CHAUFFEURS
nés concierges. Ces officiers recevaient directement les instructions et les ordres du roi. Plus tard on appela châtelains , les seigneurs possédant un château entouré de fortifications et dont la terre, érigée en cttdtellenie, conférait le droit de justice. Au quatorzième siècle , quand le titre de baron cessa d'être attribué exclusivement aux grands feudataires de la couronne, on le donna aux gentilshommes qui possédaient quatre cliàtellentes relevant d'un duc et d'un comte. Dans la hiérarchie féodale les châtelains prenaient rang après les barons. G»
chauffeurs. (Histoire.) On a appelé ainsi une troupe de brigands qui, à la faveur des troubles qui agitèrent la France à la Ou du siècle dernier et au commencement de celuici , désolèrent, de la manière la plus affreuse, les départements du midi et de l'ouest. Ces brigands ne reculaient devant aucun crime : le vol, le pillage, le meurtre, le viol, l'incendie ne les effrayaient pas. Le visage couvert d'un masque, ils s'introduisaient dans les maisons, garrottaient les hommes, épouvantaient les femmes par des menaces et leur exposaient la plante des pieds au feu pour les obliger à révéler le lieu où étaient leur argent et leurs objets précieux. Ces horribles tortures avaient fait donner à ces brigands le nom de chauffeurs.
Leurs bandes formidables se composaient de vagabonds de toute espèce, de déserteurs, de malfaiteurs expérimentés et hardis. Le Directoire ne prit contre eux que des mesures insuffisantes; lorsqu'on saisissait quelques chauffeurs, les juges devant lesquels on le. j traînait étaient tellement dominés par U crainte qu'ils n'osaient les condamner. Pourtant on était parvenu à les faire disparaître sur quelques points, lorsque Bonaparte, devenu premier consul, fit agir la force publique avec énergie ; et bientôt ces brigands, que les uns prétendaient excités par les royalistes, les autres soudoyés par l'Angleterre, furent anéantis. La manière dont un de leurs repaires fut découvert mérite d'être rapportée.
Deux gendarmes à cheval côtoyaient la forêt d'Orgères, située à dix lieues de Chartres : l'un d'eux, pénétrant un peu dans le taillis, aperçut un enfant d'une dizaine d'années, singulièrement accoutré et qui vint à sa rencontre en lui demandant du pain. Le gendarme le fit monter en croupe et l'emmena dans une auberge voisine. Après avoir apaisé sa faim, l'enfant s'empare d'un couvert d'argent, d'un couteau et de divers autres objets qu'il ramasse sans essayer de les cacher. Interrogé sur les motifs de sa conduite, il répondit naïvement que ces objets lui plaisaient et que sa mère en recevait souvent de semblables de son père. C'en est assez. L'enfant, ayant été travesti, est conduit dans un marché où