CHAUFFEURS
on lui fait indiquer du doigt tous ceux qu'il reconnaît. On renouvelle l'opération dans les villes voisines et l'on s'empare de la sorte de cent dix de ces brigands. Ils comparurent devant le jury, à Chartres, et la plupart furent condamnés à mort. Ces misérables avaient leurs repaires dans les carrières de la forêt, d'où avaient été tirées les pierres qui ont servi à bâtir la cathédrale de cette ville. Aussi après leur condamnation l'entrée des carrières de la forêt d'Orgères fut-elle murée.
chaume. ( Botanique. ) Calamus. C'est le nom que Ton donne à la tige des graminées.
Cette tige est un tube allongé, creux, cylindrique, ordinairement simple, rempli d'une substance plus ou moins dense et entremêlée de filets ligneux très-fins, lesquels sont euxmêmes composés de fibres encore plus délicates. On la confond souvent avec le chalumeau, mot destiné à désigner la prétendue tige des cypéracée*. Le chaume ne se divise point ; il porte un seul épi, et est entrecoupé de dis» tance en distance par des nœuds saillants et durs, d'où parient des feuilles longues, étroites, terminées en pointe et engainantes à leur base.
Dans le langage agricole, on appelle chaume la racine et la partie inférieure du véritable chaume, qui reste encore quelque temps sur pied après que les blés ont été coupés.
On remploie de diverses manières; les uns l'arrachent pour le brûler dans la maisou ; les autres pour le faire pourrir dans les étables ou bergeries ; quelques-uns le réduisent en cendres surplace; d'autres enfin l'enterrent par un coup de charrue. Cette dernière méthode est la meilleure : outre que le chaume est encore rempli de tous les principes constituant de la végétation, et qu'il est propre à fournir plus d'humus, on détruit ainsi beaucoup de mauvaises herbes dont les graines ne sont pas encore mûres. X.
chausse-trape. ( Art militaire:) Sorte d'arme défensive composée de quatre pointes de fer, longues d'environ quatre pouces , disposées de manière que trois portent à terre et que la quatrième soit toujours en l'air. Cette arme, dont l'usage est aujourd'hui abandonné, était employée comme obstacle : on en parsemait les avenues des retranchements; on en répandait dans les défilés où la cavalerie devait passer , dans les gués des rivières à faible courant. On lit dans Mézerai qu'en 1407 les assassins du duc d'Orléans jetèrent derrière eux des chausse-trapes pour empêcher qu'on ne les poursuivit. En 1422 , au siège d'Orléans, Jeanne d'Arc fut blessée par une chausse-trape. Louis XI avait fait semer plus de dix-huit mille chausse-trapes sur les avenues de son château de Plessis-les-Tours.
chaux. Voyez les articles Calcaire, Calcium et Mortiers.
— CHÉRUBIN 682 chérubin. (Théologie.) Esprit céleste, ange du second ordre de la première hiéarchie. Les commentateurs ne sont pas d'accord sur la vraie signification assignée à ce mot par son élymologie ; les uns le font venir de la langue des Égyptiens, et prétendent que ceux-ci appelaient cheroub une figure symbolique, couverte d'yeux et pourvue d'ailes, qu'ils regardaient comme un emblème de la religion et de la piété ; d'autres y reconnaissent un mot hébreu qui signifiait, selon plusieurs fort et puissant, selon d'autres comme des enfants, et qui, d'après une autre opinion encore, était un simple substantif voulant dire nuage, de façon que le trône du Tout-Puissant, représenté comme assis sur les chérubins, était un siège formé de nuages assemblés. Un dernier avis enfin veut que le mot héhreu vienne du chaldéen charab, laboureur ou graveur, et que les chérubins ne soient autre chose que des formes de fantaisie, des représentations tout à fait idéales, destinées sans doute à symboliser quelqu'une des qualités divines.
Cette incertitude a rejailli sur les œuvres de l'art, et l'on n'est pas plus d'accord sur la figure du chérubin que sur la signification de leur nom. Moise, dit l'Écriture, avait mis l'arche , dans le sauctuaire , à l'abri sous les ailes des chérubins, et, selon Josèphe (I), ces chérubins étaient des animaux ailés qui n'approchaient d'aucune forme qui nous soit familière ou même connue. Ézéchiel parle de chérubins qui avaient la figure de l'homme, du bœuf, du lion, de l'aigle; mais il ne dit pas si chacun ressemblait isolément à l'une de ces créatures du monde terrestre , ou si leur forme commune était un assemblage monstrueux de ces diverses formes. Saint Jean (2) nomme les chérubins des animaux, sans dire de quelle espèoe d'animaux il entend parler.
Les chérubins placés à l'entrée du paradis après qu'Adam et Ève en eurent été expulsés ont fourni matière aussi à plus d'une discussion , les uns y voyant un mur de feu , d'autres une nuée mêlée de flammes , d'autres une figure effrayante et terrible, d'autres un ange à figure humaine , armé d'une épée flamboyante.
Quoi qu'il en soit, l'usage a prévalu de représenter les chérubins sous la forme d'une tête d'enfant soutenue par des ailes ; ces ailes sont rouges ou couleur de feu. La tête sans corps et les ailes qui la portent symbolisent l'intelligence et la célérité que les esprits célestes mettent au service de Dieu ; la couleur des ailes exprime l'amour divin dont ils sont enflammés. Celte représentation a été si complètement adoptée qu'on l'a consacrée à l'ornement des clefs de
(l) Antiq. Jud.. 1. III, c. 6.
(1) Apocal. \c.k.