‹ Encyclopédie moderneChapitre 217 sur 308 · BRUT1UM — BRU Y EH K · texte numérisé non relu

BRUT1UM — BRU Y EH K

l'Italie (I); — Tempsa montana, que l'épithète accolée à son nom distinguait d'une au lie Tille, plus célèbre, située sur l'autre mer; — Petilia, fondée aussi par Pliiloctète (2), célèbre par la fidélité qu'elle garda aux Romains pendant la guerre punique et le siège qu'elle soutint contre Annibal (3) ; — AmphissiUtn et Romechium, citées par Ovide (4) ; — Scylletium ou Scyllacium (Squillace), fondée par l'Athénien Ménesthée (5), plus tard colonie romaine (6), patrie de CassiodOre; — Cetsinum (Satriano) ; — Caulon ou Caulonia, londée très-anciennement par les Acbéens (7), alliée de Crotone et de Sybaris (8), détruite par Denys de Sicile (9), relevée ensuite et occupée par les Bru liens; — Castrum Minervas et Uria ou Oria Lucrorum, toutes deux fondées par Idoménée (10) ; — Peripolium; — Terina, ancienne ville grecque, colonisée par les Crotoniates (11); — Temesa ou Tempsa, ville d'une hante antiquité , célèbre pour ses mines de cuivre ; — Uipponitim, fondée par les Locriens Épizéphyriens (12), devenue colonie romaine sous le nom de Vibo Valentia (13), mentionnée par Appien comme une des plus florissantes cités de l'Italie (14), — Medma ou Mesma, colonisée aussi par les Locriens (15); — Metaurum, qui disputait à H i mère l'honneur d'avoir donné le jour au poète Stésicbore (16);— Consentia (Cosenza), désignée par Slrabon (17) comme la capitale desBrutiens; — Cleta, fondée par une amazone qui lui donna son nom (18); — Balbia, aujourd'hui Alto-Monte, citée pour le vin qu'elle produisait (19).

b eu y ère. (Botanique). Cest Pépefcv) de Théophraste et de Dioscoride , l'eHca de Pline et de Linné , le heath des Anglais, la

(1) Strab., VI, ÎW.

(5) Virg., jGn., 111,401.

(3) Val. Ma»., VI, e. - Polyb. ap. Athcn., XII, 6.- Ifv., XXIII, 8o. — MeL, 11,4. — Min., III. 10. («) Metam., XV, 703.

(I) Strab., "VI, Ml. — Scrv., ad s£n., III, «st.

(6) Vell. Poterc, I, 15.

(7) Slrab., VI, M. — Scymo., Ch. VeHeg., V, 517. - Steph. Byi , a. r. AûXtàv. - Pan»., Eliac., II. - Scyl., Peripl., p. 5.

(8) Polyb., II. 8». — Thuc, VII, Î5.

(«) Dlod. Sic, XIV, 106

(10) Varr. ap. Prob. ad Vira;. Eglog., VI.

(II) Scymn., Ch., v., 30s. - Pltn-, III, 6. -Phlcg. ap. Steph. Byz., a. v. T«ûiva .

(») Strab-, VI. «16. - Scymn., Ch., V, 807. - Scyl., Peripl., p. 4.

(13) Ut., XXXV, 40. - Cf. Vell. Patere., I, 14. ; - Strab., loc. cit.

(14) Applan., Civ. BelL.W, 3.— Ch Met., Il, 4; — Plln., III, 5. — Ptol., p. «3.

(15) Strab., VI , sS. - Scymn., Cf. V., SOT.-Scyl., Peripl. — Hecat. ap. Steph. Byi., s v. MWjjiïj. — Apollod. ap. eumd., s. v. Mi(7(JLa.

(16) Steph. Byt., «• t. Mxravpo; .— Suld., s. v. Itrjfftvopoc

(17) vi, JSS.

(i8> Lycophr., r. 1002.

(19) Min., XIV.6. - Athen., 1, ;«.

