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et de Tarin ; voyez les obstacles qui s'opposent h sou introduction dans l'Allemagne; voyez les injures dont on Taccable en France depuis 1814<. et la ligne courbe de M. de Ferrand, et la marche rétrogadc et tortueuse de M. de Villèlc , et M. de Polignac regardant en arrière , et n'osant aller à ce qu'il regarde.
Les dépositaires du pouvoir pensent que dans le gouvernement représentatif il est possible d'établir entre le peuple et le prince un gouvernement ministériel. Mais pour aider les ministres à dépouiller à- la-fois le prince et le peuple , une majorité quelconque voudra toujours partager leurs dépouilles , se constituer en oligai'chie et gouverner par elle-même. Le maire du pal.iis voulut aussi administrer par les grands vassaux ; et les grands vassaux , après avoir constitué le gouvernement ministérieU se partagèrent en grands âefs le territoire; ensuite ils aidèrent le maire a chasser le roi , et Ton ne vit plus alors ni monarque ni sujets. C'est le gouvernement ministériel qui, groupant autour du trône l'oligarchie de rAogleterre, a fait du roi un grand pensionnaire, et fait vivre le bas peuple de ces petites pensions connues sous le nom de taxe des pauvres.
Il est une autre espèce de gouvernement ministériel : celle ci consiste n s'appuyer tantôt sur un parti, tantôt sur un autre; misérable jeu de bascule dont TAngleterre a essayé aussi long temps qu'elle l'a pu , et passant tour h tour des wighs aux torjrs , présentait une versatilité de principes qui à tout ce qu'il a d'immoral dans un pays insu* Uire, ajouterait tous les périls dont un défaut de système environne les nations con-.
tinentales. Ce Walpolc , qu'on appela le père du despotisme, et qui n'était que le père de la corruption ; ce Walpole , qui connaissait le pri.\ de tous les hommes, parce qu'en effet il en avait acheté un grand nombre, n'ajouta rien aux prérogatives royales.
Seulement il apprit aux hommes qui cherchent à se vendre , à s'ameuter autour des ministres qui veulent les acheter ; et cette avidité corrompue qui va chercher la faveur corruptrice, peut bien prolonger l'existence ministérielle d'un homme , mais nesaurait constituer un système de gouvernement durable.
La France, imitatrice par instinct, posséda plusieurs singes de Walpolc, caressant tourh-lour les royalistes qui ne voulaient pas de charte, et ccu.\ qui Tadoplaicnt; les bona-
partistes qui se pliaient à tous les systèmes ^ moins la dynastie-des Bourbons; les contti* tutionnels qui voulaient le trône avec la liberté , et les républicains qui voulaient la liberté sans le trône. Les amis qu'ils avaient caressés la veille, devenaient, on ne sait pourquoi, leurs ennemis du lendemain. Si leurs alliés du moment ne formaient pas une majorité complète , ils cherchaient vile parmi leurs adversaires quelques plates vénalités , et n'arrivaient à celles qui coûtent cheV qu'après avoir épuisé le bon marché; car les voix que ne connaît pas la tribune , se comptent également au scrutin.
Je le demande à tout homme de bonne foi , qu'a produit ce système de bascule , et qu'a-t-il établi? Si j'en excepte la corruption, qui s'est assise sur une large base, que voit-on autour de nous de stable et de fixe ? Sait-on ce que veut le pouvoir, ce que désire le peuple? Quelle théorie conduit celui-lh? quelles espérances conçoit celui-ci ? La charte même , pacte fondamental , n'estelle pas chaque jour menacée dans son essence ? Les uns ne veulent-ils pas usurper la liberté au nom de la prérogative ? Par an juste retour, les autres ne voudront-ils pas confisquer la charte au profit de la liberté ? Dans les assemblées démocratiques d'Atbt^nes , a-t>on jamais parlé d'exhéréder les magistrats? Dans le sénat romain, a-t-on opiné pour déshériter le peuple ? Lorsque , à Londres , à Paris , à Stockholm , en Hollande, en Suisse,, on mit aux prises les diverses utopies politiques , les résolution»
suivirent ces débats. Lorsque Ton examine l'utilité, l'opportunité, la légitimité du pacte fondamental , le doute suit l'examen , la foi politique disparaît , et les bouleversements suivent le doute. Au hasard de ces cataclismcs, on. dispute sur l'existence sociale, comme dans nos écoles métaphysiques sur une fantastique subtilité. Ce n*est pas ainsi que les peuples se gouvernent, que Tordre s'établit , que la paix se fonde. Après dix ans de république, quinze ans d'empire, seize de restauration, nous voilà revenus aux espérances , aux craintes , aux tâtonnements de 1789; et nous joutons d'esprit et de vanité sur ce terrain , sans nous souvenir de ces quarante ans de conflagration q^ l'ont bouleversé , de ces foudres qui , tombant sur tous les partis , eu frappèrent toutes les sommités. Débris échappés à tant de naufrages , nous appelons encore les tempt'lcs avec l'aveugle sécurité de œux qui
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■'ont jamais ijaitté le p«rt. Noat «vom vu ét9 uiBMtèrei , OBùvres da diettMnge «t «te rincapacité^ detcemlre a« nétiar de fo«§- »akc dabs lea listet d^électèurs , se vatiler de cet fnudes électorales ^ c{ui soHaient du tcmliD le nom de candidats qu'on n'y avait peint dépoté ; noet avons tu det ordetinan* ces motivées snr le scandale des éieclions , sur l'imponité deft sentence» de la magistrature ) BOUS avons vu des journaux * payés par des ministres ^ proclamer que la royauté M pouvait plus marebcr dan» leii entraves parlementaires ^ ot qu'il importait d'en Hnir avec le système représentatif. D'oà vient cette aveugle et ombrageuse turbulence?
De quelques chétifs démêlés entre les mini strès et la majorité. On ne voit pas qu'audelà même d^une représentation , qui n'intéresse guère que cent mille familles , il existe trente^deux millions 4e Français, dont on ne comple ni la Voix ^ ni le vote « ni les répugnsDots , ni les désirs ^ et dont Topinioù sera d'un effroyable poids ^ si jamais elle entre dans la balance. On ne voit pas que notre forme de gouvernement est éminemment aristocratique : noblesse d'épée, He Tnbe ou de êe''é , rieot hambret ou fwttidênti , cfiapenux f guelfft ou tory», peu Importe; c'est toujours trente deux millions de citoyens gooremés par cent mille famillea , et déshérités de toute participation au gouvernement. Lb féodalité de Charlemagne et de Hugues Capet ne se réduisait pa^i 2i un aussi petit nombre, et la noblesse de Henri IV et de Louis XIV ne livrait pas la France à une aussi faible minorité.
. T/aristocratie représentative a chex noua un vice qui m'effraie : pouvoir du liberté ^ elle ne peut rien ni pour Ton ni pour Tan tre. Il faut en déduire d'abord tout ce qu'on peut appeler noblesse , et celle qui a repris Bet titres , et celle qui a conservé les siens , et celle à qui on en donne chaque joqr : ces vains titres, privés de droits réels et de privilèges honorifiques , ne sont plus que des sobriquets ridicules par leur contraste de néant et de vanité, fâcheux parce qu'ils luttent sans moyens de défense contre cotte fièvre d'égalité , maladie épidémique des États où la civilisation est très-avancée. Il ne reste que la ]iQirie, haute et nécessaire magistrature , sans laquelle tout balancement de pouvoir est difficile et périlleux.
