‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 19Chapitre 128 sur 135 · Tome · texte numérisé non relu

Tome

de 72 ans. On a de lu» : Belgieùntm eeetetiaram' dottfilna et ortfo , grée et latin, Leyde , 1623 , in- 12 ; É pitres française» dès personnagef illustrer et doctes à' Soaligcr, Hardenryek, 1624, in-12'; et quelquei' autres écrits de pendMmportanpce;

RÉVOLTE: f'o;*» R*v^tuttoir.

RÉVOLUTION, {jimlyse.) On dbmie le nom desuH^te de révolution k celle qui est engendréepsrr la* révolution •dNinecomi]^ qui, sans changer de forme ni de dimensions , tourne autour dHra axe 6ze , chacun de %cs points- conservant la même distance à cet axe. Tontes les* surfaces faîtes autour sont de cette espèce; et il soit'de hi définitions qtt* chaque point décrivant une cir.

conférence authurdelaxe, les sections de la fut^faeede résolution par tous les plans perpettdieulaii^ à Tort?, sont des cercles: le cylindre, la-sphère, le cdne, sont dins ce cas.

Nous ne nous occuperons pas de mesurer les aires et les volumes* dé ces cor|)s : cesujet est ou serai traité aux articles QuimiAttnii, Volume 7 mais nous chercherons réquation générale des surfaces de révolution. On peut la concevoir engendrée de deux manières : ou par le mouvement d^une courbe donnée quelconque BC autour de Taxe &x^ Az [fig, 76 des planches de Géométrie ) , on par celui d'un cercle BOCï dont le plan reste perpendiculaire à Taxe Az, mais dont le rayon varie , lé centre gtissant le long de l*axe , et fa circonférence coupant toujours la courbe fixe BECD': c'est ce dernier procédé que nous suivrons ici , en prenant Az pour axe des s.

Tout cercle BIC parallèle aux açy a pour équations ( voyez Couebb ) celle de son plan et celle de sa projection horizontale, savoir:

2 — ^, et x'^j-- =>•,(!) en faisatit'AI =r y9, et le rayon 0= >. On donne d'ailleurs les équations M'rro, Ncrzo; de la courbe directrice CEDB. Éliminant x,y etz eirti-6 ces quatre équations , pour exfirimer que les deux courbes se coupent , il en résultera une équation connue entre les constantes > et y9; soit ^ = F>, cette équation de condition. On a vu à Purticlo CouRBs que si Ton éliminé yd et > , à laide des équations (1), y9 = F> sera celle de la surface. Ainsi 2 =: F f *• +^*) est Téqua^ tiou générale de toutes les surfaces de révolution engendrées autour de Taxe déez;» et suivant qu'on prendra pour ^a' directrice telle ou telle courbe , on aura différentes

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expressions pour M et N, qui feront prendre à la fonction F des formes diverses ; en sorte que pour chaque surface de révolution, celle fonction se trouve déterminée.

C'esi une propriété de toutes ces surfaces, quelque forinc qu'on donne à la courbe révolutive, que la normale , en un point quelconque , ya toujours couper Taxe de révolution en un point. Or , les équations de la noiinale à une surface courbe sont > X — Jc-*-f»(Z — *) = o, Y— 7--4-7(Z-»)=o; X, y, z sont les coordonnées variables de la 6uiîface,f^ et 7 leurs coefficients aux différences partielles 4 X, Y, Z sont les coordonnées courantes de la normale. D*un autre côté , X = o« Y = o , sont les équations de Taxe des z. Éliminons ces trois coordonnées entre ces quatre équations , -et nous aurons pj: =: ifx pour l'équation de condition qui exprime que les deux droites se coupent.

> C'est donc l'équation aux d^éiences par^ Uelles lie toute surface de rèuolution ; et il serait facile de montrer , soit en différenciant » =: F ( jc* -+-/•* ), soit en intégrant pj- = ^r ^.que ces deax équations représentent la même surface. ( Voj^z mon Coure de Mathématùjuei purée, no* 749 et 879. ) Frahcobub.

