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ACHILLÉES

ont TaJu l'honneur d'être admise dans nos jardins. Quant à Vachillée sternutatoire, elle est susceptible de doubler, c'est-à-dire de transformer ses fleurons en demi-lleurons; alors on la cultive sous le nom de bouton d'argent. Ces diverses espèces produisent de bons effets dans les jardins paysagers, au milieu des gazons ou sur les bords des massifs, surtout lorsqu'elles sont mises en opposition avec d'autres plantes bien contrastantes par leurs formes et par leurs couleurs.

Gustave dr Larenaumere.

achill&ide. (Mythologie.) On nomme ainsi le cycle des traditions antiques qui se rapportent au héros de l'Iliade , à cet Achille dont le nom chanté par Homère était devenu chez les Grecs le type de l'héroïsme, la personnification de la valeur. Point de personnage, dans le cycle héroïque de la Grèce, qui ait été plus célébré par les poètes ou les artistes : « Telle était la ferveur du culte rendu à la mémoire d'Achille, dit M. RaouI Rochette, telle était l'abondance des monuments qui lui étaient consacrés, qu'on pourrait presque re composer toute son histoire à l'aide de ceux de ces monuments qui nous restent, quelque faible qu'en soit le nombre relativement à tout ce que l'antiquité en posséda. Il n'est aucune circonstance de sa vie qui ne puisse être constatée, à défaut d'un témoignage écrit, par quelque ouvrage de l'art : et de même qu'on a fait un livre de la seule indication des passages d'écrivains grecs et latins, poètes et prosateurs qui ont rapport à Achille, on pouriait en faire un autre, au moins aussi considérable, du seul catalogue des monuments qui le concernent (l). »

La vie du héros se peut diviser en Jrois parties dont chacune est empruntée à des traditions différentes. La tradition homérique, comprenant l'histoire d'Achille pendant le siège de Troie, est la plus ancienne. Sa naissance, son éducation, son séjourà Scyros, puis, après les événements chantés dans l'Iliade, ses derniers exploits, sa mort, son apothéose forment les deux autres parties de l'Achilléide , tirées toutes deux de sources postérieures à Homère. Ce n'est donc pas l'ordre chronologique des traditions qu'il faut suivre pour présenter le tableau complet des mythes relatifs au fils deThétiset de Pélée, d'une déesse et d'un simple mortel. Thélis, en effet , fut sa mère : la main de la belle Néréide eût été recherchée par les dieux de l'Olympe si l'oracle n'avait déclaré qu'elle aurait un (ils plus grand que son père. Celte prédiction arrêta Jupiter lui-même qu'effrayait son propre exemple et qui ne voulait pas qu'un de ses fils le traitât comme il avait traité Saturne. Devenue la

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femme de Pélée , roi des Myrmidons en Thessaiie , Thétis mil au monde un jeune enfant qui fut d'abord appelé Ligyre, et auquel elle voulut assurer l'immortalité. Quel fut le moyeu qu'elle employa pour parvenir à ce but ? Le purifla-t-elledan8 les flammes ou bien dans l'eau bouillante (1), ou le plongea-t-elle dans les eaux du Styx en le tenant par le talon i qui seul resta vulnérable (2)? Ce sont autant de traditions rapportées par divers mythographes. Selon Apollodore (3), elle profitait du sommeil de Pélée pour exposer l'enfant baigné d'ambroisie à un feu ardent qui devait consumer tout ce qu'il y avait en lui de mortel. Mais un jour que Pélée s'éveillant vit son fils au milieu des flammes il poussa une telle clameur que Thétis courut se réfugier au fond de la mer chez ses sœurs les Néréides, tandis que Pélée allait confier son fils au centaure Chiron, après lui avoir imposé le nom d'Achiite ( de à privatif et de xefto;» *èvre) , parce que ses lèvres n'avaient pas pressé les mamelles de sa mère (4). Une fois près de Chiron, Achille grandit en agilité , en force et en courage : il prenait les cerfs à la course dans les forêts du mont Péliou et combattait les lions on les sangliers. Le centaure , qui le nourrissait de la moelle des animaux sauvages , lui apprenait l'art de combattre et de guérir, puis encore l'art de célébrer les dieux ou les exploits des héros sur la lyre. Le jeune élève implora souvent Calliope, dit-on, pour qu'elle avivât en lui le feu sacré qui fait le poêle ; mais ses nombreux sacrifices à la muse demeurèrent inutiles : elle lui tint rigueur. Tout ce qu'elle lui accorda, ce fut l'entrain et la gaité, qui charment les repas, puis elle lui prédit en revanche que ses exploits inspireraient un poète qui immortaliserait sa gloire (5).

