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La marque de l'ordre était une croix de gueules sans ornement.
5° Saint-Sauveur de Montréal. Ordre établi en 1118 par Alphonse III d'Aragon.
Les chevaliers portaient sur une rohe blanche une croix ancrée de gueules. Cet ordre est éteint depuis longtemps.
7° La Bande ou VÉcharpe. Ordre institué en 1330 par Alphonse XI, roi de Castille. La marque était une écharpe de 6oie rouge passée de gauche à droite. Il fallait pour être admis dans cet ordre avoir servi la cour pendant dix ans, ou porté les armes contre les Maures. Philippe V chercha à Taire revivre cet ordre , aujourd'hui oublié.
7° La Colombe. Ordre institué à Ségovie en 1379 par Jean 1 er roi de Castille. Il dura peu.
y 8° Ordre militaire du Vase de la sainte Vierge de Notre-Dame du Lys. Fondé par Ferdinand, Infant de Castille, depuis roi d'Aragon, à l'occasion d'une mémorable victoire remportée sur les Maures en 1410; cet ordre tomba peu de temps après, et disparut comme tant d'autres.
9° La Toison d'or. Nous avons déjà parlé de cet ordre au paragraphe relatif à l'Autriche. La Toison d'or d'Espagne ne diffère de celle qui appartient à la maison d'Autriche que par l'absence des devises de la maison de Bourgogne.
10° Charles III. Cet ordre fut fondé le 19 septembre 1771, par Charles III, à l'occasion de la naissance de l'infant Charles-Clé" ment , et Clément XIV le confirma en 1772 ; il est placé sous l'invocation de la Conception immaculée , et sert à récompenser le mérite et les vertus. Le roi en est le grand maître. On y compte, indépendamment du souverain et de la famille royale, 60 chevaliers grandscroix ; 200 chevaliers pensionnés ( 4000 réaux ou environ 1000 francs pour chacun ), et un nombre illimité de chevaliers surnuméraires.
La devise est : Virtuti et merito. Les chevaliers grands-croix portent en écharpe un large ruban moiré, à trois bandes égales, dont celle du milieu est blanche et les deux autres bleu azur. La décoration porte d'un coté l'image de la Conception, et de l'autre le chiffre Ch. III; la plaque est une grande croix de l'ordre en argent; le collier est réservé aux chevaliers grands-croix. Les chevaliers pensionnés portent la croix de Tordre attachée à un petit ru ban , au coté gauche de la poitrine, et une plaque ; les chevaliers surnuméraires ne portent pas la plaque.
11° Ordre militaire de Saint-Ferdinand, créé le 31 août 1811, par les cortès générales et extraordinaires, et sanctionné le 19 janvier 1815 par Ferdinand VII. (Voyez l'article consacré à cet ordre , tome XIII, col. 211).
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12° Ordre militaire de Saint- Herménégilde. Institué par Ferdinand VII, le 28 novembre 1814, et destiné, par décret du 19 janvier 1815, à récompenser les services militaires, la constance et le dévouement des officiers de l'armée. Saint Herménégilde fut roi de Séville et martyr de la foi chrétienne : son image ligure au centre de la croix de l'ordre. Le rubau est divisé en trois bandes égales : celle du rentre est cramoisie, et les deux autres blanches. L'ordre a troisclasses : les grands-croix, qui portent le grand cordon en sautoir, et la plaque; les commandeurs , qui portent la croix et la plaque, et les chevaliers. \& devise est : Premio a la constancia militar. Les capitaines généraux et les généraux sont de droit grands-croix de Saint-Herménégilde après 40 ans de service comme officiers ; les officiers , jusqu'au grade de brigadier inclusivement, sont commandeurs après 40 ans de service; 25 années de service dont 10 comme officier donnent droit à la croix de chevalier; 10 années de service dans l'armée après avoir obtenu l'ordre , donnent droit à une pension.
13° Ordre royal américain d'Isabelle la Catholique. Institué par Ferdinand VII, le 24 mars 1815 , cet ordre a pour objet de récompenser le mérite et la loyauté des services rendus pour la défense et la conservation des possessions coloniales de l'Espagne. Il est voué à sainte Isabelle , reine de Portugal. Le roi en est chef et grand maître. Le ruban de l'ordre est divisé en trois bandes égales :
celle du milieu est blanche, les deux autres jaunes d'or. La devise est : A la lealtad acrisolada. L'ordre confère la noblesse personnelle; il comprend trois classes : les grands-croix, les commandeurs et les chevaliers.
