‹ Encyclopédie moderneChapitre 277 sur 308 · L.ERLE · texte numérisé non relu

L.ERLE

du Casque de fer, qui comptait trois classes, cet ordre ne se confère plus.

Hes8b crano-dccale. Deux ordres :

1° Ordre de Louis institué le 25 août 1807, et renouvelé le 14 décembre 1831. Ses devises sont : Fûr verdienste ( pour le nérite ) et Gott, Ehre, Vaterland ( Dieu, Honneur et Patrie ). Le ruban est noir à bords rouges. L'ordre compte 5 classes : les grandscroix, les commandeurs de première classe, les commandeurs de deuxième classe , les chevaliers de première classe , les chevaliers de deuxième classe. Les commandeurs de la première classe sont distingués par une plaque au cOté gauche.

2° Ordre de Philippe le Magnanime,\mtitué le l« r mai 1840. Sa devise est : Si Deus nobiscum, quis contra nos ? Le ruban de l'ordre est rouge foncé liséré bleu. On y compte 4 classes : les grands-croix, les commandeurs de première classe ( avec une plaque ), les commandeurs de deuxième classe (sans plaque), les chevaliers.

Hohenlohe. L'ordre du Phénix de Hohenlohe, dont il est question dans les instructions annexées à l'ordonnance du roi de France du 10 avril 1824, ne se confère plus.

Hohenzollern-Hechingen , et Hohrnzollern-Sigmarincrn. Les deux principautés de Hohenzollern possèdent en commun un ordre de chevalerie qui compte deux classes : croix d'honneur de la première classe distinguée par la couronne qui surmonte le bijou de l'ordre; croix d'honneur de la deuxième classe sans couronne. La devise est : Fur TreueundVerdienst (Pour la fidélité et le mérite). Le ruban est blanc à trois raies étroites de couleur noire.

Lucqdes. Voy. Toscane.

Mecrlenboorc-Schwerin. Ordre du Mérite militaire , institué le 30 avril 18U.

La croix de l'ordre est d'or pour les officiers; mais à partir du grade de sergent-major et au-dessous , l'ordre a 4 classes ; la première classe porte la croix d'argent avec écusson d'or au centre; la deuxième classe, la croix d'argent ;1a troisième classe, la croix de cuivre avec écusson d'argent; et la quatrième classe la croix de cuivre. Le ruban est cramoisi avec deux lisérésà chaque bord,'un bleuet un jaune.

Oldenboorc. Ordre du mérite, de Pierre-Frédéric-Louis , institué le 27 novembre 1838, pour récompenser les semc« civils et militaires. La devise est Ein Gott, ein Recht,eine Wahrheit ( un Dieu, un droit, une Vérité ). Les membres de l'ordre se divisent en capitulaires et dignitaires. Chacune de ces divisions à 4 classes : les grandicroix (ruban en écharpe de droite à gauche et plaque à gauche), les grands comma*

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deurs (ruban en sautoir et uue plaque à droite ), les commandeurs ( rubau en sautoir, pas de plaque), les petites croix ou chevaliers. Les sujets du grand duc peuvent seuls être capïtulaires de l'ordre. Le ruban est bleu foncé avec lisérés rouges.

Parme. Le duché de Parme possède l'ordre Constantinien ou de Constantin, conjointement avec le royaume desDeux-Siciles ; voyez plus haut Dbux-Siciles , ordre Constantinien.

Pays-Bas. L'empereur Napoléon 1 er avait créé pour la Hollande, le 18 septembre 181 1 , Tordre de la Réunion, dont les statuts étaient calqués sur ceux de la Légion d'honneur. Les chevaliers juraient de concourir à la défense de l'empereur des Français et à la conservation de l'empire. L'ordre a cessé d'exister à la chute de l'empire.

Le royaume des Pays-Bas possède trois ordres de chevalerie :

1° Ordre militaire de Guillaume l* r , créé par ce prince le 30 avril 1815 pour récompenser les services militaires. Les sousofficiers et soldats admis dans l'ordre reçoivent une demi-solde en sus. L'ordre compte quatre classes : les grands-croix portent le grand ruban en écharpe de droite à gauche et une riche plaque en forme d'étoile à huit rayons. Les commandeurs portent le bijou de l'ordre en sautoir et une plaque plus simple que celle des grands-croix, les chevaliers de troisième classe portent la croix de l'ordre en or suspendues la boutonnière ; enfin les chevaliers de quatrième classe portent la croix en argent. Le ruban est orange avec deux bandes violet. La devise de l'ordre est : Pour le courage, la bonne conduite, la fidélité (en hollandais).

2° Ordre du Lion Néerlandais, institué par Guillaume 1" le 29 septembre 1815 pour récompenser le mérite civil. 11 a trois classes : grands cordons, commandeurs et chevaliers t qui portent leurs insignes de la même manière que les trois premières classes de l'ordre précédent. 11 y a en outre, les frères , qui portent une médaille d'argent ', en place de la croix de l'ordre. Le ruban est violet avec deux bandes de couleur orange. •

3° La Couronne de chêne , ordre institué au mois de décembre 1841 pour récompenser les services civils et militaires. Il comptequatre classes : les chevaliers de première classe grands-croix (ruban en écharpe de droite à gauche, et plaque) ; les chevaliers de l'étoile de l'ordre ( décoration en sautoir suspendue à un ruban plus étroit, et plaque), les commandeurs (ruban en sautoir plus étroit que le précédent, sans plaque), les chevaliers (décoration à la boutonnière). La devisedePordrcest : Je maintiendrai ; le ru-

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ban est jaune-orange moiré avec trois raies de couleur vert foncé.