Maia « dans un pays d'amour-propre et de ▼anierie , que peut éire une pairie qu'il faut pensionner pour qu'elle puisse vivre? Que Tome 19.
peuvent des pairs que nous avens vus sortir pareoisanteeltoiMDte seioe des bancs muets 4e la chambre élective et A99 fauteuils asservis des salons ministériels? Quelles sont leurs racines? quel est leur pouvoir? qcielle peut être leur influence d'illustration , de richesse , de popularité ? le sais ce qu*ett U chambre haute d'Angleterre : elle efanssa la maison des Stuarts ; elle appela la maison d'Orange ) elle gouverne la Grande-Bratagiie,elle règne àur ses colonies, elle potsède les deux tiers du territoire « et la moitié de* ea pi taux du monde sont devenus sa propriété. De U son ateendant sur le prince et le peuple. Mais , en Franco , que peuvent nos pairs sur la cour qui les fait vivre , snr la nation qui ne lea connaît pas? Créée par des ministres qui cherchaient des majorités, ouverte à tous les ambitieux que leur incapacité fait tomber du ministère < la pairie constitue un moyen de gouvernement ministériel ; mab elle est loin encore de ce que devrait être l'aristocratie dans un gouvernement représentatif, assex populaire pour préserver la monarchie des attaques de la démocratie , assex puissante pour préserver le peuple de usurpations de la cour.
Mais si les uns exagèrent les anxiétés du pouvoir, les autres prennent è tâche de grossir les craintes de la liberté. Au-'dessus des journaux , des pamphlets et des chambres , plane une puissance inconnue : C'est la néaesaké nmtiotuiU, qui, comme le yàUcM de l'antiquité, se rit des querelles et des prétentions des grands et des petits dieux.
N'en déplaise h Montesquieu , le gouveme* ment représentatif n'est pas né dans les forêts de la Germanie , comme un g«i sur «n chdne d'outre-Rhin ; n'en déplaise à nos anglomanes , cette crénHon ne fut |ias conquise par l'épée séditieute des barons d'outre- Manche. A la chute de la servitude et de la féodalité, ce gouvernement s'établit comme le résultat nécessaire de la nature des choses, comme la néaestiié, X^Jatmliu* de l'époque.
Pour lutter contre les seigneurs , les rois eurent besoin d'une armée permanente et d'argent pour la payer. Pour soutenir la même hitle, les peuples ne purent se passer de.
chefs, d'ordi'e et de force. Il fallait aux uns des impôt5, aux autres des libertés : de là les assemblées délibératives. DeTimpossibi* lilé do réunir tout un peuple pour délibérer, naquirent l'élection et la représentation* Les rois , les peuples n*y firent rieu : tout se ^réa de soi-mèine , et la force de
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choses a tout fait Le peuple octroymit Vimpâi , que le monarque recevait avec gratitude : le monarque octroyait ia liberté, que It peuple acceptait avec reconnaissance.
De nos jours , la nécessité de faire respecter le pouvoir royal à Fintérienr et à rétranger , établit la néeeisilé d*une armée immense. Le luxe des cours et Tavidité des courtisais établissent la nécessité d'énormes richesses ; ces nécessités à leur tour créent la nécessité de Timpôt et de Temprunt. Or, ces nécessités ne peuvent être satisfaites sans le concours de la nation ; donc le gouvernement représentatif est la Jatalàé de Tépoque : nul ne peut sy soustraire ; peuple ou prince , usurpation ou légitimité , il faut s'y résigner ou mourir. L'alternative est fatale.
Ce n'est pas certes qu'à une époque de paix et de prospérité , le gouvernement ne puisse briser ces entraves parlementaires; mais Tusurpation ne saurait être de longue durée : du moment où le bien-être disparaîtrait, où la tranquillité serait troublée au dedans et au dehors, que ferait le roi d'Angleterre avec ses vingt millianls de dette et ses quinze cents millions d'impôt? le roi de France avec son milliard d'impôt et ses aept milliards d'emprunt? Qui ne pourrait prophétiser Wssue ^e cette crise? La Grande- Bretagne, où Tanstocratie. domine puissante et compacte , passerait à l'état de Venise après le sentir di consigtio. La France, où, par la nature des choses , les propriétés sont très-morcelées , les illustrations trèséparpillées ; où la dignité des uns , la position des autres , la vanité de tous , rejettent ou ridiculbent toujours les supériorités factices et souvent les supériorités réelles , ne retournerait pas certes à la démocratie populacière de Robespierre, Tépreuve en est fuite : mais le système républicain des États-Unis , leur gouvernement à bon marché , leur liberté politique , leur égalité lér gale , leur prospérité croissante , qui déjà trouvent des admirateurs et des évan gélules, uniraient par prêter à la nation l'appui protecteur de leur garantie. Cette lutte, commencée par la monarchie, unirait contre la monarchie ; et comme il est impossible de croire à la folie ou à la cécité des princes , il est intempestif d'effrayer les peuples de terreurs sans cause , par la seule raison qu'elles sont sans objet.
Ce n'est pas que le ministère ne puisse imaginer quelque mode d'obtenir lîropôt
avec das formes moins hostiles an pouvoir, mofins favorables k la liberté. Les Girooditts, pour détruire la centralisation da despotisme populaire , imaginèrent Xefidénliême; ils voulaient établir, sur six oa sept points du pays , des centres de résistance.
C'était renouveler au profit du peuple ees grands fiefs que la féodalité avait créés sa profit de l'oligarchie. Si les Girondins eussent possédé une activité égale à leur géaie, la république une et indivisible aurait cessé d'existei* ; et la France, paHagée en petits états républicains , ayant leurs assembléei délibératives , leur vote de l'impôt , leur milice , eût , comme les états de l'union américaine , vu tomber sans effort l'efAroyable dictature dont Robespierre s'était investi.
Mais qu'un ministère royaliste , trouvant la royauté établie une et indivisible } imagine de détruire l'unité, de tliviser les pcovoirs , d'établir des centres d'hostilité et des centres de puissance où un fonctionnaire délégué, miier-ego du prioee, fantôme de sa puissance , viendrait , comme une ombre de monarchie , lutter dans des assemblées dont les membres, placés au milieu de le^r pays, entourés de» indiridus sur lesquels s'exerce leur iufluenoe, représentans de toutes les impressions locales , de toutes les individualités , ne pourraient trouver de pouvoir tpii put faire équilibre avec eux , cette idée bizarre , quel que fût le ministre qui la conçût , perdrait infailliblement b moDardue.
Le» députés, plus avares au milieu de localités nécessiteuses , ne voteraient llmpôt qu'avec une indigente parcimonie ; leur hostilité morale , appuyée sur la force physi^ du pays, en deviendrait plus redoutable; ^et la monarchie qui , entourée de sa majesté, de ses corruptrices séductions , de ses armées et de ses finances , éprouve quelque géue pour résister à une seule opposition éloignée de tout appui ; cette mou^irchie le divisant pour lutter dans cinq ou siiC assemblées différentes et éloignées , contre une représentation dont elle aurait accru Fiafluence et l'autorité , verrait bientôt des états usurpateurs ae partager ses dépouilles, et des fiefs populaires succéder aux fieCi de la féodalités
Dans rétat actuel, trente millions d'individus ne participent à la représentation qu« par leurs doléances qu'expriment Itsf^ tions et par leur opinion exprimée par U presse : or « dans l'état de défaveur où se trouve la liberté de la presse et le droit de
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pétiliOQ , on p«ut dire que ces citoyens ftont exhérédés.