RÉVOLUTION. ( PoUtique. ) Changement de Tordre social. Il s'opère avec plus ou moins de violence, selon que plus ou moins de personnes ont intérêt à défendre la forme politique qu'on attaque. La révolution anglaise de 1688 s'accomplit sans obstacle ; elle n'avait pour adversaires que le roi, la cour et les jésuites. Une guerre délivra les états de l'Union américaine; ils n'avaient à s'affrancliir que de l'oppression de la métropole. Ainsi firent les Suisses. Les Pays-Bas furent moins heureux : ils luttaient contre Je despotisme de Philippe II, une partie de leur noblesse et tout le catholicisme de rintérieur ; de là ces persécutions cruelles et ces représailles sanglantes. La révolution est vaincue à Madrid , à Lisbonne , à Naples , à Turin : elle y eût triomphé du roi, de l'aristocratie, du sacerdoce } mais au-dessous du peuple éclairé qui la voulait, se trouvait une populace nourrie par les seigneurs et fanatisée par les prêtres , qui ne voulut perdre ni ses aumônes ni sa superstitieuse stupidité.

Pour la postérité , les révolutions sont la grande époque des peuples, l'origine de leur gloire et de leur indépcudaace , la source de

leurs richesses et de leur prospérité. LHiistoire de ces catastrophes s'empreint de vie, de mouvement , de grandeur. Tout prend une allure animée et gigantesque : le co«rage va jusqu'à Tajudace; la yerta josqa'ao sublime. Le crime même e'y revêt d'an grandiose qui le sauve du mépris par la terreur. Ce n'est pas la magie IhéAtrale d*in palais, la guerre aventureuse et chevaleresque de la noblesse , le péril des esdavcs qui se font tuer pour des intérêts qu'Os ignorent et des princes qu^ils ne conoaissent pas , la vanité des rois , les indignes de leurs catins , l'astuce de leurs prêtres.. Dans cette lutte de la liberté contre loppressioa , c'est l'homme qui veut remonter à la dignité de l'homme , une nation qui v«ut ressaisir sa majesté première ; c'est le triomphe des pl«s hautes pensées , djes plus nobles sentinents; ce sont les lois de la nature , les immonités du genre humain , l'œuvre et la voloutê de Dieu aux prises avec des fers forgés par des despotes et rivés par des poAtifes. Cestic plus noble et le plus terrible spectacle q«c la terre puisse oQnr ou cîel- Les annales d'un peuple privées d'attrait, de mouvement, de pensée, lorsqu'il gémit en paix dans sa servitude coutumière , semblent sortir de la mort, à ce réveil inattendu des nations qui se lèvent comme un seul homme pour embrasser la liberté.

Pour la génération contemporaine , U té- Tolution est un |é|K>uvanlable fléau. Ce concours de périls , d'espionnage, de délalions ; ces cachots qui s'encombrent , ces échsiaaés qui se teignent de sang , cette hostililé de Tcxagération , ces persécutions de Tinimitié , ce danger de la modération, cet opprobre de la félonie , ces terreurs qui planent jusque sur le foyer domestique { cet esprit de parti trahissant Tamitié , outrageant la nature, sacrifiant tous les devoirs an iiesoin du triomphe; ces fureurs des troubles ô»

vils, cet appel à la guerre étrangère; ce Hux et reflux d'apostats , de transfuges , de traitres ; la piété du saceidoce sanctifiant l'assassinat, l'hoimeur de la noblesse se glorifiaut de pillages sans profit et du sang répandu sans gloire ; le peuple opposant l'oppression aux oppresseurs , le fanatisme aux fanatiques, le glaive au glaive, et b mort à la mort ; ces fureurs qui se choquent, ces crimes qui se heurtent, cette absence complète d'ordre , de paix , de sécurité , font de ces époques fatales la terreur et Tfaorreur de ceux qui les dirigent, de ceux qui j

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participent, de ceux même qoî demearent specUteuçs passifs et épooTantés.

Il faut qa*UD peuple ait long-temps souffert pour oser s^armer du courage des ré- Yolutions. Plus l'oppression fut longue et crudk, plus la révolution est terrible et la vengeance «anglante. Le despotisme est stable ; il divise ses cruautés pour jouir de sa tjrraonie de chaque jour. L*anarchie est un torrent qui hâte ses ravages et amoncelé les ruines, comme s'il ne lui était pas donné de bouleverser encore les ravûis qu'il a sillonnés.

