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ANGUSTURE

jaloux de cette colonie et de son commerce, qu'ils entouraient autrefois de mystère, et qui consiste dans l'exportation des produits naturels, tels que l'or, la gomme, l'ivoire, les drogues médicinales, le fer, le cuivre, la cire, le miel, le pimeut, l'huile de palmier, etc.

La population entière peut s'évaluer approximativement à 400,000 habitants, dont 12,000 blancs. Les Portugais, dont l'autorité ne s'exerce d'ailleurs que dans un petit rayon autour de leurs établissements, ont essayé jadis de convertir au christianisme les naturels d'Angola; mais ils ont dû y renoncer, et les Angolais sont retournés à leurs fétiches. A présent, les Portugais en font des soldats, et leur confient la garde de leurs forts. En revanche , ils leur concèdent certains privilèges, tels que celui de proposer eux-mêmes leurs gouverneurs ou vice-rois.

ANtiCSTi RE. (Botanique et Thérapeutique.) On trouve dans le commerce et l'on emploie en thérapeutique deux écorces, exotiques que l'on confond sous le nom d'angusture , et qui cependant proviennent de végétaux différents et jouissent des propriétés les plus opposées ; l'une est Y angusture vraie, l'autre la fausse angusture.

Angusture vraie. Celte écorce, qui a été importée en Angleterre vers Tannée 1788, provient d'un végétal que M. de Humboldt a décrit sons le nom de cusparia febrifuga , Wildenow sous celui de bonplandia tri/oliata t et qui en définitive parait appartenir au genre galipea, de la famille des ru lacées (pentandriemonogynie t L.). Elle ressemble assez au quinquina jaune , et se présente sous forme de fragments recourbés en gouttière , légers, cassants, assez minces, lisses en dedans, tachetés de points blancs à l'extérieur, ou couverts d'une couche blanchâtre , spongieuse, comme dans la fausse angusture, et quelquefois de différentes espèces de lichens; son odeur est faible, un peu animalisée, sa saveur très-amère et se rapprochant de celle du quinquina.

L'analyse chimique y a fait constater l'existence d'un principe amer, d'une huile essentielle blanche, de carbonate d'ammoniaque et d'une matière azotée analogue à la cinchonine ; elle ne contient ni tannin ni acide gailique. Le tournesol détruit la couleur verte de son infusion. Le sulfate de fer y produit un précipité gris très-abondant , fort différent de celui que fournit la fausse angusture.

On a pensé pendant quelque tèmps que cette substance pourrait suppléer le quinquina et même le remplacer avantageusement dans le traitement de la fièvre intermittente; mais des expériences faites avec soin ont démontré qu'elle était le plus souvent inefficace, et devait être proscrite du traitement de cette

A NGTTSTURE —

ANNA PERF.1NNA

affection. On l'a employée, an contraire, arec avantage dans les diarrhées et la dyssenterie chroniques lorsqu'il n'existe plus de traces d'inflammation aiguë de l'intestin ; on a constaté qu'elle réussissait aussi dans les dyspepsies, et, en un mot, dans tous tes cas où les amers et les toniques proprement dits sont indiqués.

On donne l'angusture vraie en poudre à la dose de 50 à 60 centigrammes, ou en teinture alcoolique à celle de 10 à 15 grammes. A l'extérieur elle agit sur les ulcères et les plaies à la manière des préparations de quinquina, sur lesquelles elle n'a cependant aucun avantage.

L'angusture fausse t longtemps attribuée au bruceaantidysenterica et plus récemment au solanum pseudoquina, paraît devoir être rapportée au strychnos colubrinum, L., de la famille des strychnées ; et cette provenance expliquerait les rapports qu'elle présente avec la noix vomique (strychnos nux vomica)el la fève de Saint-Ignace ( strychnns Jgnatix ) . On la trouve dans le commerce sous la forme de morceaux plus épais, plus lourds, plus durs que ceux de l'angusture vraie, gris et lisses à l'intérieur, rougeâtres à l'extérieur et couverts d'une couche de poussière couleur d'or ou de rouille ; elle n'est jamais chargée de lichens. Son odeur est faible, moins désagréable que celle de la précédente ; sa saveur est amère et nauséeuse. On y trouve un alcoloïde végétal , la brucine , ainsi nommée du végétal, brucca, auquel on attribuait cette écorce ; une matière jaune, soluble dans l'eau ; de la gomme, des traces de sucre et du ligneux. La teinture de tournesol rougit à peine son infusion ; l'acide hydrochlorique et le sulfate de fer y déterminent un précipité vert très- foncé.

