut forcé de partir pour l'exil. 11 sortit du royaume avec ses sectateurs, et se retira en Zélande, à Middelbourg, où il obtint des Étals de Hollande la permission de bâtir une église et de professer sa doctrine, par laquelle il rejetait toute espèce d'autorité ecclésiastique, celle des évéques tout aussi bieu que celle des consistoires, des classes et des synodes. Le gouvernement de l'Église devait être, selon les brownistes, entièrement démocratique; le ministère évangélique n'était qu'une délégation essentiellement révocable, et chacun avait droit de parler sur la prédication du ministre. La communion avec les hommes qui ne partageaient pas leurs idées était regardée comme nuisible aux fidèles, et il fallait en conséquence se garder des autres Églises, où le choix de ceux qui participaient aox sacrements n'était pas assez épuré. La confirmation des mariages n'appartenait qu'au magistrat civil. Les formulaires de prières étaient non moius inutiles, et l'Oraison-Dominicale avait été donnée aux hommes, non comme une prière toute faile , mais comme le modèle des prières à faire. Brown, sur la terre hospitalière où il avait transporté son Église , ne fut pas plus heureux que dans sa patrie, qui l'avait rejeté de son sein. La liberté qu'il donnait à ses sectateurs engendra des divisions; des défections eurent lieu, malgré ses efforts, et bientôt il fut abreuvé de tant de chagrins et d'amertume, qu'il se démit de son office, retourna en Angleterre, abjura sa doctrine, pour mourir, enfin, recteur dans une église du comté de Northampton. Son départ

avait été bientôt suivi de la dispersion de ses sectateurs et de la ruine de l'Église de Middelbourg. Mais il n'en fut pas de même en Angleterre, où son système avait jeté de plus profondes racines. En 1692 on comptait vingt mille personnes imbues de ses opinions, et l'Église des brownistes ne périt pas, malgré les persécutions dont les accabla la reine Élisabeth. Pourtant beaucoup de familles furent encore obligées de s'exiler, et d'aller s'établir à Amsterdam, où elles perpétuèrent longtemps leurs opinions religieuses. Les sectateurs, en petit nombre, restés en Angleterre jetèrent plus tard les semences de la secte des indépendants, issue de celle des brownistes.

bructères. ( Histoire. ) Bructeri. Peuple de la Germanie, placé entre les Frisons au nord, les Bataves à l'ouest et les Usipieos au sud. Le terrain occupé autrefois par eux s'étend, dans la géographie actuelle, le long de l'Ems, entre la Lippe et le Weser, dans la province prussienne de Westphalie. Les Bructères tenaient un rang important parmi ces peuplades qui firent à Rome une guerre si acharnée. Aussi, leur nom revient-il souvent dans Tacite, l'historien des premiers temps de l'empire. Tantôt il nous apprend que Velléda, une des plus célèbres parmi ces femmes à qui la superstition des barbares accordait le don de prophétie, était née chez les Bructères (1). Ailleurs, il nous dit quel rôle joua cette nation dans les guerres qui valurent à Germanicus son glorieux surnom (2). Il nous la mon* tre ravageant sou propre territoire, jusqu'à ce qu'elle 6oit défaite et chassée par Stertinius, un des lieutenants du général romain (3).

Plus tard, au temps de Néron, alliés des Ansibariens, les Bructères cèdent aux menaces d'Avitus, entré sur leur territoire avec ses légions, et abandonnent la cause qu'ils avaient embrassée (4). Plus tard encore, ils prennent part à la grande révolte excitée par Civilis, et dans les combats on les voit placés aux postes les plus périlleux , accomplissant les manœuvres les plus décisives, fallût- il traverser le Rhin à la nage pour prendre en flanc les légions romaines (5). Enfin, une ligue formidable fut formée contre les Bructères par les nations voisines , soit en haine de leur orgueil, soit par l'appât du butin, a soit, ajoute Tacite , par suite de la faveur des dieux pour la cause de Rome, » et, après un combat dans lequel périrent plus de soixante-dix mille barbares , la nation des Bructères fut anéantie. Des émigrants Chaumes et Aogrivariens occupèrent le territoire des vaincus (0).

U) Tac, H., IV, si.

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