L'ancien duché de Limbourg-Luxembourg , aujourd'hui réuni au royaume des Pays-Bas, possédait à l'époque de son indépendance deux ordres de chevalerie, qui avaient été institués en 1768 : L'ordre des quatre Empereurs ou de l'Ancienne noblesse, et l'ordre du Lion de Limbourg de Holstein ou du Mérite.

Perse. Ordre du Lion et du soleil, institué en 1808 par Feth-Ali-Schah. Le bijou de l'ordre est un écusson ovale où Pou voit dans le fond un soleil levant , et sur le premier plan un lion en repos. Cette décoration est ornée de diamants pour la première classe , de diamants et de rubis pour la deuxième classe, et sans pierreries pour la troisième classe. On peut la suspendre à un ruban de couleur au choix du décoré. Les membres de l'ordre portent en outre, au côté gauche de la poitrine, une plaque plus ou moins garnie de brillants et de pierreries selon leur goût et leur fortune.

Portugal. Si l'on en excepte l'ordre aboli ou éteint de l'Aile de saint Michel, fondé, dit-on, par Alphonse Henriquès , le Portugal a conservé tous ses ordres. Us sont au nombre de six :

1" Ordre d'Avis. Un ordre militaire et religieux s'était organisé en Portugal, sous le règne d'Alphonse I", dans le but de combattre les Maures. L'abbé de Tarouca , de l'ordre de Clteaux , leur donna vers Tannée 1162 la règle de Saint-Benoit. Après la conquête d'Ëvora , le roi leur confia la garde de cette ville ; mais quelque temps après il leur donna le château d'Avis . Les nouveaux chevaliers ajoutèrent alors à leurs armes deux oiseaux par allusion au mot latin avis, et s'intitulèrent chevaliers de Saint-Benoit d'Avis. La cour de Rome approuva l'ordre d'Avis, qui acquit une grande importance sous les règnes suivants. Jean 1 er , grand mattre de l'ordre, fonda, en Portugal, une deuxième dynastie de souverains, qui a conservé dans l'histoire le nom d'Avis. L'ordre compte trois classes : première classe : grands-croix large ruban en écharpe de droite à gauche, plaquo au côté gauche; deuxième classe :

commandeurs, croix suspendue au cou, plaque au côté gauche ; troisième classe chevaliers, croix à la boutonnière. Le ruban de l'ordre est vert ; le bijou est une croix fleurdelisée de sinople, l'écusson est d'or à la croix de l'ordre accompagné en pointe de deux oiseaux affrontés, de sable.

2° Ordre de Saint-Jacques de l'Épée, fondé en Espagne et retenu par les rois de Portugal à l'époque de la séparation des deux pays. En 1320 le pape confirma l'or-

dre portugais de Saint- Jacques de VÉpée.

Nous renvoyons à ce que nous avons dit de cet ordre dans le paragraphe de cet article consacré à l'Espagne. Il compte trois classes comme celui d'Avis. Le bijou est une croix de gueule eu forme d'épée a la poignée fleurdelisée, suspendue à un ruban violet.

L'ordre portugais a trois classes : les graudacroix , les commandeurs et les chevaliers.

Les grands-croix et les commandeurs portent la plaque.

t« Le Christ. Cet ordre , quoique déchu aujourd'hui de son ancienne splendeur, est, sans contredit, le plus illustre des ordres portugais. C'est sous l'étendard de l'ordre du Christ que les vaisseaux portugais ont entrepris leurs grandes navigations , et que ce peuple a accompli ses conquêtes d'outre-mer.

Institué en 1317 par le roi Denys pour remplacer Tordre des Templiers, il fut approuvé en 1319 par le pape Jean XXII, qui Je soumit h la règle de Saint- Benoit et à la juridiction de l'abbé d'Alcobaça. L'ordre a été réformé en 1449 et 1503 — H compte aujourd'hui trois classes : \e% grands-croix, qui portent la croix de l'ordre suspendue à un large ruban passé en écharpe de droite à gauche , et une plaque au côté gauche; les commandeurs, qui la portent en sautoir, avec, la plaque au côté gauche, et les chevaliers, qui la portent a la boutonnière de l'habit et quelquefois en sautoir, mais sans praque. Le bijou de l'ordre est une croix pattée de gueules chargée d'une autre croix d'argent. Le ruban est rouge.

Tels sont les trois ordres primitifs du royaume de Portugal : Avis, dont le ruban est vert ; Saint- Jacques de VÉpée, au ruban violet, et le Christ, au ruban rouge; de là l'usage pour les rois de Portugal de porter en écharpe un large ruban tricolore t vert, rouge et violet.

VOrdre de la Tour et VÉpée. Bien que cet ordre ne soit ni aussi ancien ni aussi illustre que les précédents, il n'en est pas moins considéré aujourd'hui comme le plus important et le plus estimé. Institué en 1459 par Alphonse Y surnommé l'Africain, après la prise de Fez, il était à peu près tombé dans l'oubli, quand il fut réformé et restauré par Jean VI, à Rio-Janeiro le 8 novembre 1808. Ses statuts ont été modifiés en dernier lieu par la reine D* Maria II. H compte aujourd'hui quatre classes : les grands-croix, les commandeurs, les officiers et les chevaliers. Les grands croix portent le large ruban de l'ordre en sautoir de droite à gauche, et une plaque au côté gauche; les commandeurs portent la croix en sautoir et la plaque; les officiers portent la croix en or, attachée à la boutonnière de Thabit, et les chevaliers la portent d'argent de la même manière. 11 y a en outre, pour les

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jours de cérémonie, de riches colliers d'or ou d'argent pour les quatre classes. Le bijou est une croix à huit pointes surmontée d'une tour; au centre une épée, et les devises Voter e le Lealda de- Caria constitucional da Monarquia-Pe lo Rey epela Les. Le ruban de l'ordre est bleu foncé.