heide des Allemands, Verlca des Italiens, le brezo des Espagnols. Son nom d'erica vient du grec epîy.to, briser, soit par allusion aux branches de cette plante, facile à briser, soit parce qu'on en faisait usage eu médecine pour briser les calculs de la vessie. Quant au mot français de bruyère, il est dérivé, d'après M. de Tbeis, du celtique brug, arbrisseau : on l'appelait aussi frych dans la même langue, et c'est de là que nous disons terre en friche, pour terre inculte. A force d'observations et de recherches, on est à peine parvenu à découvrir une douzaine d'espèces de bruyères indigènes de l'Europe; mais elles s'y rencontrent en abondance, principalement dans les contrées les plus septentrionales, ainsi quedans les terres vagues, dont elles couvrent la nudité par leur verdure persistante, et qu'elles fertilisent par leurs débris en préparant cette terre aujourd'hui si fréquemment employée, sous le nom de terre de bruyère, pour la culture des végétaux étrangers. Dédaignées comme objets d'utilité dans tes pays chauds , les diverses espèces de l'erica native servent à un grand nombre d'usages dans les parties froides, stériles et montagneuses de l'Europe , ainsi que chez, les peuples du Nord. Là les plus pauvres hahitants les substituent au chaume pour couvrir leurs maisonnettes. Les rudes montagnards de l'Europe s'en tout des lits. Dans la plupart des Iles de l'Occident on donne à la laine filée une belle couleur jaune en la faisant bouillir avec les extrémités vertes et les fleurs de cette plante. La laine trempée d'abord dans de l'eau d'alun, et plongée ensuite dans une forte décoction d'extrémités d'erica, prend une magnifique couleur orangée. On dit qu'autrefois on utilisait les jeunes pousses pour brasser une espèce d'ale, qui, au rapport de Boëce, était très en usage chez les Pietés. Il parait qu'aujourd'hui encore sur quelques points du Nord on brasse la bierre avec Une part de drèche et deux parts de jeunes pousses de bruyères, en y ajoutant parlois du houblon. Dans ces mêmes rapports on se sert aussi d'une forte dissolution (Verica pour tanner les cuirs. En Angleterre, comme dans beaucoup d'autres pays, on emploie l'erica à faire des balais , à chauffer les fours; mais ce qui est plus particulier à cette contrée, la bruyère y sert aussi à couviir les tranchées souterraines dans les champs soumis au drainage.

C'est à la uncTÈRE commune (erica vul~ garis) qu'appartiennent presque toutes les propriétés que nous venons d'énumérer. Elle diffère des autres espèces par ses fleurs, roses ou blanches, munies d'un calice double; l'extérieur a quatre folioles ovales; l'intérieur, beaucoup plus grand, coloré, renfermant une corolle, à quatre divisions profondes, droites

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aiguës. La capsule a ses cloisons adhérentes au réceptacle et opposées, non au milieu des valves; les étaraines sont au nombre de huit ; le» anthères munies de deux cornes à leur base; le stigmate saillant, à quatre lobes, comme Verica vulgaris. La bruyère tetralix s'avance jusque dans le Nord, et fuit les contrées trop chaudes; elle montre en juillet et août ses fleurs, terminales, d'un rouge vif. — L'erica cendrée (ertca cinerea, Linn. ) ne sort guère des contrées tempérées ; l'éclat de ses fleurs , d'un pourpre foncé tirant sur le bleu et réunies en grappes terminales , en fait une des plus belles espèces de l'Europe. Une autre bruyère des régions tempérées est Verica ciliaris, Lion, (bruyère ciliée), aux fleurs violettes; elle habite les terrains sablonneux et les landes. Aux environs de Marseille, en Algérie et sur toute la côte nord de l'Afrique on trouve en abondance la bruyère vagabonde (Verica vagans, Linn), dont les fleurs roses se montrent vers la fin de l'été. — La bruyère a balai (crica scopiria y L.)i aux fleurs petites, d'un vert blanchâtre, lire son nom de son emploi. On la trouve partout en France, et surtout dans le midi, où les Provençaux la nomment bruse, ce qui rappelle le brug celtique, racine de nos bru yères. La bruvèrb eu arbre (erica arborea, Linn.) habite les lieux stériles dans les contrées méridionales, dans les Alpes, les Pyrénées et dans l'Afrique du nord, parmi les genêts et les spartium ; elle domine toutes les autres es* pèces par la hauteur de ses tiges, qui s'élèvent jusqu'à quatre ou cinq mètres et plus, et par les panicules longues et touffues de ses petites fleurs blanchâtres, dont l'odeur suave se répand à une grande distance. Jusqu'au commencement de ce siècle, notre admiration était Iwrnée à ces jolies espèces européennes qui peuvent se cultiver en pleine terre sous le climat de Paris et orner en tout temps les massifs de nos jardins d'agréments ; mais depuis 1800 nous avons fait connaissance avec les bruyères du Cap de Bonne-Espérance, si remarquables par l'élégance de leur feuillage, l'éclat et les formes variées de leurs Heurs. Leur nombre s'est accru chez nous avec une telle rapidité, que dès 1802 on en comptait plus de 200 espèces, toutes venues de l'Angleterre, où on les cultive avec un grand succès. Leur nomenclature est aujourd'hui tout à fait arbitraire. Celle de Dumonl de Courset, d'après le nombre des feuilles, la présence on l'absence des étamines, parait être adoptée par les horticulteurs et les amateurs français. Elle comprend sous une première division, ericas a anthères aristées, les espèces à feuilles opposées, à feuilles tentées , à feuilles quaternées, à feuilles an nombre de six ; et sous une seconde divi-

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sion, ericas a anthères mutiques, les espèces à feuilles teinées, quaternées, an nombre de cinq ou six « au nombre de hait.

Une atmosphère trop sèche est défavorable aux bruyères : étant presque toujours en végétation, elles ont besoin d'être fréquemment et régulièrement arrosées. Leurs racines , trèsmenues, se dessèchent si elles ont soif pendant vingt-quatre heures, et pourrissent si elles se trouvent dans une humidité surabondante pendant trois ou quatre jours. La serre dans laquelle on rentre les bruyères l'hiver n'a pas besoin d'être chauffée : il suffit que la gelée n'y pénètre pas; mais il faut qu'elle soit bien éclairée; une orangerie ne leur convient pas, parce qu'elle n'a du jour que par devant- On multiplie les bruyères de boutures au printemps, de semis en tout temps avec des graines venues du Cap; quelques espèce»

seulement se marcotent avec avantage.

