A NIE
passage de Velleius Paterculus (I), d'où il résulte qu'elle fut prise par les Romains pendant la guerre Sociale , en même temps qu'Herculanum et Pompéi doit avoir été située dans le voisinage de ces deux villes.
La Campanie était arrosée par quelques petits fleuves sans importance , tels que le Savo ( aujourd'hui Savone ) ; — le Vulturne (Volturno) , souvent mentionné dans les poètes; — le Clanius ou Literne, qui formait auprès de son embouchure le marais appelé Palus Liferna, aujourd'hui Lago di Patria; — le Sebethiis, aujourd'hui il Fiûme Maddalena;
— le Vesaris, sur les bords duquel fut livrée la bataille où se dévoua Décius, et qui u'existe plus aujourd'hui, tari peut-être par l'irruption du Vésuve qui détruisit Herculanum ; — le Sarnus (Sarno),qui se jetait dans la mer à un mille de Pompéi, et dont le cours a dû être changé aussi par cette môme éruption. — Les lacs de la Campanie étaient : le lac Lucrin, situé tout près de Baies et renommé pour ses huîtres; — le lac Averne ( Lago d* A ver no), joint au premier par un canal ; — VAcherusia Palus ( Lago di Fusaro ) , entre Misène et Cumes. — Ses montagnes étaient, outre le Massicus mons, qui fournissait un vin renommé, le Gaurus (Monte Barbaro), qui jouissait autrefois d'une célébrité pareille, bien qu'il soit aujourd'hui nu et complètement aride ; — le Pausilype , chaîne de collines qui sépare la baie de Naples et celle de Pouzzoles, et où se trouve la grotte qui renferme le tombeau de Virgile; — le Vésuve; — le mons Laclarius, ainsi nommé à cause de l'abondance et de l'excellente qualité du lait fourni par les vaches qui paissaient les gras pâturages dont il était couvert;
— le mont Callicula, chaîne qui séparait la Campanie du Samnium; — le mont Tifata, branche des Apennins, qui emprunte son nom actuel au village de Maddaloni.
Nommons encore, comme lieux remarquables et dignes d'être cités, le Calenus agerou champ de Calés , célèbre par ses vignobles :
il était contigu au Falernus ager, qui fournissait le meilleur vin de l'Italie et, selon les Romains , du monde entier, — et le Forum Yulcani , plaine ainsi nommée à cause du grand nombre de trous ouverts à sa surface, et d'où s'échappaient sans cesse de la fumée et des vapeurs sulfureuses (?) : c'est aujourd'hui la Solfatare. Enfiu les côtes de celte belle partie du territoire italien comptaient dans leur voisinage un certain nombre d'Iles : jEnaria, Inarime ou Pithecusa, trois noms divers employés pour désigner l'Ile qui porte aujourd'hui le nom d'Ischia ; le dernier, pris au pluriel , Pithecusœ, servait à nommer en même temps cette Ile et l'Ile voisine de iYo-
(«) Strab., v, su.
chyta (Procida); —iiesis (Nisida), entre Naples et Pouzzoles; — Limon, Euplœa, Megaris ou Megalia , trois Ilots, trois rochers, sur le dernier desquels s'élève aujourd'hui le château de l'Œuf, qui commande l'entrée du port de Naples; — Caprées ( Capri ), où l'on Toit encore les ruines de quelqu'une des douze villas que Tibère avait bâties dans cette retraite, où il cachait sesdéfiances et ses débauches ; — enfin les Jnsulœ Sirenusœ ou lies des Sirènes : c'étaient trois rochers 6itués au sud du promontoire de Sorrente; on les appelle aujourd'hui Galli.
La Campanie forme maintenant une des provinces du royaume de Naples. On la nomme Terre de Labour, Terra di Lavoro; cette dénomination est dérivée sans doute du nom antique Leborini campi, donné à une partie de la Campanie (au district situé entre Cornes et Pouzzoles), et dont il n'est pas facile de déterminer l'origine ou l'étymologie.
cannelle. (Botanique.) On nomme ainsi l'écorce aromatique d'un laurier connu sous le nom de laurier cannellier (laurus cinnamomum, Linn. ), dont on a fait la genre cinnamomum. Ce mot vient du phénicien ou hébreu kinnamone : il est mentionné déjà dans le second livre de Moïse (l) et par Hérodote (2). Suivant Strabon (3) et Plolémée (4), l'arbre qui produisait le cinnamome croissait surlacôte de l'Afrique orientale, aux environs du cap des Aromates (cap Gardafui).
Le genre de laurinées qui porte aujourd'hui ce nom se compose de deux espèces principales : !» le c. indicum (c. cassia, Fr. Neer; laurus cassia, Linn.), bel arbre qui croit sans culture dans le midi de la Chine , et dont on retire l'huile essentielle de casse; 2" le c. arotnalicum ou c. ccylanicum, qui est le laurus cinnamomum de Linné.
Celui-ci est un arbre des plus intéressants, par l'utilité qu'on retire de toutes ses parties, par les aromates précieux qu'il fournit, et les usages variés auxquels on les emploie. Il s'élève à la hauteur de cinq à six mètres; son écorce est d'un brun grisâtre à l'extérieur; l'intérieur détient d'un jaune rougeâtre. Ses feuilles sont coriaces , ovales , oblongucs ; les fleurs petites, dioïques, veloutées en dehors, jaunâtres en dedans, disposées en panicules terminales; le fruit est un drupe ovale, long d'un demi-pouce , bleuâtre , contenant une pulpe verte et onctueuse, qui enveloppe un noyau , dans lequel on trouve une amande purpurine. Le cannellier fleurit en février et en mars, et conserve sa verdure toute l'année ;