6° Ordre de Sainte- Isabelle , institué en 1804, par la reine Charlotte de Bourbon, épouse de Jean VI, pour les daines de la plus haute noblesse. La décoration consiste en une médaille représentant sainte Isabelle, reine de Portugal. Elle se porte suspendue à un large ruban rose tendre, liséré de blanc, passé ea écliarpe de droite à gauche.

6 e Ordre de la Conception de notre- Dame de Villa- Viçosa. C'est, après l'ordre de la Tour et l'Épée, le plus important et le plus recherché des ordres portugais ; mais le premier est considéré comme un ordre purement militaire, tandis que celui de la Conception sert a récompenser les services civils aussi bien que les services militaires. L'ordre a beaucoup d'analogie avec l'ordre espagnol de Charles III, placé également sous l'invocation de la Conception immaculée. Il a été fondé à Rio-Janeiro, par Jean VI, le 6 février 1818, et ses statuts datent du 10 septembre 1819. Il compte, indépendamment du grand-maître, quatre classes : les grands-croix, \escommandeurs,\&> chevaliers et les servants. Le roi et ses successeurs ont le titre inaliénable de grands maîtres de l'ordre. Les grands - croix et les commandeurs porteut également la plaqua; mais pour les premiers la croix est suspendue à un large ruban passé en écharpe de droite à gauche, tandis que les secouds la portent en sautoir. Les chevaliers et les servants portent la croix suspendue à la boutonnière de l'habit; mais elle est d'or pour les chevaliers et d'argent pour les servants. En outre, la dimension varie pour toutes les classes. La décoration consiste en une étoile à neuf pointes émai liées de blanc, anglée de rayons d'or, et de ueuf petites étoile? émail lées de blanc. Au centre , sur un champ d'or mat, le chiffre de la salutation aogélique M. A. en or bruni, et autour un cercle d'azur clair, sur lequel on lit la devise de Tordre : « Protectrice du royaume. » Le ruban est bleu clair avec deux raies blanches.

Prusse. L'ordre Teutonique a été l'objet d'un article spécial dans celte Encyclopédie; quant à l'ordre du Cygne, qu'on prétend avoir été fondé au commencement du huitième siècle par un duc de Clèves , l'histoire vraie ou fabuleuse en est rapportée dans le Théâtre d'honneur et de chevalerie de Favin, tome 1 er , et nous ne le mentionnons ici que pour mémoire. La Prusse possède six ordres de chevalerie .

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1° Aigle noir. C'est le premier des ordres prus8îeus. Il a été institué le 18 janvier 1701 par Frédéric I er , qui limita à 30 le nombre des chevaliers, non compris les princes de la famille royale et les chevaliers étrangers. L'ordre a pris son nom de l'aigle noir qui Cgure dans les armes du royaume de Prusse. 11 ne comprend qu'une seule classe, les chevaliers, qui, ont le rang de lieutenants généraux : ils portent une plaque au côté gauche de l'habit, et la croix de l'ordre suspendue à un large ruban passé en écharpe de gauche à droite. La croix est à huit pointes , émaillées de bleu , bordée d'or et anglée de quatre aigles noirs éployés; le ruban est de couleur orange. La devise de l'ordre est Suum cuique.

T Aigle rouge. Ordre institué en 1734 par le margrave de Brandeftourg-Bayreuth, réorganisé en 1777, et adopté par Frédéric-Guillaume II le 12 juin 1792. Frédéric-Guillaume III y ajouta, en 1810, une deuxième et une troisième classe, et en changea les iosignes. L'Aigle rouge entre dans les armes de Brandebourg, et l'ordre a été longtemps appelé ordre de l'aigle de Brandebourg. Il est classé immédiatement après celui de l'Aigle noir. Les chevaliers de l'Aigle noir sont, de droit, membres de la première classe de l'Aigle rouge. Ce dernier ordre a trois classes : les chevaliers de la première classe portent la plaque au côté gauche (et la croix suspendue au grand cordon de Tordre passé en écharpe de gauche à droite; ceux de la deuxième classe portent la croix suspendue au cou, et ceux de la troisième la portent à la boutonnière. La croix de Tordre est à huit pointes, émaillée de blanc et porte au centre l'Aigle rouge de Hrandebourg ; le ruban est blanc avec deux raies de couleur orange. Les chevaliers de la deuxième classe qui ont passé par la troisième porteùt une croix qui se distingue par trois feuilles de chêne d'or ajoutées à l'anneau ; les chevaliers de la première classe qui ont passé parles deuxième et troisième portent le même anneau, et de plus trois feuilles de chêne d'or au rayon supérieur de la plaque»

3° Ordre du Mérite militaire, institué par Frédéric II en 1740. Il n'a qu'une classe. La croix émaillée d'azur, anglée de quatre aigles d'or éployées, se porte en sautoir, suspendue à un ruban noir à liserés blancs.

4° Ordre prussien de Saint-Jean de Jérusalem, institué par Frédéric-Guillaume III le 23 mai 1812, avec les biens du bailliage de Brandebourg et des anciennes commanderies de Tordre, et adapté à la religion dite Évangélique. Il n'a qu'une clasae ; les insignes sont celles de Tordre de Malte ou de Saint-Jean de Jérusalem avec quelques modifications, telles par exemple, que l'Aigle noir aux angles de

la croix. Le ruban est noir ; la croix se porte en sautoir; la grande croix non anglée d'aigles se porte en guise de plaque sur le côté gauche. L'habit de cérémonie est rouge à épaulettes d'or.

