‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 15Chapitre 56 sur 145 · MAIZ · texte numérisé non relu

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l'empereur JL^o/i, traduites en français , etc., Paris, 1770, 1778 , 2 vol. in-8«; Lettre à un officier^énéral sur Vonura^e intitulé , TOrdre profond, erc.,ibid., 1776, in- 12; Traité des armes et de l'ordonnance de Vinfanteiie, ib., 1776 , in-8«; Théorie de la guerre , etc., Lausanne, 1777, in-8*j Traité sur l'art des sièges et les machines des anciens, etc., ib., 1778, in-8" j Tableau général delà cavalerie grecque, etc., ibid., I78i , in-4o ; Mélanges militaires, eic, ibid., 1785, in-S^; plusieurs * Mémoires insérés dans le recueil de T Académie des inscriptions et dans le Journal des Savants. On lui a attribué l'Histoire raisonnée des opérations militaii*es de la dernière guerre, Liège • 1783, in-8^ ; mais cet ouvrage est de Iqly de Saint- Valier.

^KAIZIÈRES (Philippe ns), en latin Mazerius , chevalier et chancelier du roi de Cjpre,né en 1312 au château de Maizières, diocèse d'Amiens , partit vers 1343 pour la cour de Hugues de Lusignan , roi de Cypre , auqadil communiqua son ardeur pour faire la guerre aux musulmans. Après la mort de Hugues, son fils Pierre I«'', qui lui succéda, nomma Philippe de Maizières son chancelier. Une croisade ayant enfin été résolue ■ous la conduite de Jean , roi de France , Philippe alla recevoir les instructions du pape ; mais Jean mourut , et Ja conduite de la guerre demeura au roi de Cypre. Alexandrie était au pouvoir des croisés (1365) , ({uand les dissensions de leurs chefs déterminèrent le roi de Cypre à retourner dans ses états, malgré tout ce que put faire Philippe pour ranimer son courage. Envoyé à AfigDon pour complimenter le pape Grégoire XI sur son avènement au pontificat , Philippe passa de là à la cour de Charles V , qui , après Tavoir employé utilement auprès de sa personne , lui donna des domaines considérables et une pension de 2,000 francs d or. Maizières se retira en 1379 dans la maison des célestins de Paris , et y mourut en 1105, après avoir légué tous ses biens h cette communauté. L'abbé Lebeuf a publié une Notice sur la -vie de Philippe de Maizières dans le recueil de TAcadémie des inscriptions, tom. 17 , et le (dialogue raisonné de *es ou?rages , même recueil , tom. 16. Nous nous bornerons à citer son Liure du viel Pèlerin adressant au blanc Faucon à bec et pieds dorés , composé vers i 382, et dont ou peut voir une analyse dans les Libertés de l'Église gallicane^ prouv^ées et augmentées , de Durant de Maillane.

* MAJELLAou MAJELLO (Chaelbs), bibliothécaire du Vatican , chanoine de Saint-Pierre et secrétaire des brefs sous Clément XI , naquit en 1665 à Naples, et il y mourut en 1 738 . Il ne reste guère de ses ouvra • ges, la plupart inédits ou perdus, que quatre Oraisons funèbres ( en latin ) , publiées pir les soins de quelques-uns de ses élèves. On a publié à Naples eu 1780 : Caroli Majelli vita et epist. aliqnot , etc. Voyez aussi le de Claris pontif, Epist. script, de Bonamici , ci le tom. 2 , pag. 57 des Ritratti poetici ^ etc. , de Ch. P. Bonefede.

MAJESTÉ (LOisDVLèsB-). (Politique.) Ces lois prononcent des peines contre les individus qui usurpent ou tentent d*usurper la puissance souveraine.

Dieu est , même pour les despotes et les tyrans , le premier des pouvoirs. L'homme a voulu venger Dieu; attentera ^ puissance, violer son temple , la terre ou les personnes qui lui étaient consacrées , fut un crime de majesté dans les religions du paganisme.

Les lois qui punissaient ces crimes furent sages ; les temples étaient alors des lieux d'agile ; les prêtres y protégeaient les malheureuses victimes des fureurs humaines ; il était bien que la loi deshonmies les plaçai sous la sauve-garde des dieux. '

Dans les premiers temps du christianisme, Teglise étant un refuge, il ne fallait pas en violer la majesté. Quand les asiles furent supprimés , les lofs de majesté divine ne furent que des atrocités sans objet; elles prononçaient des peines odieuses dans tous les attentats contre les objets , les lieux , ou les personnes consacrées au culte , et Ton ne voyait pas que Futilité politique de ces cho* ses ayafat cesité , ces peines ne pouvaient servir qu^à protéger Taristocratie sociale du sacerdoce.

On se demande comment ces lois, dont le chevalier de La Barre fut la dernière victime, ont pu vivre si long-temps. Les profanations étaient jadis accompagnées de quelque miracle par lequel Dieu s'était vengé lui-même ; le peuple croyait à ces légendes ; il devait contester la vérité du miracle avant de nier la nécessité de la peine. Il faut du temps à la lumière pour pénétrer dans toutes les classes de la société.

