CHESTER
quable, dont l'arche unique a soixante mètres d'ouverture On n'y peut guère citer, eu fait de monuments publics, que la cathédrale et In halle, où se tiennent les foires les plus considérables de l'Angleterre. C'est là que se vendent ces fameux fromages dont uous avons parlé plus haut , ainsi que les produits naturels ou manufacturés de la ville et du comté. Les exportations se font, tant parla Dee, qui peut recevoir à Chester de» bâtiments de trois» cent soixante tonneaux , que par divers cannait x, dont l'un vaaNantwich, et dont un autre communique avec Liverpool. La ville de Chester est le siège d'un évôché ; elle renferme uue population de 21,000 habitants et envoie deux députés au parlement.
chevalerie (ordres de). (Histoire.) L'institution de la chevalerie avait jeté un vif éclat dans la période sombre et sanglante du moyeu âge, et V Encyclopédie nouvelle a montré déjà, dans un article spécial, quelle lut la part glorieuse qui échut aux chevaliers dans le grand épisode des croisades ( voyez Cuevaleiue). La conquête de la terre sainte donna naissance à plusieurs ordres religieux et militaire*. Tous procédaient également du zèle pieux de ces guerriers chrétiens et de la haine qu'ils avaient vouée au mahométisiue; le but était encore le même pour tous : conquérir les lieux saints et le sépulcre de Jésus- Christ ; se maintenir dans les villes enlevées aux infidèles ; s'opposer aux progrès des armes ennemies; protéger les pèlerins; combattre à outrance et partout, sur terre comme sur mer, la race abhorrée des Sarrasins et délivrer les captifs tombés entre leurs mains. Dans le prin cipe, les ordres de chevalerie étaient à la fois religieux et militaires, et les chevaliers se vouaient au triomphe de la chrétienté par la prière comme par l'épée; mais quand les malheurs du temps eureut fait éprouver de cruels revers aux armes européennes, les ordres exclusivement religieux devinrent de plus utiles intermédiaires pour le rachat des captifs, et ce que ne pouvait plus faire la valeur du guerrier fut abandonné à la charité des chrétiens. A l'époque où les ordres religieux et militaires avaient à supporter les rudes fatigues d'une guerre acharnée et sans trêve , sous les murs de Ptolémaïs, de Rhodes ou de Malte, ce n'était pas seulement par esprit de piété que les chevaliers prononçaient des vœux, c'était eucore pour être mieux en mesure de satisfaire à toutes les exigences de leur vocation : en renonçant aux passions et aux plaisirs du monde, aux soins et aux joies de la famille, ces pieux guerriers se vouaient exclusivement et saus esprit de retour à la défense de la religion, à la protection des pèlerins, au rachat des captifs et à l'ex termina -
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tion des ennemis de leur foi. Plus tard, les changements survenus dans les rapports de l'Europe chrétienne avec les nations mahomélanes vinrent modifier profondément le but, les formes et les statuts des ordres de chevalerie. L'organisalioo des troupes soldées et régulières acheva de ruiner le prestige des milices religieuses ; enlin l'action de la nouvelle diplomatie et les capitulations avec la Porte Ottomane leur portèrent le dernier coup. L'ordre de Malte survécut seul, avec son esprit et ses statuts, grâce à sa puissante organisation et à la possession d'une Ile hérissée de fortilications redoutables, et placée comme une sentinelle avancée devant les cotes inhospitalières où les forbans africains avaient leurs repaires. Quant aux autres ordres de chevalerie, ils dépouillèrent insensiblement leur double caractère pour devenir, les uns exclusivement religieux, les autres purement militaires, politiques ou même civils. Cette transformation produisit un grand relâchement dans les statuts de la chevalerie, et la cour de Rome dut intervenir pour accorder aux nouveaux chevaliers des dispenses de célibat, de pauvreté, de pèleriuage et autres que les mœurs du temps rendaient ou trop onéreux ou superllusou même impossibles; quelques ordres cependant conservèrent jusqu'à la (in du dix-huitième siècle une certaine fidélité à leurs anciens rites. Cependant les nouvelles monarchies issues des grands traités européens cherchèrent à se douuer de l'éclat, en même temps qu'elles se procuraieut des moyens d'action et d'influence, en créant des ordres dechevalerie, auxquels était attaché le droit de porter des bijoux et des rubans appelées décorations, signes extérieurs qui remplaçaient l'ancien costume des chevaliers. C'est aussi dans l'Orient que l'usage des décorations a pris naissance : les ordres' religieux et militaires avaient coutume de se distinguer les uns des autres par la couleur et la forme des croix brodées sur leurs manteaux ; c'est ainsi que les chevaliers du Saint-Sépulcre portaient la croix rouge; ceux de Saint-Jean de Jérusalem la portaient WancAejelle était verte pour l'ordre de Saiut-Lazare, et noire pour l'ordre Teutonique.
