ALAINS
alains. (Histoire.) L'un des peuples barbares qui inondèrent l'empire d'Occident , au commencement du cinquième siècle, li est difficile de se faire une idée précise de celte peuplade , de son origine, de son importance, tant les opinions sont vapues ou contradictoires à son sujet. Les anciens semblent avoir compris sous le nom d'Alains un certain nombre de tribus barbares. Strabon , Ptolémée, Ammien-Marcellin y voient une race assez confuse composée de tribus , telles que les Gélons, les Neuriens, les Ascs, les Agathyrses ; on les trouve mentionnés dans Pline avec les Rboxolans, peuple sarmate ou slavon ; Ammien voit dans les Alains les anciens Massagètes : « ils habitent, dit-il , les déserts immenses de la Scythie. Ce surnom leur vint d'abord des montagnes; ils domptèrent la plupart des nations voisines , auxquelles ils
ont donné leur nom Ils s'étendent fort
loin du coté de l'Asie , jusqu'au Gange qui traverse les Indes... » Les modernes ont essayé de jeter quelque jour sur ces vagues indications : les uns ont rattaché les Alains à la souche germanique , les autres à la race des Tarlares et des Huns. C'est à l'époque du grand ébranlement de tous ces peuples d'Asie vers l'occident que les Alains apparaissent positivement dans l'histoire. Ils habitaient (certaines tribus du moins) les bords du Dou et du Borysthène. C'était un peuple belliqueux , nomade, vivant à cheval et sur des chariots couverts, se nourrissant de viandes crues et de lait. On reconnaît là les mœurs des Huns; mais ils se distinguaient d'eux, si le portrait que nous eu donne Ammien Marcellin est lidète, par une haute taille, de belles formes et des cheveux blonds. C'est le type des Goths et des Vandales plus que celui des sujets d'Attila, dont la laideur épouvanta les autres barbares. Les Alains montaient de petits chevaux infatigables à la course. L'historien Vopiscus rapporte qu'un de ces chevaux, pris dans un combat, fut amené à l'empereur Prohus, et que les captifs assuraient que ce petit cheval chétif pouvait faire cent milles par jour. Ce trait a fait songer aux chevaux des Cosaques, habitant des steppes du Don comme les Alains ; on y a vu un rapport de plus entre ces peuples. Si cependant les Alains étaient grands et beaux , comment reconnaître à ce portrait les aïeux des Cosaques ? Un peuple qui ressemblait à ces derniers bien davantage, les Huns, attaquèrent les Alains; ils résistèrent vigoureusement à ce déluge pendant quelque temps ; mais ils furent emportés par le torrent, comme les Goths et les autres barbares. Les Goths se jetèrent du côté du bas-Danube et envahirent l'empire d'Orient ; les Alains , repoussés de ce coté, avec les Suèves et les Vau-