U est un point où le pouvoir, dégénérant en Ijrannie , touche h la liberté ; où la liberté, se tournant en licence, touché à la monarchie : c'est rheure ùxe des révolutions.

Osez-vous la devancer? La catastrophe est infructueuse , parce qulelle est prématurée.

La laissez- vous prescrire? Les ressentiments s'amoncèlent, les vengeances s'amassent, les haines s*allument ; et la révolution, d'autant plus cruelle qu'elle est plus tardive , accumule les crimes stériles et les persécutions sans objet. Il est pour ces rénovations une époque précise de maturité que les esprits élevés peuvent prévoir, que les grands citoyens savent saisir. Sydney parut trop tôt, Padilla trop tard.

L'hiftoire prouve que les révolutions sont ' le résultat inévitable , nécessaire,* fatal, de la manière dont les peuples ont été gouvernés depuis long-temps. Une révolution ne peut suivre, si l'oppression ne la précède.

Mais la longanimité des nations ai inégale :

la tyrannie blesse plus promptement la jeunesse que la caducité , la fierté vertueuse que la corruption énervée, la civilisation, que la barbarie ; et quoique le joug soit également pesant pour tous , les forts détellent le matin ; les faibles , l'après-dinée. Deê esprits de peu de portée se figurent que quelques intrigants , quelques livres bouleversent les peuples. S'il en était ainsi , le pouvoir serait bien stupide, qui ne réprimerait pas ces mesquines hostilités. Une . vue courte et basse ne voit les choses que dans les. hommes : pour apprécier une époque historique, on la personnifie ; chaque révolution se fait homme ; la réforme , c'est Luther ; là première révolution anglaise est Cromwell ; la seconde , Guillaume ; la terreur , c'est Robespierre ; l'empire , c'est Napoléon.; Tesprit constitutionnel, c'est quelques députés , quelques écrivains de l'opposition. Ils trouvent plus facile d'apprécier

les hommes que les choses; et quand ib ont insulté ceux-là, ils pensent avoir jugé celles-ci»

Les esprits qui ont quelques notions des faits et des temps, remontent de Tefiet à la' cause. La nécessité du protestantisme date de la temporalité des papes , et le but réel des hérésies intermédiaires atteste cette vérité. La révolution française date du peu do part qu'obtint le peuple dans les dépouilles de la féodalité et de l'usurpation monarchique des libertés communales; toutes les révoltes intercalaires signalent cette tendance nationale. Les hommes qui ne savent pas lire dans les faits , ne pourront du moins récuser les paroles ; ils y verront une hostilité séculaire contre les privilèges qui blessent la liberté. ^

Philippe veut résister h la tyrannie papale ; il convoque les états-généraux. L'orateur du peuple accable de malédictions Boniface VI 1 1 [ et le sacerdoce de France; il proclame que la couronne ne relève pas de la tiare. Dix nn^ ^ après , il refuse tout impôt qui ne frapperaife ^ que la dasse plébéienne. En 1356, il de- 1 mande et obtient le renvoi des minisires; il vote des subsides , mais il nomme des com- ' missions pour en surveiller le recouvrement et l'emploi. En 1369, le tiers-état demande I la guerre contre l'Angleterre; en 1380, il généralise et sanctionne toutes les immunités municipales; en 1382, il refuse l'impôt, parce que le roi refuse de chasser ses ministres. Sous Charles VII , il veut opposep des bornes à loppcession nobiliaire, à Tavidité sacerdotale ; sous Louis XI , il décida que les biens de la couronne sont la propriété de l'État; sous son successeur, il règle la régence, nomme le conseil, et rejette le budget comme rempli de mensonges et de folles dépenses ; il établit la liste civile ; il raie toutes les pensions qui n'avaient pas une cause honorable ; il demande la réduction des évéchés , des abbayes , des jours de fête , et s'oppose à toute pension accordée à des nobles ou à des prêtres; il veut assut t jettir les gens d'armes aux tribunaux ondi* . naircs, le sacerdoce au parlement; il veut que la justice soit rendue sans frais. En 156(), l'orateur des communes demande « que Icst » curés, les abbés, les évêques, soient, comme dans l'ancienne église gallicane , élu9 par le peuple ; que les vœux monastiques ne soient reçus qu'à trente ans ; qu^on ne puisse se marier qu'à sa paroisse , pour éviter les unions clandestines; que toutes les fêtes soient