La valeur militaire ne fut pas en possession exclusive de cette 6orte de récompense, et on vit enfin paraître les ordres de chevalerie pour le mérite civil, institution digne des progrès de la civilisation : ceux qui mettent au service de leur pays le dévouement du courage civil, les nobles qualités du génie, les utiles et péhles travaux de l'élude et de la science, ceuxlà méritent bien à tous égards de recevoir leur part des couronnes que la patrie reconnais* saute décerne à ses plus dignes enfants.
Malheureusement on abusa bientôt, et
partout, de ce genre de récompense; mais est-ce un motif pour dénigrer le principe de l'institution ? En toutes choses, il faut faire la part des faiblesses de l'homme et de l'imperfection inhérente à ses œuvres. S'il y avait dans le cœur humain plus de sagesse, de désintéressement et de modestie, les ordres de chevalerie ne seraient conférés qu'au mérite, et on ne verrait pas l'intrigue et la bassesse les réclamer effrontément, et quelquefois avec succès. Les gouvernements se défendent autant qu'ils le peuvent; mais ils ne sont pas toujours assez forts pour se soustraire aux influences qui pèsent sur eux. Dans les pays fréquemment remués par les troubles politiques, chaque administration nouvelle a des services nouveaux à récompenser; de là une certaine prodigalité dans la distribution des ordres de chevalerie. On a proposé diverses mesures dans le but d'arrêter ces abus qui tendent à déconsidérer ces belles institutions ; mais généralement la difficulté d'appliquer ces mesures sans gêner l'action salutaire du pouvoir exécutif, et sans amoindrir sa dignité, les a rendues illusoires ou dangereuses : le mieux est de s'en rapporter à la sagesse des gouvernements intéressés à maintenir l'éclat et la valeur de ces récompenses. Au surplus, quand les ordres de chevalerie subissent les abus de la vénalité ou d'une prodigalité sans bornes, l'opinion publique sait en faire justice , et les gouvernements reçoivent le contre-coup de cette impulsion; c'est ainsi que, par décision du 7 avril 1785, le roi de France défendit à ses sujets d'accepter et de porter l'ordre américain de Cincinnatus ; que, par décision du 23 avril 1821, le gouvernement français suspendit indéOniment toute autorisation d'accepter et de porter V Éperon d'or de Rome et le Phénix d'Hohenlohe. Ces défenses furent renouvelées et développées dans les instructions annexées à l'ordonnance du roi du 16 avril 1824. Après avoir rappelé que les seuls ordres royaux alors avoués étaient ceux : l 9 du Saint-Esprit, 2" de Saint-Michel, 3° de Saint-Louis, 4° du Mérite militaire, 5 e de la légion d'honneur t 6° de Saint- Lazare et de N. D. du Mont- Carmel réunis, les instructions de 1824 ajoutent : « Tous autres prétendus ordres « qui se qualifient de français, tels que ceux « de Saint-George de Franche-Comté ; « Saint- Hubertdcs Ardennes, de Lorraine « et du Harrois ; du Saint -Sépulcre de Jéru- « salent, et tous autres sous quelque titre ou « dénomination que ce soit , donnés par des «commissions, chapitres, corporations, « associations, confréries, archiconj "réries, « prétendus grands maîtres ou leurs délè- « gués, gouverneurs ou administrateurs