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LE RIE

« généraux, etc., sont déclarés abolis, consé- « quemment nuls, illégaux, abusifs, et ceux « qui ne les quitteront point à l'instant sont « passibles des peines portées par l'article

« 259 du code pénal l'ordre de Malle

« est, parmi les ordres étrangers, celui dont « on a le plus abusé. Beaucoup d'individus « l'ont pris en vertu, disent-iû, d'un droit « héréditaire dans leur famille, d'autres « comme cadets de maison ; ceux-là l'ont « reçu d'une commission ; ceux-ci le tiennent « d'un lieutenant du magistère, non encore re- « connu par le gouvernement du roi. D'après « les termes de l'ordonnance, des titres de

« celte nature ne peuvent être accueillis

« Sa Majesté, par une décision du 16 avril « dernier, a prescrit qu'aucun militaire, depuis « le grade de colonel inclusivement et au- « dessous, ou tout fonctionnaire dans l'ordre « civil d'un rang analogue aux grades mili- « taires dont il vient d'être parlé , ne puisse « porter un grand cordon ou une plaque; « ces distinctions sont exclusivement réservées « aux officiers généraux ou aux fonction naia res civils d'un rang correspondant. »

Saisissant le prétexte que leur fournissaient les abus de ce genre, quelques esprits envieux ou égarés n'ont pas manqué de dire que les ordres de chevalerie n'étaient queues hochets, et que c'était par des hochets que les hommes se laissaient conduire. Convenons, sans nous laisser tromper par ces déclamations intéressées, que les hommes qui ont versé du sang pour leur pays, ou qui ont dépensé à son profit les trésors de leur intelligence, et qui se trouvent suffisamment récompensés par un signe extérieur capable de flatter leur amour-propre en parlant aux yeux de la multitude, agissent encore plus sagement et plus noblement que les mercenaires, que les officiers de fortune qui vendent Kur corps et leur âme pour un peu d'or. Les souverains qui ont institué des ordres de chevalerie pour récompenser la valeur, la vertu, les talents ont justement pensé que ceux-là eu étaient seuls digues qui nourrissaient dans leur âme plus d'amour-propre que de vénalité, et attachaient du prix à porter ces distinctions extérieures qui , en témoignant des belles et bonnes actions, disent à la multitude que celui qui eu est revêtu est digne de son respect.

Pour compléter ce qui a été dit dans les articles de cette Encyclopédie consacrés spécialement à quelques ordres de chevalerie, nous allons présenter une esquisse historique de tous les ordres institués depuis le onzième siècle, même en dehors de la chrétienté, et en appelant chaque pays dans l'ordre alphabétique.

amui.t-Dessau, Anh ai.t-Bernbourc, Aimai*

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Corthen. Les princes souverains des maisons ducales d'Anhalt ont institué collectivement, le 18 novembre 1836, un ordre de chevalerie pour remplacer, ou plutôt pour rappeler l'ancien ordre A Albert Y Ours, fondé vers la fin du quatorzième siècle par le priuce Sigismond l ,r . C'est l'alné de ces princes qui en est le grand maître.

Ordre d'Albert l'Ours. 11 a pour objet de récompenser les services civils et militaires, et compte trois classes : les grands-croix , les commandeurs et les chevaliers. Sa devise est : « Crains Dieu et suis ses commandements * (en allemand). Le bijou de l'ordre est une médaille dont le champ représente un ours portant une couronne ducale et un collier, passant sur un mur crénelé; ce sont les anciennes armes de la famille des Behringer. Au revers les mêmes armes et la légende : «Albert l'Ours, 1 1 23 à 1170 » (en allemand). Le ruban est vert avec deux larges raies ponceau.

Autriche. On compte sept Ordres de chevalerie en Autriche :

1°Z« Toison d'or. Cet ordre, l'un des plus illustres de la chrétienté, lut fondé à Bruges le 10 janvier 1430 par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, à l'occasion de son mariage avec l'Infante Isabelle de Portugal, fille du roi Jean I er . L'ordre fut placé sous la protection de saint André. Le nombre des chevaliers n'était primitivement que de 24, mais le 7 novembre suivant il fut porté à 30, non compris le duc, qui s'en réserva la grande maîtrise pour lui et ses successeurs. L'ordre fut approuvé en 1433 par le pape Eugène IV.

En 1477, à la mort de Charles le Téméraire, la grande maîtrise passa à la maison de Habsbourg du chef de la fille unique de ce prince, qui avait épousé l'archiduc Maximilien d'Autriche, depuis empereur. Charles-Quint accorda à l'ordre une protection particulière ; il m fit sanctionner les statuts par le pape Léon X, et, en l'année 1516, il porta le nombre des chevaliers de trente à cinquante.

A l'époque de l'abdication de ce prince, les deux lignes espagnole et autrichienne de la maison de Habsbourg restèrent en possession de la grande maîtrise de l'ordre, et continuèrent Tune et l'autre à faire des chevaliers de la Toison d'or. Cependant la ligne espagnole s'étant éteinte en 1700, la maison d'Autriche éleva la prétention de garder seule la grande maîtrise; mais Philippe V ne voulut pas s'en dessaisir, r nfin les deux couronnes d'Espagne et d'Aut.iche se mirent d'accord sur ce point, et il fut convenu que la maison espagnole conserverait une grande maîtrise de l'ordre, mais à la condition d'en changer les devises. Depuis ce moment, l'ordre de la Toison d'or appartient à la fois à l'Espagne et

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à l'Autriche, mais ces deux puissances ne

le confèrent qu'avec une très- grande réserve, et uniquement aux souverains, aux princes des familles régnantes, aux fonctionnaires de l'ordre le plus élevé ou aux membres les plus illustres de la noblesse.

