‹ Encyclopédie moderneChapitre 244 sur 308 · CENS, CENSEURS — CENTAURES · texte numérisé non relu

CENS, CENSEURS — CENTAURES

seur lui-même, exigea par une loi qu'à l'avenir un des deux censeurs fût nécessairement pris parmi les plébéiens. Il arriva quelque* fuis qu'aucun des deux censeurs n'appartenait à la caste patricienne ( 1), et on en nomma même qui n'avaient été ni consuls ni préteurs (2); mais il n'en fut plus ainsi après la seconde guerre punique , et la loi qui ordonnait de n'élever à la censure que des hommes ayant déjà passé par des honneurs publics, redevint obligatoire. — Pendautle vingt-sixième lustre, Appius Ciaudius Cancus usa du pouvoir censorial pour bouleverser l'ordre politique établi à Rome, en répandant dans toutes les tribus indistinctement la classe la Jplus infime du peuple , qu'il rendit ainsi maîtresse des comices , et en inscrivant des fils d'affranchis sur la liste du sénat ; mais, l'an 304 , Q. Fabius, censeur avec P. Decius Mus, mérita le nom de Maximua en rétablissant l'ordre ancien, et en rejetant la lie de Rome dans les quatre tribus urbaines (3). Depuis cette époque, l'histoire de la censure ne présente plus guère de faits saillants jusqu'en 185, époque a laquelle un des deux censeurs fut Caton l'Ancien. Il avait brigué la censure en prévenant le peuple romain qu'on avait besoin d'une sévère épuration et que lui , Caton, était le plus rude médecin qu'on pût choisir; aussi, exécuta-t-il fidèlement la charge qu'il avait assumée, et le peuple lui témoigna sa reconnaissance en lui dressant une statue (4).

Les censeurs qui lui succédèrent crurent mériter aussi des récompences en suivant son exemple ; mais le peuple ne tarda pas à se lasser de leur excessive sévérité; aossi les Romains prirent-ils en aversion jusqu'au nom de la censure, au point que Sjlla, pour se rendre populaire , crut devoir l'abolir (5). On la rétablit après lui, dix-sept ans plus tard ; mais elle se releva mutilée parla loi du tribun du peuple Clodius, qui ne permettait plus aux censeurs de dégrader un magistrat ou un sénateur sans que leur sentence lût appuyée d'un jugement public (fi). L'abrogation de cette loi, l'an &2, rendit à la censure une indépendance plus apparente que réelle ; car beaucoup d'éléments impurs avaient profité deson impuissance pour s'introduire dans les hautes classes, et l'épuration élait devenue trop difficile pour être tentée. La guerre civile entre Pompée et César commença ensuite, et la censure ne fut plus qu'un titre sans puissance. Les deux derniers censeurs de la république romaine furent Appius Ciaudius PulcheretCal-

(i) TU. Ltv., BpU., B9.

(*> Tit. Lhr.,XXVU,6,ll.

(3) Tit. Ut., IX, 46. ~ Val. Max., II, >,9.

(4) Plut, Jtf. Cat , 19.

(5) Ascon„ lu Divin., p. îo.

(6) Cic, in Pis., *; De Arusp, re*p.,*î. - Dlony$„ xxxvui ,i».

purnius Pison. César, après sa victoire, fut chargé par le sénat de veiller pendant trois anssor les mœurs des citoyens, et on lui donna le titre de préfet des mœurs (prxjtctus montra) (I). Plus tard , on lui confia le même soin pour toute sa vie, cette fois avec le litre de censeur (2). Il opéra le recensement d'après un nouveau mode. Après la guerre d'Antoine et d'Octave» Auguste fut investi par le sénat de la même puissance censoriale que César avait exercée. Suivant Dion Cassius (3), on lui conféra ce pouvoir pour cinq ans, et, d'après Suétone (4) , il lui fut conféré pour la vie. De là le titre de m agis ter montra, que lui donnent les Fastes consulaire*. Il fit trois recensements, l'an 29 et l'an 9 avant J.-C, et l'an 13 de l'ère chrétienne. L'an 23 avantJ.-C, le titre de censeurs avait été donné à iEmilius Lepidus et à Munatius Planais; mais cette magistrature paraît avoir été pour eux purement honorifique.

Tibère pensa que l'institution de la censure ne convenait point au temps où il vivait (5); il n'y eut donc point de censeurs sous son règne, et il en (ut de même sous ses successeurs. Claude et L. Vitellius, père de l'empereur A. Vilellius, firent pourtant un recensement du peuple (6); Vespasien et Titus en firent un autre (7), qui fut le dernier, bien que Domitien porte sur les médailles le titre de Ce.nsor Perpetuus. Suivant Censorin (8), il avait été tait soixante-cinq recensements depuis l'établissement des censeurs jusqu'au règne de Vespasien.

Au troisième siècle, l'empereur Décius, ayant formé le projet de réformer les mœurs publiques , chercha à rétablir la dignité de censeur dans la personne de Valérien (9).

Mais la corruption était trop forte pour qu'une pareille tentative pût prévaloir contre elle, et ce projet n'eut pas de suite.

Samuel Pltlscu», I.exicon Antiquitatum Routanarum, s. v. CunhoBPS, Censura, Census.

Atkiuj, Antiquités Homatnes; trad. française. t 1, page 187-198 , Parla, 1818.

Rovcrs , de censorum apud Romanos auctaritatt et exittimatione ; Tral. ad Rhenum , is«, *\

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