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reaûses aa dimanehe f que ces réamoos de débauchés et dlfrogDCs appelées cotifi-érits soient abolies ; qu*il soit établi des chaires de aierale et de droit politique^ . que les exactions nobiliaires soient répiimées f que la vénalité des charges soit supprimée ; que le roi donne des audiences publiques} que la confiscation soit abolie ; que le-dénoncia- .teur soit nommé >à J'aocusé , et puisse -être -poursuivi; que les municipalités soient élues par lesicitojrensf qu'on ferme lesmaisobs de. prostitution < et de jeu ^ que Timpôt joit général et également réparti; <il demande . enfin la . protection . pour ragricul^ure , le '«ommeroe., Tindustrie ; l'uniformité des |>oids et mesures ; des lois contre le loae , la banqueroute, l'adultère ; et finit par attribuer tous les maux de la France à la nonpériodicité des assemblées nationales et à la Aon^existence. des. états provinciaux y<et ensuite au . déûuit d'instruction . de la noblesse •etdu.sAeevdoce, d-oà provient leur malice .H leur mawaûejkçon'de vwre. » £n 157d, il renouvelle Jes snémes plainles. En 1586, il tanne contre les ecclésiastiques qui dilaipident les biens du pauvre; contre lea nobles qui oppriment le pe(q>le; contre ces magistrats qui portent des jugements «oonuBe s'ils avaient é^é dignement choisis et libre* \m«nt élus. £n 1614, il demande qu'on proclame de nouveau Tédit de Louis X , et qu'il. soit publiquement reconnu « qu'aucun denier ne peut être levé dans le rojaume que do consentement des trois états ^ qui en feront eox-mémes le recouvrement et ! remploi. »

Les aveugles .de 1789 ne voiraient que la révolution du 14 juillet; ils étaient assez sourds pour n*avoir pas entendu cet orage -de quatre siècles qui grondait sur la France. Depuis Saint-Louis, la révolption voulait a'opérer en paix et avec ordre par le système parlementaire. Malheureusement la tyrannie de Richelieu, le despotisme de LooirXlV proscrivirent les états*généraux.

Ija ré^volution politique se concentra dès 4ors. daus la réforme religieuse : du siège de La Rochelle aux -dragonnades , on persécute raoin» rhérésie que la liberté. On se ligue avec -les protestants étrangers , ou proscrit les protestants de Tintérieur, parce que Vetprit^'indépeodance effrayait h l'intérieur et servait dans Tétranger.

Gliassce de la i^éCorme, la révolutionne réfugia dans la pUlosophie du'dix^huitième •iède. Elle continue l'cMivie des états-gé*

néraux, détaroit eetle. intolérance qm«wt suscité la ligue, les dragonnades et lei aoiaante mille lettres de caehet dn jésuite Le Tellier; elle éteint les bûchers des à- . quisilions dHSspagne, de Portugal et d'Italie ; file diminue le nombre de ces viptimesqoe • les cloîtres englou tissaient avivantes ; eUe bit •supprimer La question , adoucit la cruauté des supplices , fait roogir les magistrats de Tatrocité des peines et de la témérité drs jugements; elle obtient desencourageBstnts pour l'agriculture , des -égards pour l'industrie, protection pour le commerce^ eUe prouve l'iniquité de Tesdavage des nègres , et porte à désirer l'abelition l«le et giadoelle de latraite. La superstition pâlit de- •vent Veltaire, Toppression devant Monte*- •qnieu, le vice devant Rousseau. On «tait .proscrit lea états-généraux , on avait proscrit les protestants, on persécuta les philosepbes; ^et quelque forme «qu'elle put vevôtir , la réivolution se «retrouvait toujours en faee de -seseonemis.