L'angusture fausse a sur l'économie animale une action toxique très-énergique, et analogue à celle de la noix vomique et de la fève de Saint-Ignace; cette ressemblance d'action est due à la présence dans ces trois végétaux d'un principe identique, la brucine; seulement, dans les deux derniers cette substance se trouve associée avec un autre alcali végétal, la strychnine, qui jouit d'une action analogue à celle de la brucine. mais plus énergique.

La fausse angustnre ou la brucine ingérée dans l'estomac ou absorbée par la peau produit très-promptement des convulsions tétaniques violentes, semblables à celles que détermine la strychnine, et également suivies de mort, sans laisser aucune trace inflammatoire dans l'économie. La brucine parait agir particulièrement sur la moelle épinière. A faible dose elle produit seulement des secousses convulsives, involontaires, dans les mus-

cles et même dans ceux qui sont depuis longtemps affectés de paralysie. On a mis à profit cette propriété , et l'on emploie la brucine comme la strychnine dans les paraplégies, dans les paralysies essentielles, et en particulier dans celles qui sont produites par l'action du plomb. On donne la brneine à la dose de I à 5 centigrammes, mais on ne doit pas dépasser ces limites. Pour l'administrer, on préférera celle qui est préparée avec la fausse angnsture, et qui est toujours pnre, à celle que l'on obtient par le traitement de la noix vomique ; car celle-ci contient toujours une forte proportion de strychnine , dont l'action est plus énergique que celle de la brucine.

D*. Racle.

anna pbbbnna. (Mythologie. ) C'était à Rome le nom d'une de ces divinités placées dans le Panthéon romain pour y présider au bien-être matériel et accorder aux mortels la jouissance durable des biens de ce monde (I). Tous les ans le culte de cette déesse était célébré par une fête entièrement consacrée an plaisir, et si les attributions d'une divinité semblable se peuvent inférer des honneurs qu'on lui rend , Macrohe (?) parait les avoir expliquées d'une manière satisfaisante, quand il dit qu'on faisait des sacrifices à Anna Perenna pour obtenir de passer heureusement l'année présente et d'en voir un grand nombre se succéder les unes aux autres ; il en est de même de I.ydus (3), qui regarde le culte qu'on rendait à Anna Perenna comme institué dans le but d'obtenir une heureuse année. Cette solennité était au nombre des fêtes populaires où la gaieté se manifestait sans contrainte. Elle se célébrait le 15 mars, c'est-à-dire à la naissance du printemps. Répandus dans la campagne, et couchés sous des tentes, les habitants de Rome buvaient, mangeaient, chantaient ou dansaient. Tous ces plaisirs ne se succédaient pas sans donner lieu à quelque licence :1a joie dégénérait souvent en ivresse, la gaieté des chansons allait jusqu'à l'obscénité; mais la circonstance excusait ces écarts, qui faisaient pour ainsi dire partie intégrante du culte de la déesse. Quelle était donc cette déesse qu'on fêtait ainsi? Ovide, qui a posé cette question , y répond par des traditions diverses (4).

Anna, fille de Bélus et sreur de Didon, se voyant menacée par !arbas,qui, après la mort de la reine de Carthage, s'était emparé de sa capitale, se réfugia chez Battus, roi de Malte, et delà en Italie. L'accueil que lui fit Énée excita la jalousie de Lavinie, et Anna

(0 HartuQg, H» tri.

(!) Sat., I, is.

(3) IV. 3fl; p. 94, De Mens.

(*) Fastes, III, SW-696.