Il j a mienx : parmi les cent mille familles électorales qui concourent réellement au goayemement représentatif, la plupart appartiennent à Toppotition; et quelle que soit la couleur, quelle que soit même la nuance des opinions , on peut dire aussi que tout ce qui est au dehors de ces majorités factices créées par les scandales électoraux , ^ ne participe en rien au système du gouvernement.
On peut dire encore que le gouvernement représentatif, tel qu'il est organisé, n'exprime nécessairement ni Topinion de la nation, ni Topinion des familles électorales. Il faut donc laisser de câté toute appréciation de principes , se refuser de lei appliquer à lin ordre de choses qui les repousse , et les coordonner sans acception de lieux et de temps.
Dans tout système représentatif, la source et la légitimité des pouvoirs vient de Télection.
Ce gouvernement étant une image de la république dénaturée au profit de la monarchie , doit étendre Télection autant que Texigc la liberté , et s-^arréter seulement là où pourraient commencer les périls du pouvoir.
L'élection doit être vraie et complète; c^ett par Ih seulement qu'elle peut être Tcxpression réelle de la volonté des électeurs.
Le système électoral doit embrasser autant que possible la totalité des citoyens ; c*est par là qu'il est Texpression des vceux de la nation.
On voit déjà qu'il est impossible de concevoir un système électif sans embrasser le pays tout entier.
liais il est possible, et dans les grands pays il est iàdispensable d'échelonner le gouvernement représentatif et d'établir une hiérarchie électorale , sans créer des privilèges aristocratiques , même sans trop blesser régalité républicaine.
Ici le système électoral s'agrandit , et il embrasse toutes les autorités où le peuple a besoin de faire entendre sa voix , parce qu'on y ducute ses intérêts.
Ainsi , en adoptant le cens , non comme mode nécessaire, mais comme an moyen facile d'établir les catégories électorales , on pcat échelonner ainsi le système : tel impôt déterminé forme la classe des électeurs qui
concourent à la nomination des sénateurs , dans les pays où la pairie est éligible ; un cens moins fort indique les électeurs de la chambre des communes ; un cens moins considérable encore constitue les électeurs des conseils de département ; on diminue l'impôt pour les assemblées d'arrondissement ; on l'amoindrit encore popr les réunions cantonnales ; et Ton parvient enfin, dans les élections des municipalités , à une taxe tellement chétive que presque tous les possesseurs de terre se trouvent citoyens , presque tous électeurs , presque tous membres d'un gouvernement représentatif qui , n'étant plus alors un système de défiance et d'éxdusion, devient très-réellement l'expression de l'opinion publique, de la volonté nationale, donne à la loi une sanction universelle, et au prince une force véritablement composée de toutes les forces du pays.
Les catégories d'éligibilité s^échelonnent' dans le même ordre , et de telle manière que l'électeur de l'assemblée supérieure est éligible dans toutes celles qui suivent.
Or, par ce système ou tel autre analogue, car c'est un exemple et non un type que nous avons ofiiert , le gouvernement représentatif s'enracine dans la nation ; il vit sans qu'on puisse calculer ni sa vitalité ni i|a durée. Hors de là, n'intéressant personne à son existence , personne ne s'intéresse à lui. Lorsqu'il a besoin d'un appui, il appelle le peuple , et le peuple ne répond pas à l'appel ; lorsqu'on le cherche lui-même au milieu du péril, on regarde , et on ne le voit plus. Napoléon, maître de l'Europe, a reculé depuis le Tage jusqu'aux Pyrénées , de la Moscowa jusqu'au Rhin, de toutes les frontières de son empire jusqu'au palais de Fontainebleau , où il est tombé captif. Que fit cette France pour l'homme qui depuis quinxe ans la fanatisait d'orgueil et la rassasiait de gloire? Quelques mois après sa chute, cet empereur, retombé capitaine , traverse seul la France, et la légitimité disparait devant l'épée d'un soldat. Que fit encore la France pour cette famille de rois qu'elle venait d'accueillir avec tant d'allégresse et d'amour? quç fit-elle enfin pour le guerrier qui n'a pas le bonheur de mourir à Waterloo , qui abandonne son empire en fugitif, et va mourir sur un rocher désert dans la lente et cmelle agonie d'un grand homme qui croit survivre à tout , même à la gloire? Le pays est demeuré tranquille au milieu de ces grandes catastrophes; il voyait bien
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qoil M »'âgi«$aik pat d^ li|i, c( qu'il a'étfiit pour rieo 4^n» ce^ icrrib}ps dc^sM .
L^ république, au contraire, i|vait eu le gr«iui art d'associer la ji^Mqq à #e# d«st^^ Qcesi elle iipprovisait diti «rm^esi e^ )es Français, laissant Us crinç» à quelques démagogues en fureur, yolaient, avec une ardeur inconnue aux plus lie^u^ jours de l'aptiquilé , défendre le pajs pa^out pm U p9>s cUil attaqué. Toute comparaison entre ces gouvernement* serait un outrage. Pourquoi cependant fait-on pour celui qu'on abborre ce qu'on refuM de faire pour celui qu'on «dmire, pour celui qu'on nimeî N'est-ce p^s seulement que la Frapce étunt admise ii participer ^ un sjrsl^me, t^dis qu'elle ét»it exclue dea autres , son propre intérêt Ta portée ^ Jonner k oelui-U le^ secours qu'elle refusait à eeu»-fii ?
Il est donc vrai de dire que tout gouvernement eprésentatif doit esseoir la représenta^ tioQ 4ur de lerges bases, et qu'il ne peut se dire nationiil qu'autent que U nation, partiel* pa9t à s« souveraineté , e<t intére**^^ i^ «on
existence*
Cependant ce qui 9 déterminé |e« formes spéciales du gouveruen^ot repréfonlatif en Europe ^ c'est, ï\ hut en convenir, U haine OU la crainte de la démocratie j et partout on a tenté de lafiTaiblir.
*lci on interdit I9 souveraineté k «ne per* tie des ciV>y ens { et comme les propriétés que possèdent les riches «ont des otages de leur s^umif^ion . c'ef t «ur |a pauvreté que pète linterdictipn. AuMpaler exclut douze mille des plus pauvres Athéniens des essembléet du peuple; en France, trente millio«s d'inr dividus sont privés de tout droit électoral
Là , la manière dont on divise les élecv tions et dont 00 recueille les «uffragês , est elle feule une frauda politique : selon que les Romains se réuui)FS4ient en comices , par curie , par centune ou par tribu , le peuple ou le sénat était sâr de la victoire- Nous avons des grands et des petits collèges qui offrent la mémo alternative. L'Angleterne a des bourgs-pourris. Je ne dis rien de ces fraudes par lesquelles on contreipt l'électeur h voler pour tel candidat t à écrire son vote sous l'oeil du président; je ne dis rien en* core de ces jongleries de faussaires par lesquelles des bureaux lisent sur les bulletins il^s noms qui n'jr sont pas inscrits,
Ailleurs, les représenl9nts ne font qae de simples maudgtsires ; chargés d'un mmdgt»
ils sont contraints d'en remplir toutes les clauses , et les électeurs conservent le droit
d'approuvé? ou de censurer leur conduite.