Restaient encore la servit udepersonseBe, iet privilèges oppressif de la -noblesse, -les -richesses usurpées du clergé , la déprédation des fisuinces , le régime dévorant des fermes , l'iniquité des tribunaux dans les afiàiret politiques, la partialité des juges dans les affaires sacerdotales et nobiliaires, les biens de main-morte , la vénalité des offices, Tob- -acurité des lois , le vote et Fassiette de IHmpôt; et pour les hommes sans pouvoir et .sans fortune , le défaut absolu de pretectioo , de liberté , de sdreté.

- Si de Henri IV à Louis XIV on n'eèt pas proscrit les états- généraux, Toppositioii , parlententaire eût suffi ; la voix dn peuple , éclatant dans les États , edt modifié sa des* tinée ; les abus eussent en partie disparu ; et la nation, satisfaite de ceux qu'on edt -déjà supprimés , s'en serait remise à la représentation nationale , pour la suppretsâon de ceux qui eussent existé encore. Tont se fût fait avec mode et lenteur ; Tordre , la paix n'eussent pas été troublés, et la loi eût piogressivement accompli ces inslitatioDs qa*jl fallait conquérir p«r la force. On ne sanraii trop le redire : l'absence des états-gèoèran 'a produit la révolution Irançaise, et m contraint d'opérer par la violence tout ce qu'an pouvait consommer par la législation. L'absence de la représ^tation enlevant à la aoblesse et au sacerdooe toute leur poiasancc politique, les jeta dans la domeaticilé rojnle. Les grands seignenn étadent à la merci da

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m ; la y^tiie; êr kt ^ cw tUe , «uz caprices des jQJBistNs. Les prinoes d*;- gagnèrent rien ^ Ijouîs JKUI .vécat sons k tutelle de Ricbelieu^iliii sacnBant aa mère , sa femme , «on ijrère, sesiCtTorb, et l'État tout entier. La jeoineNeiUe Louis XIV est troublée parties l^nenras cmles^ et >sa irieillesae «tasserrie à 11i5t>ocnsie de la veuve Searron, et à i'as^ tuoe du jiéanite Le Tellier. Le cardinal Du1k>îs salit la régeooe; le sceptre de Louis XV toaabede Fleury àllaorepas^^et de madame de Pompadour à la Babariy.

Cest pour ,ce pouvoir absolu , «xploité par des intriganlaetdes ûnbéoilles, des jésuites •et des catins^ ^u'fULa placé ia.£nmce,iaceà Xacede 1783.

Le.peuple ne pouvant rien parsa .volenté, 4I0I néoeMaiicment en appeler à. la. fovce. La oatàstcopbe était prévue ; Louis XV .avait écrit àjoMdamede Cboiseul : «Je lègue une • révolution k mon successeur. » itJn grand ceîgiienr conanlkait Jean-Jacqueasur le pays o il oonfcnaii de se retirer à Tapprocbe des calamités qui menaçaient là France , et la céponae de.Bousseau nous, reste encore.

Toua les philosophes, les publici&tes^ les Uateiiena, tout homme habitué à médîtDr aur les maladies da corps social, avaient pffophétiié la révolution.

iEile.se. lève enfin. L'histoire dira lesob- «tades ,les ruses, les violences qui , voulant snrrèter êtt marche , irritèrent ses fureurs ; elle ne pourra se taire de ce luxe de repné- •aiUes , de ce superflu d'oppreuion , de ee faste deccimes , dont elle ne put ni se iàs«aswier jri se laaser. X^ .politique n'en saurait npprqrier que ies résultats y et voici les conqnêles qui jaillirent de ^es calamités , de 1769 è 1830.

Elle prit june population de vingtM]uatre ■Billions d'hommes j elle en a laissé trealedeoz:«Ue trouva un territoire évalué 16 milliards; la France de 1830 en vaut 28. La production, la circulation , la consommation ont doublé; Tagricultnre , l'industrie, le commerce ont lait d'immenses progrès ; ses 200,000,080 d'imp4U sont portés à' 1 milliard; et le pays qui fît une révolution poor a>,000,000 de déficit, a contracté 7 milliards d'emprunts. La restauration If 'est opérée par la force étrangère , et l*étranger a repris tout ce que la victoire lui avilit enlevé. Si elle se fûtaccomplie par la vobnté de la France, la restauration eût conservé toutes les conquêtes utiles de Ja république et de l'empire.