14° Ordre d'Isabelle II, fondé le 19 juin 1 833, par Ferdinand VII, à l'occasion de la prestation de serment à l'Infante Maria-Isabclle- Louise, aujourd'hui reine d'Espagne. Cet ordre n'a qu'une seule classe, mais les officiers de l'armée ont le droit de porter la croix en or, tandis que celle des autres membres est en argent. Au centre de la croix sont placées les iuitiales M. I. L. Le ruban est bleu de ciel.
15° L'Espagne possède , en outre, un ordre de chevalerie pour les femmes ; c'est celui de Marie- Louise, fondé par Charles IV le 19 mars 1792. Le ruban a trois raies égales :
celle du centre est blanche; le violet est la couleur des deux autres.
États de l'Éclisb. Les souverains pontifes avaient, dans le moyen âge, droit de juridiction, d'approbation et de censure sur tous les ordres de chevalerie institués par les princes chrétiens Ils ont , en outre , depuis le
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treizième siècle jusqu'à nos jours , créé pour leurs propres États des ordres de chevalerie, dont les statuts sont semblables à ceux des ordres étrangers. Parmi les ordres éteints on peut citer : Tordre militaire de Sainte-Marie, institué en 1233 par un évôque de Vicenceet approuvé par Urbain IV en 1261 ; les chevaliers de Saint- Jean- Baptiste et de Saint- Thomas, organisés dans la ville d'Ancôue et appelés par Alphonse X de Castille ; l'ordre militaire de Jésus-Christ, institué à Avignon, en 1320, par Jean XXII ; deux ordres voués à S^aint- George, l'un fondé par Alexandre VI, en 1498, l'autre par Paul III, en 1540; l'ordre militaire de Saint-Pierre et Saint-Paul, de Léon X (1520); l'ordre de Saint-Jcan-de Lalran, institué en 1560 par Pie IV, pour récompenser les vertus civiles; les chevaliers de Notre-Dame de Ijoretle, doutles fils aînés prenaient le titre de comtes de Latran; cet ordre Tut institué par Sixte-Quint en 1587 ; les chevaliers de Jésus-Marie, dont l'institution est due à Paul V (1615) : chaque chevalier de Jésus-Marie était tenu d'entretenir un homme et un cheval pour combattre les ennemis de l'État ecclésiastique, etc.
Il existe aujourd'hui dans les États de l'Église quatre ordres de chevalerie :
1° Ordre du Christ. Cet ordre est identique avec celui qui porte le même nom en Portugal. Jean XXII, en confirmant les statuts promulgués par le roi Denis, se réserva, pour lui et ses successeurs, le droit de conférer aussi l'ordre du Christ. ( Voyez le paragraphe du présent article relatif au Portugal.) Cependant l'ordre romain diffère de celui de Portugal en ce qu'il n'a qu'une classe : les chevaliers portent la croix en sautoir, et quelques-uns même s'arrogent le droit de porter la plaque ; ce qui est toléré. Le ruban est rouge comme celui de l'ordre portugais.
2° Ordre de Saint-Sylvestre, institué le 31 octobre lhit, pour remplacer l'ancien ordre de V Éperon d'or, tombé dans l'avilissement.
On a cru longtemps que les chevaliers de l'Éperon d'or, ou chevaliers dorés (Equités aurali) avaient été institués par Pie IV en 1559; mais il parait que des recherches plus approfondies permettent d'attribuer cette fondation au pape saint Sylvestre, puisque le nom de ce pontife a été donné au nouvel ordre de l'Éperon d'or, dont la décoration est une croix d'or octangulairc portant au centre l'image de ce saint et la légende : Gregorius XVI restiluit 1841. Le ruban est partagé en cinq bandes, dont deux noires et;trois rouges. Les chevaliers ont un uniforme de cérémonie.
L'ordre se com|>osc de deux classes -, cent cinquante commandeurs et trois cents chevaliers, les étrangers non compris.
3° Saint Grégoire le Grand, ordre institué par le souverain pontife, le 1 er septembre 1831, pour récompenser les services civils et militaires; on y compte quatre classes : les grands-croix de première classe (décoration suspendue à un large ruban passé en écharpe de droite à gauche, et plaque au côté gauche ) ; les grands-croix de deuxième classe (ruban moins large, passé également en écharpe de droite à gauche; plaque sans rayons); les chevaliers commandeurs (décoration suspendue à un ruban passé autour du cou ) ; les chevaliers ( décoration portée à la boutonnière. ) Le bijou de l'ordre est une croix d'or octogone émaillée de rouge portant au centre l'image de saint Grégoire.