G. oe Larenaudièe.

bryoxe. ( Botanique et thérapeutique).

Bryonia dioica, albre, bryona blanche, couleuvrée. La famille des cucurbitacées fournit à la matière médicale trois plantes jouissant de propriétés thérapeutiques et toxiques fort énergiques et semblables ; ce sont la coloquinte, Velaterium et la bryone. Cette dernière est une plante herbacée, vivace, qui croit dans les haies ; elle a, comme la vigne, des feuilles lobées et des vrilles roulées en spirale. Ses fleurs sont unisexuées ; les fleurs mâles ont un calice campanulé, à cinq dents ; la corolle adhère au calice, et porte cinq étamines, dont quatre sont unies deux à deux ; dans les fleurs femelles, l'ovaire est inlère et porte trois stifi mates lissides. Le fruit est une baie succulente, pisiforme, d'un rouge éclatant, et qui contient cinq graines. La partie active de la bryone et U seule dont on fasse usage est la racine ; cette partie du végétal est allongée, de la grosseur du bras ; marquée de lignes transversales à l'extérieur et de stries concentriques à l'intérieur; elle est d'un blanc jaunâtre , d'une odeur nauséeuse , d'une saveur âcre et caustique. Elle est presque entièrement formée d'une fécale amilacée très-fine et très-blanche, unie à on principe âcre et irritant dont on peut priver totalement la racine par la dessiccation, la torréfaction ou le lavage. Les propriétés de cette plante seraient dues, d'après M. Dulons d'Altafort,à un principe très-amer, nomme bryonine. Elle agit à la manière des poisons acres , et produit promptement la mort des animaux lorsqu'elle est introduite dans le tissu cellulaire, dans la plèvre, dans l'estomac. Donnée chez l'homme à dose moyennei elle produit des vomissements, des tranchée*, une diarrhée séreuse abondante, quelquefois des défaillances; on assure qu'elle a dans quelques cas amené la mort. Son action res-

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semblé beaucoup à celle du séné, «lu jalap:

aussi a-t-oo proposé de substituer cette plante indigène à des médicaments exotiques; cette pratique pourrait être avantageuse si, de nos jours l'usage du séné et du jalap était aussi répandu qu'autrefois.

On donne le suc exprimé de la racine fraîche à la dose de quatre à seize grammes; quelquefois on fait iufuser trente grammes de racine pendant vingt-quatre heures dans du vin blanc ; enfin la poudre peut être prescrite à la dose d'un à deux grammes. Appliquée sur la peau, la pulpe de racine fraîche de bryone produit de la rubéfaction ; on a mis celte propriété en usage pour hâter la résolution de divers engorgements chroniques. La (écule qu'elle contient en abondance a été utilisée dans des temps de disette , mais après avoir été dépouillée de son principe âcre et actif. Rappelons pour mémoire que la bryone est un des agents les plus actifs de la médecine liomœopathique, et qu'elle doit convenir dans un bien grand nombre d'affections, puisque cbez l'homme sain elle ne donne pas lieu à moins d'une trentaine de symptômes différents! D r Racle.

bubaste. Nom par lequel les Grecs désignaient la déesse égyptienne qu'ils assimilaient à leur Artémis (ou Diane) et la ville qui lui était consacrée. Voyez Pacht.

buis. (Botanique.) Le buis (buxus semper virens ), appartenant à la famille des euphorbes de la classification de Jussieu et à la monoecie TÉTitARDRiE du système de Linné , est un arbrisseau, qui s'élève à la hauteur de douze à quinze pieds , sur une tige tortueuse , à rameaux opposés , létragones. Les feuilles sont simples, opposées, entières, fermes, ovales, persistantes ; les fleurs, jaunâtres, monoïques, sont réunies en paquets axillaires. — Les fleurs mâles offrent un calice à quatre folioles, colorées, entourées de deux ou trois petites bractées en écailles ; elles n'ont point de corolle et .quatre étamines, attachées au réceptacle, se laissent voir sous le rudiment de l'ovaire. — Les fleurs femelles sont situées au centre de chaque paquet de fleurs mâles; leur calice est formé de trois écailles , entouré de trois ou quatre bractées, avec un ovaire supérieur et trois styles courts, persistants; les stygmates sont obtus, hérissés, et une capsule presque globuleuse, à trois loges, à trois cornes, s'ouvre en trois valves ; deux semences se rencontrent dans chaque loge.

Le buis se trouve en abondance sur les collines et dans les montagnes des contrées tempérées et méridionales de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique. Mais il lui faut toujours une exposition froide, la chaleur lui est contraire. M. Poiret n'en rencontra pas dans ses excursions dans l'Atlas. — Théophraste le cite

Suppl. Ehcycl. MOD. — T. I.

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