vit en songe sa sœur Didon, qui l'avertissait d'échapper par la fuite à un complot tramé contre sa vie. ËUe s'enfuit par une nuit obscure, et tomba dans le fleuve Numicus. Elle reçut alors le nom de Perenna, et fut révérée comme la nymphe du fleuve. « Les uns, dit encore le poète, pensent que cette déesse est la lune, marquant le coure de l'année par la succession des mois; d'autres, que c'est Tbémis. D'antres y voient la fille d'Inachus , changée en génisse. Quelquesuns prétendent que c'est une nymphe , fille d' Atlas, qui nourrit ton enfance, ô Jupiter. » — Une vieille tradition rapporte que lorsque les plébéiens se furent retirés sur le mont Sacré , leurs provisions s'étant bientôt épuisées, ils eurent faim ; or une vieille femme de BoTillae , nommée Anna, leur apportait à manger tous les jours des galettes de sa façon. Keûfré dans Rome, le peuple manifesta sa reconnaissance pour cette vieille en lui bâtissant un temple, et en instituant en son honneur tes fêtes des ides de mars. — Enfin, une dernière légende nous dit pourquoi la féte d'Anna Perenna se célébrait le même jour que celle du dieu de la guerre. Cette association fut une prime d'encouragement offerte à la vieille récemment devenue déesse, par ce dieu, qui brûlant d'amour pour Minerve , eut recours à l'entremise d'Anna. Celle-ci ne craignit pas de tromper sa confiance par de fausses promesses, puis ensuite de se présenter à lui sous un voile comme étant Minerve elle-même, et enfin de le railler sur le beau dénooment de sa passion. « Vénus, ajoute Ovide, n'a jamais ri de si bon cœur, et telle fut l'origine des plaisanteries licencieuses et des chants obscènes, que l'usage permet dans ces fêtes aux jeunes filles elles-mêmes. » — Peut-être ces excès, qui soulevaient l'indignation de saint Augustin (t), doivent-ils être attribués à l'introduction dans les rites du culte d'Anna des désordres qu'autorisait le culte de la Channa carthaginoise. Celle-ci, qui avait été longtemps considérée, même en Italie, comme l'amante d'Énée , et qui ne céda que beaucoup plus tard sa place à sa sœur dans cette histoire amoureuse, ayant été déifiée, son culte dut se confondre avec celui de la Vénus carthaginoise , avec celui de la Vesta phénicienne, en l'honneur de laquelle les Phéniciens prostituaient leurs filles (2) , avec celui même de Vénus Érycine , qui allait tous les ans, dit Élien (3), passer neuf jours à Carthage. Cette conjecture, due à Klausen (4), peut faire comprendre comment les poètes romains ont assimilé leur Anna Pe-

(i) Cit. Dei, IV, io.

(a) Saint Augustin, ibid.

(i) Far. Hist.. 1, 15.

renna à la sœur de Didon, et Pont fait figurer dans la légende d'Énée (1).

N. des V.

annonce. (Mœurs industrielles. ) L'annonce est un moyen de faire savoir au public, par la voie des journaux , qu'on a telle marchandise à vendre, telle entreprise industrielle ou commerciale à exécuter qui demande des capitaux, tel remède qui guérit des maladies réputées incurables, le tout accompagné de louanges hyperboliques de la qualité, du prix de l'objet annoncé, et exprimé dans un style qui a plutôt la prétention de faire des dupes que de plaire aux puristes.

L'annonce n'est pas, selon toute apparence, d'invention moderne; mais son perfectionnement est l'œuvre exclusive, on pourrait dire le chef-d'œuvre de ce siècle.

Ce n'est que longtemps après la découverte de l'imprimerie que l'annonce commença à s'introduire. Elle alla se placer timidement à la fin des livres , sous forme de catalogue, usage encore adopté aujourd'hui ; et vers le milieu du dix-huitième siècle, peut-être même plus tôt, ces annonces ou catalogues étaient rédigés avec un charlatanisme qui pourrait en apprendre même aux plushabilesd'aujourd'hui. Il nous en venait bon nombre de la Hollande ; mais on voyait bien à ta rédaction que la fabrique en était à Pari s. Toutefois l'annonce n'a vécu d'une vie véritable et conquis en quelque sorte une position sociale que depuis qu'elle a élu domicile à la quatrième page des journaux. C'est là qu'elle tend ses filets, qu'elle brave le fisc et se dérobe aux exigences du timbre, lequel n'atteint l'annonce que quand elle est volante, c'est-à-dire imprimée à part et en forme de prospectus. Cest là qu'elle se déroule en grandes et petites capitales, en gros et petit romaio, en cicéro, en saint-augustin, en mignonne; que tantôt elle s'allonge enUgnes de tonte la largeur de la page, tantôt elle se raccourcit jusqu'à ne plus occuper que la moitié de cette largeur, puis le quart, puis le cinquième, puis enfin le sixième. Puis elle prend pour enseigne des vignettes; plus loin elle est encadrée entre quatre bandes noires. Un jour elle suit la ligne horizontale, demain elle prend la verticale, et de la verticale à la diagonale. Le cercle, l'ovale, le rhomboïde, sont de temps en temps essayés : il y en a des exemples. Un volume ne suffirait pas à décrire toutes ces sortes d'annonces. La principale est l'annonce des libraires ; elle est le plus souvent la plus longue, la plus importante, la plus chère et la moins malhonnête ; elle a presque toujours la place d'honneur dans le journal, et toutes les autres lui cèdent le pas. Elle est à la fois littéraire et mercantile; mais le carac-

(0 F ojf« Lacroix, Recherches sur la Religion des Romains,?, ns-iso.

ANNA PERENNA — ANNONCE

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