Le ruban est rouge bordé de chaque côté d'un liseré jaune orange.
4° Ordre de Malte ou de Saint-Jeande Jérusalem. (Voyez l'article spécial consacré à cet ordre).
États -vms d'Amérique. Les fondateurs de l'indépendance américaine avaient institué l'ordre républicain de Cincinnatus ou des Cincinnati qui a peu vécu. Un article spécial a été consacré à cet ordre.
France. 11 faut recourir aux ouvrages spéciaux pour les détails relatifs à certains ordres, dont l'existence .doit être rejetée dans le domaine des faits apocryphes, ou se trouve dénuée de preuves suffisantes, tels, par exemple, que ceux de Saint-Remy ou de la Sainte- Ampoule de Clovis I er , de la Genclte de Charles-Martel, de la Couronne deCharlemagne , du Chien et du Coq de la maison de Montmorency , de l'Étoile du roi Jean , de la Cosse de genêts de saint- Louis, etc. Nous n'avons pas, non plus, à faire figurer ici U liste des prétendus ordres français fondés par des princes vassaux de la couronne , des évêques ou des corporations, et nous renvoyons également aux livres nombreux qui ont spécialement traité ce sujet, pour l'histoire des ordres de la Paix, fondé par un archevêque t d'Auch en 1229, de V Hermine et àeCÉpi, de Bretagne ( 1365 et 1450); de Notre Dame du Chardon, institué en 1370 par Louis 11, duc de Bourbon, du Porc-épic de Louis d'Orléans, second lils de Charles V; du Fer d'or, institué en 1414 par Jean, duc de Bourbon; de Saint- George de Franche-Comté, de Saint- Hubert de Lorraine, des Ardennes et du Barrois, etc.
René d'Anjou, dit le Bon, roi de Sicile, avait institué à Angers en 1448, l'ordre du Croissant, dont le serment nous a été conservé en vers, dans un manuscrit de l'ancienne abbaye de Saint-Victor de Paris.
Les ordres français créés ou autorisé» par le gouvernement sout au nombre de dii, savoir :
1° Ordre de Saint-Michel, institué par Louis XI en 1469, et spécialement destiné à servir de récompense et d'encouragement aux Français qui se distinguaient dans les lettres, les sciences et les arts. Les chevaliers portaient sur leur veste un grand ruban de soie noire moirée, passé de l'épaule droite au côté gauche, auquel était attachée la croix de Tordre. Supprimé à l'époque de la révolution, Tordre de Saint-Michel fut rétabli en 1814. Il n'a plus aujourd'hui d'existence légale.
2° Ordre du Saint-Esprit. Henri II, voyant combien Tordre de Saint-Michel était déchu de son temps, institua celui du Saint-Esprit. Il s'en déclara chef et souverain et en réunit la grande maîtrise à la couronne de France. La première cérémonie de la fondation de Tordre eut lieu le 31 décembre 1578 et le 1 er janvier 1579. Le nombre des chevaliers fut limité à cent : le roi assigna à chacun d'eux nne pension de mille écus d'or, réduite depuis à trois mille livres. On dit que ce prince créa Tordre du Saint-Esprit parce qu'il avait eu un instant, le jour do la Pentecôte, deux couronnes, celle de Pologne et celle de France. La devise de Tordre était : Duce et Auspice pour exprimer la protection du Saint-Esprit. L'ordre du Saint-Esprit était le plus illustre des ordres français, et ne se conférait qu'aux princes régnants ou de famille royale, aux grands dignitaires de l'Église et aux fonctionnaires de la hiérarchie la plus élevée. Après la longue interruption de Ta révolution , il reparut en 1814 et 1815, et subsista jusqu'en 1830.
