‹ Encyclopédie moderneChapitre 243 sur 308 · Plut-, M. Cat · texte numérisé non relu

Plut-, M. Cat

(13) Oc, Pro Cluent., 48, 43. 45.

raie : on s'en relevait facilement, et leur influence sur l'opinion était presque nulle.

La revue, ou, pour parler plus exactement, l'épuration du sénat , se faisait dans un des temples où il avait coutume de s'assembler.

Dans l'origine un des censeurs lisait à haute voix la liste des sénateurs, nommant aussi les exclus et proclamant les motifs de leur exclusion (i). Plus tard, on se contenta d'inscrire le blâme censorial au-dessous des nomsrayés, et de lire la liste en omettant ces noms (2). Dans l'ancienne république, la revue des chevaliers se faisait avec uue pompe toute militaire. Elle avait lieu pendant la belle saison, aux ides du moisQuintilis, qui, plus tard, devint le mois de juillet. Chaque chevalier, appelé par un héraut ou crieur public, passait devant les censeurs menant par la bride son cheval, sans housse et sans selle, afin qu'on pût bien constater dans quel état il se trouvait. Si les censeurs n'avaient aucun reproche àfaîre, ils invitaient le chevalier à passer outre, en lui disant : « Emmène ton cheval (3). » Dans le cas contraire, ils consultaient leurs notes, provoquaient les dépositions des assistants ou 'recevaient leurs accusations spontanées, interrogeaient le chevalier lui-même, et, lorsque ses réponses n'étaient pas satisfaisantes, ils lui appliquaient les peines de flétrissure et de dégradation. La revue du peuple avait lieu dans la Villa Publica. Chaque citoyen apportait sur lui-même, sur sa famille, sur ses biens, les renseignements exigés, et apprenait de la bouche des censeurs quelle était la tribu dans laquelle il devait désormais prendre rang. A l'époque du cens, les municipes el les colonies, dans les provinces, faisaient exécuter la même opération. Dans un espace de soixante jours pour tout délai, les magistrats devaient en envoyer le résultat consigné dans des registres. Uue députalion spéciale les apportait à Rome et les remettait aux censeurs, quilesdéposaientdaus le lieu où étaieut conservées les tables du cens, c'est à-dire au Tabularium du peuple. Les archives étaient gardées dans le temple des Nymphes (4),e(, suivant quelques histuriens,ces monuments furent conservés avec soin (5). Les censeurs remettaient aussi au trésor la liste des particuliers dont ils avaient fait des contribuables (6). En quittant leurs fonctions, les censeurs juraient que leur conduite avait été conforme au serment qu'ils avaient fait en entrant en charge, c'està-dire qu'ils avaient agi sans haine, jugé sans

(1) Clc., De Senect., «. - Tit. Liv., XXXIX, 4S. - VaL Ma*., il. 9, s. Plut., Flamin., 19; M. Cat., 17.

(«) Clc, Pro dorn., Sa. - Ut., XXVII, 11 ; XXXIV, **;XXXVlII,i$.

13) Clc, Pro CluenL y 48. - Val, Max., IV, i. io.

(4) Clc, Pro MtL, XI.

(«) Dtonys., 1, 7V.

(«;Ttt.LW.,XXlX, 87

CENS , CENSEURS 634

prévention, administré avec probité. Enfin, et c'était la dernière cérémonie qu'ils eussent à accomplir, un des deux censeurs, désigné par le sort, offrait un sacrifice expiatoire ou de purification. On immolait une truie, un mouton et un taureau, après les avoir conduits autour de l'enceinte où le peuple était réuni, et on appelait ce sacrifice lustral suovetaurilia. Accomplir la cérémonie elle-même s'appelait conderc luslrum (1), clore le lustre, et de là celle expression de lustre, employée encore aujourd'hui pour désigner un espace de cinq ans.

Pourtant on peut dire qu'une même censure remplit bien rarement cet espace de cinq années. Quand cette magistrature fut instituée, comme nous l'avons dit, l'an 442 avant notre ère, on avait assigné celte durée

aux nouvelles fonctions. Papirius Mugillauus ainsi que sou collègue Sempronius Atratinus , les premiers censeurs, exercèrent leur charge jusqu'à l'époque fixée. Mais dès la censure suivante, le dictateur Mamercus, voyant déjà poindre le danger d'uue puissance aussi excessive, réduisit la durée de cette charge à dixhuit mois, et en fut puni, comme on l'a vu plus haut, par les censeurs Furius Pacilus et Geganius Maccrinus. Néanmoins les censeurs ne restèrent plus dès lors en fonctions qu'un an et demi; puis il se passait trois ans et demi, ou tout au inoins deux et demi, pendant lesquels celte magistrature demeurait vacante. Si l'un des censeurs mourait dans l'exercice de ses fonctions, on ne le remplaçait pas, et son collègue devait abdiquer (2). Celte coutume venait de ce queC. Juliuslulus étant mort pendant sa censure et ayant été remplacé par Cornélius Mahigincnsis, Rome, pendant ce lustre, était tombée au pouvoir des Gaulois ; ou aurait donc regardé comme le plus mauvais présage de rappelerdes circonstances pareilles à celles dans lesquelles s'était produit un si triste événement ( 3 ). Lorsque les tribuns du peuple eurent enfin compris toute l'importance de la censure , ils exigèrent qu'elle fût accessible aux plébéiens : C. Marlius Rutilus fut le premier de celte caste admis aux honneurs d'une telle magistrature, l'an 351 av. J.-C. Ce même Rulilus fut surnommé Censorinus pour avoir défendu par une loi que le même citoyen exerçât deux fois la censure et avoir refusé lui-même une seconde nomination qui lui était offerte (4).

— Plus tard, la faculbi . d'arriver à la censure ne suffit plus à l'humeur envahissante de l'opposition populaire, et, en 338, le dictateur Publilius Philon , qui fut depuis cen-

(1) Tit.l.lv., XL, W.

(«J Tit. Uv.,XXIV. 4 ; XXVII, «,- Plut., L.Hom., 10. (8) Tit. liv., V 81 ; VI, «.

f4) Val. Max.. IV. l.

Page 1