CHAMP DE MARS
; sous un soleil ardent sa large pelouse, maintenue toujours verte par la fraîcheur du terrain , et dont un tiers de la superficie disparaissait sous le marbre de nombreux monuments publics, tous élégants, riches et magnifiques. On y comptait vingt-deux temples, un cirque, un théâtre, uu amphithéâtre, ueul portiques pour la promenade. D'an côté, le cirque Flaminius élevait ses étages de colonnes et d'arcades; de l'autre, le Panthéon, construit par Agrippa, arrondissait élégamment sa merveilleuse coupole, toute brillante de l'airain qui la couvrait. Ailleurs le mausolée construit par Auguste pour lui et sa famille appelait les regards par sa masse imposante couverte jusqu'au sommet d'une sombre verdure. A côté de ce monument funéraire, c'était le Bustum , c'est-à-dire l'endroit où l'on brûlait le corps des empereurs lorsque la mort les plaçait au rang des Dieux. Ce grand obélisque, monolithe en granit rose de vingtdeux mètres de haut, élevé sur un piédestal de même matière, c'était le gnomon , destiné à marquer les heures du jour et la longueur comparative des jours et des nuits. Plus loin la Villa publica, grand et somptueux édifice, servait au logement des ambassadeurs étrangers, et les Septa Julia, immenses portiques destinés aux assemblées populaires, s'ouvraient aux tribus et aux centuries quand elles étaient appelées à se réunir pour quelque vote solennel. Ailleurs, c'étaient le théâtre de Marcellus et celui de Pompée, dont la magnificence était proverbiale; c'était le portique d'Octavie , et l'hécatonstyie ou portique aus cent colonnes ; c'étaient les hautes arcades rie l'aqueduc de VAqua Claudia ; c'étaient las thermes d'Agrippa.
Plus tard, à ces monuments vinrent s'ajouter les Thermes d'Alexandre Sévère, bâtis par Néron , et augmentés par l'empereur dont ils ont gardé le nom; les basiliques élevées par la sœur et la nièce de Trajan, le cirque Agonal, la colonne Antonine, le portique d'Europe, un arc de triomphe élevé en Tlionneur de Gratien, Valentinien et Théodose. Çà et là, des masses de verdure, ici, les vastes jardins d'Agrippa , là, des lucm ou bois sacrés, olfraient aux promeneurs U fraîcheur de l'ombre. Enfin , le long de la voie Flaminia, qui traversait le Champ de Mars dans sa partie orientale, et entrait dans la ville par la porte Ratumène, tout aussi bien que le long de la voie Triomphale, qui le traversait de la porte Triomphale au pont du Vatican, s'élevaient les tombeaux des personnages illustres et les statues que César avait fait enlever del'Aréa du Capitole, trop encombré par ce peuple de marbre et de bronze.
L'espace qui s'étendait entre tous ces monuments, et qui formait une plaine couverte