REPRÉSENTATIF - GOUVERNEMENT
( Politique. ) État dans lequel le peuple participe à la souveraineté par des députés qui le représentent.
C'est une forme du gouvernement républicain; forme dégénérée selon les uns, forme perfectionnée selon les autres. Les républicains pensent avec Rousseau que le peuple ne peut déléguer la souveraineté, et qu*il l'abdique du moment où il ne l'exerce point par lui-même. Les partisans de la représentation le traitent de gouvernement abâtardi qui proscrit les classes les plus influentes de la société , qui prive de toute participation à la souveraineté la noblesse et le Macerdoce ; et , sous ce rapport , ils lui préfèrent les anciens états -généraux, où tous les corps de l'État assista^ient par euxmêmes ou par leurs délégués. Les publi-
cistes populaires l'envisagent comme on piège tendu au peuple pour le priver de Pexercice de ses immunités; et voyant par les combinaisons électorales d'âge et de cens, )},ir les influences ministérielles snr la confection des listes, et par les fraudes du scrutin , qae le peuple n'est représenté que par les fonctiounaires publics, ou des hommes qui , par leurs titres, se séparent du peuple , ils pensent que toute représentation est exclusive de toute liberté. Les autres, au contraire, éprouvant une frayenr factice ou réelle des prétentions et de la turbulence de la démocratie , proclament que l'ordre, la paix, et la prospérité, ne peuvent exister que dans les combinaisons sociales où le peuple est puissamment réfréné. Pour eux, Mes bourgs-pourris d'Angleterre sont un archétype de perfection , et ces scandaleuses friponneries qui signalent quelques-unes des élections françaises, sont des moyens ingénieux pour mainlenîr la majesté du trône et la sûreté de TÉtat.
En 1789, trois partis parurent sur la scène : l'un , ne voulant aucune réforme , se refu&aità toute représentation ; l'antre, prenant l'Angleterre pour gouvernement-modèle, voulait importer de plein-saut le système parlementaire de la Grande-Bretagne ; l'Assemblée constituante enfln se détermina pour une chambre unique ; le Directoire essaya des conseils et se rapprocha du régime des États-Unis; le Consulat noua donna une image défigurée du parlement anglais et des tribuns romains ; l'Empire imagina deux assemblées qui , par une déception aussi bizarre que despotique, avaient le droit de voter les lois , sans pouvoir les discuter ; la Charte enfin nous rejeta dans le système insulaire.
Il a pour premier objet de détrpirfc toute influence populaire. Par le cens électoral , soixante-dix mille citoyens peityent seub élire les di pûtes , et ti>cnte-deux millions de Français rejetés dans un ilotisme politique , sont exclus constitutionnellement de toute participation au souverain. Par là cette espèce de gouvernement prendra difficilement des racines nationales ; et un esprit diiostilité , placé hors du cercle électoral , planeia toujours sur le pays. Le cens d'éligibilité a tellement restreint les cadidatures ; Page place si fortement les députés dans la dépendance des ministres , pour eux , leurs enfants, leur famille, leurs amis et Icur^ cl ions . que la représentation est conslita-