Créée jadis pour l'aristocratie financi^Fe 4^
la Hollande, cette for«pe de gouyerneeaent est trc>s-sage; le peuple même y parle par 1 organe de ses représentants. Ce n'es^p^e , certes, la république, puisque le peuple absent ne saurait imprimer un sceau ne- 'fion^l %n^ décisions de ses mandataires; mais^ les représentants ne pouvant dire que ce que le peuple leur « dicté, cette forne de gouvernement est presque républicaine.
Partout enfin le système électoral est cpiabiné de omni^e A effrir les chances les plus favorables aux fonctionneires seburiés 4a gouvemenient : de UUe sorte qne cewx-là votent riinp4t qui vivent de l'in^p^ Aveu* gléinent Assujétis aux ceprices du princi?, par U peur de perdre des pbices ou par Tes* poir d'en obtenir* ils forment pour ainû dire on honimf double ; le dèpnté rtffd no ministère llntcgrité du magistrat, et le ma^ gistrat conserve ou améliore SUU emploi P*^ la vénalité du député.
C'est ainsi que tout système représeutsitif est exclusif de U défnocratie, et n'offre qu'une aristocratie élective, s'alliaot ^ 1>- H^tQcrofie hérédi^re pour former les conseils dcUbératifs de la monarchie.
Les formes aristocratiques deviennent en* core plus saillantes lorsque la généralité des citoyens est privée du droit d*é1ire ; lorsque les titres , les pUces , la fortune donnent seuls la quali^ d'électeur; lorsque tons lee électeurs n'ont pas un droit égal k l'élection; lorsque existe une classe privilégiée dans laquelle on est forcé de chçisir (es cfttuJidats; lorsqu'il eûste plusieurs das^ef d'éligibles, plusieurs degrés d*éligibilité ; Ipraque l'élection doit être sanctionnée par les cprps aristocratiques ; lorsqu'enfin les ^us ne sont que des candidats présesijtés eu eboix du mpnsrque.
Le gouvernement repr^eubitif s4ovs ^ est plus que loqibre du gouvernement républi, caiut et cette ombre effraie encore les princes les plus forts. P^apoléon proscrit le drpi^ de discussion; les membres votent) et lee Q^ps ne délibèrent pas ! Muets façonnés aux mœurs du «êreil t ^^ législateurs fi^n^ des lois ^ coups de boulps , et çoeaifse on joue aux dés , sans que des lun>ièref vî?*}^ puissept éclairer leur esprit et guider leur con^ciencet L'Angleterre, ^m* ^^çîant^ mais plus ImVile , e^^clut par Tstli^ce de see élections et U bonté de ses bourgs-pourris , 1^ démocratie de la chambre populaire. Ce
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Bc tout pas les communea qui réf iftenl «ii corpf aus miurpsUoiM «le l'aristocnikie, ous envahissements dn monarqaey mais une minorité que Ter ne peut séduire, que le pouvoir ne peut intimider { cette opposition seule embrasse la défense des libertés pobli* ques ; seule elle représente le peuple anglais ; seule elle lutte contre la puissance , nen par sa volonté , le petit non^bt^ $*j op<> posa , mais par Tapput de l'opinion générale, par le force des prinoipet , par l'éclat d*une patriotique éloquence.
Cette opinion publique 9 sur laquelle •*appnie Toppot iliôn , a été jusqu^à ce jour bûierremént traitée : reine des ËtaU eepréaentatîfs selon les una , séditieuse et criminelle selon les autres , on Tencense , .on l'ontrage, et personne ne la (connaît encore. Daps les républiques , il ei t aisé d'apprécier l'opinion des divers corps de TÉtat. 8ur le Mont-3acré , la révolte signale celle du peu* pie ; au forum , le sang des Grecques; sur le roc Tarpeiep , les membres épars de Man* lius , prctclament celle du sénat. L'ostincisme indique l^s craintes qu'iospireqt les grands citojreos et leur influence d^nt Alliénes. En Frapco , les )ois, les ordonnaqce^, la pr^MÇt qianife«jt£p( Topimon des princes « def m^ niatres, des-m^goriM^s par|eineiilaircs. Dm haut de 1^ tribune , ççHe des iDÎfipri^és desceod d^ps tous 1^^ rang^ de la société ; et tgut çc)a çepeadapt n'est pas encore l'ppir nion publique^ C'est cUe qui , dans la cb^m* bre de 181$ , soutient le seul député dont la yoi]L se fit entemlre en faveur de )a justice et de rbuviaïkité; e\U préio son appui a ce4 douzo omteqrs qui , sous le ministère Viilèle 9 osèrent, contre trois cepts vénalités , défendre le$ liberté» dM pey» et Thunneur de la natiop. Qu'est-ce dope que celte puisseoce ipcoiMipe, invisible 1 qui arrêta la terreur de 1813 ,• qji^i ^^ ton^ber le ministère de sept 9PI I ot 8QU9 le poidf dt^ laquelle 1« ipinislére Polignac cliuncelle maigre ses ap^ puis? Pf avpps-nous pas vu qu'en debors du rouage représentatif, il eiiftaît trept^rdenz millions d'individus? Ne voyons-pqiif pai qu'on traite de leuri int^ré^ sans leur copcours? Ils ne peuvent , cpu^e les élç<;Mrs , comme (es élus , se défepdro , se prptéger per leur propre volpp^,* leur yoiz, qui pe sort d'aucun soruMOs ^e^t d'aucun poids dans la balapc^ poU^q^e, Pr , les ^onapies qui ne pcMyept pi^nifester lepr volonté, j»euvept du puiips e»pripier leur opiuion, Voil^ pourquoi, à ^té de l'opiniop des mi-
nistres et de celle des majorités,, retentit celle du peuple. Une voix qui trouve trentedens milliuns d'échos , est nécessairement une puissance souveraine ; comme elle est la force morale suprême , toutes les forces physiques se brisent devant elle. La presse, les minorités ne deviennent redoutables -que lorsqu'elles sont leur organe fidèle. Elle se seK de iCê adulateurs ; elle se rit de ses adversaires, Seule devant survivre à tous, patiente parce qu'elle est étemelle, elle attend son triompbe , e«. son triomphe est certain.
Le fanatique qui rczagère est un fou ; le ministre qui la dédaigne e<t un sot. Le despotisme 9 dit : a la voix du peuple est la voix de Dieu;. Topiaion est la "reine du monde. « Et ce que les princes ont reconnu dans leur autocratie, les papes dans leur infaillibilité, quelques aveugles peuvent ils le méconnaître 7 En créant le gouvernement refurésentatif « ce fut un malheur de créer l'opinion publique, et de la créer si redoutable. 8i , par les lois orgapiques , on eût constitué les petites représentations dépar»
tementales et communales; si chacun eét pu , dans une hiérarchie politique sagement combinée, se protéger par sa volonté, personne n'eût eu besoin de se protéger par sop opinion ; et la voix publique eût perdu tout ce qu'ciie a d'ombrageux , d'insultant et dhostile; au lieu d'épouvanter par ce qu'elle peut avoir d'effréné , elle eût servi d<e frein à la représentation nutioqble mâme.
Car, il ne faut pas s'y méprendre , sous un prince fort , la servitude des représentants ^fait pitié} elle fait horreur sous Jps princes faibles. Alors les représentants pensept être le peuple même { ils revendiquent la souTCr raineté , gouvernent l'État , placent le prince sous leur tutelle ; ils imaginent des copAtilu* tiens , changent la forme de l'État, exilent t proscrivent, condamnent les plus dignes citoyens ; excluent les princes du trône , et usurpent même le droit de les accuser , de les i^ger, de leê condamner. Si l'Angleterre et lî» France eussent complété et coordonné lenr système représentatif, ces horreurs n'eussept jamais souillé le pays.