5° Ordre civil et militaire de la Croix de fer, fondé le 10 mars 1813, par Frédéric- Guillaume III, pour récompenser les services rendus au pays, soit dans les administrations, soit dans les armées, pendant la campagne de 1813. L'ordre comprend les grands-croix et deux classes de chevaliers. Les grandscroix portent la décoration de Tordre d'une dimension double de celle des chevaliers et suspendue à un ruban passé autour du cou.

Les chevaliers de la première classe portent à la fois la croix à la boutonnière et au côté gauche de Thahit, en forme de plaque; les chevaliers de la deuxième classe portent la croix à la boutonnière et sans plaque. La croix est de fer fondu bordée d'argent. Le ruban est blanc à liserés noirs pour les membres civils, et noir à liserés blancs pour les militaires. Par décret du 3 août 1841 , le roi Frédéric-Guillaume IV a accordé des pensions aux plus anciens chevaliers.

6° Ordre de Louise, institué le 3 août 1814 en faveur des dames qui ont donné des preuves éclatantes de patriotisme et d'humanité durant la période de la guerre avec les Français. L'ordre n'a qu'une classe. Le ruban est blanc à lisérés noirs; la croix est d'or émaillée de noir.

Indépendamment de ces ordres, le roi de Prusse confère encore en certaines circonstances des marques d'honneur et des médailles.

Russie et Pologne. La Russie compte huit ordres de chevalerie en y comprenant ceux de T Aigle Blanc, et de Saint-Stanislas, dont l'empereur s'est constitué chef et grand maître en sa qualité de roi de Pologne. Dans le nombre de ces ordres , il en est un , celui de Sainte-Catherine , qui est réservé aux femmes. Trois ordres n'ont qu'une seule classe ; ce sont ceux de Saint-André, de Saint-Alexandre Newski , et de l'Aigle Blanc; un ordre a deux classes, celui de Sainte-Catherine; un antre, celui de Saint-Stanislas, en a trois; deux ordres, ceux de Saint-Wladimir et de Sainte-Anne, ont quatre classes, et un, celui de Saint-George, en a cinq. Sept ordres peuvent donner droit à des pensions qui varient de|40 à 1,000 roubles argent (160 à 4,000 francs); mais le nombre des membres pensionnés est limité. La somme totale de la dotation des ordres est de 158,660 roubles argent (fr. 634,640). Ces dispositions résultent de l'ukase du mois de mars 1843. Indépendamment des diverses classes qui servent à graduer les récompenses , l'empereur oon-

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fère quelquefois les insignes de ses ordres ornés de brillants; il faut en excepter, toutefois , les ordres de Saint-Georges et de Saint* Wladimir. Le don de la croix ornée de brillants est une distinction hautement appréciée. Les ordres russes ne peuvent être donnés qu'aux membres de la noblesse , c'est-à-dire à ceux des sujets de l'empereur qui se trouvent compris dans l'une des quatorze classes du Tchin; quant aux iudividus qui ne figurent dans aucun de ces degrés de la hiérarchie, > tels que les marchands, les sous-officiers et soldats , la croix est remplacée pour eux par une médaille qu'ils portent suspendue au ruban de l'ordre, passé en sautoir autour du cou. Il est à remarquer que dans trois ordres russes, ceux de Saint-Alexandre Newski, Sainte- Anne et Saint-Stanislas, le grand cordon de la première classe est passé en écharpe de gauche à droite, et uon de droite à gauche, comme cela se pratique généralement dans les ordres européens.

1» Ordre de Saint- André, institué en 1698 par le tsar Pierre l* r . C'est l'ordre le plus élevé , celui dont l'empereur et les princes se montrent habituellement décorés. Pour y prétendre il faut avoir reçu d'abord l'ordre de Saint-Alexandre Newski. L'ordre de Saint- André n'a qu'une seule classe, et il confère aux chevaliers la noblesse de la troisième classe , c'est-à-dire le rang de lieutenant général et de vice-amiral. Les pensions attribuées à quelques chevaliers varient de 800 à 1 ,000 roubles argent (3,200 à 4,000 francs). Le bijou de l'ordre représente la croix de Saint- André, cantonnée des initiales S. A. P. R.

(Sanclus Andréas patronus Russix), et angléc de l'aigle à deux têtes. Il se porte suspendu à un large ruban bleu passé en écharpe de droite à gauche; les chevaliers portent aussi une plaque au côté gauche. La devise de l'ordre est : Pour la foi et la fidélité. Le grand collier, formé par des croix de Saint- André et des chiffres de Pierre 1 er , est réservé pour les jours de cérémonie.

20 Ordre de Sainte-Catherine, institué par Pierre I er le 25 novembre 1719, pour les dames de haut rang. Les devises de l'ordre sont :

Pour Vamour et la patrie — Mquat munia comparis. Le ruban de l'ordre est rouge avec les bords en argent. L'impératrice en est la grande maîtresse. L'ordre a deux classes , et des peusions qui varient de 90 à 460 roubles argent (360 à 1840 francs ).

3* Ordre de Saint- Alexandre Newski, fondé également par Pierre I er pour récompenser les services civils et militaires. L'ordre n'a qu'une seule classe ; il faut pour y être admis avoir rang dans la quatrième classe de la noblesse (général major, contre-amiral, chambellan). La croix de l'ordre est rouge,

carrée , anglée d'aigles à deux têtes; elle est suspendue à un large ruban rouge feacé, passé en écharpe de gauche à droite; les chevaliers portent la plaque de l'ordre. La devise est : Pour le service de la patrie. Les pensions viagères sont de 500 et 700 roubles argent (2,000 et 2,800 francs).

