‹ Encyclopédie moderneChapitre 59 sur 308 · A NET — AI · texte numérisé non relu

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Le corps principal do château avait été détruit, et la façade, transportée à Paris, y avait été placée dans la cour du Musée des Monuments français, devenu depuis le Palais des Beaux- Arts, alors qu'on pouvait croire qu'elle échapperait seule à ce vandalisme révolutionnaire' ou à cette coupable incurie qui ont nivelé le sol de la France. Heureusement que ces craintes n'existent plus. Tout ce qui reste de ce qui composait autrefois un si magnifique ensemble, c'est-à-dire la porte d'entrée, l'extrémité de l'aHe droite du château, dans laquelle ont été heureusement conservés le vestibule, le riche et élégant escalier, la salle des gardes, l'appartement qu'occupait le duc de Vendôme , l'hémicycle qui sépare le château des bâtiments dits du gouvernement, et oh se trouve la salle à manger et le charmant salon de Diane, tout a été l'objet de travaux intelligents et de soins habiles. La magnifique chapelle, actuellement isolée, et dont la nouvelle façade est due à M. Carislie, ancien pensionnaire de France à Rome, a été rendue au culte en 1851, après avoir été entièrement restaurée. Le charmant salon de Diane offre aux regards, outre les portraits de Henri II et de Diane de Poitiers, son riche plafond, dont les compartiments sont ornés des armes de France et de Saint-Vallier, ainsi que de ce chiffre célèbre formé d'un H et d'un D enlacés.

Maintenant, à qui se place sur le seuil de la porte d'entrée, ornée de tant de détails d'une architecture élégante, s'offrent dans toute leur pureté ces balustrades de pierre, si finement découpées , qui bordent le pourtour des terrasses, ces consoles gracieusement profilées qui les supportent, ces cheminées qui se dressent, riches et légères en même temps, sur la pente rapide des toits, ces fenêtres d'une forme si distinguée, ornées de capricieuses sculptures, surmontées de chiffres et de croissants. En un mot, les ravages du temps et des hommes, partout du moins où ils n'avaient pas achevé leur œuvre de destruction , sont réparés ; et grâce«à cette intelligente restauration , l'art français conservera longtemps encore un de ses plus gracieux ouvrages.

angeeona. {Mythologie.) Divinité romaine, que Verrius Flaccus (1) nomme Angeronia, qu'on appelle encore, d'après une conjecture de Scaliger, Angenora , et dont la nature et les attributions ne sont pas moins diversement définis. D'après Macrobe (2) et Pline (3), c'était la déesse du silence ; d'autres rapportent l'origine de son culte à une épidémie qui sévit dans Rome sous la forme de violents maux de gorge ou angine (angina); d'au très disent que c'était la déesse qui délivrait

(0 Sctt., 1, 10.

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des angoisses ( angores ) et des inquiétudes 4e l'âme ceux qui se la rendaient propice. Macrobe, qui nous fait connaître cette croyance, ajoute encore (1) : « Une coutume des Romains, restée longtemps mystérieuse et ignorée, consistait, lorsqu'ils allaient tenter un effort décisif contre une ville assiégée , à invoquer, au moyen d'une certaine formule, les dieux tutélaires de cette ville. Us croyaient que sans cela la réussite de l'entreprise était impossible, ou au moins sacrilège. C'est pour cela que les Romains ont tenu caché le nom du dieu protecteur de Rome.... Les uns ont cru que ce dieu était Jupiter, d'autres li Lune, d'autres la déesse Àngerona, qni, se tenant le doigt sur la bouche, indique le silence. » a Elle a la bouche scellée, dit-il encore ailleurs, parce que ceux qui dissimulent leurs douleurs physiques et morales parviennent, par le bénéfice de la patience, à une grande félicité. » La statue de cette déesse se trouvait, posée dans cette altitude, sur un autel du temple de Volupia, déesse de la volupté, ou on lui offrait des sacrifices. Chaque année, le 21 décembre, on célébrait en son honneur des fêtes qui s'appelaient Angeronalia (2).

AXGIO-leucite. ( Médecine. ) Inflammation des vaisseaux lymphatiques, affection assez commune, longtemps confondue avec l'érysipèle, et décrite seulement dans ces derniers temps comme une maladie à part.