Mais , coipme nous Tavons dé}îi dit , 1 Angleterre est le pays-modèle des gouvernemants représentatifs. Il e<frayaii^ pen 1^ PlantageneU, les Tudori, les Stnarts : ih espéraient des événements peu proba);>lçs , mais possibles, qui leur livreraient eelft^ forme politique ; ils esitérgient iotlpiider U faiblesse, sédnire l'ambition , eorrompr^ h
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vénalité ; ils oot essayé Tor, la ruse , la force* Charles I*'/ laissa la ne; Jacques II jr laissa le trône. Toute tentative usurpatrice a échoué; Fane était tardive, Pautre prématurée. Rien n*a réussi ; le succès même n'j pouvait être durable, car les moyens de corruption s^usent et ruinent les corrupteurs. Cet espoir perpétuel d*envahbsement futur a seul empêché qu'on n échelonnât le système représentatif, et qu'il ne descendit jusqu'au peuple. Devait-on rendre populaires des libertés qu'on vouloit envahir î
Aussi , cette représentation , née du système féodal, serait-elle impraticable chex un peuple qui , avec Pénergie. de la jeunesse, la conscience de ses m<)eurs, de sa force, de 8011 patriotisme, de ses droits, de ses devoirs, voudrait jouir d'une liberté dont il serait digne ; mais il .est admirable chez ces nations civilisées que la mollesse, la corruption , Pavidité, Pégoïsme, ont dès longtemps énervées : les rois s'y reposent sur leurs ministres ; les peuples , sur leurs représentants. PAois.
REPRÉSENTATION, f^ex REPais»»-
TATIF-GOCVKBBBMBIT Ct SUCCBSSIOV.
REPRODUCTION. Voyez Aiimal, GiviRATiojr et ViciTii..
REPTILES {Zoologie.) Animaux qui composent la quatrième classe des verte»
brés , et dont l'étude est le but de VerpétO' logie, {Voyez ce mot.)
Créatures dressais , s'il est permis de s'exprimer ainsi, et formés , comme on le verra tout à l'heure, sur divers modèles, en des &ges différents- de la création, les reptiles devaient porter dans leur ensemble certains caractères disparates communs à d'autres séries d'animaux très-différentes , comme pour en établir la liaison : aussi voyonsnous que , malgré les analogies qui ne permettent pas d'éloigner les nns des autres , dans une méthode naturelle, les reptiles qui sont demeurés nos contemporains, il n*existe' guère entre ceux-ci de ces gf ands caractères communs qu'on voit dominer l'ensemble des autres classes , et les asservir pour ainsi dire à des types assez bornés dans leur physionomie générale. Ainsi^ quand la plupart des reptiles sont ovipares ^ Û en est qui produisent leurs petits vivants. Les uns ont quatre pattes , comme la généralité des 'mammifères ; d'autres deux seulement, quand les serpents n'en ont pas du tout. Ceux-ci ont le corps couvert d'écaillés , ceux-là d'une boite ou de boucliers osseux. Les batra-
ciens Pont nu, avec la suiface de la peau muqueuse. La plupart ont une qneue ; d'autres en manquent absolument. Ils vivent sans cesse dans Peau , ou seulement , seUm leur &ge , à certaines époques de leur développement^ ou bien ils fuient l'humidîté, se plaisant dans les expositions les plus sèches. Quand la moindre lumière fatigue le protée, et que l'ombre est favorable à beaucoup d'espèces, les rayons du plus ardent soleil semblent ranimer divers lézards. Outre qu'il en est qui marchent , rampent 9 sautent ou qui nagent , il en est qui Tolligent à l'aide d'espèces d'ailes. Qn en connaît de fort venimeux et de parfaitement innocents, de féroces et de familier», de carmvores et d herbivores , d'agUes et de lourds, d'élégants et d'horriblement laids, d'ongulé et de totolement privés d'ongles , de muni»
de denU et d'autres qui en sont tout-à-fait privés , de bons à manger , et certains qui ont la chair détestable. Enfin , les nns naissent sous des formes qui ne font que se développer en grandissant, sans s'altérer beaocoup ; d'autres , sans qu'ils cessent jamais d'être des reptiles , sont sujets à des mues ou changements de peau , comme on en voit chez les chenilles ; tandis qu'il en existe qui passent par des métamorphoses aussi complètes que celles des insectes , étant , pour ainsi dire , poissons durant une partie de leur existence. Le squelette y varie particulièrement d'une manière étrange.
«C'est surtout dans la production de»
reptiles , dit le grand Cuvier , que la nature «semble s'être jouée & imaginer les formes les plus bizarres , et h modifier , dans tous les cas possibles , le plan général qu'elle a suivi pour les animaux vertébrés. • L'absence de plumes et de poils est la particularité qui les singularise peut-être le mieux; et c^esl d'après cette considération que M. Blainville proposait de substituer le nom de mtdipeUiJ^ret k celui de reptile». Il n'en est pas non plus qui couve ses œufs , ou témoigne le moindre intérêt à sa progéniture. Privés de mamelles , et conséquemment de lait , les reptiles ont , comme les poissons , le sang fVoid, quoique rouge , et ceci tient à la manière ddit s'exerce dies eux la respiratioii. « Ces animaux f dit encore M. Clavier, ont le cœur disposé de manière à ce qu'à chaque * contraction , il n'envoie dans les poumons qu'une partie do sang qu'il a reçu de» diverse) parties du corps , et que le reste de ce fluide retourne aux parties sans avoir été
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respira. Il en résulte que Taction de Toxigène sur le sang est moindre que dans les mammifères, et surtout que dans les oiseaux.
Comme c'est la respiration qui donne la chaleur au sang , et à la fibre la susceptibilité de rinnervation , outre qu'ils ont le sang ûroid , les reptiles n*ont pas la force musculaire très-dévdoppée; aussi n'exercent -ils que des mouvements de reptation ou de natation ; et quoique plusieurs sautent et courent Tite dans certaines circonstances, leurs habitudes sont généralement paresseuses, leur digestion lente , leurs sensations obtuses 'y et dans les pays froids ou seulement tempérés , ils s'engourdissent presque tous durant rhiver. « Leur cerveau, proportionnellement très'petit, ne parait pas être aussi nécessaire qu'il l'est chez les mammifères ou chez les oiseaux, à l'exercice des facultés . animales et vitales. Les reptiles continuent d*agir durant un temps assez considérable quand on le leur enlève. On connaît Texpé* rience de Redi, qui, ajrant extrait cet organe chez une tortue de terre, celle-ci vécut encore pendant six mois , sans avoir éprouvjé d'autre accident que la perte de la vue. On saitaueai que des grenouilles, à qui Ton avait coupé la tête durant laccouplement , n'ont pas cessé de poursuivre l'acte de la génération, en fécondant jusqu'à la tin les œufs qu'émettaient leurs femelles. Enfin des salamandres, auxquelles on avait fait la même opération , ou cou|>é les pattes^ ont reproduit ceii parties d'elles-mêmes pourtant si importantes , comme les lézards et les orvets reproduisent leur queue quand celle-ci vient h leur être enlevée par quelque accident..