Aujourd'hui Ton a fait une loi du sacrilège; on veut faire aussi des miracles. Jtf crois que le temps de toutes ces choses est passé.

Dans les théocraties , les lois de majesté sont indispensables : elles soutiennent par

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des peines atroces une espèce de gouverne • jansénistes , la Dubarry embastille les gens ment qui ne pourrait vivre sans elles. Voilà de bien qui osaient médire de sa scandalîeine pourquoi rinqoisition est toujours réclamée prostitution; il n'était ministre , fooctionpar les prêtres dans les pays où ils régnent naire , courtisan ou catin en crédit , dont le par eux-mêmes, ou sous le nom de «quel- lieutenant de police ne dût épouser les caque roi. priées , en mettant à leurs ordres des lois

Rome ', sous les décemviri^ punit de mort arbitraires de majesté, les écrivains politiques et les poètes satin- Mais , si la police est confiée à un ministre ques ; Sjrlla fit les lois cornéliennes ; César spécial , peu de temps s^écoule sans qu'on y ajouta la confiscation; Auguste, la loi n'applique les lois de majesté dans ceqa'etles Julia. Depuis Tibère , les empereurs multi- ont de plus cruel et de plus inepte. Ce ministèplièrent avec une si pusillanime tyrannie les re, créé pour découvrir des conspiratioiis, est lois de majesté , que cette accusation , dit contraint de prouver sa nécessité; aussi ks Tacite , devint le crime de ceux à qui on complots ne manquent jamais tant qu'U dure, ne pouvait imputer de crime. Les actions , Je ne sais quelle terreur environne lei les écrits , les paroles , les pensées , la non- princes : s'il existe , le ministère de la police révélation et le silence constituèrent des at- est toujours le plus important ; il entonre le tentats contre la majesté impériale; et le monarque de tant de vaines frayeurs, il Téprince , sa famille , ses amis , ses ministres y pouvante de tant d'inimitiés , de trames, de ses fonctionnaires , ses statues , ses palais , complots ; il lui révèle tant de secrètei meses effigies, ses missives, «es monnaies, étaient nées , lui parle si souvent de périls chimériégalement empreintes de majesté. Ces accu- ques , qu'il fait naître enfin une crâinle sations étaient accompagnées de supplices réelle , et que , par cette crainte , il règne préparatoires si odieux, suivies d'une mort sur le rois. Napoléon même ne putéchapsi cruelle , que les bêtes féroces même au- -per à l'ascendant de Foucbé. raient borreur de Tespèce Humaine , si les Les magistrats chargés de la vin^cte patyrans n'étaient la pire espèce des bêtes blique convoitent singulièrement les accuféroces, sations de majesté; c'est une large voie qai

En Orient, les lois de majesté furent conduit à la fortune^ ce chemin est sanglanti

également empreintes de cruauté et de mais il est court. A Rome , les honnean et

terreur. les richesses suivaient les sénateurs qui, pour

Dans les monardiies modernes, Louis XI, plaire à Tempereur , demandaient la vie et

Philippe II et Henri VIII , ressuscitèrent les biens de l'innocent,

toutes les lois romaines ; ils découvrirent Le chef de l'État et la sâreté publique

même des crimes nouveaux et de nouveaux sont le premier intérêt de l'ordre social;

supplices. tout acte extérùmr qui les met en péril

Nous verrons à l'ortide RisBuroH qu'il doit être réprimé par une justice prompte

existe en eflet des crimes de majesté ; înab et sévère.

les lois qu'on a publiées sur cet objet n'ont Les complots , les trames, les discours,

pas pour but de punir des actes coupables : les écrits , tant qu'ils nesont pas suivisd'use

les lois criminelles ordinaires y suffisent : action réelle, ne sauraient être atteints pv

elles veulent atteindre les hommes qu^on les lois de majesté. Ces lois les frappent c^

soupçonne et ceux que Ton craint, c'est-à- pendant ; mais qu'attendre d'une législatioo

dire qu'on veut punir par des lois ceux que qui commence à Sylla et qui finit à LouisS?

les lois ne sauraient punir. Depuis 1789 , on a vu un nombre efirajaat

A côté des lois odieuses des monstres ro- d'accusations de lèse majesté. L'acte exté-

mains , les rois modernes ont placé une in- rieur a toujours été reconnu , et le jugement

stitution plus fiomeste. que ces lois même. La du public a toujours sanctionné la sentence

police , utile lorsqu'elle veille^ la sûreté des du juge. L'accusation de conspiration na

lieux publics (voyeJsPoucB), devient efiroya- jamais été prouvée , et la police n'a jamais

ble lorsqu'elle est chargée de veiller à la se- paru étrangère à ces trames : elle ne pou-

curité du chef de l'État. Si le magistrat chargé vait en être complice ; il fallait donc que ,

de la police est un fonctionnaire subalterne, médiatement ou immédiatement, eUe eu

il met sa puissance arbitraire à la merci de fàt l'auteur. Ces complots , inconnus lorf

de tous les hommes plus en faveur que lui ; qu'il n'existe point de ministère de la policf ,

par lui, le jésuite Le Tellier emprisonne les sont fréquents sous son empire.

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