A cette époque encore, Tordre était composé de cent chevaliers, y compris les princes du sang et de la famille royale , les prélats et les grands -officiers commandeurs; ils étaient nommés par le roi, le chapitre assemblé. Les seuls chevaliers français, régnicoles , composaient ce nombre. Le roi , grand maître de Tordre , prêtait en cette qualité serment, le jour de son sacre , de maintenir Tordre et de ne pas souffrir la moindre altération dans ses statuts. Les prélats étaient : quatre cardinaux, quatre archevêques ou évoques, et le grand aumônier de France ; ils étaient commandeurs , et ne recevaient que Tordre du Saint-Esprit. Les autres chevaliers devaient toujours avoir été admis dans Tordre de Saint- Michel avant de recevoir celui du Saint-Esprit ; ils entouraient leurs armes des colliers de ces ordres, et prenaient le litre de chevaliers des ordres do roi. Les grands officiers commandeurs étaient : le chancelier de Tordre, le grand prévôt, mattredes cérémonies; le grand trésorier et le secrétaire. Le collier de Tordre du Saint-Esprit était composé de fleurs de lis et de trophées d'armes en or, d'où naissaient des flammes et des bouillons de feu, et la lettre H couronnée. La croix
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d'or à huit pointes pommelées d'or, émail lée de blanc, avec une fleur de lis aux quatre angles, portait d'un côté l'image de Saint-Michel, cl de l'autre une colombe aux ailes déployées. Les chevaliers portaient cette croix suspendue à un large ruban bleu céleste moiré, passé de droite à gauche en forme de baudrier. La plaque de Tordre était semblable à la croix vue du côté où se trouvait une colombe.
S° Ordre de la Charité chrétienne, institué également par Henri III pour de pauvres capitaines et de pauvres soldats estropiés au service du prince et du pays. Ce prince leur assigna des revenus sur les hôpitaux et les malad reries de France , et leur donna à Paris une maison située au faubourg Saint- Marcel. Il ordonna que ceux qui seraient admis dans Tordre porteraient sur leur manteau, au côté gauche, une croix ancrée de salin blano en broderie , orlée et bordée de bleu céleste, et au milieu de cette croix une losange de satin bleu céleste chargée d'une fleur de lis d'or, la devise de Tordre : Pour avoir servi fidèlement, était brodée en or sur le manteau des chevaliers. Henri IV fil de vains efforts pour soutenir cet ordre charitable, qui s'éteignit sous son règne.
4° Ordres réunis de Saint- Lazare et de Kotre-Dame du Mont Carmel. Ces deux ordres furent institués par les chrétiens occidentaux à l'époque où ils étaient maîtres de fa Terre Sainte. Chassés par les musulmans, ces deux ordres se retirèrent en Europe, notamment en France et en Savoie. Henri IV les réunit en 1607, de môme que, plusieurs années auparavant, Emmanuel-Philibert de Savoie avait réuni Tordre de Saint-Lazare à celui de Saint-Maurice.
Les ordres réunis de Saint-Lazare et do Notre-Dame du Monl-Carmel ne se confèrent plus depuis 1788. Ils sont entièrement éteints aujourd'hui.
5° Ordre de Saint-Louis. Cet ordre fut créé par Louis XIV en 1693, en faveur des officiers de ses troupes, qui seuls pouvaient y être admis. Le roi en était le grand maître ; les dauphins ou héritiers présomptifs de la couronne, les maréchaux de France, l'amiral et le général des galères étaient chevaliers-nés. Pour y élre admis il fallait avoir servi dix ans en qualité d'officier et faire profession de la religion calholique, apostolique et romaine. Cetordre compte trois degrés : 1° les grandscroix, qui portent un large ruban moiré, couleur de feu , en forme de baudrier, soit sur la veste, soit sur l'habit ; au bas du ruban est attachée la grande croix de Tordre, ayant au centre l'effigie de saint Louis. Ils portent, en outre, au côté gauche de Thabit, une plaque eu or, au milieu de laquelle est aussi
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représentée la même image; 2° les commandeurs, qui portent le ruban large de la même manière que les grands-croix, mais sans plaque; et 3° les chevaliers, qui portent le petit ruban et la décoration à la boutonnière de l'habit. L'édit du mois d'avril 1693 avait fixé à huit le nombre des grands-croix , et celui des commandeurs à Yingt-neuf. L'ordre n'avait d'abord que 300,000 livres de rentes annuelles, qui étaient distribuées, savoir : a chacun des huit grand's-croix 6,000 livres; à huit commandeurs 4,000 livres pour chacun; à seize autres commandeurs 3,000 livres chacun; à vingt -quatre chevaliers 2,000 livres; à vingt-quatre autres 1,500 livres; à quarante-huit autres 1,000 livres; à trentedeux autres 800 livres ; 4,000 livres au trésorier, 3,000 au greffier, et 1400 à l'huissier. 11 restait 6,000 livres pour les croix et autres dépenses imprévues. Le roi Louis XV porta la dotation de Tordre à 540,000 livres; accorda quelques privilèges aux dignitaires , et régla la question de préséance des ordres français.