Comme il n'est , pour ainsi dire , pas de formes qui soient communes à tous les reptiles , et que les habitudes sont la conséquence des formes , ces habitudes varient considérablement , non-seulement selon les ordres , les familles et les genres , muis en> core selon les espèces ; elles sont en général, solitaires, tristes et suspectes. Aussi les reptiles inspirent en général une horreur profonde, d'ailleurs motivée par le venin dont plusieurs sont munis. Partout on Irs redoute ; mais cette terreur qu'ils inspirent, et qui leur attire une guerre acharnée de la part des hommes , leur valut quelquefois des autels , comme nous l'avons raconté en parlant des crocodiles, et comme on le verra quand il sera question des serpents.
Le nombre des espèces des reptiles augmente vers l'équateur, où l'élévation de la
température supplée pour ces animaux à la chaleur qui ne leur vient point de la circulation ^ ils y sont d'ailleurs incomparablement plus grands et plus agiles ; ceux qui ont du venin l'y possèdent dans toute l'énergie propre à ce singulier moyen de nuire. C'est jusque vers les tropiques, même un peu au-delà , et non loin de la ligne , que se voient les crocodiles , les tupinambis et les boas , véritables géants entre les races rampantes. Là sont aussi les cérastées el les najas , qui sont les plus redoutables des vipères. C'est toujours dans les zones chaudes , soit à la surface des terrains arides , soit dans la bourbe des marécages , soit enfin dans l'étendue des mers tièdes , qu'on rencontre les plus grands des chélotiiens ; il paraît qu'il n'existe de ceux-ci ni d'eau douce , ni de terre au-dessous du 46» degi*é nord.
Quant aux reptiles fossiles, nous nous bornerons à remarquer que c'est ^utre les chéloniens ou tortues , les crocodiliens , les sauriens et les batraciens , qu'on a découvert les plus reconnaissables. Ce qu'on avait regardé comme des serpents pétrifiés au temps où l'anatomie comparée n'était pas une science, s'est trouvé n'être que des empreintes de poissons aûguiformes ou de cornes d'ammon. Il n'y a de constaté en fait de restes d'ophidiens, que quelques vertèbres isolées qui se sont rencontrées dans les brèches osseuses des bords de la Méditerranée, avec des restes d'animaux dont les analogues vivent encore à la surface du sol qui sert de tombeau à leurs devanciers. Les couches les plus anciennes qui nous offrent des débris de reptiles , appartiennent à ces formations de calcaire compacte que plusieurs géologues ont appelé /f^ivriM^ue , ou calcaire à cauemea, La formation des schistes métallifères en présente aussi. La craie surtout en contient de parfaitement caractérisés. Le calcaire à cavités n'a guère offert encore que quelques restes de tortues \ mais il y en a fréquemment dans les gypses des environs de Paris. Les côtes de la Manche et de l'Angleterre , où on les recherche depuis quelque temps avec zèle, ont fourni les espèces les plus remarquables , qu'on crut d'abord être propres à cette localité , mais qu'on commence à retrouver dans plusieurs autres lieux de l'Europe-Plusieurs sites de la Belgique, le plateau calcaire de Maestricht , entre autres , et les schistes d'OEningcn en Suabe, eu conservent des espèces très-ctirieuies. Les ptérodactyles , reptiles
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ailés , dont ou ne trouve p1u9 d'espèces ri' vantes, sont la plupart de ce dernier site , ou j furent découvei^s.
C'est une yérilé maintenant bors du do*maîne de tonte contestation , que toua les êtres qui partagent avec nous les bienfaits de Texistenre < n'ont pas toujours eiisté à la surface du globe , tandis qu'il fut deê créatures qui en ont disparu. Divers modes d'animalité se sont sucoessirement développés et suppbntés. Les reptiles , quels qu'ils soient, n'apparurent pas les premiers t avant eux , il y eut des crustacés , des polypiers , des mollusques, doê conchifères, et probable* ment des poissons ; mais ils durent précéder Icâ mammifères , et furent peut-être l'essai par lequel la nature passa des formes pro'»
^es aux créatures des eaux à celles qui do* yaient caractériser les vertébrés de la terre. Beaucoup de reptiles vivaient sur cette telre , que Thomme n y aspirait point encore è la domination. La Genèse , que nous avons ailleurs démontré narrer assez 6dèle* ment ce qui dut y avoir lieu au commencement àe^ choses , introduit les reptiles en deux fois dans ce pompeux ensemble de l'univers. C'est ^ la cinquième époque que l*Élemel « commande aux eaux de produite en toute abondance des reptiles qui aient vie ^ avec dés oi«eàitx qui volent vers l'étendue des cienx . «» Puis Dieu dit : « Que la terre produise des animaux selon leur espèce, Iré .rutiles et les bétes de la terre , et il fut ainsi au sixième jour. • Il est easensiel de noter que les reptiles des eaux préoèdent ici ceu^ de la terre d'un de ces laps <le len:ips dont la durée ne doit pas être présumée sur la qualîBcation que lui ont donnée d*in* fidèles traducteurs de la parole inspirée.
A peineles lies et les continents ençoire tout bourbeux se distinguent des mers « « qu*anx grandes baleines et h tous les animaux se mouvant, lesquels les eaux produisent en abondance selon leur espèce (ce sont les paroles du texte sacré ) •', viennent se mêler le» reptiles aquatiques de nature amphibie, auxquels les nouveaux rivages offrent une patrie convenable. Aussi dans les dépôts où les tra<^ de la création de la cinquième époque se sont accumulées , ce sont les ossements de gigantesques reptiles, évidemment aquatiques , qu'on retrouve en abondance.
Leurs formes étaient les plus bliarres ; il fallait à leur masse des vase» profondes , k travers lesquelles ils se pussent ébattre. Le sol alors délayé que nous fertilisens flepuis
qu'il s'est assaini , est demeuré dépositaire de leurs empreintes ; ils périrent sans doute à mesure que Vbumidité leur manqua sur un globe en évaporât ion , et que la fuonir des tempêtes les Tedail jeter contre de* cêtes abruptes , ou sur des plages désotmais trop durcies pour qu'ils s'y pussent enfou- <^r. Alors disparurent ces piWigienx. gavials, ces [immenses monosaures, ces iehthycK saures encore plus grands, aux corps de lézard, aux nageoires de tortues marines, au col de serpent, dont les fermes et les proportions réaliseraient celles du dragon mythologique , si des ailes en eussent complété la singularité. Cependant de telles ailes n'étaient pas alors plus étrangères ans. formes de reptiles qu'elles ne If sont dans le monde actuel h divers mammifères. Le ptérodactyle , maintenant perdu , et dont on a pris d'abord ''empreinte pour celle d'un oiseau , n'était qu'un reptile puissamment ailé , pourvu d'organes qui lui permett&icnt de rivaliser dans les airs avec les ehauv€s*souris. Ces reptiles volants, qui, dans ] 'apparition des êtres créés , précédèrent irs oiseaux, ne furent-ils pas la première nu.irce par où la nature passa des formes ca:.ictéristique8 propres à la natation, à h rc *tation , ainsi qu'à la marche , à celle* qui caractérisent les tribus essentiellement votstiles ; tandis qu'à l'autre extrémité de Vècheile t les manchots , les macareux et Jea pingouin» jkient les poissons aux oisiumi par ube autre combinaison organique. Ce ne fut donb <(\»e lorsque la croate du globe fut bien consolidée, et devenue sufRsamment solide par le dessécheii»ent qui la tirait de son état mairécageux, que se développa cette autre série de reptiles dont TÉtemel commanda l'apparition , au commencement de ce grand four, dont la< naissance de l'boauDe est le dernier cKef-d'œuvre. Aussi reosarquons-nous qu'on ne trouve plus d*ossements de ces conceptions complémentaires parmi lef reliques qm nous sont restées de l'âge précédent , c'est-k-dire du cinqaîème jour. Cependant il ne serait pas téméraire de conjectarer que , dans le sixième âge « qui précède celui que venait sanctifier le le repos du Créateur, quelques-uns de ces reptiles monstrueux « oà se pouvaient jotssdre atfx traits des plésiosaures des ailes 4e ptérodactyles , infestèrent les bords on les premiers peuples ichihyophages conunencêrent k s'établir. On ne trouve pas pins de leurs ossements que de squelettes des
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Sommes d^alors j mais le souTenir de leur ^existence s'est conservé par IraditioQ dans les dragons chinois , japonais , siamois , ou même de la Grèce , tels peut-être que Vhydre de Lerne. Quant au dragon des Hespérides et celui de la Toison-d'or qui vomissaient des flammes , nous avons autrefois tenté de prouver qu'on j pouvait reconnaître l'allégorie de ces volcans , dont les ravages furent si considérables autour du berceau de l'espèce humaine , quand les feux et les values semblaient lutter pour donner à la sur»
face de la terre les formes sous lesquelles on la voit demeurer h peu près consolidée.