4° Ordre de Saint-Georges, institué par Catherine II, le 26 novembre 1 769, pour récompenser les services des officiers de ses armées de terre et de mer. Aujourd'hui l'ordre se compose de cinq classes, savoir :

première classe , grand ruban en écharpe de droite à gauche, et plaque ; deuxième classe, croix portée en sautoir, et plaque ; troisième classe, croix en sautoir, sans plaque; quatrième classe, croix portée à la boutonnière ; cinquième classe croix en argent pour les sous-officiers, soldais et matelots. La croix des quatre premières classes est d'or, à quatre branches , à angles vides , portant au centre l'image de Saint-Georges à cheval. Le ruban se divise en cinq raies égales, dont trois noires et deux jaunes alternant. La devise de l'ordre est : Pour le mérite et la bravoure militaire. Lacroix de Saint-Georges ne se confère jamais en brillants. Les pensions sont de 1 000,400, 200 ou 150 roubles argent (4,000, 1600, 800 et 600 francs ).

5" Ordre de Saint-Wladimir, institué le 22 septembre 1782 par Catherine II, sous Tinvocation de saint Wladimir le Grand, pour récompenser les services civils et militaires. L'ordre a quatre classes, qui correspondent en tout aux quatre premières classes de l'ordre de Saint-Georges ( Voy. ) Le ruban est rouge avec deux bandes noires. La légende est :

Saint apôtre prince Wladimir (en langue russe)— et la devise : Utilité, Honneur, Renommée. Lacroix de Saint' Wladimir, comme celle de Saint-George, ne se confère jamais ornée de diamants. Les pensions sont de 600,300, I50etl00roubles(2,400, 1,200,600, et 400 francs).

6° Ordre de Sainte- Anne, créé le 3 février 1735 par le duc Charles- Frédéric de Scbleswig-Holstein-Gottorp, père de l'empereur Pierre III, et incorporé par celui-ci aux ordres russes. L'empereur Paul I er le divisa en trots classes , et ordonna que celui qui recevrait l'ordre de Saint-André aurait en même temps l'ordre de Sainte-Anne. En 1815, l'empereur Alexandre y ajouta une quatrième classe uniquement réservée aux militaires :

première classe, large ruban en écharpe de gauche à droite, et plaque; deuxième classe, croix en sautoir; troisième classe, croix à la boutonnière ; quatrième classe, pour les militaires, croix émaillée sur la garde de l'épée. La croix de l'ordre est rouge bordée d'or ; le ruban est également rougo avec deux raies

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jaunes. La devise est : Amantibus pietatem, justitiam et fidem. Les pensions de la première classe sont de 200 a 350 roubles (800 à 1,400 fr. ) ; celles de la deuxième de 120 à 150 roubles (480 à 600 fr.) ; celles de la troisième de 90 à 100 roubles ( 360 à 400 fr. ), et celles de la quatrième de 40 à 50 ( 1 60 à 200 fr ).

L'empereur confère la croix de Sainte-Anne en diamants ou ornée de la couronne impériale pour récompenser les services qui méritent une distinction particulière.

7° Ordre impérial et royal de VAigle Blanc, créé en 1325 par h roi de Pologne Wladislas V, mais réformé par l'empereur Nicolas 1 er . Il n'a qu'uae seule classe. La couleur du ruban est le bleu ; les insignes se portent comme celles des grands-croix des autres ordres.

8° Ordre impérial et royal de Saint-Stanislas, institué le 7 mai 1765 par le roi Stanislas-Auguste Poniatowski ; réformé, comme le précédent, par l'empereur Nicolas I« r .

L'ordre, à sa fondation, ne comprenait que cent chevaliers, les étrangers non compris , et chaque chevalier devait payer une contribution au profit de l'hospice des enfants trouvés de Varsovie. Aujourd'hui l'ordre de Saint-Stanislas comprend trois classes de membres, qu'on peut assimiler aux grands-croix, commandeurs et chevaliers, avec celte différence que le grand ruban de la première classe est passé en écharpe de gauche à droite. La couleur du ruban est rouge avec deux raies blanches.

Les pensions de Tordre sont de 86, 1 15 et 143 roubles ( 344, 460 et 572 fr. ).

Indépendamment de ces huit ordres de chevalerie, l'empereur décerne des décorations temporaires ou médailles en commémoration d'événements extraordinaires , tels que les campagnes de 1812 et 1814, celle de Turquie en 1828 et 1829 et autres. Enfin, l'empereur Nicolas 1 er avait fondé un ordre charitable pour les dames, sous le nom de Croix d'honneur de Marie; l'impératricemère en était grande maltresse.

Les ordres russes sont placés sous la direction du chancelier des ordres de l'empire.

Il y avait encore en Pologne un ordre du Mérite militaire institué en 1791 par Stanislas-Auguste, aboli quelques jours après sa création par ce même prince, lors de son adhésion à la confédération de Torgowitz, rétabli en 1807 par Frédéric-Auguste, accepté par l'empereur Alexandre I er , mais supprimé de nouveau à la suite des événements de 1831. L'ordre polonais du Mérite militaire comptait trois classes et donnait droit à la noblesse. Le ruban est divisé en cinq raies égales, dont trois bleu-sombre et deux noires, alternant. La première classe porte le grand cordon en écharpe et la plaque, la deuxième

classe la croix en or, et la troisième la croix en argent.

