‹ Encyclopédie moderneChapitre 60 sur 308 · ANGLESEY · texte numérisé non relu

ANGLESEY

Si l'Ile d'Anglesey jyossède nn des plus beaux monuments de l'industrie moderne, si elle est importante par les mines de enivre qui y abondent ; si deux de ses villes, Beau maris et Amlwich,out des ports taillés dans le roc, d'où s'expédient les produits de son exploitation, tout cela n'est qu'un faible dédommagement de sa splendeur perdue, de sa célébrité antique , lorsque sous le nom de Mona elle était chantée parles bardes comme le chef-lieu du draidisme, la demeure da grand prêtre , le dernier asile des sanglantes mais imposantes cérémonies de ce culte ; lorsque, la dernière à résister à l'introduction du christianisme , elle cachait dans ses forêts et ses cavernes le petit nombre de fidèles persécutés et pourchassés qui, pressés autour de leur hiérophante} recevaient de sa bouche les instructions de leurs dieux, et pratiquaient leurs rites mystérieux longtemps après que la lumière chrétienne eut éclairé la mère patrie.

Mona était comprise dans la partie de l'antique Albion qui s'appelait la contrée des Ordovices , Britannia Secunda sous les Romains , aujourd'hui pays de Galles. La population était d'origine celtique. Les Ordovices, et en particulier les habitants de Mona, défendirent vaillamment leur indépendance contre les Romains. Tacite nous a laissé un beau récit de la campagne de Suétonius Paulinus , qui commandait alors en Bretagne. « Ce général , dit-il , que ses talents militaires et la voix publique, qui ne laisse personne sans rival , opposaient à Corbulon , brûlait d'égaler la gloire des triomphes de l'Arménie par la réduction de ces rebelles opiniâtres. Il se prépare donc à attaquer l'Ile de Mona , peuplée d'habitants courageux et le réceptacle de tous les transfuges. H fait construire des bateaux plats , propres à aborder sur une plage basse sans rives certaines. Il y met son infanterie ; ses cavaliers passent à gué ou à la nage sur leurs chevaux , aux endroits plus profonds...

« Le rivage était bordé par l'armée ennemie , qui présentait une forêt d'armes et de soldats , au milieu desquels ne cessaient de courir des femmes, telles qu'on peint les furies, dans un appareil funèbre, les cheveux épars, des torches dans les mains. Tout autour, des druides, les mains levées vers le ciel, vociféraient des imprécations barbares. La nouveauté du spectacle saisit d'effroi nos soldats ; ou eût dit que leurs corps étaient attachés à la terre , à les voir immobiles , se livrer aux coups sans défense. Mais bientôt, se ranimant à la voix de leur chef, s'aiguillonnant eux-mêmes, et honteux de trembler devant "une troupe de femmes et de prêtres, ils marchent en avant, enfoncent les barbares, et les enveloppent dans leurs propres feux. On éleva une

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