Entre les reptiles actuellement vivants , nous avons , dans les volumes précédents du présent ouvrage , choisi , pour donner une idée particulière des mœurs de la classe entière , quelques genres remarquables, tels que les caméléons , les crapauds , les crocodiles , les dragons , etc. Nous devons ajouter que les grenouilles , très-voisines des salamandres dans l'ordre naturel , que les serpents qui ne sont guère que des lézards sans pattes , que ces lézardas , si commuas SUT nos vieux murs , et que nous regardons comme si rapprochés des serpents ; enfin , qae les tortues , en apparence si difiërentes de tous les autres animiinx par la maison portative que leur donne lu nature , sont des reptiles tout aussi bien que les dragons, les caméléons et les crocodiles ; et nous renyertons pour leur histoire aux traités spéciaux , dont il suffit de citer quelques-uns, savoir : Les diverses éditions du SysUma naturœ , de Linnée ; le Règne animal de M. Cuvier; l'Histoire des quadrupèdes ot^i^ pares et serpents , par Laccpède; VEnc^clopédie méthodique , par Bonnatterre ; Dandrie , dans le Buffon de Sonnini ; Séba , Merrem , Brongniart , Oppel ; notre Béswné d'Erpétologie , chez Rorel , etc.
Bout db St.-Vîhcbit.
RÉPI3BLIQn£. {Politique.) Les hommes se sont tour h tour lassés de ces gouvernements simples connus sous le nom de monarchie , d'aristocratie , de démocratie :
leur tendance perpétuelle et leur grande facilité h se changer en despotisme , en oligarchie , en ochlocratie , en a fait dans tout l'univers le plus terrible fléau du genre humain. On chercha long- temps une forme de souveraineté qui pût mettre les peuples à l'abri de la monarchie , dont le pouvoir n'a pour guide qu'une arbitraire volonté; de l'aristocratie qui augmente le despotisme
en multipliant les despotes; de la démocratie, qui à force d'admettre des gouvemanU, n'est plus un gouvernement ; et la république vint consoler le genre humain.
C'est un mélange des trois formes de gouvernement simple. Cette forme mixte est la seule k qui les anciens donnèrent le ' nom de république. Platon refuse ce titre à la démocratie même pour l'accorder au gouvernement mixte de Crète et de Lacédémone.
Autant les gouvernements simples qui constituent les éléments de la république peuvent éprouver de combinaisons entre eux, autant les gouvernements mixtes peuvent revêtir de formes. AuUnt de sortes d'influences un de ces éléments simples peut exercer sur les alitres , autant les gouvernements mixtes peuvent éprouver de modifications; et l'on peut toujours parvenir à un point où ils sont complètement redevenus un gouvernement simple. La république de Gênes n'était qu'une démocratie; celle de Venise, une aristocratie ; ceUe de France^ la démocratie de Robespierre , l'aristocratie du consulat , la monarchie de l'empire.
Dans toute république, le souverain (pouvoir législatif) est séparé du prince (pouvoir exécutif) ; aussi n'y saurait-on apercevoir de despotisme. Quelquefois le prince exerce sur le souverain une si grande influence, que sa volonté est toujours revêtue du filtre de loi , et alors on n'y peut trouver de liberté. Ainsi un gouvernement n'est pas libéral parce qu'il est républicain , mais parce que les éléments qui le composent sont combinés de manière à ce qu'aucun ne prédomine. Sa bonté ne résulte pas de la pluralité des principes qui le constituent, mais de leur sage pondération qui seule peut établir l'équilibre , l'ordre et Tharmonie.
Chacun des corps du souverain devrait avoir une puissance égalé , afin que chacun des corps de la société fût également protégé. lÀ seulement est la stabilité , le bonheur et la liberté. Cet équilibre parfait est rare : on le trouve à peine à la naissance des institutions. L'élément le plus hardi devient bientôt usurpateur ; il accroit son autorité de toute celle qu'il enlève aux autres ; et plus il prédomine , plus la forme mixte se rapproche delà forme simple où ce principe possède seul le pouvoir. Ainsi le prince , le sénat et le peuple, ont toujours à Rome composé ie souverain.1 Cependant chacun de ces corps ayant été prédominant à son
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toar, cette HpndHique était monarchi^ sous les rois el sous les premiers consuls qui ayaient kérité de toute la puissance royale ; elle détint aristocratique lorsque le sénat se fut arrogé la plupart des prérogatives du consulat ; démocratique ^nfin, lorsque le peuple eut créé des tribuns et enlevé anx patriciens le droit déjugeaient.
De même à Venise : démocratie avant la clôture du conseil , monarchie sous les privilèges du dogat, aristocratie quand le sénat godveme le peuple, oligarchie quand le conseil gouverne le sénat , despotisme sons le conseil des dix , tyrannie sous les inquisiteurs d*état.
Le souverain se compose de la réunion des éléments qui constituent les gouvernements simples ( le peuple , Tanstocratie , le monarque ) : il peut donc admettre deux ou trois principes. Lorsque chaque corps de FÉtat« forme un des corps du souverain, tous pouvant également défendre leurs intérêts , les classes de la société sont toutes également protégées.
Les membres du pouvoir législatif ne sont rien par eux-mêmes : leur volonté seule est le souverain ; le souverain , c'est la loi.
Comme la loi est l'expression de la volonté ée* divers corps qui composent le législateur , pour que la loi soit nue , il faut que ces volontés diverses soient unanimes. De cette unanimité résulte Tunité de la loi , ou pour mieux dire la loi même.
Acte du souverain tout entier, la loi est supérieure à chacun des corps do souverain.
Si Tun d'eux lui refusait sa part dobéissance , il ne pourrait en exiger sa part de protection. Les lois ne peuvent être la sauvegarde de ceux qni les violent.
Tous les corps qui composent le souverain sont égaux ; car la volonté de chacun e^ également nécessaire. Ds sont également indéptodanta, car ils ont une égale liberté de volonté. Hs sont également inviolables ,* car du moment où Une responsabilité quelconque pèserait sur un des éléments législatif 4 la répnMiqne cesserait d'exister.
