‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 19Chapitre 129 sur 135 · RÉ · texte numérisé non relu

RÉ

fiirear des Y>^geances est toujours balancée parla cruauté de$ représailles» Coiutfie, de» deux cAtés, Tinjustice se revêt des apparences de la nécessité , tout parait juste , etle crime réel a son équité factice. On rit lesTépubli^ cains nojer à Nantes-, mitrailler à Lyon ; on vit le» rojaKstesvbngandsy chaofleurs et voleurs. Le s^lut public, voile sanglant de tous Ips attentats , est le prétexte de ces hor^ Veurs qui ne «auraient avoir d'eicase. Ces' crimes qui eut déshonoré la monarchie , flétri la liberté , ont - toujours été sans résultat, sans influence; Ils pMuveAt seule^ ment la férocité de' Tesp^it de parti. La* révototionfutrassurée pai» la liberté, lares^ tauration par la charte ; les fureufs'neleor firent que des ennemis.

C-est surtout dans les révolulioÉis reli' gieuses que Thomme parvient à un degré* d*ati*ocilér dont 1er troubles civils n^ont pas d'exemple. ï'rapper le coupable eét, pour la justice'de» honttmes , une crdellcnécesslté' de rétat social: fVappei* Tinfidèle est, pour la piété des ptètres , un sa^Hflce sacré de rétat religieux. SaiMetnent homicides, ilé' ensanglantent le <*bemin du ciel- pour^ j monter avec plus de gloire. Ce que 1^ hommes appellent esprit, fufieur, cH'mes de parti, les pn^Cres le nomment (bi, zMe, enthousiasme divin. TTue populace abrutie se groupe seule autour des échafatids de la Orève. Le pontife traîne k sa suite les rois , le clergé , les magistrats , autour des bâ«' chers de Tinquisition: La pitié il*ose avoii*= des larmes , et le cœur cesse d^étre faumàih pour paraître religieux. Vn dévot n'est plus' un homme ; et les mœurs lâchement cfmèlles de la plus vile populace viennent em pester les cliiBse» les plus -élevées d'une sainte dOrruption et d'une férocité sacrée. Lorsque la superstition est l)ien établie sur une large base et sur d^inCiques traditions , lorsque le fanatisme la travaille aveCardeuretlexalte avec adresse , il n'est point d^attentata -dont elle soit effrayée. Elle commet le crime en expiation du crime r plus elle a dé fureur, plnselle se croit de zèle ; ctson aveugle bonne foi pense s'ouvrir les cieux par des forfaits qui feraient fVémir les enfers. SUè moltiplie'ies «uppHccs , elle invecAe les tortures , elle saacti6e Tespionnage , la délation , le pillage , le meOrtre ; et si le remords pénètre dans la conscience que Dieu lui donna, dlë trouve les allégresses de l'Église et les joies du paradis dans la conscience que le sacerdoce lui a faite.

Mais le plu» grave inconvéïneat des rérolution» naît des seetes diverses qui divisent le même parti. L'une a besoin >de calbeter l'autre , pour remplir le premier plan ; et comme tontes cànvoiteilt la*premi^e plao», le» amis deviennent adversaires , et' de iè naissent les périls et les excès: de chaque partit Le coDceK eût conjuré Toittge^ Iff <fivision suscite la tempête. En 1789^ la Fimiàc& paraissait au moment d -otte révolution fonte pacifique : les cafaien des assemblée» ide»notables deteandaienti moins- qoe \ë ollafte ne BOUS a donné. Un ministère habile eût sauté le trône et l'État. En 1999 ,. le tiers-étet de 1- Assemblée o6nst( tumte veut une teonsiità^ tien ; le peuple du 14 juillet ,• une révdli^ tionj'la^iopnlaee'da'G octc^re, ranarcMe^ La 'noblesse! de eàér vioulait gottVemeF'par le mikiistère; la nobksse de province, par le» états^j laiioblesse du' pèrlemento, perde» arrêCs ; et lesboorgeuisacqeéwHiiii de*fieli , les bourgeois acquéreurs de places , teseno-' bfis de) la* veille, le» ^ anoblis 4a jonr; des duos , des'deaiteav^^ marqais,4le» baréosy saiBs duchés ^ sans conrtés-, sans narqniaat»^ sans- barenies^ sanr autorité poUtlqne, moqués pav le théâtre , le* contes t les retnan», dépassés- à leur insu par l'opinion pntdiqiie, n'oscienldirecequHl» vonlaient etnesavaicrtt ce qu'il» devaient voeloir. L'episcopat-, le» curés; les atibés'iet les^moines offraient nne^i^ vergence pirreilte et unesemblal^le ho«lilHe. Chacuii avsFit sou plan:-, qui voulait mainlenrr leroi contre la révolution ; qui; le sauverpar ta révointibn 5 qui vcNfiliît agir par la loyauté; qui, parla (brce; qui, parla russe. Lesroyalisttes de là cour, ceux de l'assemblée, ceux des provinces se proposaient un but différent. Le rot' av^it ses appréhensions , la reine ses répugnances ; ce que voulait Bouille , Bretedil le rejetait. Au- deçà du Rhin , les émigt*és, qu'un malheut' cdmmun ne put réunir^ jouaient à une loterie politique, dont le tirage devait se faire h Paris : qui plaçait anr Breteuil; qtn , sur Calonne ; qui , sur lé rot; qui', sur là reine; qui, sur Monsieur; qni , sur le comte d'Artois ; qui , sur le prince de Condé. Qo'arrîva-t-îl f Robespierre , à b tête du peuple du Ô octobre, terrassa le peuple du 14 juillet, et celui de l'assemblée constituante , et cclui-lk même qui formait la nation. Les royalistes de rassemblée <xm* stituante trtDmpfaent de ceux<lu parlement, et de ceux de la cour , et de ceux des provinces. Ils sont vaincus à leur tour par les royalistes de Condé, qui soccondjeut ootre-