L'angio-leucite est quelquefois spontanée, mais le plus ordinairement elle reconnaît pour cause les piqûres et les excoriations et surtout les piqûres faites avec des instruments malpropres ou portant des matières septiques; cette affection est commune chez les anatomistes et chez toutes les personnes exposées à manier des substances animales plus ou moins altérées. L'inflammation s'annonce par do frisson , suivi de fièvre et de divers symptômes généraux semblables à ceux qui précèdent l'érysipèle ; bientôt la blessure devient douloureuse. Si elle siège aux membres, la douleur remonte vers la racine de ce membre; puis on voit apparaître sur la peau des rougeurs claires plus ou moins larges, irrégulières, disséminées; ces plaques ne tardent pas à être réunies par des traînées de môme coloration, étroites, sinueuses, qui quelquefois se joignent ou s'entre-croisent et qui indiquent le trajet des vaisseaux lymphatiques situés sous la peau. Les ganglioosauxquelscesvaissauxabou-

tissent participent toujours à la maladie, et il arrive souvent qu'il se forme du pus et des abcès dans le tissu cellulaire qui les entoure.— Cette affection n'est jamais dangereuse par elle-même ; mais elle peut le devenir par suite de la formation d'abcès, des suppurations pro

(I) !ac. cit.

(?) Varr., De. Ling. Lat.. Il, w.

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longées, par l'engorgement chronique des ganglions. La possibilité du développement de cette inflammation montre la nécessité de prendre de grandes précautions contre les piqûres envenimées. 11 conviendra donc, lorsqu'on se sera piqué ou excorié, de provoquer récoulement du sang, et au besoin de cautériser la surface saignante avec la pierre infernale. Si l'inflammation se développe malgré les précautions prises, il faut appliquer des sangsues, non sur le siège de la rougeur, mais au niveau du point où se trouvent les ganglions qui reçoivent les vaisseaux lymphatiques du membre, c'est-à-dire à l'aine si l'angio-leucite occupe la jambe ou la cuisse; dans l'aisselle si elle occupe le bras ; les cataplasmes , les bains locaux émollients, les grands bains, les boissons délayantes et quelquefois la saignée devront être mis en usage. On hâtera la résolution de l'engorgement des ganglions par des frictions avec les pommades mercurielle, iodurée,etc. Voy. Vaisseaux Lymphatiques. D r . Racle.

AXGL.BSEY. ( Géographie ). Cette lie appartient à l'Angleterre. Elle est si voisine de la mère patrie qu'elle paratt en avoir été dé* lâchée par une violente convulsion de la nature, quoique, selon toute probabilité, elle ne doive sa forme insulaire qu'au lent travail de la mer d'Irlande, dont elle est entourée. Celte petite fie, qui contient à peu près 4,800 habitants, forme l'extrémité septentrionale du pays de Galles ; elle en est séparée par un petit détroit, appelé le Menai. Depuis quelques années , l'art de l'ingénieur a rejoint ce que la nature avait séparé. Un pont de fer, de 1,563 pieds de longueur, unit 111e à la terre ferme. Ce pont est formé de deux tubes ou séries de tubes rectangulaires qui vont d'une rive à l'autre , l'une pour les trains d'aller , l'autre pour les trains de retour. Cette immense ligne a quatre longueurs, c'est-à-dire est supportée sur quatre piles ou naturelles ou artificielles, dont la plus grande est de 473 pieds. Que l'on se figure , au lieu d'un tablier de pont ordinaire jeté d'une pile à l'autre, deux chemins couverts formés de plaques de fer d'un demipouce d'épaisseur, assez larges et assez hautes pour recevoir une locomotive, courant parallèlement d'une rive à l'autre, soudées et rivées ensemble de façon à se soutenir en l'air, par la force même de la jointure et la façon dont se pressent et se soutiennent tontes les pièces de ce formidable appareil. Ce pont extraordinaire est élevé de cent pieds au-dessus des plus grandes eaux , et il n'est pas de vaisseau dont la mâture puisse l'atteindre. Quinze cents ouvriers ont été 'employés à la construction des tubes , lesquels ont été fabriqués à terre , puis mis en place par de puissantes machines hydrauliques.

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