‹ Encyclopédie moderneChapitre 215 sur 308 · HUM · texte numérisé non relu

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grands talents (l), éleva sa patrie au plus haut degré de prospérité : il conquit Messine, et en confia le gouvernement à son fils Cléophron (2); il lit la guerre aux Locricns, qui ne durent le salut de leur ville assiégée qu'à l'intervention de Hiéron, roi de Syracuse (3). Ce fut lui qui appela les Carthaginois en Sicile, dans le but de rétablir sur te trône son beau-père Terillus, tyran d'Himère, dépossédé par Gélon (4). Il régna dix-huit ans, et à sa mort il confia à Micithus la régence et la tutèle de ses fils mineurs. Six ans plus tard, Rhegium parvint à secouer le joug monarchique (s) ; et, après de longues dissensions intestines, elle établit enfin un gouvernement démocratique sagement réglé (6). A cause de leur communauté d'origine avec les colonies chalcidiennes de la Sicile et aussi par haine pour les Locriens, leurs ennemis constants, les Rhégiens aidèrent les Athéniens dans leurs premières entreprises contre Locres et Syracuse ; mais dans la grande expédition de Sicile ils observèrent une stricte neutralité (7). Ils s'opposèrent fermement aux projets de conquête formés par Deoys l'Ancien sur la Grande-Grèce, et refusèrent toute alliance avec le rusé tyran, qui, feignant de vouloir prendre une épouse a Rhegium, reçut pour réponse qu'on tenait à sa disposition la fille du bourreau (8). Mais, restés seuls à la suite de la défaite essuyée sur les bords de l'Elleporus par les troupes des villes italiennes, les Rhégiens ne purent résister aux forces supérieures de Denys, et se rendirent à lui après une énergique résistance. Leur ville fut ravagée , et Phyton, leur chef, fut rois à mort (9) avec une grande partie des habitants ; ceux qui survécurent furent transportés en Sicile. Quelques années plus tard la cité détruite fut en partie rebâtie par Deuys le Jeune, qui lui donna le nom de Pbœbia (10). Pendant la guerre avec Pyrrhus, cette ville fut prise par un corps de Campaniens, qui y commit toutes sortes d'excès, et dont les Romains la délivrèrent ensuite (1 1). Rhegium souffrit beaucoup du tremblement de terre qui eut lieu quelque temps avant la guerre sociale , vers l'an 90 avant Jésus- Christ, à ce point qu'elle était presque déserte quand Auguste y établit une colonie de vétérans. Au temps de Strabon celte colonie était florissante (12) De là la dénomination de Rhegium Juin on Julium, que quelques écrivains

(i) Justin., iv, s.

(S) Scbol. ad Pind., Pyth., H, »«.

(8) Id., ibld.

(*)llérod., VII. 168.

(8) Dlod.5lc.XI, 76.

(«} Thuc, IV, i. - Justin., IV. 3.

(7) Thuc, IV, w.

(fi) Strab , VI, s. - Dlod. Sic. XIV. U.

(8) Dlod. Sic, XIV, us.

(ioj Strab., VI, 258.

(il) Strab.. toc. cit.- Polyb., 1,7.-1.1», Epit.XU et XV. (!J) Strab., VI, 459. - Appian., Civ licll, IV. 87.

lui ont donné (I). Peu de villes dans lu Grande- Grèce pouvaient se vanter d'avoir produit une aussi grande quantité de personnages remarquables (2) ; teU que plusieurs disciples de Pythagore, les historiens Théagène, Hippys, Lycus, surnommé Butera, et Glaucus; les poète» Ibicus, Cléomène et Lycus; les statuaires Cléarque et Pythagore : ce dernier, au dire de Pline, surpassait le fameux Myron(3). De nouveaux tremblements de terre, dans les temps modernes, notamment en 1783 et 1840, ont encore ravagé Repgio (c'est le nom actuel de Rhegium ), déjà pillée par les Turcs, qui, sous Barberousse en 1544, sous Mustapha-Paclia en 1558, s'en sont emparés et l'ont brûlée ou saccagée. Aujourd'hui Reggio est le chef-lieu de la province delà Calabre- Ultérieure I ; c'est une ville de 17,000 Ames, siège d'un archevêché; elle a un collège royal, nne bibliothèque, des fabriques de soieries, damas, parfumeries, essences, etc.

Locres (Locri Epizephyrii) passait pour une ville très-ancienne, bien qu'où ne connût pas l'époque précise de sa fondation. Selon Strabon , elle fut bâtie peu de temps après la fondation de Crotoneetde Syracuse, par Évanthes, à la tête d'une troupe de Locriens des bords du golfe de Crissa, c'est-à-dire de ceux qu'on appelait Loch Ozolœ; ils s'établirent d'abord près du cap Zephyrium, et reçurent delà le nom à' Epizephyrii, qui servit à les distinguer des Locriens de Grèce; trois ou quatre ans plus tard, ils bâtirent la ville de Locres, sur une hauteur nommée le mont Esopis.

Strabon remarque qu'Éphore s'est trompé en attribuant le fait aux Locriens Opunlîens; mais l'opinion d'Éphore, corroborée par le témoignage de beaucoup d'autres écrivains, a été préférée par la critique moderne (4).

D'après Polybe, le fait avancé par Aristote et nié par Timée, historien sicilien , à savoir que la colonie locrienne se composait exclusivement d'esclaves fugitifs, partis en enlevant les femmes de leurs maîtres , n'était pas une fable, mais une vérité (5). C'est surtout aux sages institutions de son législateur Zaleucus que Locres dut sa renommée et sa prospérité. Le code, d'une graude simplicité, que les habitants de Thorium gâtèrent, en l'adoptant, par des additions qui donnaient trop aux détails (G), resta en pleine vigueur pendant plus de deux cents ans (7). Nous avons dit plus haut que Lo-

ti) Plol., p. 61.

(J) Strab., toc cit.

(3) Plin., XXXV, 8. - Paus., VI, ».

(*) Strab., IX ,«5. - Slcpb. By*.. J. v. NdpvÇ. — Cf. Solln., c. 8. — Scrv.. ad. Vjrg,, Ain., III, s»9.

(5) Polyb.. Fraçm., XII, 8.

(6) Epbor. ad. Strab., V I , t70. — Plut., de Leg.. I, p. 638, et Tim., p. 10V1 ; — Procl.. p. M; — Dlod, Sic, XII. M ; - Alben., X. 1 : - Oc. , De Leg., H , 6.

"fc. in Timoer.

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