L'ordre de Saint-Louis a brillé d'un grand éclat; aujourd'hui il ne se confère plus, et on le laisse éteindre.
6° Ordre du Mérite militaire, institué par Louis XV en 1759, en faveur des officiers de la religion réformée. Cet ordre est, en tout, semblable à celui de Saint Louis, avec cette seule différence que la croix , au lieu de l'effigie de saint Louis, représente une épée en pal. Cet ordre est aboli comme les précédents.
7° Ordre des Trois-Toisons, fondé par Pempereur Napoléon 1 er , le 15 août 1809, pour récompenser les services civils et militaires. L'ordre devait comprendre 100 grands chevaliers, 400 commandeurs et 1,000 chevaliers; mais U n'y eut Jamais d'autre nomination que celles du grand chancelier et du grand tréso* rier.
8° Légion d'honneur. Vbye2 l'article consacré spécialement à cet ordre.
9° Le Lis, La décoration du Lis n'était pas un ordre de chevalerie proprement dit; c'était plutôt un signe de ralliement à la cause dès Bourbons, qui fut accordé à un grand nombre de personnes, après la double Restauration de 1814 et 1815. Elle consistait en une fleur de lis d'argent suspendue à un ruban blanc ou de couleurs différentes suivant le département que l'on habitait. La garde nationale de Paris avait seale le droit de porter une décoration particulière.
10° Croix et médailles de Juillet, instituées par le gouvernement en 1830, après la révolution du mois de Juillet, en laveur de ceux qui avaient contribué à cet événement, soit par les armes, soit par leurs écrits et leur influence. Le ruban est bleu avec lisérés
rouges ; la médaille se porte à la suspendue à un ruban tricolore.
Lamédaillemililaire de Louis-Napoléon n'est pas un ordre de chevalerie; c'est une récompense créée par décret du 26 janvier 1S52 en faveur des sous-officiers et soldais qui en sont jugés dignes. Une pension viagère de cent francs est attachée à cette décoration, qui consiste en une médaille d'argent surmontée de l'aigle éployée, et suspendue à un ruban jaune à lisérés verts. Sur l'un des côtés de U médaille on lit Valeur et Discipline et sur l'autre Louis-Napoléon.
Grarob- Bretagne. L'ordre des chevalier»
de b Table-Ronde , qui aurait pris naissance en Angleterre doit être rejeté dans le do-
!• Chevaliers du Saint- Sépulcre en Angleterre. Ordre fondé par Henri II, en 1174, à son retour de la Terre Sainte. Les chevaliers portaient une croix de sinople, à la manière des patriarche»; ils avaient à faire tin noviciat de deux ans à Jérusalem pour y garder le Saint-Sépulcre. Le pape Alexandre V, en approuvant cet ordre, lui donna la règle de Saint* Basile. L'ordre a succombé en Angleterre avec la religion catholique.
2" Ordre de la Jarretière, institué vers l'année 1349 par Édouard III. L'origine de cet ordre a donné lieu à de savantes recherches, qui n'ont peut-être pas éclairci d'une manière bien satisfaisante les motifs qui portèrent ce prince à choisir nn aussi singulier emblème.
Quoi qu'il en soit, l'opinion la plus accréditée est que la comtesse de Salisbury, que le monarque avait remarquée, ayant laissé tomber sa jarretière dans un bal, Édouard s'en empara et la mit à son propre genou en disant à haute voix : Honni soit qui mal y pense.