Les insignes de l'ordre consistaient, dans le priucipe, en un manteau de drap, que Charles le Téméraire remplaça en 1473 par un manteau de velours cramoisi , doublé de satin blanc, avec une bordure en or; en un grand collier composé de doubles briquets ou fusils, et de cailloux d'où sortent des étincelles et des flammes, et auquel est suspendue une Toison d'or. Les devises de la maison de Bourgogne, retenues par la maison d'Autriche sont : Ante ferit quam flamma micet. — Prelium non vile laborwn. Les chevaliers peuvent encore porter la toison suspendue à un ruban rouge passé autour du cou.

2° Ordre de la Croix ctoilée, institué en 1658 par l'impératrice Éléonore deGonzague, pour les dames de la haute noblesse, à l'occasion d'un incendie dans lequel avait disparu une relique contenant un morceau de la vraie croix , et qui fut retrouvée intacte quelques jours après. La décoration se porte sur le sein gauche , attachée à un ruban noir en forme de rosette.

3» Ordre inili faire de Marie-Thérèse, fondé par l'imp ralrice Marie-Thérèse à l'occasion de la bataille de Kollin, gagnée le 18 juin 1757 par les Impériaux sur les Prussiens. Les statuts publiés le 12 décembre 1758 ont été changés ou modiliés par l'empereur François 1 er , le 12 décembre 1810. L'ordre compte trois classes, et des pensions sont affectées aux plus anciens membres, depuis 400 jusqu'à 1,500 florins. Les membres de l'ordre peuvent, en outre, recevoir des lettres de noblesse héréditaire et le titre de baron , sans payer aucune taxe. Le bijou est une croix d'or pattée, émaillée de blanc; au centre le chiffre de Marie-Thérèse et la devise de l'ordre : Fortitudini. Le ruban est blanc bordé de deux bandes rouges. Les grands-croix portent la décoration suspendue à un large ruban en écharpe de droite à gauche, et la plaque; les commandeurs la portent en sautoir, et les chevaliers à la boutonnière.

4° Ordre de Saint- É tienne , institué par l'impératrice Marie-Thérèse en 1764. La dignité de grand maître de cet ordre est affectée à perpétuité à la couronne de Hongrie. La condition essentielle pour obtenir l'admission dans l'ordre est d'être noble. Des trois classes dont il se compose , les deux premières ne sout accessibles qu'à la plus haute noblesse ; la petite noblesse peut être admise dans la troisième classe. Le bijou est une

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croix pattée, émaillée de vert et bordée d'or ; au centre unécu de gueules chargé de la croix de Hongrie surmontée d'une croix patriarcale. La devise est Publicum mer i forum prœmium. On voit, en outre, au revers de l'écusson central de la croix , la légende STO. ST. RI. AP. ce qui signifie Sancto Slephano Régi Apostolo. Le ruban de Tordre est rouge, bordé de deux raies vertes.

Les grands-croix, commandeurs et chevaliers portent les insignes de Tordre comme les membres de Tordre précédent. Les jours de cérémonie, ils portent, en outre, le grand collier de Tordre.

5" Ordre de Léopold. Cet ordre, institué le 8 janvier 1808 par l'empereur François I er , est, en quelque sorte, le correctif du précédent : il est destiné à récompenser tous les talents militaires et civils, sans égard à la naissance. Comme les précédents, il compte trois classes, qui portent de la même manière les insignes de Tordre. Le bijou est une croix à huit pointes; le ruban est rouge liseré de bleu.

La devise est : Integritati etmerito. — Opes regum corda subditorum. L'ordre de Léopold donne la noblesse héréditaire.

6° Ordre d' Élisabel h- Thérèse , fondé en 1750 par l'impératrice Élisabelh-Chri8tine, veuve de Charles VI, et réformé le 16 novembre 1771 par l'impératrice Marie-Thérèse; de là son nom d' Élisabeth-Thértee.

La devise est : Maria Theresia parentis graliam perennem voluit. Le bijou est une étoile d'or à huit rayous blancs, surmonlée de la couronne impériale; les chevaliers le portent à la boutonnière, attaché à un ruban noir. L'ordre n'a qu'une classe.

7° Ordre de la Couronne de fer, fondé par Tempereur Napoléon l* r , le 5 juin 1805 , incorporé aux ordres autrichiens le 12 février 1816. Cet ordre compte trois classes, savoir : 20 grands-croix, 30 commandeurs et 50 chevaliers. Le bijou représente la couronne de fer des rois Lombards, surmontée de Taigle à deux têtes. Le ruban est jaune d'or avec des liserés bleu foncé. La légende est Avita et aucta ( ancienne et augmentée. )

Il faut chercher dans les monographies des ordres de chevalerie les détails relatifs aux ordres éteints de l'ancienne Allemagne, tels que le Dragon renversé, le Tuzin, les Disciples , Saint-Georges, la croix de Bourgogne, la Vraie croix, etc.

L'ordre de Frise ou de la Couronne royale, attribué à Charlemagne doit être rejeté dans !e domaine des fables.

Venise, aujourd'hui ville impériale , avait, à l'époque de son indépendance , deux ordres de chevalerie : 1° celui de Saint- Marc dont les insigne» consistaient en un

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