N. DES V
cérès. ( Mythologie. ) La divinité qui présidait aux productions de la terre portait chez les Grecs, le nom de Déméter, At)u.y)tt)p; elle fut identifiée à la déesse latine Cérès, qui avait avec elle une fort grande analogie d'attributs et de caractères, et à l'époque de la fusion des cultes hellénique et romain, le nom de Cérès fut étendu à la déesse grecque et finit par prévaloir.
Le culte de Déméter n'était, dans le principe, que celui de la Terre, invoquée comme la mère et la nourrice de tous les êtres. Cette terre-mère, Yîj-u,rVr7}p, dont le nom fut altéré plus tard en celui de Déméter, A>ip.frmp , était encore adorée sous sa forme antique dans certaines localités. A Phlionte, au temps de Pausanias, la Terre continuait à recevoir le nom de Grande Déesse. A Olympie, comme à Delphes, avait existé très-anciennement un oracle de la Terre. Dans la pre-
(tl ^ oyez ta Bibliographie ci-jointe.
W Tit. Llv., XXII, l.-Val. Max., I, VI, 5,-Strab.,
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mière.de ces villes était un lien qui avait conservé le nom de Gaios, Tatoc, et où no autel tait de cendre était consacré à la déesse. Le temple de Déméter, aux Thermopyles, était d'origine pélasgique , et on en faisait remonter la fondation à Acrisius. Cette origine pélasgique de la déesse était également rappelée par le surnom de Pélasgide, UcAouryfç qu'elle recevait parfois. En Arcadie, son culte s'était conservé avec un caractère tout pélasgique. Déméter était surnommée la Noire , MeXa(vT), épithète qui convient tout à fait à la Terre, dont la personnification était évidente dans les fables que Ton débitait sur le compte de cette déesse. A Athènes, le surnom de Chloé XX6i), donné à Déméter, dénotait également son caractère primordial , de même que celui de Courotrophos , Kovporpapoç, convenait à la Terre considérée comme nourricière des êtres.
Dans la mythologie grecque, cette Déméter fut regardée, ainsi que la plupart des grandes divinités de l'Olympe , comme fille de Crouos et de Rhéa ; elle partagea le sort des enfants du dieu cruel (Voy. Saturne). Elle devint mère à son tour, et eut de ses diverses unions avec des dieux de nombreux enfants, entre lesquels il faut citer Persépbone ou Proserpine, que lui donna Jupiter, Despœna et le cheval Arion, dont Je père était Neptune. Ces enfants ne sont que l'expression des idées allégoriques qui s'attachèrent à la Terre personnifiée dans Déméter. Dans le mythe fort étendu de Cérès et de sa fille Proserpine, il faut reconnaître , sous le voile du symbole, les différentes phases du phénomène de la végétation. La graine confiée au sol, ou, si l'on veut , la force végétative, était emportée sous terre, dans l'empire d'Hadès ou de Pluton , ou elle devait résider longtemps avant de revenir à la lumière , c'est-àdire avant de se développer sous la forme d'une plante ou d'un arbre.
La pompe dont était entouré, à Mégare et à Éleusis, le culte de Déméter et de Proserpine , les cérémonies ou mystères qui s'accomplissaient en leur honneur, acquirent à ces déesses une extrême popularité. Peu à peu la légende de l'enlèvement de Proserpine, chantée par les poètes (voy. les Hymnes d'Homère et de Calllmaqueà Cérès), reproduite par les arts plastiques, fut répandue dans tout le monde ancien. Chacun des sanctuaires où ces grandes déesses furent adorées prétendit à l'honneur d'avoir été le théâtre de leurs aventures. C'est ainsi que les bords du Céphise, en Attique, que la Crète, P Arcadie, Rysa , en Asie, et la Sicile furent regardées comme ayant été le lieu de l'enlèvement de Proserpine.
Dans les solennités que les Grecs désignaient sous le nom de mystères on re-