La ville de Riga, qui appartient aujourd'hui à l'empire de Russie, a vu naître, à l'époque de son indépendance, V Ordre des Chevaliers porte-glaives de Livonie ( 1197), qui vécut avec éclat, eut des succès et des revers, et finit honteusement par l'apostasie de Gothar de Keltler, son dernier grand maître , qui en 1561 se lit luthérien et céda solennellement les droits et privilèges de son ordre à Sigismond-Auguste , roi de Pologne.

Sab daigne. Les ordres du royaume de Sardaigne sont ceux de la maison de Savoie ; ils sont au nombre de quatre.

1° Ordre de VAnnonciade. Il règne une grande incertitude sur les motifs qui portèrent Amédée VI, comte de Savoie, dit le comte Vert , à fonder en 1 362 l'ordre militaire de VAnnonciade : les uns l'attribuent à l'amour profane et charnel , les autres à la piété religieuse. Les insignes de l'ordre favorisent ces deux opinions : il s'appelait primitivement Ordre du Collier; si on y trouve la sainte image de l'Annonciation, on y voit aussi des nœuds et des lacs d'amour. Le collier # de l'ordre porte la devise FERT ou F. E. R.*T.

quatre lettres dont le sens a vainement exercé la sagacité des antiquaires ; les uns y lisent Fortitudo ejus Rhodum tenuit f ce qui est fort peu satisfaisant puisque la délivrance de Rhodes est de beaucoup antérieure à la fondation de l'ordre du Collier; d'autres y trouvent : Frappez, Entrez, Rompez Tout, interprétation absurde.

L'ordre de l'Aunonciade n'a qu'une classe ; les chevaliers portent une plaque sur le côté gauche et le bijou de l'ordre suspendu au cou par une chaîne d'or. Ils ont , en outre, un costume de cérémonie.

2° Ordre religieux et militaire de Saint- Maurice et de Saint-Lazare. L'ordre de Saint-Maurice avait été fondé en 1 434 par Amédée VIII, premier duc de Savoie; en 1572, le duc Philibert-Emmanuel, ayant reçu du pape Grégoire XIII la dignité de grand maître de l'ordre de Saint-Lazare , fondé en Palestine , réunit ces deux ordres, de même que plusieurs années après Henri IV, roi de France, réunit l'ordre de Saint-Lazare à celui de Notre- Dame du Mont-Carmel. L'ordre religieux et militaire de Saint-Maurice et de Saint-Lazare est destiné à récompenser les services civils et militaires; ses statuts ont été renouvelés par Victor-Emmanuelle 27 décembre 1816, et modifiés par Charles-Albert le 9 décembre 1831. 11 comprend trois classes : 30 grands-croix ( ruban en écliarpe de droite à gauche, et plaque ), 50 commandeurs ( ruban en sautoir ) et un nombre illimité de chevaliers. Le passage d'une classe h l'autre donne

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lieu a un droit de 1,500 lire. L'ordre compte 5 dignitaires. Le bijou de l'ordre est une croix blanche pommelée d'or, croisée dans les angles par la croix de Saint- Lazare, qui est verte ; celle des membres de la première classe, ou grands-croix , est surmontée d'une couronne d'or. Le ruban est vert.

8° Ordre militaire de Savoie, institué par Victor-Emmanuel le 14 août 1816. On y compte quatre classes , savoir : les grands* croix ( plaque au coté gauche et large ruban en écbarpe de droite à gauche ) , les commandeurs ( l'ordre en sautoir); les chevaliers ( croix à la boutonnière et ruban à rosette); les décorés ( croix d'argent à la boutonnière et ruban sans rosette ). Le bijou del'ordre, d'or pour les trois premières classe», est une croix pleine surchargée d'une croix blanche orlée de rouge, représentant la croix d'argent sur champ de gueule de la maison de Savoie. Le ruban est bleu azuré. La devise est : Altnerito edal valor.

4° Ordre civil de Savoie, institué par Charles-Albert le 29 octobre 1831 , pour récompenser les savants, les hommes de lettres, in^nieurs, architectes, artistes, professeurs, fonctionnaires, etc. L'ordre n'a qu'une classe et ne peut-être conféré qu'à des nationaux.

Le bijou se porte à la boutonnière, attaché à un ruban bleu aiur au milieu et blanc aux extrémités.

La république de Gènes possédait autrefois un ordre militaire; celui de Saint- George, institué eu 1472 par l'empereur Frédéric III, comme un gage de reconnaissance et d'attachement pour la république.

Saxe-royale. Le royaume de Saxe possède trois ordres ;

1° Ordre militaire de Saint-Henri, voué à saint Henri, empereur saxon ; cet ordre a été institué en 1736 et a subi diverses transformations jusqu'en 1829. Il est exclusivement réservé aux officiers de l'armée saxonne; sa devise est : Virtuli in bello; le ruban est bleu clair avec bordure jaune citron. L'ordre compte quatre classes : les grands-croix ( ruban en écharpe de droite à gauche, et plaque); les commandeurs de première classe ( ruban en sautoir et plaque); les commandeurs de deuxième classe ( ruban en sautoir, sans plaque ) ; les chevaliers ( décoration suspendue à la boutonnière ).

2° L'ordre de la couronne de Saxe, insti tué le 20 juillet 1807, ne se compose que d'une seule classe : grand cordon en écharpe de droite à gauche , et plaque. La devise est : Providentix memor. Le ruban est vert moiré.

3° Ordre du Mérite civil, institué le 7 juin 1816, pour servir dépendant à l'ordre militaire de Sainl-Henri. Sa devise est : Fur

Verdienst undT>eue(Pouv le mérite et la 1*4lité ) ; les décorations de l'ordre données aux étrangers portent seulement : Fur Verdienst.