A ceux qui riaient de cette galanterie il répondit que les plus illustres d'entre les gentilshommes s'estimeraient bientôt heureux de porter un semblable ornement ; il institua, en effet, peu après l'ordre de la Jarretière. Il faut dire qu'aucun historien contemporain ne fait mention de cette circonstance; Froissard se borne à nous dire qu'en 1347 Édouard 111 choisit quarante seigneurs auxquels il donna le nom de Chevaliers de bleue Jarretière, et qu'il les obligea par serment à observer les statuts de ce nouvel ordre. U envoya, en même temps, des hérauts en France, en Écosse, en Bourgogne, en Hainaot, en Flandre et en Allemagne y publier une fête de l'ordre pour la jour de Saint-George. D'après une autre version plus digne de foi, puisqu'elle est appuyée sur des documents authentiques , tels que des balles de la cour de Rome , le roi Édouard fit terminer en 1348 une église que ses prédécesseurs avalent fait commencer à Windsor, et lui assigua des revenus considérables afin
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d'augmenter le nombre des chanoines, et de subvenir à l'entretien d'un certain nombre de chevaliers pauvres. Le pape Clément VI publia à cette occasion une bulle , datée du 30 novembre»de la même année, par laquelle il érigea l'église de Windsor en collégiale de chanoines, de prêtres, do clercs et de pauvres chevaliers pour en Taire le service; et, par une autre bulle du 12 février de l'année suivante, il exempta cette collégiale de toute juridiction de l'ordinaire. Ces deux bulles fixent l'époque de l'institution de Tordre, et montrent qu'il faut s'en tenir à la date de 1 349 indiquée dans le préambule des statuts. Celte année-là, en effet, Édouard 111 créa vingt» six chevaliers de son ordre de la Jarretière, lui compris, et régla ce que chacun devait donner en aumône à sa réception pour l'entretien des chanoines, vicaires et pauvres chevaliers de Windsor. Il ordonna que les chevaliers de l'ordre porteraient à la jambe gauche uue jarretière bleue avec la devise honni soit gui mal y pense en broderie d'or. L'habit de Tordre ne consistait alors qu'en un manteau bleu portant sur le coté gauche une croix rouge entou* rée d'une jarretière. Henri VIII y ajouta un collier d'or du poids de trente onces', composé de jarretières, dans chacune desquelles se trouvent deux roses, une blanche et une rouge.
Limage de Saint-George est suspendue à ce collier. Plusieurs changements ont été introduits dans le costume des chevaliers. Ils portent, indépendamment de la jarretière de velours bleu garnie de perles et de diamants/un cordon bleu en forme d'écharpe de l'épaule gauche à la hanche droite, supportant une image de Saint-George dans un cercle de diamants. Les jours detïérétnonie ils portent un justaucorps de velours cramoisi, un manteau de velours bleu , orné de la croix rouge et de la jarretière en broderie, et le grand collier de Tordre auquel est suspendue l'image de Saint-George armé de tontes pièces sot un cheval émaillé de blanc. Quand (es rois d'Angleterre donnent cet ordre à un prince étranger, ils lui envoient tous ces ornements, y compris même le justaucorps. Il y a cinq officiers de Tordre : le Prélat, qui est toujours Tévèque de Winchester; te chancelier; le greffier, qui est toujours le doyen de Wind»
sor ; le héraut, appelé garter (Jarretière), et l'huissier à la verge noire. L'ordre ne se confère qu'aux têtes couronnées, aux princes du sang ou aux plus grands dignitaires du royaume-uni et des États étrangers.
3° Ordre du Bain. Voy. l'article consacré spécialement à cet ordre.
4° Ordre du Chardon, fondé par Jacques V, roi d'Ëcosse en 1540. Il est aussi appelé quelquefois ordre de la Rue : le chardon et la me étaient les signes symboliques des Pietés
et des Scots. Aboli à la mort de Marie Stuart, Tordre du Chardon fut rétabli en 1687 par Jacques II à l'occasion de la réunion de TÊcosse à l'Angleterre. Selon quelques auteurs Tordre du Chardon aurait été institué dès Tannée 1534 sous le nom de Saint- And ré.
Cet ordre, qui ne compte qu'une classe, est réservé à la noblesse d'Écosse ; le nombre des chevaliers est limité à seize, et sur ce nombre trois nominations seulement sont affectées à un prince de la /ami Ile royale et à des nobles d'Augleterre. Chaque chevalier doit payer, en entrant dans Tordre,848 livres sterlings(fr.8,700). Sur la décoration on voit l'image desaiut André avec sa croix : elle est suspendue à un large ruban vert sombre, moiré, qui se porteen sautoir. La plaque représente la croix de Saint-André anglée de rayons, avec un chardon au centre.
Lecollier des jours de cérémonie est entremêlé de chardous et de feuilles de rue. La devise est : A'emo me impune lacesset.