RÉVO

REWB

Rein deytnt ceax de BreteuU , qui succombent devant les Vendéens , qui succombent eux-mêmes derant les chouans et les chauffeurs , dépassés h. leur tour par la machine infernale. Le même arriva en 1815: la France fut asservie par la chambre ; la chambre , par les Brassard, les Vcrdet, les compagnies secrètes , les comités secrets , les jésuites , les Trestalion , les Trufémi, les misérables qui voulaient des crimes , et ceux qui poussaient aux crimes , et ceux qui exécutaient les crimes. Le premier succès est toujours & Texagération. La modération ne triomphe qo^avec la raison et le temps. C'est quand Ja lie se précipite , quand Técume s'évapore, que le fleuve reprend sa limpidité.

Le désordre cesse, quand les intrigants disparaissent , et que les factieux sont contenus.

Les révolutions libres de crimes , imposantes par leur autorité, s'accomplissent toujours par les sommités sociales ; et Tordre n'est poiut troublé, parce qu'elles n'appellent point h leur, aide les masses intéressées au désordre. Le sénat chasse les Tarquins ; Rome obtient les lob sacrées ; le parlement expulse les Stuarts , et tout est consommé.

Mais si l'on sort du cercle des intérêts , des besoins., des principes, pour mettre les passions en pj*csence , ne voyez-vous pas aussitôt puritains , presbytériens. , anglicans , catholiques, jésuites, cavaliers, têtes-rondes, les communes qui veulent envahir le pouvoir, les pairs qui le convoitent , l'armée qui le réclame , Cromwell qui l'usurpe , et la guerre civile , ensanglantant l'arène , od toutes les haines déchaînées luttent avec fureur ? Combien fut plus imposante la révolution américaine ! L'Union avait besoin d'indépendance ; elle proclama la liberté :

l'Amérique tira Tépée , et fut libre.

Le pouvoir mésuse . de la terreur qu'inspirant les révolutions. U marche en paix vers le despotisme, assuré que Xespotsidenti n'oseront jamais susciter le désordre « Les riccoê hombreM n'aiment pas que le sol tremble , et craignent de l'ébranler ; ils courbent la tête et portent le joug. Qu'arnve-t-il ?

Les masses se réunissent ; la révolution se lève ; et ceux-là sont les premiers martyrs qui refusèrent d'être les premiers, apôtj-es. S*ils eussent préparé la catastrophé sociale , ils l'auraient maîtrisée , ils en eussent été les chefs. Elle s'opère sans eux ; ils en Sont les victimes. Les révolutions modernes sont dominées par les ombres de Louis XVI et J'orne 19.

de Charles !•'. On se figure que la liberté demande nn échafaud pour trône et pour sceptre un poignard. Je ne sais quelle terreur inspire le titre de révolutionnaire; mais il est des époques on les révolutions sont nécessaires , quoi qu'on dise, et inévitables , quoi qu*on fasse. Si les gens de bien se réunissaient pour les opérer avec sagesse et lenteur, elles s'accompliraient sans désord^ et sans trouble. Mais , en face de ces terribles cataclismes, la prévoyance s'aveugle , le courage se glace , et les plus honnêtes gens espèrent qu'une modération passive abritera leurs destinées contre les tempêtes. Bientôt les ambitieux s'emparent du mouvement social , les intrigants fanatisent les masses , les masses se soulèvent , le trouble commence, les haines éclatent, le sang coule , et tout est englouti. PAois.

RÉVOLUTIONS OU GLOBE. Voyez

AVIMAUX FOSSILES , FoSStLBS , Tb^BB et VOLGAV.

* R£WBELL( Jbah-Baptstb), l'un des membres du directoire exécutif de France, né à Colmar en 1746, était bâtonnier de l'ordre des avocats d'Alsace lors de la convocation des états-généraux. Député à celte assemblée par le tiers-état de sa province , il s'y montra , dès son début , l'un des plus chauds partisans de la révolution , prit paît à toutes les délibérations qui attaquaient la monarchie, provoqua la spoliation des princes étrangers possessionnés en Alsace , poursuivit les nobles et les prêtres, et fut l'un de ceux qui sollicitèrent avec le plus d'ardeur une loi contre l'émigration. Nommé après la session procureur-syndic dans le département du Haut- Rhin, Rewbell fut ensuite député à la convention nationale, et y devint l'un des accusateurs de Louis XVI • mais ayant été envoyé à Mayence , peu avant l'époque du jugement , il ne coopéra au vote de mort qae par son adhésion. Quels que fussent les principes politiques de Rewbell, il recula cependant devant le règne de la terreur, et se tint à l'écart pendant presque toute la durée de cette funeste époque* mais s'il désapprouva les crimes de Robes- • pierre , il ne fut pas non plus au nombre des hommes courageux qui osèrent l'attaquer , et ne se prononça hautement contre les jacobins qu'après la journée du 9 thermidor Devenu membre du comité de sûreté gêné-* raie , bientôt après président de la convention , Rewbell fit successivement partie du comité de salut public et du conseil des

Page 1