Lliumanltéloi doit rabolîtion de ces tor- Uirea qui transformaient- les juges en boui^ veaux, de ces commissions prévôtales qui transformaient les boorreaui en juges. Les peinesi furent proportionnées aux délits, et la juslioe ne fii plus horreur è la pitié. BUe "fit dispiavaitre les lettres de cadiet , les vœux monastiques, le préjugé des peines infamantes, lia tolérance lui doit la liberté des cultes , l'état politique des protestants 7^'^^ civil .des juifii. La morale la vit prohiber nnâme violation du secret des lettres. La justice lui doit la proscription des procédures secrètes, la défense des accusés, 1 appui de la pobHrité ,4'égalité des peines , et cette belle institution du jury , aans laquelle il ne peut exister de justice criminelle. La liberté politique lui dioit'ia périodicité des assemblées législatives , rétoblissemeut du gouvernement représentatif , le droit de pétition, l'intervention de l'opinion publique , la liberté de la pressa , la liberté cirile , l'égalité devant là loi , l'égale admisribilité aux emplois, la destruction de la noblesse Jpar la pairie , de son influence par le système électoral, Tanéantissement du sacerdoce comme corps politique , et des -corps religieux comme milicepapale. L'ordre public lui doft l'admirable organisation de la garde nationale , l'égalité de la consci-iptaon , les municipalités que l'empire engloutit et que' la restauration ne nous a pas rendues. L*agricolture lui doit l'abolition des dîmes , des droits féodaux , des biens de main-morte , la diminution des fêtes , la suppression des capitaineries, le droit de chasse, l'égale répartition des impéts, la division des propriétés, l'introduction de nouvelles cultures, de nouvelles races de bestiaux, un meilleur assolement. L'industrie lui doit la suppression des maîtrises et jurandes, des douanes intérieures ; l'application des sciences aux arts^ des routes, des canaux; un meilleur système de postes, de drcolation ; une consommation plus grande ; cette liberté qui vaut mieux que la protection ; cette émulation qui nait d'une libre concurrence; cette sécurité politique qui permet aux entreprises de se former sans obMacle , et de se développer sans crainte ; de» marchés , des débouchés nouveaux , des capitaux inattendus, des bourses , des banques , des tontines , des compagnies d'assurances , et ce crédit privé d'où est sorti le crédit public.

L'administration publique sembla renaître

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lorsque le peuple fut appelé h voter Timpât, et que la nourelle division du territoire pcr^ mit aux citoyens d^élire des magistrats de commune et de département , protecteurs de leurs droits, économes de leur argent. La liberté politique fut garantie par la constitution l'eprésentative ; la liberté civUe , par le jury; les propriétés et les droits clvHs des personnes, par un admirable code préférable à toutes les lois contemporaines. Le peuple influant sur sa propre destinée pal* la représentation , par l'opinion , par la presse , par sa baute civilisation : voilÀ tout ce qu'a fait la France , débarrassée pour quelques instants du poids politique de la noblesse et du clergé.

Les Contemporains ont souffert des crimes.

Nous qui sommes la postérité , n#us jouissons des bienfaits. Laissons Tiotérêt per- •onnel, la sottise, la vanité, déclamer contre ces grandes catastrophes. On nous permet d*admirer Timoléon , les deus Brutus ^ Tell , Bamevelt, Washington ; et Ton n'a pas assez d^injures contre la rénovation française. Les révolutionnaires qui , l'heure étant sonnée « poussent aux révolutions sont de grands citoyens; les révolutionnaires qui poussent aux excès, «ont de grands scélérats; les révolutionnaires qui veulent jouir en paix de la liberté conquise , sont des gens de bien.

Sous oe rapport, toute la France est révolutionnaire. Que nous font les crimes de 1793, et qu*y a-t-il de commun entre eux et nous?