6° Ordre de Saint- Patrice. Cet ordre est pour les Irlandais ce que celui du Chardon est pour les Écossais. Il fut créé par George III le 5 féyrier 1783. Il ne comprend qu'une seule classe et ne compte que seize chovaliers titulaires et six chevaliers honoraires. Les premiers payent «ndroitd'adroision de 175 livres sterlings (fr. 4,460). Le roi d'Angleterre en est le chef suprême ; le lord lieutenant d'Irlande en est le grand maître ; il y a encore dans Tordre un prélat, qui est le lord primat d'Irlande, et un secrétaire du registre, qui est le doyen de Saint-Patrice. La décoration consiste en un écusson ovale où se trouve figurée la croix de Saint-Patrice chargée d'un trèfle vert dont chaque foliole porte une couronne d'or. La devise est Quisseparabit. MDCCLXXXIII.
Cette décoration est suspendue à un large ruban vert d'eau, que les chevaliers portent eu écharpe. Ils portent également une plaque, et, pour les jours de cérémonie , un collier d'or formé de nœuds, de harpes et de petits écus-
6 W Ordre de Saint-Michel et Saint- George.
Institué par George III le 12 août 1818, en commémoration des traités du 23 mai 1814 et du 5 novembre 1815, dont le premier avait réuni Tue de Malte à l'Angleterre, et le second lui avait conféré le protectorat des lies Ioniennes. Pour être admis dans Tordre il faut être né à Malte ou dans les lies Ioniennes, ou y avoir occupé un poste émioent, ou, enfin, avoir servi dans les années de terre ou de mer employées dans la Méditerranée. L'ordre compte 1 5 grands-croix, 20 commandeurs et 24 chevaliers. La décoration est «ne étoile de sept rayons à deux pointes t au centre l'image de Saint-Michel terrassant le démon. La cou leur de Tordre est le bleu céleste et la devise :
711 CHEV Grèce. Ordre du Sauveur, institué le 20 mai 1833 par le roi OU ion. On y compte cinq classes : les grands-croix , les grands commandeurs qui portent une plaque plus petite que celle de la première classe , les commandeurs , les chevaliers de la croix d'or, les chevaliers de la croix d'argent.
La devise est : « Seigneur, ta main droite a été glorifiée dans sa force. » (en grec) Le bijou de l'ordre est une croix à huit pointes pommelées portant sur l'avers la croix grecque, et aux revers le buste du roi Othon avec l'inscription Othon, roi des Grecs. Le r u ban est bleu clair moiré avec deux raies blanches.
Haïti. L'empereur Faustin 1 er a créé, en 1849, un ordre militaire de saint Faustin, et un ordre civil de la Légion d'honneur, qu'on ne peut considérer que comme des distinctions temporaires, qui ne sauraient prendre place parmi les ordres de chevalerie. Il en est de même des ordres qui avaient été créés dans le Véoézuéla par Bolivar, et à Buénos-Ayres par Rosas.
Hanovre. Ordre des Guelfes. Institué le 11 août 1815 par le prince régent George III. Il comprend cinq classes : Jes grand' s-croix qui portent le grand ruban de l'ordre en écharpe de gauche à droite, et une plaque ; les commandeurs de première classe, qui se distinguent par une plaque plus simple , les commandeurs de deuxième classe, les chevaliers et les possesseurs de la croix d'argent. La devise est : Nec aspera terrent. Le bijou est une croix à huit pointes, anglée de lions passant, anciennes armes des Guelfes ; au centre le cheval blanc de la maison de Brunswick dans un écu entouré d'une couronne de laurier pour les militaires t et de chêne vert pour le civil. Le ruban est bleu de ciel moiré.
H esse-électorale. Deux ordres :
1° Le Lion d'or institué le 14 août 1770 et modifié le l* r janvier 1818, pour récompenser les services civils et militaires ; sa devise est Virtute et fidelitate; ses classes sont au nombre de quatre : les grands-croix, les commandeurs de première classe (ruban en sautoir et une plaque), les commandeurs de deuxième classe (ruban en sautoir, sans plaque), et les chevaliers. Le ruban est rouge.
2» Le Mérite militaire , institué le 25 février 1769 et renouvelé le 22 octobre 1820, pour les officiers qui se sont distingués par leur bravoure et leurs services. U n'a qu'une seule classe. La devise est : Virluti. Le bijou de l'ordre est une croix d'or à huit pointes, qui se porte en sautoir, suspendue à un ruban bleu liséré blanc.
La Hesse>Cassel avait fondé en 1814 l'ordre