Achille atteignait à peine l'adolescence lorsque l'enlèvement d'Hélène par Paris arma la Grèce contre Ilion. Calchas avait prédit qu'Achille seul pourrait abattre les remparts de Troie, et d'autre part le destin promettait au héros

Ou beaucoup d'ans sans gloire, Ou peu de jours suivis d'une longue mémoire.

Thélis , pour conjurer les périls de cette vie glorieuse dont le fil devait être si tôt tranché, l'enleva au centaure Chiron sous le prétexte de le faire assister à un sacrifice , et le conduisit à la cour de Lycomède , dans l'Ile de Scyros. Là elle voulait le cacher sous les habits d'une jeune fille et le présenter au prince

(i) Scttol. nom. H, «. 36.

(») Fuljy. Mvth., s. 1.- Slace, Ach. I, S8» et 48o. (s) Blbl. lires, s.

(*) Stace dit aussi :

Ncc almis

Obcrlbus «allasse famcui. AthlU., Il, 38».

(s; Phllostr., Héroïques, 19. ?.

comme la sœur d'Achille. Mais elle n'aurait jamais triomphé de la répugnance de son fds à déguiser son sexe, s'il n'avait en l'espoir de se rapprocher ainsi d'uni; des tilles du roi , Déidamie, dont la beauté avait éveillé en lui un amour qui n'était plus celui des combats (t). Les mytliograplies ont beaucoup varié sur le nom de jeune tille que portait Achille à Scyros : Quod Achilli nomeninter virgines fuisset, c'était là, ainsi que nous l'apprend Suétone , l'une des questions que Tibère proposait aux grammairiens dont il aimait à s'entourer (2). Nous n'avons certes pas de raison pour être aujourd'hui plus éclairés sur ce sujet qu'on ne l'était alors. Un certain Aristonicus de Tarente (3) donnait à Achille , pendant son séjour à la cour de Lycomède, le nom de Cercysera, que Visconti proposait de lire Cercosyra(4) (composé dexépxo;,caMÉto et de<ropw, traho)\ d'autres écrivains de l'antiquité disent qu'il s'appelait Pyrrha (5) , de la couleur de ses cheveux; et ce serait sous ce nom, qu'ayant séduit Déidamie, il en eut le fds qui fut appelé Pyrrhus (6). Cependant les Grecs se rassemblent dans l'Aulide, et, parmi tant de chefs, Achille manque seul, Achille à qui l'oracle a promis Troie. Ulysse et Diomède vont à sa recherche et parcourent les Iles de la Grèce. Arrivés à Scyros, ils sont frap|>és de l'aspect d'une jeune fille dont les regards et les mouvemcuUdécèlent une énergie qui ne semble pas appartenir à son sexe.

En vain Déidamie cherche à calmer l'ardeur du jeune époux que Ton croit sa compagne ; parmi les présents offerts aux filles de Lycomède, Ulysse a mis une lance et un bouclier; puis un héraut grec caché près du palais sonne de la trompette. A cet appel , plus de déguisement pour Achille : il se saisit des armes , déchire sa robe , se nomme et demande à voler aux remparts d'Ilion. — Tel est le mythe le plus connu sut le séjour d'Achille à Scyros, celui qu'ont célébré la plupart des poêles ou des artistes. 11 en est un antre cependant qui a pour lui l'autorité d'un vers d'Homère (7) , et selon lequel Achille serait venu assiéger et prendre Scyros de vive force.

(O Stace, Aehill. 1. 1, y. «88 et (S) Tib. parag. "70..

t3) Dans Ptolémée Kphcsllon, biblioth. de Pholloi. (*) Muaéc Pic-ClémenUn, t. V. p. 118.

(5) Voy. Hygtn, Fab. XCVI. — Votci quatre ver» de Sidoine où Achille est ainsi nommé (Carra. IX) : Inde Scyriadura datas parenU Falsa nomina prtetulisse Pyrrhas Atque Inter telrlcos eboros Miner*»

Occultos Venerls rotasse tbyrsos.

(r.) Blon, Êpithal. Aehill. et Déidam.;— Ovide, Art d'aimer, v. 681 et auW. ;— Stace, Achilléide, ch. Il, v. 310

(7) Içiç WÇwvoç, xfjv oluôpe oïoç 'Aj(iX>£Ù( SxûpoviXwv aticetav, 'Evuîjoç îrroXieGpov.

Iliade, ch. IX, Y. 667-66»

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