Le ruban est blanc moiré, avec deux raies de couleur verte. L'ordre se compose de trois classes : les grands-croix ( large ruban en écharpe de droite à gauche, et plaque), les commandeurs ( ruban en sautoir sans plaque ) , les clievaliers ( décoration suspendue à la boutonnière ).

Saxe-Cobourc-Gûtha, Saxe-Coboubc Mu-

N1NCEI1, SAXECOBOURG ALTENBOCRG. Ce* IrOB

maisons ducales possèdent en commun un ordre de chevalerie , celui de la maison ducale Ernestine de Saxe, institué le H décembre 1838 par les princes de la ligne Ernestine de la maison de Saxe, pour remplacer l'ancien ordre de la Probité allemande, fondé par Frédéric I er en 1690. Cet ordre compte quatre classes : les grandscroix, les commandeurs de première classe, les commandeurs de deuxième classe, et les chevaliers, qui tous portent les insignes de l'ordre comme les membres de Vordre militaire de Saint-Henri de la Saxe Royale ( voir plus haut ). La légende de l'ordre est : Fideliter et constanter; le bijou est une croix octogone anglée de quatre lions d'or; au centre, l'effigie du duc Ernest le Pieux, et sur le revers la couronne de Saxe. Autour de cet écusson central est une couronne de chêne vert pour les chevaliers de l'ordre civil, etde laurier pour les militaires. Le ruban est rouge moiré avec lisérés verts.

La croir de Mérite et la Médaille de Mérite sont des signes d'honneur qui dépendent de l'ordre.

Le duché de Saxe-Cobourg-Saalfed avait créé en 1765 l'ordre de Saint- Joachim. aujourd'hui éteint.

Saxk-Wbimar-Eisbnach. Ordre du Faucon blanc ou de la Vigilance, institué le 12 août 1732, renouvelé le 18 octobre 1814, et modifié le 16 février 1840. Sa devise est: Vigilando ascendimus. Le bijou de Tordre est un faucon émailié blanc, aux serres et au bec d'or, posé, les ailes éployées, sur une croix d'or émaillée vert , à huit pointes. An revers est un écu entouré d'une couronne de laurier d'or pour les membres de Tordre civil et de trophées pour les militaires. L'ordre compte cinq classes les grands-croix ( ruban en écharpe de droite à gauche et plaque ); les commandeurs de première classe ( décoration en sautoir et plaque ); les commandeurs de la deuxième classe ( décoration en sautoir, sans plaque ); les chevaliers de première classe ( décoration à la boutonnière ); les chevaliers de deuxième classe ( décoration comme la précédente, mais ruban plus étroit).

CHEVALERIE

72fi

L'ordre des Chevaliers de la noble passion , institué en 1704 par un duc de Saxe* Weissenfela, n'existe plus.

Suède. Les Annales de la Suède font mention de plusieurs ordres de chevalerie dont il ne reste plus que le souvenir. Le plus ancien est celui de Sainte- Brigitte, fondé vers la fin du quatorzième siècle. La marque distinclive des chevaliers était une croix d'azur à huit pointes, au bas de laquelle pendait une langue de feu. Le pape Urbain V avait donné aux chevaliers de Sainte-Brigitte la règle de Saint-Augustin. Le second ordre éteint est celui de l'Amaranthe, institué, en 1653, parla reine Christine. Les chevaliers, en recevant Pordre, faisaient serment de ne se marier jamais; et, s'ils étaient mariés , de ne point se remarier, en cas que leurs femmes vinssent à mourir. On peut encore citer les ordres de l'Alliance, du Saint-Sauveur, du nom de Jésus, de Marie- Éléonore , de Louise- Ulrique, etc.

La Suède possède aujourd'hui cinq ordres de chevalerie :

1° Ordre des Séraphins, le plus ancien sans contredit, puisqu'on en attribue la fondation au roi Magnus I er , qui vivait dans le douzième siècle. Ses statuts ont subi diverses altérations jusqu'en 1748, où ils furent réglés par Frédéric I er , le réformateur des ordres de la Suède. L'ordre n'a qu'une classe. Un Suédois ne peut y être admis s'il n'est déjà décoré de Tordre de l'Épée ou de celui de l'Étoile-Polaire; en recevant l'ordre des Séraphins, le nouveau chevalier devient, de droit, commandeur de l'ordre qu'il avait reçu précédemment. Les droits d'admission à payer à la trésorerie de l'ordre s'élèvent à environ 230 ducats. Le ruban est bien ; il se porte en écharpe de droite à gauche. La plaque et le bijou de l'ordre portent les initiales L H. S. ( Jésus Hominum Salvator ) et F. R. S.

( Fredericus Rex Suecix ). La croix à huit pointes est anglée de quatre têtes de séraphins. Les chevaliers ont un costume particulier pour les jours de cérémonie.