La terreur est-elle la révolution ? et ce consulat que nous avons voulu , en quoi ressemble-t-il à cet empire despotique dont nous ne voulions pas 7 Ce que la France a. voulu , ce qu'elle veut , ce qu'elle voudra sans cesse, ce sont les grands principes de 1789, les principes que nos grands citoyens , nos {(Wnds orateurs , nos grands écrivains , ont constamment revendiqués ; que l'urne électorale, la tribune, l'opinion revendiqueront à jamais; dont les Bourbonsont reconnu la sainte nécessité , qu'ils ont sanctionnéi par la charte, qu'ils ont jurés aux autels de Reims.

Mais ces révolutions, sous quelque point de vue qu'on les envisage, ne sont pas l\iffaire d'un jour : les siècles y suffisent 3k peine. De Constantin à Luther, l'hérésie menace Rome ; de Louis-le-Débonnaire à Louisle-^ros , la féodalité menace la royauté ; de Louis • le -Gros âi Richelieu, la monarchie menace la féodalité ; de Louis X à Louis XVI , la liberté menace la monarchie. Le génie ré-

volutionnaire plane perpétuellement sur le genre humain. Cela doit être ; l'homme est perfectible et mobile; te» institotiou» sont complètes et permanentes : ainsi l'homme et la loi se trouvent dans un étemel désaccord. liS sagesse exige donc qu'on modifie les institutions , pour les mettre constamment en harmonie avec les progrès de la tivilisation. Si les peuples semblent alors ne pas éprouver de. révolution, c'est que le souverain est assez prévoyant pour établir une révolution insensible et perpétuelle ; et comme les changements ne s'opèrent point par des sccouses et des violences , l'État qui change lentement et sans cesse , a 4'air de ne pas changer. Le grand caractère des goo- ■Temements représentatifii est cette mobilité législative qui perpétue une prudente sympathie entre les hommes et les choses f aussi les révolutions n'y [peuvent naître , que si le pouvoir monarchique refuse à la volonté nationale les lois barmoniques à Tépoque; car la puissance ne saurait sans péril a*opposer à la nécessité.

Dans le despotisme , l'autocrate est la loi vivante. Renverser le despote est Fonique objet des révolutions. Blesse-t-il l'armée?

Janissaires, strélitx, prétoriens se soulèveot. Blesse-t-il le peuple? La nation se réroHe, Blesse-t-ii la cour? Une révolution de ruse remplace les révolutions de force. Les con* spirations remplacent les rébellions ; et ce qu'une émeute ne peut faire, un poignard, le poisou Taccomplit. Les révolutions populaires naissent d'un besoin général ; les haines privées font les révolutions de cour.

Leur succès dépend du mystère , et un long temps ne doit pas séparer la pensée qui les conçoit de la main qui les exécute. I^rtout où s'introduisent les formes orientales d'asservissement , se retrou vent ces moyens mystérieux d'en finir avec les terrrenrs qull £ut naître.

Les conspirations populaires sont une réunion secrète de citoyeils courageux traçant , à leurs propres périb , le plan de campagne delà liberté. Les conspirations de cour sont la préméditation d'un assassinat. Cest on crime; ce n*est qu'un crime. Quelqoes-uas frappent d'étonnemeut par les périls qa^oa a courus , le mystère dont on s'est entouré, l'audace qu'on a déployée. Cartouche aussi nous étonne par sa ruse , Mandrin par sa témérité. Jacques Clément consacré par la prière , divinisé par le pape; Ravaillac Caoatisé par les jésuites , sont des assassina. Les

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grands seigneurs qui massacrèrent l'empereur Pauî dans son Ut , Gustave dans un bal, sont des Clétsent et dt$ Rayaillac.

Mais ces conspirations, nées de l'intérêt public , source de la liberté des peuples , prennent, par leur objet même, tous les caractères des grandes actious. Timoléon et Bru tus conspirent pour lebonbeur du monde; et leurs complots , avant-coureurs des révolutions, font disparaître le crime sons TeHort de la vertu. Ainsi les derniers Romains conspirent pour retremper la liberté du monde dans le sang de César ; ainsi les premiers Suisses jurent le meurtre de Gésier et V'm^ dépendance de THelvétie ; les Portugais con^ spirenk pour briser le joug de TEspagne; le parlement anglais , pour ezpuber 1^ despo-; tisme des StuarU. Russel dans les fers , Pa-i diUa.aur l'échafaud , Riégo dans les tortures^ tous les apôtres de la liberté , tous les martyrs de la tjrrannie , manquèrent de bonheur et non pas de vertu. 1