L*égaK%é , Tindépendance , Finviolabilité sont les prérogatives des <^>rps seuls. Les personnes qui les composent ne sont rien par eHes mêmes , et les membres séparés des assemblées démocratiques ou^aristocratiqnes ne peuvent invoquer ces grands privilèges.
Ils sont inhérente, il est Vrai , à la personne du mdnafque ; cet être moral , désigné sous le titre d'élément monarchique, est eon-
stamnent confondu en un senlêtre physiqiie appelé monarque , et il est impossible de .séparer Tindividu des droits quHl possède.
Quelques publicistes pensent que rassemblée démocratique est supérieure aux antres : ils se fondent sur la souveraineté du peuple , et s^appuient sur les sentences fendues contre les rois de Sparte , sur les jugements du peuple romain cassant les arrêts du sénat, sur la puissance des tribuns , le pouvoir des diétines de Pologne, des états particuliers des diverses provmces de l'Union américaine , enfin sur lea violences des réunions populaires des républiques dltalie. Écartons ce qui crée le droit par le fait : que reste-t-il? La soovcraineté^du peuple. Mais si cette souveraineté résidait constamment dans le peuple, après qu'il en a partagé Fesercice, rassemblée démocratique pourrait modifier ou détruire chaque jour le système social , et toute forme du gouvernement deviendrait impossible. Il est des écrivains qui vont plus loin encore , et qui , portant dans le gouveh ment représentatif ce principe du gouvernement démocratique qui ne convient pat même au gouvernement républicain, partent des arrêts des assemblées parleneetaires contre Charles I***, Jacqua II et Louis XVI , et donnent aux députés du peuple autant de droits qu'ils en attribuent au peuple même; effroyable monstroosité politique qui livrerait le monarque , le sénat héréditaire ou inamovible , même les minorités de la chambre élective , au caprice , a la haine, à Tambilion d'une ma|orité ! C'est par là que ces rois,, hi chambre des pairs d'Angleterre , les Girondins ont péri. Le crime peut devenir plus odieux encore; cette majorité qu'on prend pour le peuple , s'attribue le pouvoir constituant \ elle litre l'Angleterre à Cromurell , la France à IWbespierre , elle inaugure Bonaparte, die couronne Napoléon , elle proscrit Tempcreur, eUe donne le sceptre à son fils, elle le transporte aux Bourbons, le leur enlève el le leur rend encore. Guidée par des espé^ rances coupables ou une honteuse là^elé, elle met l'empire à l'encan, livre les nsitious au joug qu'elles rejettent , aux discordes qu'dles redoutent, et les traîne du despo* tisme à l'anarchie
Il est aussi des publicistes qui croient ^ Id supériorité du corps aristocratique :,ib n'oublient ni ces arrêts du sénat proscrirant les empereurs , ni là diète de P<rfogne pros*
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crivant les ^i , ni le aésat â» Cftrtbage proscrivant Aooibal , ni ces doges assassinés par ïe$ sénateurs yénitiena , ni les po- «lestatf massacrés par la noblesse. Les fails $uot exacts. Que font-ils au sophisme ? Ils êUblissent le droit par le fait; méthode facile pour établir tout ce qu'où veut. Qui ne voit quid la supériorité appartient à la force ? Le poignard des soldats du prétoire, Im Qècbe des StrelUz , le cimeterre des janissaires , le couteau de RaviûlUc , le poison des jésuites , aecomplirent aussi de grandes %stinées. Ira- ton du fait au droit, pour légitimer la aupérionlé du glaive ou du poison ?
Il en eit enfin qui établissent la prééminence du corps monarchique Le souverain, disent-ils , n est que momentanément assemblé; le monarque est constamment revêtu du même pouvoir. Sophisme absurde , puisque le monarque prend , quitte et reprend 89i puissance législative au même instant que les autres corps du souverain. S'il règne sans cesse, c'est en qualité de prince investi du pouvoir exécutif : car si 1 on n'a pas toujours besoin de lois nouvelles , il faift que les lois existantes soient toujours exécutées. Tous les privilèges de la monarchie dans Iq$ républiques , droit de paix , de guerre, de grâce, de réunir, de proroger , de dissondre les assemblées , lui sont octrojés par la constitution , et forment , ainsi que nous Tavons déjà vu, les prérogatives de la royauté.
Tous les corps qui concourent h la puissance législative, sont donc égaux entre eux :
reine des rois, la loi est Tunique souveraine des républiques. Ainsi le peuple n'a rien à craindre de ces lob qui assujettissent ceux qui les font , et les membres du souverain n*ont rien à redouter d'un peuple dont ils partagent Tobéissance.
Ici s'offre une difficulté nouvelle. Le monarque , comme corps du souverain , est sujet à la loi à laquelle il participe ; mais il n'a point de supérieur légitime dans TÉtat, et nul ne peut lui demander compte de son jQbéissance. Le monarque , comme prince ou pouvoir exécutif, est sujet du souveraiuj il ^ui est inférieur, subordonne. Mai» tous ces attributs , réunis dans le même être physique ^ sont inséparables , et la monarchie est ainsi hors de toute juridiction, hors de tout contrôle. Par là les gouvernés n'auraient aucune sauvegarde contre le gouveruemeut, si cette funeste réalité ne dispa-
raissait devant ane j^e^reime Ç(cUpn. Qn a séparé le prince des ministres , et créé la retponsabUitd (voyez ce mot). De ce moment , le monarque , toujours inviQlabln , devient , dans la personne de ses agents , passible des peines que la loi prononce \ de ce moment, la loi règne, et règne seule.
La liberté n'a rien à craindre des amres corps da souverain, lorsque leur égalité est constitutionnellement reconnue. Ils ne peuvent être perpétuellement assemblés : leur permanence les porterait à usurper les droits du gouvernement, après avoir rempli les devoirs de la souveruioeté. La puissance législative et le pouvoir exécutif tomberaient alors dans les mêmes mains , et le despotisme serait établi. Véritables citoyens, souverains et sujets tour à tour , ce qu'ils font pour autrui, il le font pour eux-mêmes : soit que la loi émané de tous pour s'appliquer à tous , soit qu'elle parte de la majorité pour s'appliquer à la minorité, l'intérêt publique .est toujours /la garantie de l'inférêt individuel. Si , comme législateurs, ils proclamaient des lois injustes, comn^e citoyens , ils seraient contraints de pâtir de leur propre injustice. Nul ne. faillit jusque* là : on n'aggrave pas un joug qu'on doit porter soi-même.
Les droits de chacune des assemblées politiques, le mode et l'époque, de sa convocation , la durée de ses séances , la manière de proposer , de discuter , de voter la loi ; les prérogatives des corps , les privilèges des membres , sont réglés pat la constitution. De là dérive le degré de liberté ou de servitude \ de là viennent ces différentes formes de république , qui peuvent aller d'une démocratie presque complète, comme aux Etats-Unis, à une aristocratie compacte, comme à Berne.
Le bonheur des républiques sagement pondérées est la suite nécessaire de cette forme de gouvernement : toutes les lois exigeant l'assentimfïnt de tous, aucune loi ne peut préjudicier à aucun. Les corps n'ont rien à redouter les uns des autres ; ils se protègent avec une puissance égale, je veux dire leur propre volonté , qu'aucune autre volonté n a le droit d'asservir. Si l'un d'eux ne peut améliorer sa position , parce qu'il a j^esoin de la volonté des autres , cette position ne peut empirer , parce que , pour la rendre pire , on a besoin de sa propre volonté.
Le gn^nd vice des gouvernements simples