2° Ordre de VÉpée. Les historiens ne sont pas d'accord entre eux sur l'origine de cet ordre. On pense qu'il fut créé par Gustave I er vers l'année 1522. Ce qui est plus positif, c'est qu'il fut renouvelé par Frédéric I«. Une condition fort remarquable et fort honorable imposée par les statuts de cet ordre , celle que tous les fondateurs d'ordres de chevalerie devraient s'empresser d'adopter, porte que nul ne peut solliciter son admission dans Vordre sous peine oVen être déclaré indigne pour toujours. L'ordre de l'Épée ne compte pas moins de einq classes : la première classe les commandeurs grands-croix, large ruban passé en écharpe de droite à gauche pour supporter le bijou de l'ordre, plaque

au eoté gauche { deuxième classe : les commandeurs, même ruban, mais point de plaque; troisième classe : tes chevaliers grandscroix de première classe, large ruban porté autour du cou , et de plus une petite épée d'argent placée verticalement la pointe en haut sur le côté gauche de l'habit , en guise de plaque ; quatrième classe : les chevaliers grands croix de deuxième classe , déco* ration et ruban en sautoir, comme les précédents, mais point d'épée d'argent sur le coté gauche ; cinquième classe : les chevaliers, qui portent la croix de l'ordre suspendue à la boutonnière. La décoration est une croix de Saint-André à huit pointes émaillées 4e blanc, portant au centre les trois couronnes de Suède et une épée en pal , anglée de quatre couronnes d'or. Le ruban de l'ordre est jaune moiré à lisérés bleus.

3» Ordre de V Étoile- Polaire, d'origine fort ancienne, mais obscure; réformé par Frédéric 1 er . Il sert à récompenser les services civils. Il se compose de deux classes :

les commandeurs, qui portent l'ordre en sau* toir, et les chevaliers, qui le portent à la boutonnière. La devise est une étoile d'or avec ces mots : Nescit occasum (elle ne se couche pas ). Le ruban est noir moiré.

4° Ordre de Wasa, fondé par Gustave 111 en 1772. Wasa est un mot suédois qui signifie gerbe, et c'est le nom d'une branche des rois de Suède. La décoration de l'ordre est un médaillon ovale portant au centre une gerbe d'or ; le ruban est vert. L'ordre compte trois classes i les commandeurs grands-croix, au nombre de six d'après les statuts , large ruban en écharpe de droite à gauche et plaque. Les commandeurs portent aussi le large ruban en écharpe, mais sans plaque; ils sont au nombre de huit. Les chevaliers portent la décoration de l'ordre en sautoir ; il doit y en avoir 50. Les étrangers admis dans l'ordre ne sont pas compris dans les nombres fixés par les statuts. L'ordre a un grand collier pour les jours de cérémonie.

5° Ordre de Charles XIII, fondé par le prince dont il porte le nom le 27 mai 1811 ; et, comme il n'a été donné, lors de sa fondation qu'à des francs-maçons distingués par leur naissance ou leur position, onso a inféré qu'il n'était créé que pour eux. L'ordre ne compte qu'une classe. La croix est émaillée de rouge, et le ruban est de la même couleur.

Le roi de Suède confère quelquefois les insignes de ses ordres ornés de diamants.

Terre Sainte. — De tous les ordres fondés en Palestine à l'époque des croisades, un seul lui est resté, celui du Saint-Sépulcre ; les autres ont passé sous la grande maîtrise de princes régnants ou se sont éteinte sur les lieux

mêmes qui les avaient vus nattre ; tels sont les ordres de Saint-Cosme et Saint- Damien , dont il ne reste plus que le souvenir; de Mont-Joie, qui parait s'être fondu dans celui de Calatrava; de YÉpée, fondé par Gui de Lusignan; de Saint- Gérion, institué par l'empereor Frédéric Barberoussc ; de Sainte- Catherine du Mont-Sinai , des Templiers.

et de Saint-Jean de Jéusalem. Ces deux derniers ordres ont été l'objet d'articles spéciaux dans cette Encyclopédie. (Voy. leurs noms.)

Ordre du Saint-Sépulcre. On a débité bien des fables sur l'origine de cet ordre : un écrivain qui a fait imprimer récemment une Histoire des ordres de chevalerie en attribue gravement la fondation à saint Jacques, premier évêque de Jérusalem, l'an 69 de J. C. Il parait que c'est à Godefroy de Bouillon et à l'année 1099 qu'on peut attribuer cette fondation avec le moins d'invraisemblance. Quoi qu'il en soit, ce qui est hors de doute c'est que les chevaliers du Saint- Sépulcre procèdent de l'institution des chanoines et religieux préposés à la garde du saint Sépulcre. Les chanoines s'adjoignirent des chevaliers pour proléger les pèlerins, garder les chçmins et le saint tombeau lui-même, et cette union fut l'origine de l'ordre religieux et militaire du Saint-Sépulcre. Cet ordre acquit bientôt un grand renom, et diverses prérogatives lui furent octroyées par les rois de France, les papes et d'autres souverains de (a chrétienté. Louis le Jeune amena en France quelques chanoines du Saint-Sépulcre et les installa dans l'église de Saint-Samson d'Orléans; cet exemple eut des imitateurs, et il y eut bientôt des chanoines réguliers du Saint- Sépulcre en Flandre, en Italie, en Allemagne et en Angleterre. En 1459, le pape Pie II, ayant institué un ordre militaire de Notre- Dame de Bethléem, y incorpora les biens des chanoines du Saint-Sépulcre, qu'il supprima.

Mais cet ordre n'ayant pas subsisté , le pape lunocent VHl tenta d'incorporer ces chanoines à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem ou de Rhodes; cette fusion éprouva une grande résistance et ne fut jamais consommée. Jusque-là il n'est encore question dans les bulles pontificales que des chanoines du Saint-Sépulcre; mais en 1496, s'il faut en croire Faviu(l), le pape Alexandre VI aurait permis aux gardiens du couvent de Saint-François de Jérusalem, de créer des chevaliers de son ordre, et cette faculté leur aurait été confirmée en 1616 par Léon X et en 1523 par Clément VII. Ce qui est certain, c'est que, depuis le seizième siècle, le révérend père gardien du la terre sainte, exerçant les droits de patriarcat, n'a

[D Théâtre d'fumneur et de cftevalerie.

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