Les séditions , les émeutes sont hors du cercle des révolutions. Ces troubles' passagers ont pour cause une insulle grave faite )>arles dépositaires de Tautorité aux mdèurs , aux coutumes publiques. Quelquefois le besoin les suscite. Sous un gouvernement qui veut' tout faire et qui ne sonfire pas que les antres fassent , la disette des denrées de pre^ mière nécessité pousse toujours aux émeutes : c'est une manière de lui demander compte de son impéritie. Le pouvoir répond par la violence aux cris du désespoir : les gencliirmes , les cours prévdiales et le bourreau vengent Tautorité de la terreur quo la sédition lui cause ; et elle croit déguiser son im-* pi'évoyance par sa cruauté. Habituellement les troubles éphémères , excites , soudoyés par des courtisans , ont pour objet d'eflTrayer le prince , d'obtenir le renvoi de quelque minislre ou Tclcvalion do quelque intrigant.

La Fronde est le type de ces soulèvements v toujours ridicules dans leur cause et grotesques par leurs détails. Quelquefois aussi le pouvoir s*amuse à s'effrayer lui-même , ou plutôt les ministres, pour accroître leur influence , cLerchcnt à épouvanter les rois.

Le métier permanent d'un ministre de la police est de faire conspirer et de soulever quelques fripons, qui séduisent quelques imbécillcs , afîu de faire croire h la nécessité de son ministère. Un premier ministre ne manque jamais d'agents provocateurs , qui troublent le pays pour raffermir son crédit qui chancelle. Le mépris seul ferait justice

de ces drames stnpides , si Téchafaud n'en formait le dénouement.

Les révoltes sont des révolutions avortées.

Les peuples qui s'approchent de ces terribles catastrophes , trouvent toujours des citoyens impatients d'en finir avec la tyrannie , qui ne veulent pas attendre que les masses soient saturées de malaise. Il choisissent presque toujours de fÀchenses conjonctures , qui multiplient les transfuges et les traîtres. Les révoltes sont de funestes symptômes : le pays ou elles éclatent , où les forces populaires se mettent en mouvement, où elles réclament une liberté qui manque , des garanties pour des immunités qu'on menace , ce pays est au bord de l'abime. La révolte ressemble si bien à la révolution, qu'on prend souvent l'une pour l'autre.. Au 14 juillet 1789: «c'est une révolte , dit Louis X VJ ; • — « c'est une révolution , lui répondit le duc de Larochefoucauld. • Si la révolte triomphe , comme k Cadix , c'est un malheur : la nation qui n'est pas mûre , abandonne bientôt les vainqueurs dont elle ne conçoit ni le courage ni les projets. Si la révolte est vaincue , comme sous Charles Jer, c'est un malheur encore : le pouvoir triomphant, assuré de sa force, s'endort dans une . meurtrière sécurité , et la révolution , qui suit la révolte , le prend au dépourvu.

L'hostilité contre la personne des princes ' est une révolution orientale ; un despote succède à un autre , et le despotisme va toujours son train. L'hostilité qui associe les destinées du peuple au sort qu'on ptéparc au chef de l'État, ohtient une illustration indépendante du succès. Des deux Brutus l'un seul fut heureux; tous les deux sont également célèbres.

Nées d'une longue oppression , les révolutions sont toujours injustement appréciées parles contemporains. Soit qu'elles partent de l'anarchie pour arriver à la sécurité du gouvernement monarchique , soit qu'elles partent de la tyrannie pour arriver à la liberté des états républicains , elles brisent tant d'intérêts , de droits \ de positions , d'espérances , que les adversaires ne leur manquent jamais. Ceux qu'elles frappent, calomnient jusqu'à leurs vertus ; ceux qu'elles favorisent , déifient jusqu'à leurs crimes.

Dans cette lutte d'une société qui tombe contre une société qui s'élève , la haine des uns , la crainte des autres , l'exagération de tous 9 ne reculent devant aucun excès ; et la

RÉVO

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